Le Sang des Valgard
Le Dîner au Palais des Brumes était un privilège. Un dîner en tête-à-tête avec le roi était un honneur dont peu, dans l’histoire des Valgard, pouvaient se prévaloir. Les souverains de cette lignée gardaient leurs distances, même avec leurs pairs. Et Valcan III, plus encore que ses prédécesseurs, était réputé pour son refus des mondanités intimes. Recevoir ainsi la fille du duc Gunnulf, seule, était un événement en soi, un signe qui ferait jaser les cours et trembler les conseillers.
Valcan contemplait la pluie qui fouettait les hautes fenêtres en ogive du salon, transformant les montagnes en spectres flous. La table, petite et ronde, était placée stratégiquement : dos à la muraille, face à l’immense cheminée où crépitaient des bûches de chêne, offrant une vue plongeante sur la salle et les entrées. La lumière venait uniquement du feu et de quelques candélabres bas, créant des îlots d’ombre et de lueur dansantes.
Il était vêtu avec une simplicité calculée qui en disait plus qu’un habit de cour. Une chemise de soie noire, d’une coupe parfaite, épousait les muscles de son torse et de ses bras. Les premiers boutons étaient défaits, révélant la base de son cou et le début d’une cicatrice ancienne, blanche et nette, qui parlait d’une lame évitée de justesse. Par-dessus, une veste de cuir souple, noire elle aussi, sans ornement. Un pantalon de laine noire et des bottes de cavalier usées mais impeccables complétaient la tenue. Aucun bijou, hormis l’épingle en argent discrète de sa mère au col, et l’anneau sigillaire des Valgard à son doigt. À sa ceinture, seule une dague de garde, sobre et efficace, rappelait que la paix de cette salle n’était qu’une illusion. Il n’avait pas besoin de pourpre ni d’or pour imposer sa royauté ; elle émanait de lui, silencieuse et massive.
Le bruissement caractéristique du satin lourd, mêlé au léger claquement des talons sur le parquet, annonça son arrivée. Il ne se retourna pas immédiatement. Il laissa le son de la pluie, le crépitement du feu et le nouveau parfum qui envahissait l’espace – un mélange troublant de fleur de givre, de musc animal et de danger pur – former l’introduction de sa venue.
Puis, il se tourna.
Le rouge sang-de-dragon de la robe d’Eldrid le frappa avec une intensité physique. Ce n’était pas seulement une couleur ; c’était une déclaration, une arme dégainée. Son regard, inévitablement, fut happé par l’échancrure audacieuse du dos, par la peau pâle et les muscles dessinés qui semblaient absorber la chaleur du feu pour la restituer en éclats froids. Elle était à la fois un chef-d’œuvre et un piège, et elle en était parfaitement consciente.
Il garda un silence de quelques secondes, l’évaluant, pesant le sens de cette apparition. Puis, il parla, sa voix plus douce que d’habitude, trahissant une admiration qu’il ne prenait plus la peine de dissimuler entièrement.
— Vous avez le don de transformer un dîner en un champ de bataille avant même que le premier plat ne soit servi, Dame Eldrid.
Eldrid s’arrêta à distance respectueuse, le mystère de son sourire jouant avec les ombres du feu.
— Un champ de bataille, Majesté ? Je pensais que nous étions ici pour… sceller une trêve. Ou en négocier une.
Il avança d’un pas, son regard ne quittant pas le sien.
— Vous êtes magnifique.
Les mots tombèrent, simples, directs, dépourvus de l’artifice habituel des compliments de cour. Ce n’était pas une flatterie, c’était un constat, chargé d’une sincérité brute qui désarma complètement Eldrid. Son sourire, cet outil si parfaitement contrôlé, s’évanouit. Une onde de choc – agréable, étrange – la traversa. Elle détestait les compliments, les méprisait comme des pièges pour faibles. Mais celui-ci… venait de lui. Et il ne cherchait rien. Il disait juste ce qu’il voyait.
Elle le regarda intensément, cherchant la moquerie, le calcul, dans ses yeux gris. Elle n’y trouva que de la gravité et cette même franchise. Un vrai sourire, plus timide, plus vrai, naquit alors sur ses lèvres.
— Vous êtes très beau aussi, mon roi, murmura-t-elle, sa voix plus basse, presque hésitante, comme si elle prononçait un secret.
Pour la première fois peut-être, il n’y avait entre eux ni jeu de pouvoir, ni provocation, ni manœuvre. Juste la reconnaissance mutuelle, nue et déconcertante, de deux forces de la nature qui se toisaient, non plus en ennemis ou en alliés potentiels, mais simplement en un homme et une femme, dans la lueur du feu et le chant de la pluie. Le dîner n’avait pas encore commencé, et déjà les règles du jeu qu’ils connaissaient tous deux venaient de voler en éclats.
Valcan fit signe à un serviteur, qui se matérialisa pour prendre la lourde cape de velours qu'Eldrid laissa glisser de ses épaules avec une grâce étudiée. Puis, contre tout protocole habituel, ce fut le roi lui-même qui la conduisit à la table, tirant le lourd fauteuil de bois sculpté pour l'aider à s'asseoir. Elle le remercia d'un sourire, moins étincelant que d'habitude, plus doux, presque surpris par la courtoisie personnelle du geste.
Les mets furent apportés sans fioritures, par des serviteurs aux mouvements feutrés qui semblaient faire partie de l'ombre. La table, pourtant, regorgeait de richesses culinaires qui parlaient du royaume : des cailles au miel de bruyère, leur peau dorée et craquante ; des foies d'oie confits dans un vin noir des collines du sud, fondants comme du beurre ; une selle d'agneau de montagne rôtie aux herbes sauvages qui embaumaient la pièce d'un parfum de genévrier et de thym.
Eldrid, observant Valcan qui saisissait une caille à pleines mains sans toucher aux petits couverts d'argent, l'imita sans hésiter. Ses doigts fins et forts se refermèrent sur l'oiseau, et elle y mordit à pleines dents, un filet de miel coulant sur son pouce. Le geste était d'une franchise animale, en parfait accord avec l'esprit du repas.
— À Tudor, le miel est plus précieux que l'or en hiver, observa-t-elle entre deux bouchées savoureuses, léchant son doigt avec une lenteur qui n'était peut-être pas entièrement involontaire. Il y a quelque chose de... presque sauvage dans ce festin. Comme si on célébrait la vie avant l'assaut de la nuit.
Valcan la regardait faire, fasciné malgré lui. Elle était capable de transformer l'acte le plus simple en une démonstration de puissance et de sensualité.
— Le Palais des Brumes ne sait pas mentir, dame Eldrid, répondit-il en découpant un morceau d'agneau d'un coup de couteau net. Ici, on ne mange pas pour la forme ou l'étiquette. On mange pour se souvenir qu'on est fait de chair et de sang, et que ces murs de pierre ne nous protègent que du froid, pas de nos propres faims. Surtout quand la tempête gronde dehors.
Elle sourit, un vrai sourire qui atteignit ses yeux gris.
— Rappelez-moi de vous inviter à dîner, vous, chez nous, au Palais des Camélias, dit-elle en le fixant avec un regard qui s'était fait langoureux et provocant à la fois. Là-bas, on mange des ragoûts qui réchauffent l'âme, des rôtis de poissons des lacs profonds, et des venaisons qui sentent la forêt.
— C’est très nourrissant ! fit remarquer Valcan, un coin de ses lèvres se relevant légèrement.
— Moi, j’adore plutôt le poisson, dit-elle avec un sérieux soudain qui contrastait avec le ton précédent. Les morues fumées, les anguilles de rivière grillées, les lamproies au vin... et surtout les harengs. Frais, salés, fumés. Il y a une honnêteté dans un hareng.
— Vraiment ? dit-il, intrigué par cette passion spécifique.
— Oh, et surtout les coquillages ! ajouta-t-elle avec une vivacité presque enfantine. Les coques qui sentent le sable et le sel, les palourdes cachotières, les moules bleues... et les huîtres. Des huîtres glacées, ouvertes d’un coup de couteau, à avaler d’un trait avec leur eau de mer. C’est comme boire l’essence même de la vie.
Elle porta une olive noire à ses lèvres, la maintenant entre ses dents un instant avant de la croquer, sans le quitter du regard.
— Vous êtes une femme de goût, admit-il, son regard sombre s'attardant sur sa bouche.
— Mes goûts sont variés et divers, dit-elle dans un murmure, essuyant délicatement ses doigts sur une serviette de lin. J’adore tout ce qui est beau. Tout ce qui est fort. Tout ce qui me fait... vibrer. Et je déteste la médiocrité.
Le silence qui suivit était chargé de sous-entendus. Elle ne parlait plus seulement de nourriture. Elle dressait le portrait de ses désirs, et le plaçait, lui, Valcan le guerrier, le roi au dos nu et à l'appétit franc, au centre de ce tableau. Le dîner venait de passer de la simple hospitalité à une exploration bien plus dangereuse et intime.
— Aimez-vous le vin ? demanda-t-elle soudainement, brisant le silence chargé de sous-entendus.
— Le bon vin, oui, répondit Valcan, déposant son couteau. Le médiocre est une insulte.
— Alors choisissez pour nous, dit-elle en inclinant légèrement la tête. Que je puisse juger de vos goûts.
— Lourde responsabilité, dit-il en s’essuyant la bouche avec sa serviette, un léger défi dans la voix.
Il tourna les yeux vers l’ombre de la galerie et fit un signe presque imperceptible. Halga, qui semblait n’être qu’une extension des ténèbres, se matérialisa, reçut un murmure, et disparut. Il revint peu après, tenant avec une révérence palpable une bouteille dont le verre était si sombre qu’il avalait la lumière des bougies. La poussière des caves collait à sa surface, et l’étiquette, à moitié mangée par le temps, était illisible.
— J’ai ici un Sang de Glace, murmura Valcan en prenant le flacon comme on prend un nouveau-né. Millésimé de l’Année du Grand Gel, il y a près de quatre décennies. Il vient des vignobles escarpés du sud d’Elpire, mais il a vieilli dans les caves les plus profondes du Palais des Brumes, là où le froid éternel le stabilise et lui vole toute douceur inutile.
Il déboucha la bouteille avec un pop étouffé. Un arôme complexe et puissant envahit aussitôt l’espace entre eux : des notes de mûre écrasée et de cuir vieilli, une pointe de fumée de tourbe, et, en dessous, quelque chose de minéral, de pierre humide.
Il versa le liquide dans leurs larges coupes de cristal. Ce n’était pas un rouge, ni un pourpre. C’était une couleur noire qui, seulement contre la flamme, révélait des reflets d’un rubis profond et sanglant sur ses bords.
— Un vin du Sud, dompté par le Nord, commenta-t-il en lui tendant son verre. Il est complexe. L’attaque est froide, presque austère. Comme une vérité qu’on ne veut pas entendre. Mais si vous avez la patience de le laisser vivre sur votre langue, la chaleur de votre corps révèle son vrai caractère : des notes de cerise noire, de poivre sauvage, et… quelque chose qui rappelle la terre après l’orage. L’odeur du granit qui respire.
Eldrid porta le cristal à ses lèvres. Elle ferma les yeux, laissant la première gorgée envahir sa bouche. La sensation fut exactement comme il l’avait décrite : une fraîcheur vive, presque coupante, qui glaça un instant ses papilles. Puis, comme par magie, une chaleur opulente et subtilement épicée se déploya, irradiant vers sa gorge et son estomac avec une intensité surprenante, presque sensuelle.
— C’est un vin dangereux, murmura-t-elle en rouvrant les yeux, son regard gris éclairé d’une lueur nouvelle, plus vive. Il vous fait croire qu’il est sage, contrôlé, avant de vous brûler de l’intérieur avec toute sa vérité.
Elle tourna son verre entre ses doigts, observant les « larmes » épaisses et lentes du vin glisser le long des parois.
— Il vous ressemble beaucoup, Majesté, dit-elle en levant les yeux vers lui. On croit avoir affaire à un roi de glace, immuable et distant. Et on se retrouve face à un incendie contenu, qui ne demande qu’une étincelle.
Valcan soutint son regard, une tension presque imperceptible apparaissant au coin de sa mâchoire. Le compliment n’en était pas un ; c’était une lecture, une intrusion. Et elle avait touché juste.
— C’est peut-être pour cela que je l’apprécie autant, admit-il, sa voix plus basse. Il ne se donne pas. Il exige qu’on le mérite. Qu’on ait la patience de découvrir ses couches. Et vous, Eldrid, êtes-vous une femme de patience… ou de précipitation ?
Elle ne répondit pas avec des mots. Elle maintint son regard dans le sien, un sourire énigmatique aux lèvres. Puis, d’un mouvement lent et délibéré, elle leva son verre à hauteur de ses yeux, le contempla une dernière seconde, et le vida d’un trait.
Le geste était choquant dans sa simplicité. Vider un tel vin, un nectar qui méritait des heures de dégustation, d’un seul coup… c’était un acte de défi pur, de domination. C’était dire : « Je vois ta complexité, je la comprends, et je la consomme. Entièrement. Maintenant. »
Elle reposa le verre vide sur la table avec un petit clink sec. Ses joues étaient légèrement colorées, et ses yeux brillaient d’un défi triomphant.
Valcan, pour la première fois de la soirée, fut visiblement impressionné. Pas par la provocation, mais par l’audace, par l’affirmation de puissance. Elle n’avait pas siroté le vin pour en discuter la philosophie. Elle l’avait pris. Comme elle avait pris la vie des assassins. Comme elle semblait décidée à prendre tout ce qu’elle voulait.
Un silence de plomb tomba entre eux, chargé de la vibration de ce geste. Puis, très lentement, Valcan prit son propre verre. Il ne le vida pas. Il en but une longue gorgée, la savourant, les yeux rivés sur les siens, comme s’il acceptait le défi mais choisissait d’y répondre à sa manière.
— La précipitation, dit-il enfin, sa voix un peu rauque, a ses vertus. Mais elle laisse souvent un arrière-goût… d’opportunité manquée.
L'air dans la pièce semblait avoir soudainement manqué d'oxygène. La pluie continuait de tambouriner contre les vitres, créant un rempart de bruit blanc qui les isolait du reste du monde. Eldrid sentit la chaleur du vin se transformer en une audace nouvelle. Elle passa sa langue sur ses lèvres, capturant la dernière goutte pourpre.
— Je ne fais rien à moitié, Majesté. À Tudor, on apprend vite que celui qui hésite finit avec une lame entre les côtes ou une vie pleine de regrets. J'ai choisi mon camp depuis longtemps.
Elle tendit la main vers la bouteille et, sans attendre qu'il ne le fasse pour elle, remplit de nouveau son verre, mais cette fois-ci, elle ne servit que quelques gouttes dans celui de Valcan.
— À vous, maintenant. Montrez-moi que le Loup sait aussi vider son verre sans réfléchir aux conséquences. Ou alors, est-ce que le poids de la couronne vous empêche de boire comme un homme libre ?
Le défi était lancé. Dans la pénombre du salon, la tension n’était plus seulement politique ou sensuelle ; elle était devenue un duel de tempéraments.
Valcan ne détourna pas le regard. Un éclat sauvage, presque prédateur, s’alluma dans ses prunelles grises. Il saisit sa coupe, non pas par le pied comme l’aurait fait un esthète, mais à pleine main, comme on empoigne la garde d’une épée.
Il inclina légèrement la tête vers elle, un hommage muet à son audace, puis il renversa la coupe. Le liquide pourpre disparut dans sa gorge en un mouvement fluide, puissant, sans qu’il ne sourcille devant la brûlure du vin vieux. Lorsqu’il reposa le verre sur la table, le choc du cristal contre le bois résonna comme un coup de tonnerre dans le silence tendu.
— La couronne pèse lourd, Eldrid, dit-il, sa voix devenue plus rauque, plus profonde. Mais elle n’a jamais réussi à étouffer l’homme qui la porte.
Il contourna la table d’un pas lent, mesuré, jusqu’à se retrouver juste derrière elle. Il ne la toucha pas encore, mais elle put sentir la chaleur de son corps et l’odeur du vin et du cuir qui émanait de lui. Son regard plongea dans l’échancrure vertigineuse de son dos nu, là où la peau pâle contrastait si violemment avec le rouge sang-de-dragon de la soie.
Eldrid, sentant son souffle sur sa nuque, ne bougea pas d’un cil. Elle savourait cet instant où le pouvoir changeait de main, ou plutôt, où deux pouvoirs fusionnaient.
— Vous jouez un jeu dangereux, Eldrid Gunnulf, murmura-t-il, ses lèvres frôlant presque l’or de sa tresse. Venir ici, vêtue comme une promesse de péché, et me défier de boire comme un homme libre… Savez-vous ce qu’un homme libre ferait à ma place, là, tout de suite ?
Eldrid inclina légèrement la tête sur le côté, exposant la ligne délicate de sa gorge, là où le pendentif d’ambre capturait la lueur des flammes.
— Éclairez-moi, Majesté, répondit-elle d’une voix qui n’était plus qu’un souffle de défi. Je n’ai jamais été douée pour deviner les pensées des rois. Je préfère les actes.
Valcan posa enfin une main sur le dossier de son fauteuil, et l’autre vint effleurer, du bout des doigts, la peau nue de son épaule. Le contact fut comme une brûlure de glace qui fit frissonner la jeune femme.
— Les mots que vous avez prononcés… dit Valcan, le cœur battant. Ce fameux soir après avoir maculé votre visage du sang des assassins…
Eldrid le regarda avec gravité.
— C’était la Gouve des Âmes Damnées. J’ai maudit ceux que nous avons tués à une éternité de tourments sans fin, condamnés à être consumés dans les flammes de notre haine… et j’ai scellé la litanie sur vos lèvres…
Elle marqua une pause, puis se leva et se tourna vers lui, ses yeux descendant un instant vers la bouche du roi avant de remonter, impitoyables.
— On dit que la Gouve lie ceux qui la partagent dans le chaos. Le sang de vos ennemis sur ma peau, le vôtre sur mes lèvres… et ce baiser. Ce n’était pas le baiser d’une sauveuse à son roi. C’était le pacte de deux prédateurs qui reconnaissent qu’ils ne pourront plus jamais s’ignorer.
Elle posa sa main sur le bras de Valcan, sentant la tension des muscles sous la chemise de soie noire.
— Dites-moi, Majesté… Depuis ce baiser de sang, avez-vous seulement réussi à fermer les yeux sans voir mon visage ? Sans sentir le goût du fer et du feu ? Parce que moi, j’entends encore le chant de la Gouve chaque fois que mon cœur bat un peu trop fort.
Elle s’approcha de lui, et Valcan ne put détourner les yeux de son regard hypnotique. Puis, sans crier gare, elle l’embrassa voracement, se collant à lui, torse contre torse, l’attirant contre elle, bas-ventre contre bas-ventre. Leurs bouches se touchèrent dans un embrasement commun. Leurs langues se mêlèrent l’une à l’autre, sans hésitation, chacune animée de sa propre passion. Valcan se laissa aller, la serra contre lui, et la jambe d’Eldrid s’enroula à l’arrière de la sienne. Elle répondit à son baiser en grognant comme une lionne affamée.
Sans hésiter, Valcan la souleva et l’emporta en continuant de l’embrasser sans s’arrêter.