Voyages en Absurdistan

Chapitre 7 : La Pomme d'or

536 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 07/03/2026 13:32

Ce chapitre contribue au Défi Racontez une histoire du point de vue d'un objet de Efrelite2355


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La Pomme d’or




Je suis toujours disponible lorsque ma propriétaire m’appelle, une femme prompte à s’emporter. Elle s’enflamme pour un rien et manifeste des sautes d’humeur très fréquentes — ce doit être l’âge, je pense. Je me rappelle encore quelle horrible colère elle a piqué, il y a très longtemps, au point que les rideaux ont brûlé. Et la seconde suivante les flammes ont été éteintes à cause d’un mot de sa fille — Je n’essaie point de la comprendre, mystère. À son moindre ordre, malgré moi, je traverse les airs avec élégance aussi puissamment et sûrement que le fait une épée, toujours accompagnée de ma fidèle amie avec qui je partage maints secrets — je me sens moins seule. Petite assiette d’argent et moi sommes complices des nombreuses joies et colères de notre très terrible et redoutée maîtresse, trop connue pour que je dise son nom. Mais avec le temps, je me suis habituée à ses caprices et ses jurons très colorés.


Je suis celle qui est la plus convoitée parmi les rois, puisque je donne la jeunesse éternelle à celui qui me possède, dit-on, en plus d’avoir la peau la plus scintillante de l’univers attisant les regards de tous sur moi — petits et grands. Je suis toute dorée comme l’or le plus pur, même le coing m’envie. Je suis la reine parmi mon espèce, toutes mes semblables s’inclinent à mon passage lorsque je vagabonde par le monde dans mes moments d’ennui — ma maîtresse me donne des congés en été. Mais tous ces honneurs feints et cette envie me dégoûtent. Les hommes et mes consœurs sont abjects ! Je n’ai que profond mépris pour eux.


La distance n’est pas un obstacle pour moi, j’ai accès autant au lointain passé qu’au futur, suivant l’ordre de celle qui me possède — ce qu’elle veut, je peux lui montrer. Je finis par avoir des céphalées après que je roule sur le pourtour de mon inséparable amie. J’entrevois, une fois ayant atteint la vitesse de cent kilomètres à l’heure, plusieurs secrets du monde, de l’univers et des vies humaines, que j’aurais aimé ne pas connaître — Ah ! Quelle malédiction ces images. À quoi bon connaître que le cosmos existe par la parole divine ? Ou par une explosion de supernova ? Rien ne change à mon existence ! Pourquoi vouloir apprendre le secret de la pierre philosophale ? Ou être une caméra de surveillance pour repérer son gendre dans une position bien peu décente — dont je tairai la nature compromettante ? Sans oublier les maintes courbatures de mon dos. Je devrais demander des coussins la prochaine fois, je dois penser à mon âge vénérable.

Je suis la pomme d’or qui, avec l’assiette d’argent, est l’artefact de voyance de Baba Yaga, la sorcière folklorique russe.

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