The Darkside

Chapitre 3 : The Darkside, par delà le miroir

1225 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 28/04/2026 10:28

Ulysse tâta sa poche, une soudaine inquiétude lui tenaillant la poitrine. Mais heureusement, son médiator était toujours là. Rassuré, le garçon sortit le petit onglet, savourant sa sensation si douce et familière au toucher, reconnaissant chaque courbe et dégradé qui se dessinait sur l objet. En effet, le jeune homme avait toujours adoré la musique et ce, depuis sa plus tendre enfance. Avant que sa mère ne meurt tragiquement, cette dernière lui avait appris à jouer de la guitare et lui avait offert ce médiator. C était le dernier cadeau que Maman avait fait au garçon avant le drame, donc pas question de le perdre.

- Ulysse ? ULYSSE ?!

Le jeune homme revint soudain dans le présent, replaçant le dernier présent de sa mère dans la poche de sa veste. Il se concentra alors seulement sur Ariane, qui le secouait comme une hystérique.

- Ulysse est ce que ça va ? Cela fait au moins 5 minutes que je t appelle ! Insista la jeune fille.

- Je vais bien, ne t en fais pas, marmonna le jeune homme, tout en époussetant son jeans salis par la poussière.

- Qu allons nous faire maintenant que le miroir a disparu ? Demanda Ariane à son jumeau, en se relevant avec peine.

Une certaine détresse brillait au fond de ses prunelles, elle d ordinaire si confiante et assurée. Voir sa soeur dans cet état pinça le coeur de l adolescent.

Mais même si Ulysse était aussi chamboulé que sa jumelle, tout aussi perdu, il ne put cependant rester indifférent à la beauté des lieux, l odeur sucrée des fleurs lui titillant les narines.

- Autant visiter, proposa t il, d un ton enthousiaste qu il ne se connaissait pas. De plus, ces jardins me semblent plutôt bien entretenus, il doit donc sûrement il y avoir quelqu un qui vit ici et qui pourra nous aider.

( Même si Ulysse semblait un peu lunatique par moment, il n en montrait pas moins une vivacité d esprit étonnante dans les situations critiques.)

- Tu es sûr que c est une bonne idée ? Demanda Ariane, peu rassurée à l idée de fouler la terre d un monde inconnu.

- Ce n est pas comme si on avait mieux à faire, Ariane. Tu préfères qu on reste ici à attendre comme des idiots qu un miracle survienne ?

- Non, tu as sans doute raison. Allons y dans ce cas, consentit finalement la jeune fille, l exitation désintégrant ses dernières barrières de méfiance.

Ariane rejoignit son frère et dévala la colline où ils avaient atterris d une démarche enjouée. Les jardins faisaient au moins plusieurs hectares de superficie et proposaient chacun une espèce de fleur différente. Elles scintillaient toutes d une lueur argentée, mais le plus étonnant, c était que celles ci semblaient toutes constituées de pierres précieuses.

- Regarde un peu ça ! Lança tout à coup Ulysse à l intention de sa jumelle, en brandissant une pivoine dont chaque pétale formait une couronne de rubis.

- C est vraiment magnifique, affirma sa soeur en examinant à son tour un lys fait entièrement de tourmaline.

Mais soudain, Ariane s arrêta, brandissant toujours sa fleur devant elle, comme un flambeau destiné à chasser le mauvais esprit. Un sentiment étrange, comme n en avait jamais ressenti, lui comprimait à présent les entrailles.

- Ariane, qu est ce qu il y a ? S inquiéta aussitôt Ulysse.

- Je ne sais pas, répondit la jeune fille en se frottant les bras, étrangement frigorifiée. J ai juste l impression que l on a rien à faire ici... Je ressens comme une présence en ces lieux, une présence

Malsaine...

- Je te signale que si tu ne m avais sauté dessus, on en serait pas là, tenta de plaisanter l adolescent.

Mais Ariane était livide, des gouttes de sueur perlant sur son front pâle. La jeune fille tremblait.

- Re... Regarde, lâcha t elle, sa voix n étant à présent guère plus audible qu un murmure.

Ulysse suivit le regard de sa soeur, fixant l horizon, et ce qu il vit l horrifia. Au loin, étaient alignés plusieurs rangées de soldats qui n avaient pas du tout l air commode. Leurs armures leur couvraient entièrement le corps et étaient totalement noires, si sombres qu elles semblaient absorber la lumière ambiante. Leurs casques ressemblaient vaguement à des crânes et il était quasiment impossible de deviner leurs visages en dessous.

- Baissons nous, murmura Ulysse à sa soeur, empêchant à grande peine sa voix de chevroter.

Face à l impassiblité de la jeune fille, le garçon l aida à s accroupir, se cachant

ainsi parmi les fleurs serties de pierres précieuses. Cependant, quand les doigts de l adolscent rencontrèrent la peau exposée de sa soeur, celui constata qu elle était froide au toucher. Ariane n avait plus rien à voir avec l adolescente qui l attaquait à coup de coussins il y avait encore 10 minutes de cela. Ou était ce il y a une heure ? Ulysse avait perdu la notion du temps. Tante Isabelle les cherchaient peut être à l heure qu il était et devait être morte d inquiétude ( ou plutôt le feindre )... Non, Ulysse ne devait pas y penser. La priorité c était Ariane qui s affaiblissait de plus en plus. Il la serra contre son coeur espérant ainsi la réchauffer. Ulysse devait absolument trouver un moyen de les sortir d ici tout les deux. C était son rôle en tant que grand frère.

- Ah, si seulement j étais aussi futé que mon homonyme... Fulmina le jeune homme, en luttant contre la panique qui s emparait lentement de son être.

Complètement plongé dans ses pensées, l adolescent oublia malheureusement de rester sur ses gardes. Le garçon sentit soudain un souffle chaud au creux de sa nuque, suivi rapidement d une lègère pression dans le dos, provoquée par un objet atrocement pointu. La jeune homme se retourna lentement, craignant ce qu il allait découvrir et se retrouva face à un des soldats qui semblait chevaucher... Était ce vraiment un dragon ?

Ariane se blottit un peu plus contre son frère, tremblotante, ses larmes maculant bientôt la veste de son frère. D habitude, c était elle qui protégeait Ulysse des gens qui leur voulaient du mal, mais à ce moment précis, son courage avait fondu comme la neige face au soleil. Pour la première fois de sa vie, Ariane avair peur. Elle était impuissante, incapable de protéger son frère.

- Je vous emmène voir l Empereur, marmonna soudain le soldat, sans abaisser sa lance.

Sa voix était sèche et froide, sans la moindre once de compassion.

- Qu est ce qu il nous attend ? Demanda courageusement Ulysse, en se redressant.

- Aucune idée, répondit le soldat. Au mieux, vous deviendrez esclaves ou prisonniers, au pire...

- Quoi ? Insista le garçon, se doutant maleureusement de ce qui allait suivre.

- Vous mourrez dans d atroces souffrances, conclut le soldat, avec un brin sadique dans la voix.

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