The Darkside

Chapitre 5 : The Darkside, par delà le miroir

1045 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 01/05/2026 10:42

Ulysse courut longtemps, au point qu il sentit ses poumons prêts à imploser. Autour de lui, le monde n était plus rien. Ses sensations avaient elles aussi disparu, comme si en laissant Ariane derrière lui, le jeune homme avait en même temps abandonné une partie de lui-même, de sa propre âme. Les battements de son coeur se synchronisaient au bruit sec de ses pas, pendant qu il dévalait l immense escalier d obsidienne qui servait d entrée à la citadelle impériale. Les muscles du garçon lui brûlaient atrocement, la sueur dans ses yeux l empêchant de distinguer plainement son envirronement. Pourtant, il continuait à avancer. A fuir. Et tout ça pour quoi ? Pour obéir à sa jumelle, tout simplement. Pour encore une fois se faire sauver par une autre, Ulysse étant resté totalement impuissant face au danger. Il en avait tellement marre d être ainsi, de se sentir si faible, si démuni. Mais il s agissait de sa véritable nature, de ce que la vie avait décidé de faire de lui. Alors qu y pouvait il au fond ? Cette pensée s insinua au plus profond du coeur du jeune homme, le faisant sombrer encore et toujours dans les ténèbres abyssales qui remplaçaient sa conscience.


***


Après lui sembla t il plusieurs heures, Ulysse s arrêta dans une petite combe sombre entourée d arbres mornes aux troncs argentés. Maintenant qu il avait eu le temps de se poser, de réfléchir à la situation qui se présentait à lui, le garçon n avait plus qu une seule idée en tête qui ne tenait qu en une simple phrase. Il devait retourner là bas, à présent que sa peur était passée. Mais pourtant, quand le jeune homme tenta de faire un seul petit pas de plus, il trébucha, manquant de peu de s étaler sur le sol. Ulysse était épuisé. Il s assit dans la terre meuble, le regard dans le vague, laissant ses pensées vagabonder au fin-fond de son esprit torturé. Mais soudain, un craquement retentit, aussi violent et bruyant qu un coup de feu aux oreilles de l adolescent. L adrénaline envahit aussitôt ses veines, le faisant se relever plus vite qu il ne l avait prévu. Résultat, la tête lui tournait, de petits points blancs dansant à la périphérie de sa vision. Ulysse entendit alors un aboiement victorieux, accompagné de plusieurs grognements qui lui hérissèrent les poils de ses avant-bras.

- Et merde... Jura Ulysse.

Il se retourna d un bond lorsque la première créature chargea, de la bave dégoulinant aux coins de sa gueule. La bête était rapide. Bien trop rapide. Et ses griffes, affûtées et rutilantes, semblaient aussi tranchantes que des lames de rasoir. Ulysse n avair jamais été bon en sport de combat, ni en sport tout court en fait. Le molosse n eut donc aucun mal à lui entailler la cible facile que représentait sa cuisse. Le jeune homme ne put retenir un hurlement de douleur. Le liquide vermeil s échappait de la plaie à flots, tâchant la main du garçon déjà poisseuse de sueur. Tentant d ignorer la douleur cuisante qui se répandait à présent dans sa jambe toute entière, l adolescent recula, mettant ainsi un maximum de distance entre lui et la bête aux allures de loup. Ulysse se demandait comment avaient fait pour retrouver sa trace lorsqu il remarqua un morceau de tissu pendouillant de la mâchoire de son adversaire.

Mon t-shirt, songea t il.

C était donc afin de ma piste que les molosses s étaient imprégnés de mon odeur, réalisa Ulysse, tétanisé. C était subtil, intelligent de la part de l Empereur. Le laisser vagabonder sur ses terres, lui offfant ainsi le faux espoir de s en sortir en un seul morceau, avant d envoyer ses bêtes assoiffées de sang à ses trousses était en effet assez habile de sa part. Honnêtement, jamais Ulysse n aurait pensé à un tour pareil, tant celui-ci lui semblait cruel.

Il aurait dû rester concentré mais son esprit continuait à divaguer, ma fatigue soudaine qui envahi son corps manquant de le faire perdre connaissance à tout instant. Ce fut donc sans la moindre difficulté que le premier chien plaqua l adolescent au sol, l étouffant sous son épaisse fourrure. Le garçon grimaça, l odeur rance qui s échappait du poil imbibé d humidité lui brûlant les narines. Il suffoquait, ses poumons peinait à se remplir d air. Sa vision commença alors à s obscurcir, tandis que la créature rapprochait encore un peu plus sa gueuld garnie de crocs effilés du visage du garçon.

- Encore une fois, je suis trop faible, marmonna tristement Ulysse.

Je me suis encore fait écraser par plus fort que moi et cette fois-ci, Ariane n est pas là pour sauver ma peau.

Le molosse s apprêtait à broyer la nuque de l adolescent, lorsque soudain, un sifflement fusa l air provenant des arbres bordés d ombres, vite suivi d un bruit humide et peu ragoûtant. Le jeune homme leva péniblement la tête et constata que les deux autres bêtes avaient été abattues, au moyen de longues branches plantées dans leurs gorges.

- Des flèches ? Supposa Ulysse, intrigué.

Il n eut pas le temps de confirmer son hypothèse qu une autre flèche donc, venue elle aussi des sous-bois, transperça la nuque de son adversaire. La bête tressauta une fois, deux fois, trois fois, avant de finalement pousser son dernier soupir. Son sang, semblabe à de l encre noire, se répandit sur le sol, souillant la terre à tout jamais. Une silhouette sortit alors d entres les fourrés, un arc à la main. Elle se précipita vers le jeune homme, s agenouillant presque aussitôt à ses côtés. Ulysse, épuisé et meurtri, eut tout juste le temps d entrevoir le regard ambré de son sauveur, ses pupilles aussi fines et pointues que celles des chats, avant de sombrer dans les ténèbres.

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