D-Day

Chapitre 4

1814 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 31/05/2026 08:56

Ils arrivèrent en courant mais ils s’arrêtèrent immédiatement quand ils virent d’autres Américains s’écrouler devant eux.

- Faites gaffe ! Il y a des tranchées !

Ils avancèrent, tout le paysage n’était plus qu’un champ de ruine, la terre avait été retournée pour y creuser une multitude de tranchées où grouillait une vingtaine de soldats Allemands. James avança et tira sur la moindre tête qui dépassait de la tranchée, les Allemands se faisaient surprendre les uns après les autres, le calme se fit assez rapidement.

- Ca y’est ? Ils sont tous morts ?

Il reçut aussitôt une balle dans la tempe gauche, son sang gicla, il tomba par terre pour ne plus jamais bouger.

- SMITH !! BANDE D’ENFOIRÉS !!!

Hayden tira sur la tranchée mais aucun ennemi ne se montra, il entendit bientôt le 

« CLIC » fatidique de l’arme déchargée. Un soldat ennemi en profita pour lui tirer dessus, son épaule fut touchée.

- AHH !! FILS DE PUTE !!! FILS DE PUTE !!!

Il sortit son pistolet et toucha son ennemi à la poitrine qui disparut aussitôt dans un dernier soupir de surprise. Hayden fit de même.

- Ca va aller ?

- Ouais, j’men tire plutôt bien.

- Médecin ! Occupez-vous de lui !

- Oui Capitaine.

- Les autres suivez moi jusqu’au blockhaus !

Ils coururent jusqu’au sinistre bâtiment de béton.

- Cartman, grenade.

- O.k, bouchez vous les oreilles !

Il lanca le projectile qui explosa deux secondes plus tard projetant de la terre partout.

- Ca devrait les réveiller, tenez vous prêt à les accueillir comme ils nous ont accueillis !

- Pas de problème.

Ils encerclèrent l’entrée du blockhaus, dès que les Allemands en sortirent, les Américains vidèrent leurs chargeurs ne laissant pas à l’ennemi le temps de comprendre la situation dans laquelle il se trouvait.

- Il y en a encore la-dedans j’en suis sûr.

- Moi je rentre pas.

- C’est bon je sais comment faire !

Le soldat disait cela tout en tenant un lance-flammes dans ses mains.

- Bonne idée, rendons à l’ennemi ce qui lui appartient, allez, nettoie-moi tout ça ! 

- Écartez-vous, vous risquez d’avoir un coup de chaud !

Le soldat s’avança à l’entrée et ouvrit le feu, tous les Allemands à l’intérieur du blockhaus furent consumés sans espoir de pouvoir fuir.

- Bien joué soldat !

- Merci Capitaine.

- Quel est votre nom ?

- Goldberg, Isaac Goldberg.

- Vous êtes Juif ?

- Oui Capitaine, je suis venu ici pour venger mes frères.

- Je comprends, vous avez bien réussi jusqu’à présent, continuez comme ça.

- Oui Capitaine merci Capitaine.

James sortit sa gourde et but une gorgée d’eau rafraîchissante.

- Capitaine, Hayden est salement amoché, la balle qu’il a reçu lui a perforé le foie.

- C’est grave ?

- Bien sûr que c’est grave !

- On ne peut rien faire ?

- La seule chose à faire c’est lui donner de la morphine pour qu’il meure plus rapidement, ça lui évitera de souffrir trop longtemps.

James se leva et s’approcha d’Hayden.

- Capitaine…comment ça se présente ?

- Ca…ça va aller…tu va t’en sortir, tes blessures ne sont pas trop graves.

- Dites pas de conneries je sais que c’est grave, finissons en tout de suite.

James acquiesça de la tête et le médecin injecta 3 doses de morphine. Hayden cessa de trembler peu à peu, sa dernière pensée fut pour sa mère. 

Des cris Allemands se firent entendre, c’était ceux qui se rendaient, Cartman était enragé, Hayden était son meilleur ami, il sortit sa carabine et tira sur les prisonniers.

- Cartman ! Arrête ! Arrête !! t’es dingue ou quoi ? Mais qu’est ce qui te prend ?

- Ils doivent tous crever ! Tous !!

- Ils n’ont pas choisi de se battre, ils sont comme nous, tu ne dois pas les juger trop vite, ce n’est pas à toi de le faire.

- Pourquoi vous les défendez ?

- Parce qu’ils sont humains comme nous à la base.

- J’en doute.

Cartman quitta le groupe pour aller s’agenouiller près d’un cadavre Allemand.

- Regardez celui là, je ne le connais pas, je ne sais pas qui il est, d’où il vient, je ne sais pas si il était réellement un ennemi. Peut-être qu’on l’a menacé pour qu’il vienne jusqu’ici. En tous cas il aurait mieux fait de rester chez lui, en paix.

Il se releva et se tourna vers ses amis.

- La guerre fera de nous tous des cadavres.

Tout le monde resta silencieux.

Des coups de mitraillettes brisèrent ce silence religieux.

- C’est pas fini !

- Ca ne s’arrêtera donc jamais !

- Courage mes amis.

Ils se remirent tous à avancer pour venir en appui aux autres compagnies qui s’occupaient des dernières poches de résistance. Les Allemands ne voulaient plus se battre, le courage les avait abandonné, ils essayaient de fuir mais il y avait des Américains à chaque issue, ils se rendirent immédiatement sans résister davantage.

- Je ne sais pas ce qui m’empêche de tous les flinguer sur le champ !

- Ouais moi aussi ça me démange.

- Envoyez-les au point 3-0, ils sauront quoi en faire la-bas. Bon, ce point est sécurisé et dog white est ouvert, les troupes avancent ?

- Oui mais beaucoup d’hommes préfèrent rester pour appuyer leurs camarades, ils veulent venir à bout des blockhaus.

- Ils sont beaucoup ?

- A peu près 53 hommes.

- On ne sera pas de trop.

- Vous voulez y aller ?

- Pourquoi pas ? Joignons-nous à la fête !

Le prochain blockhaus était situé cent mètres plus loin, les forces alliés s’en occupait déjà. James et ses hommes s’occupèrent des Allemands dans les tranchées, ce fut très rapide, quand le dernier fut abattu, des flammes jaillirent du blockhaus, les Allemands qui l’occupait sortirent complètement enflammé, ils coururent dans tous les sens en hurlant, les Américains eurent vite fait de les calmer. 

Une explosion éclata un peu plus loin, le 3éme blockhaus venait d’être détruit, un nuage de terre et de poussière s’éleva dans les airs.

- Inutile d’aller plus loin, ils savent se débrouiller, vous pouvez vous écraser la raie un moment.

- Merci Capitaine.

James s’assit sur une souche d’arbre moisie et enleva son casque, il prit sa gourde et but encore un peu, puis il sortit une ration déshydratée de son paquetage, avec un peu d’eau de mer, il obtint un assez bon repas bien qu’un peu trop léger à son goût.

- Vous voulez du coca chef ? 

- Non merci, je n’aime pas ça.

- Vous savez pas ce que vous ratez !

Le dessert se constitua de barres chocolatées et de bonbons, après quoi chacun but un peu de café soluble.

- Cartman, t’a des clopes ? Les miennes sont noyées.

- Les miennes aussi.

- Putain ! J’croyais que ces sacs étaient imperméables !

- Ils le sont. Mais pas les poches de ta veste !

Un groupe de soldats vint s’asseoir à côté de James.

- Bon boulot les gars, leur dit James.

- Oh, la routine !

- Ahahaha ! Sawyer compagnie Bravo, 29éme, 3éme régiment.

- Mac Arthur, 7éme régiment.

Ils échangèrent des poignées de mains.

- Vous allez à Vierville ?

- Oui, comme prévu. Vous aussi je suppose ?

- Sans doute, nous attendons les ordres.

- Vous pouvez attendre longtemps ! Venez avec nous, on s’emmerdera moins sur le chemin !

- Non, on a besoin de souffler un peu avant de repartir.

- Ouais vous avez raison, c’est une dure journée. Vous en faites pas, ça ira mieux demain.

- Vous croyez ?

- Il faut croire !

Les soldats se saluèrent et reprirent leur chemin.

- Pourquoi on part pas avec eux ?

- On a peut-être encore du boulot ici.

- Tout le monde se barre !

- Pas tous, sûrement pas tous.

- On a gagné de toutes façons, non ?

- Ne crie pas victoire trop vite soldat, c’est généralement à ce moment là que tu te reçois une balle dans le dos.

- Mais il a raison Capitaine, on perd notre temps ici.

- Vous voulez vraiment aller vous battre ?

- Bien sûr, on a été entraîné pour ça non ?

- Et qu’est ce que vous y gagnerez ?

- De la satisfaction, et du soulagement.

- Vous avez pensé à la famille de ces hommes ?

- On s’en fout !

- Et si vous étiez à leur place ? Si vous étiez un soldat engagé dans cette bataille malgré vous et que vous deviez laisser derrière vous votre femme et vos gosses ? Si vous deviez partir avec pour seul bagage, la peur dans votre esprit ? La peur de ne jamais revenir. Que feriez-vous ?

- C’est votre cas ?

- Non, le leur. Je me mets à leur place, fait-en autant.

- Capitaine je reçois une communication du P.C !

- Passez la moi ! Allô ?…allô P.C vous me recevez ?

- Sawyer, quelle est la situation chez vous ?

- Situation sous contrôle mon Général, on va sur Vierville à présent.

- Où êtes-vous ?

- Nous sommes toujours à Omaha, on est prêt à partir.

- Négatif James, vous restez.

- Quoi ?

- Vous m’avez bien entendu, vous restez.

- Mais pourquoi ?

- Omaha n’est pas encore totalement sécurisée, même si Dog White est ouvert, plein de gars se font encore massacrer et il nous est impossible d’envoyer de nouveaux blindés, il y a des mines partout.

- Mais les blockhaus sont détruits !

- Il en reste encore assez pour nous tenir en échec.

- Alors on s’en occupe !

- Non ! Je veux que vous restiez à Omaha et que vous aidiez nos gars c’est compris ?

- Oui Général.

- je sais que vous y arriverez. Au revoir.

- Au revoir.

James se leva tranquillement, et il frappa le sol avec son pied violemment, envoyant le sable voler au loin.

- Qu’est ce qui ne va pas Capitaine ? 

- On reste là.

- Quoi ?

- Ce sont les ordres.

- Et Vierville ?

- Vierville attendra, courage les gars.

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