VIRELLIA - livre 2

Chapitre 33 : Le Point de Rupture

3279 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 25/08/2026 18:43

⚠️ Avertissement : Ce chapitre contient des scènes de violence graphique et des thèmes psychologiques sombres.




Les portes imposantes des appartements royaux ne sont pas gardées, et cette absence totale de sentinelles sonne comme le premier présage du désastre. L’or et l’ivoire massif des battants sont désormais zébrés de veines violettes qui palpitent sous la surface du bois, comme un système nerveux à vif. Vaelran s’arrête net, la main levée, le souffle court. Sous sa cape, sa rage est une lame acérée prête à fendre la pierre.


— Restez ici, ordonne-t-il, la voix hachée par la fatigue et une tension destructrice. Ce qui se trouve derrière ces portes m'appartient.


— On ne te laisse pas devenir un monstre seul dans ton coin, réplique Kelvar en le dépassant d'un pas, l'air sombre. Tu nous as traînés à travers les sous-sols et les ruines jusqu'ici, on finit ensemble.


Vaelran ne proteste pas. D'un coup d'épaule violent, il pousse les battants.


L’air à l’intérieur est d'une densité insoutenable, saturé d’une odeur de fer, de ozone et de poussière brûlée. Au centre de la pièce monumentale, Silas IV est assis sur son trône de parade. À cinquante-trois ans, le Roi conserve une carrure imposante, mais ses traits sont ravagés par une souffrance invisible. Ses yeux injectés de sang fixe la lame de cérémonie posée en travers de ses genoux. L'acier sombre dégage une brume noire et visqueuse qui s’enroule autour de ses poignets, le liant physiquement à l'arme.


Vaelran s'avance d'un pas lourd, le regard fixe, le visage livide.


— Silas, lâche Vaelran, sa voix n'étant qu'un grognement sourd. Regarde-moi.


Le Roi lève lentement la tête. Un sourire cruel et déformé étire ses lèvres.


— Vaelran... Le Mentor banni. Tu reviens mendier ton pardon au milieu du chaos ? Ou tu viens enfin avouer que tu n'as jamais été à la hauteur de ce Temple ?


— Je ne suis pas venu pour mon poste, Silas, rétorque Vaelran en faisant un pas de plus, ignorant la vibration de plus en plus forte du Bréviaire contre sa hanche. Je suis venu pour le quartz brûlé. Pour le signal que tu as donné il y a quatorze ans.


— Toujours ces vieilles histoires de cendres... ricane Silas, ses doigts se crispant sur la garde de son épée qui se met à siffler. Tu devrais me remercier de t'avoir laissé en vie. J'ai nettoyé Virellia d'une infection, et j'ai fait de toi ce que tu es. Tu me dois tout.


— Je te dois la mort de mon sang ! hurle Vaelran.


La tension devient physique. L'épée de Silas crache une fumée noire épaisse, le Grimoire de Vaelran pulse d'une lueur de nacre aveuglante, et la résonance du Temple fait vibrer les dalles jusqu'à les fissurer. Les deux hommes sont à deux doigts de s'entretuer, portés par une haine qui sature l'air et empêche désormais tout autre mot de sortir. La scène est sur le point d'exploser.


C'est alors qu'Ilharan s'avance. Avec une sérénité absolue, il lève son bâton de bois clair et frappe le sol d'un coup sec.


*TOC*


L'onde qui s'en échappe n'est pas un bruit, mais un silence qui fige tout. La brume noire de l'épée s'évapore instantanément. Le Bréviaire se tait. Silas sursaute, libéré de l'emprise, reprenant une respiration humaine et saccadée. Vaelran vacille, ses yeux reprenant leur couleur verte, dessillés par une lucidité soudaine.


— La fenêtre est étroite, dit Ilharan d'une voix calme mais tendue, des larmes de sang perlant au coin de ses yeux dorés. Agissez. Maintenant.


Seyla réagit à la seconde. Elle s'élance, traverse la pièce et, d'un geste précis, arrache la lame des mains de Silas avant qu'il ne puisse la ressaisir. Elle la projette avec force vers le fond de la salle, là où elle s'écrase contre un mur, loin du Roi.


Au même moment, Talyor bondit. Il arrache la sacoche de l'épaule de son Mentor et utilise son pouvoir pour s'élever vers les voûtes du plafond, mettant le plus de distance possible entre Vaelran et l'artefact.


Les éléments sont séparés. Silas n'a plus l'arme maudite. Vaelran n'a plus le livre. Le chaos est devenu lisible. Silas se redresse alors sur son trône, le visage marqué par une autorité blessée et une incompréhension totale :


— Rendez-moi mon arme ! ordonne le Roi. Et explique-toi, Vaelran ! Je t'ai banni pour protéger Virellia de ton instabilité, et tu reviens profaner mon sanctuaire en pleine alerte ?


Vaelran ne répond toujours pas. Il reste planté au milieu de la pièce, les poings si serrés que ses jointures blanchissent. Il fixe Silas avec une intensité sauvage. Sans le catalyseur du Bréviaire, il est seul avec sa propre douleur.


Kelvar reste en retrait, observant ce face-à-face. Il attend de voir si son Mentor va enfin parler, ou si le silence va finir par tout briser.


Seyla se tient entre les deux hommes, le souffle court, ses paumes encore marquées par la chaleur de l'épée.


— Parle-lui, murmure-t-elle à l'adresse de Vaelran. Dis-lui la vérité. Ne le tue pas parce qu'il est aveugle. Tue-le seulement si la justice l'exige vraiment.


Le silence qui suit est brisé par la respiration lourde de Vaelran. Sans le bourdonnement du Grimoire pour brouiller ses pensées, sa voix sort enfin, basse, glaciale, portant le poids de quatorze ans de deuil étouffé.


— Mon clan n’était pas une "menace latente", Silas. Les Solhen étaient des pacifiques. Des gardiens qui refusaient de transformer leur don en arme.


Il fait un pas vers le trône, ignorant le regard d'avertissement de Kelvar.


— Ce n’était pas une "nécessité administrative". C’était un génocide. Vous avez brûlé des familles innocentes, vous avez effacé une lignée entière qui n'avait jamais levé la main contre ce trône. Vous avez tué les miens pour une peur qui n'existait que dans vos têtes… manipulée par celui qui vous tenait la main.


Silas se fige. Le mot "génocide" semble ricocher contre les murs de marbre, plus tranchant que n'importe quelle lame. Il ouvre la bouche pour répliquer, pour invoquer la Raison d'État, mais ses lèvres tremblent.


Soudain, son regard s'embrume. Un souvenir jaillit, vieux de quatorze ans : le bureau ovale, l'odeur de la cire, et la silhouette d'Aziris, imposante, penchée sur les cartes du domaine Solhen.


« Ils sont le foyer d'une infection, mon Roi. Si nous n'agissons pas maintenant, le jour où ils décideront d'éveiller leur pouvoir, Virellia sera condamnée. C'est un sacrifice pour le salut de Virellia. Signez, et je m'occuperai du reste. »


Silas cligne des yeux, son visage se décomposant alors que la voix d'Aziris résonne encore dans son crâne. À l'époque, il n'avait que trente-neuf ans. Il avait soif de prouver sa force. Il avait cru celui qui l'avait soutenu depuis ses vingt ans, depuis son arrivée sur le trône.


— Aziris… murmure Silas, presque pour lui-même. Il… il avait insisté. Il disait que c’était inévitable. Que le sang des Solhen était corrompu par nature.


Il ne cherche pas d'excuse. Il n'implore pas le pardon. Mais ses yeux dérivent lentement vers le fond de la pièce, là où son épée gît contre le mur. Malgré la vérité qui l'éclabousse, malgré l'horreur de ce qu'il vient de réaliser, sa main droite se crispe sur l'accoudoir, ses doigts s'ouvrant et se fermant par réflexe.


L'épée ne crie plus, mais elle l'appelle. C'est un murmure sourd dans son sang, une promesse de force pour échapper à la honte qui le submerge.


Vaelran voit ce regard. Il voit le Roi de Virellia, l'homme qu'il a servi, chercher le réconfort de l'acier maudit plutôt que d'affronter son crime.


— Regarde-moi, Silas ! tonne Vaelran. Ne regarde pas cette lame ! Regarde le survivant de tes décisions "inévitables" !


Talyor, toujours suspendu près de la voûte, sent la sacoche de Vaelran s'agiter à nouveau. Le Bréviaire réagit à la dérive de Silas.


— Vaelran ! prévient Talyor, la voix étranglée par l'effort. Le bouquin s'énerve ! Le Roi est en train de reconnecter avec la ferraille !


Kelvar s'approche de Seyla, sa hand se posant sur son propre marteau de forge.


— Il ne l'écoute plus, Seyla, chuchote Kelvar. Il est déjà en train de replonger. Si Silas récupère cette épée, la trêve d'Ilharan ne servira plus à rien.


Seyla fixe Silas. Elle voit l'homme de cinquante-trois ans lutter entre sa conscience d'homme et l'addiction au pouvoir noir de son arme. Elle comprend que la vérité n'a pas suffi à briser les chaînes qu'Aziris a forgées pendant plus de trente ans.


Silas ne quitte pas l’épée du regard. Ses pupilles se dilatent, dévorant l'iris clair. La vérité que Vaelran vient de lui hurler est un acide qu'il ne peut supporter. Le poids du passé est une montagne, et l'épée... l'épée est la seule chose qui lui promet de ne plus rien ressentir.


Dans un spasme de panique, le Roi tente de se jeter vers la lame qui gît au sol.


Kelvar réagit à la seconde. Il ne frappe pas son souverain, il déploie son Voile Miroir avec une précision chirurgicale. L'air devant la pointe de l'épée se trouble, créant une distorsion chatoyante qui "efface" l'arme de la vue de Silas. Le Roi s'effondre à genoux, les mains griffant le vide, désorienté par cette absence soudaine de cible.


C'est alors que le silence imposé par Ilharan se brise. Le jeune disciple titube, son visage devenant d'une pâleur de craie, son bâton tombe au sol. Ses yeux dorés se révulsent et ses jambes se dérobent.


Le masque de glace de Vaelran se fissure instantanément. Oubliant sa haine, oubliant Silas, il se jette en avant dans un réflexe purement humain pour rattraper le jeune homme avant que sa tête ne heurte le marbre.


— Ilharan !


Vaelran le maintient contre lui, ses mains tremblant contre la nuque du disciple. Le Bréviaire, dans la sacoche que Talyor maintient au plafond, pulse violemment, mais le Mentor ne l'écoute plus. Pour la première fois depuis qu'ils ont quitté la Forge, l'instinct du protecteur a balayé celui du vengeur.


Le Roi Silas abaisse lentement ses mains, le regard flou. La transe est rompue, laissant place à une lucidité terrifiante et douloureuse.


— Vaelran... ? murmure-t-il d'une voix brisée. Aziris... Il n'est jamais vraiment parti, n'est-ce pas ? Je l'ai banni il y a douze ans... Je pensais avoir purifié le Temple de ses horreurs...


— Il n'avait pas besoin de rester, Silas, répond Vaelran en serrant Ilharan contre lui. Il a corrompu cette lame bien avant de partir. Il t'a laissé un cadeau d'adieu qui a mangé ton esprit pendant une décennie. Tu pensais régner seul, mais c'est son ombre qui tenait le sceptre.


Silas regarde ses mains, horrifié. Le souvenir du bannissement d'Aziris pour ses pratiques illégales remonte, une décision qu'il pensait être celle d'un roi fort. Il réalise aujourd'hui que le piège était déjà refermé.


— Les Solhen... il m'a fait croire qu'ils étaient le danger... J'ai signé l'ordre de tuer les tiens pour protéger une autorité qu'il possédait déjà.


Seyla s'avance, émue par la détresse du monarque qui réalise l'ampleur de la trahison.


— Sire, Aziris est revenu. Vaelran vous l'a dit il y a quelques jours, mais l'épée vous a empêché de le croire. Vous ne le saviez pas mais… il utilise le chaos pour agir librement dans les fondations du Temple.


— L'Oracle... siffle Silas, les larmes aux yeux. Elle ne cessait de crier que le Voile était percé... Je pensais qu'elle parlait de l'invasion d'Elarion et des sceaux fragiliss. Mais c'était lui. Il est ici, sous nos pieds, depuis tout ce temps… Seraphis a été victime d'une tentative d'assassinat quand nous étions tous du côté des Marches de l'Ouest… On a voulu la faire taire parce qu'elle commençait à voir clair à travers son jeu !


Talyor, depuis les voûtes, lâche un cri, la sacoche de cuir pulsant violemment. Il sort le livre qui s'ouvre de lui-même sur la page où est fixée la mèche de cheveux de Nilwen.


— Vaelran ! La mèche de Nilwen... elle pointe vers le bas. Vers les niveaux inférieurs. Aziris ne se cache pas, il termine son œuvre !


Vaelran se redresse, aidant Ilharan à se tenir debout. Il regarde Silas, ce roi qui n'est plus qu'un homme brisé, dépouillé de son arme et de ses certitudes.


— Tu ne savais pas, Silas, dit Vaelran d'une voix sourde. On a tous les deux été ses marionnettes. Mais moi, j'ai encore des cordes à couper.


Silas désigne un passage secret derrière une tapisserie représentant la fondation de la Triade. Ses doigts tremblent en indiquant la voie vers les profondeurs.


— Vaelran… Ilharan n'est pas en état et ses dons nous sont indispensables pour nous enfoncer là-dedans… dit Seyla en jetant un regard inquiet au jeune homme livide.


— Elle a raison, ajoute Kelvar en se plaçant entre le Mentor et le passage sombre. On ne peut pas y aller à l'aveugle. Si on descend maintenant, on court à notre perte.


Vaelran fixe l'ouverture obscure, ses doigts brûlant d'une envie de sang, mais il regarde ensuite ses disciples. Ils sont épuisés, blessés, et la vérité vient de les frapper aussi fort que lui.


— Je crois que nous devrions essayer de retrouver Kaelis, Lynara et les autres… murmure Seyla. La situation est trop grave pour nous passer de renforts. Si Aziris a déjà corrompu le Roi et le Temple, on ne fera pas le poids seuls.


Vaelran serre les dents, luttant contre son besoin viscéral d'en finir. Il jette un dernier regard à Silas, qui semble s'effacer dans l'ombre de son propre trône.


— Très bien, finit-il par lâcher, la voix rauque. On quitte le Temple. On trouve les autres, et on revient ensemble pour arracher la racine de ce mal.


— Oh, c’est pas trop tôt ! siffle une voix venant d'en haut.


Talyor se laisse glisser le long d'une colonne, ses bracelets de gravité crépitant de fatigue alors qu'il retrouve la terre ferme. Il atterrit avec une souplesse relative, mais ses bras tremblent violemment sous le poids de la sacoche qu'il serre contre lui.


— Parce que je vous signale que ce "colis" empoisonné, est en train de me bouffer les avant-bras ! s'exclame-t-il. Si on ne bouge pas d'ici cinq minutes, soit ce bouquin explose, soit c'est moi qui fais un arrêt cardiaque.


Vaelran ne l'écoute déjà plus. Ses yeux se posent vers le voile miroir de Kelvar, là où l'épée de cérémonie gît contre le mur, là où Seyla l'a projetée. Il sait que dès leur départ, l'illusion va se dissiper et révéler de nouveau la présence de la lame.


— On ne laisse pas ça ici, tranche le Mentor. Silas est trop faible. S'il la touche à nouveau, Aziris le récupérera en un battement de cœur.


Kelvar acquiesce et annule son sort. D'un geste précis, Vaelran retire sa propre cape de voyage, épaisse et doublée de fibres de cuir traitées. Il enveloppe la lame sans jamais la toucher directement, créant un paquet informe qu'il s'attache solidement dans le dos. Il récupère le Bréviaire des mains de Talyor, le remet dans sa sacoche, et le place à l'opposé. Le poids de la haine de quatorze ans et de la corruption de douze ans pèse désormais sur ses propres épaules.


C'est à cet instant précis que le silence de la pièce est brisé par un son sec.


Pendant que le groupe scelle la lame maudite et soutient Ilharan, Silas, prostré à genoux, s'est redressé. Il n'a pas cherché à rattraper l'épée de maudite. Il a tiré de sa ceinture la dague de cérémonie en acier pur de la couronne, une lame dénuée de toute magie.


— Silas ! hurle Vaelran en se retournant, le cœur ratant un battement.


Mais le geste est déjà accompli. Le Roi de Virellia s'est enfoncé l'acier en plein cœur, jusqu'à la garde. Un sang rouge, pur de toute teinte violette, imbibe la soie d'or de sa tunique royale.


Un choc d'une violence inouïe fige le groupe. Seyla plaque une main sur sa bouche, les yeux écarquillés d'horreur. Kelvar et Talyor restent pétrifiés.


— Je ne régnerai pas... comme son fantôme, souffle Silas dans un râle d'agonie, son regard s'éteignant doucement. Pardon... pour les cendres, Vaelran...


Le Roi s'effondre lourdement au pied du siège royal, libéré de l'emprise, mais écrasé par la honte de ses propres actes.


Vaelran demeure immobile, la poitrine comprimée par une douleur sourde. Sa vengeance lui est arrachée non pas par un combat, mais par le repentir tragique de son souverain.


Ilharan laisse échapper un gémissement. Ses paupières papillonnent, révélant ses yeux dorés qui semblent fixer un point invisible au-dessus de l'épaule de Vaelran. Il ne tient pas debout, ses jambes sont du coton, mais il murmure entre deux respirations hachées :


— L'épée... elle n'aime pas le tissu. Elle voulait boire le sang du Roi. Vous portez un monstre affamé, Mentor... Faites attention à ce qu'elle ne trouve pas une faille dans votre propre armure.


— Tais-toi et marche, gamin, grogne Vaelran d'une voix rauque, masquant son trouble en passant le bras du disciple sous son épaule pour le soutenir.


Kelvar prend l'autre flanc d'Ilharan, et le groupe quitte la pièce en hâte, abandonnant le cadavre du Roi dans le silence du trône.


Ils progressent rapidement dans les couloirs, ils passent par une porte de service pour éviter la garde, ils arrivent dans une galerie abandonnée qui sent le salpêtre et l'oubli. Alors qu'ils approchent de la sortie, le Bréviaire de Lumière dans la sacoche s'arrête soudainement de vibrer. Le silence qui s'en dégage est encore plus inquiétant que son vacarme précédent.


Ils débouchent enfin sur une corniche extérieure, dissimulée derrière une gargouille massive surplombant les Jardins Inférieurs. De là, la vue sur Elarion est terrifiante. Seyla pose sa main sur la rune de Nilwen pour trouver un ancrage face au spectacle qui s'offre à eux.


— Regardez... murmure la jeune femme, le souffle court.


Au loin, sur la Grande Place, la population d'Elarion ne crie pas. Elle ne fuit pas. Des centaines de citoyens marchent dans les ruines de la dernière bataille, d'un pas lent, hypnotique, vers le centre de la ville. Leurs mouvements sont parfaitement synchronisés, comme s'ils répondaient tous à la même partition invisible.


— Le douzième battement, souffle Ilharan, la voix plus lucide que jamais. Il a commencé...


La ville entière semble être tombée sous une transe collective.




La suite jeudi entre 18h30 et 21h30...

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