1. Demain est un autre jour
Cinq jours avant la fête
Nous mangeons à table, l'ambiance est assez froide. Papa mange et nous surveille du coin de son œil, Michael mange en ayant une pose peu conforme pour manger, tandis que Elizabeth mange juste la meilleure part.
_ Comment s'est passé le lycée, Mike ?
_ Comme d'hab'. On a juste fait cours.
_ Hm, bien. Tiens toi correctement sur ta chaise et met tes bras sur la table, mal élevé. Sans mettre tes coudes.
Michael soupire et s'execute avec un sourire clairement forcé.
_ Et toi, ma fille, comment va tes notes ?
_ Bien papa, le maître m'a félicité.
Papa arbore un petit sourire.
_ Parfait. Tout bonnement parfait. Tu es la meilleure fille que je puisse avoir.
Papa continue de manger, sans me demander une fois comment se passe mes journées. On finit par tous sortir de table, je me dirige vers ma chambre en passant près des plans de travail remplis d'ustensiles. Mon œil est attiré vers un grand couteau posé maladroitement dont la lame est couverte de sauce tomate sèchée. Pourtant il n'y avait pas de sauce tomate dans le plat.
Je m'en rapproche quand soudain je sens des mains fermes sur mes epaules.
_ Va dans ta chambre, petit. Mêle toi de tes affaires.
La voix de papa me surprend beaucoup mais jr l'écoute et pars dans ma chambre, me souvenant de l'odeur nauséabonde qui sortait du couteau.
Je m'approche de mes peluches, toutes jetées dans un coin de la chambre. Il y a la peluche de Freddy, Chica, Bonnie, celle de Foxy qui a la tête arrachée. Et enfin celle de Fredbear, posée sur mon lit. Ce sont mes amis.
Soudain un cliquetit sonne à mes oreilles, le bruit de la serrure de la porte. Je me retourne et cours vers la porte, elle est coincée. Je force la serrure, je tente à maintes reprises de l'ouvrir mais rien y fait. Plus je force, plus mes larmes tombent, comme si je pressais un citron.
Un rire bas, lent et profond retentit dans mes oreilles.
_ Qu'est-ce qu'il a fait cette fois ?
Je sanglotte, tremblant devant la porte.
_ Il t'a encore enfermé dans ta chambre. N'aie pas peur, je suis là avec toi.
Je me tourne vers ma peluche de Fredbear, rassurante, me fixant maintenant de ses pupilles blanches, son corps orienté vers moi. Il est toujours là pour moi.
Je tente de rouvrir la porte, plusieurs fois. Encore et encore. Mais Michael l'a vraiment fermée, une fois de plus.
Je m'effondre en larmes devant la porte, mes pleurs mouillant le sol et inondant mes joues. Je m'endors là, en larmes sur le sol.
_ Demain est un autre jour.
Les paroles de Fredbear me restent dans les oreilles. Son rire profond me berçant.
Je m'éveille dans ma chambre, tout est plongé dans l'obscurité, je ne vois rien. Mon réveil qui émet une faible lumière indique minuit. Je cherche la lampe de poche sur ma commode mais dans l'obscurité j'ai du mal à la trouver. Pendant ma recherche, des pas lourds résonnent dans mon couloir. Des pas presque metalliques.
Je panique et cherche plus profondement ma lampe sensé être posée là. Finalement je parviens à la dénicher et j'éclaire ma chambre. Les deux portes menant respectivement aux couloirs de gauche et de droite sont entrouvertes. La placard face à mon lit est également entrouvert.
L'ambiance est lourde et terrifiante, peut-être devrais-je aller réveiller papa pour me rassurer rien qu'un peu. Même s'il n'en aurait sûrement rien à faire.
Je m'approches doucement de la porte gauche avec ma lampe. J'éclaire le couloir obscur et soudain face à moi, à quelques centimètres de mon petit corps, se dresse Bonnie, l'animatronique de papa. Il fait plus de 1m90, me regardant avec ses yeux violets et ses pupilles blanches perçantes. Toutes ses dents sont visibles, prêtes et capables de me déchiqueter. Son bras endomagé bouge, il approche sa grande main griffue de mon visage. Je recule et c'est alors qu'il se met à accelerer.
Je ferme la porte. Je l'entends encore respiré près de celle ci. Je dois rester ici. Pour éviter de finir dans son ventre tranché en deux. Je savais que ces animatroniques allaient me faire du mal. Je commence à sanglotter, je vais mourir.
J'éclaire le reste de ma chambre en tenant la porte. C'est alors que je remarque un mouvement furtif depuis mon lit, comme si quelque chose avait prit la fuite. Je sursautes et regarde mieux.
Je n'entend plus les respirations du lapin. Mais de nouveau de gros bruits de pas depuis l'autre porte, mes yeux s'écarquillent. Je lâche la poignée et cours, traversant toute la chambre pour atteindre l'autre porte. Celle derrière moi se rouvrant.
J'atteint la porte droite et au moment où j'éclaire le couloir, je me fais attrapé, la lampe tombe au sol sans même que je puisse voir qui est-ce. Des doigts crochus se plantent dans mes côtes et je me fais soulevé du sol. Je hurles, un grognement retentir et je sens des centaines de dents tranchantes me transperçer.
Puis je me réveille - pour de vrai - en larmes devant ma porte. Ce n'était qu'un horrible cauchemard.