🍁 Someone called Adam 🍁

Chapitre 9 : Nouveau et pur

3080 mots, Catégorie: T

DerniĂšre mise Ă  jour 18/02/2026 17:09

chapitre 9 : Nouveau et pur 


Il neigeait lorsque De Lacey et Adam ouvrĂšrent la porte de la chaumiĂšre aprĂšs avoir rassemblĂ© les affaires du vieillard. 

Adam sortit lentement et leva son visage vers ce ciel chargĂ© d’une beautĂ© jusqu’alors inconnue, dont les flocons dĂ©licats tombaient avec grĂące pour se dĂ©poser en douceur sur sa peau et ses cheveux. C’était si diffĂ©rent de la pluie ! La pluie qui fouettait le visage et transperçait avec agressivitĂ© les vĂȘtements pour tremper la peau et geler jusqu’aux os
 La pluie qui ne laissait derriĂšre son passage qu’un sol saccagĂ©, boueux et dĂ©trempĂ©. La neige semblait beaucoup plus clĂ©mente aux yeux de la crĂ©ature. Elle recouvrait le paysage d’un voile fĂ©erique dont les cristaux scintillaient Ă  perte de vue oĂč que porte son regard aux pupilles dĂ©pareillĂ©es.     


Son petit livre serrĂ© contre sa poitrine, Adam tendit timidement son bras libre Ă  la rencontre des innombrables flocons, qu’il essayait d'attraper avec maladresse entre ses longs doigts. 


— OĂč est ton pĂšre, mon garçon ? demanda le vieil homme, depuis le seuil de la maison. 

— Je
 Je l’ignore, rĂ©pondit vaguement Adam, le visage tournĂ© vers le ciel, tout Ă  sa contemplation de la neige. 

— C’est beau, n’est-ce pas ? poursuivit De Lacey, en saisissant son bĂąton de marche, appuyĂ© contre le mur. La neige rend le monde nouveau et pur ! 

— Pur, rĂ©pĂ©ta pensivement Adam en observant un flocon, qui venait de se poser mollement  sur son manteau. 

— SALOPERIE DE BORDEL DE POULES A LA CON ! hurla soudain Victor, en surgissant de l’angle du moulin, sa canne brandit devant lui.   


Un caquĂštement scandalisĂ© poussĂ© par trois poules rousses se fit entendre alors que le baron les poursuivait avec l’aide d’Hunter, qui, visiblement, n’était pas plus douĂ© en chien de troupeau qu’en chien de chasse
 Les volailles passĂšrent Ă  tire d’ailes entre les jambes d’Adam et du vieillard pour s’engouffrer dans la chaumiĂšre par la porte encore ouverte. 


Essoufflé, Victor se stoppa au niveau des deux hommes, jeta sa canne dans la neige et se pencha en avant, les mains sur les cuisses.


— Je crois qu’on a retrouvĂ© ton pĂšre, constata De Lacey, d’une voix amusĂ©e. Vous n’avez toujours pas capturĂ© ces trois malheureuses poules, Baron ? Vous feriez un piĂštre berger, se moqua-t-il, en refermant la porte pour piĂ©ger les animaux.  

— J’ai Ă©tĂ© Ă©levĂ© pour ĂȘtre chirurgien, pas berger ! rĂ©pondit Victor d’un ton hautain en se redressant. 

— Je pense que je ferais mieux les mains attachĂ©es dans le dos, ricana De Lacey. Il y a un grand panier en osier dans le moulin, Baron, attrapez-le, nous devrions pouvoir vous le sangler dans le dos
 Adam va m’aider Ă  capturer les poules, commanda le vieux fermier. Approchez le panier de la porte et allez chercher ma chĂšvre, je vous prie. 

— Vous m’avez pris pour un valet de ferme ? s’indigna Victor.

— GrĂące au ciel, vous n’en ĂȘtes pas un, sans quoi mes animaux seraient dĂ©jĂ  perdus ! HĂątez-vous, il se fait tard et ma chĂšvre s’est Ă©chappĂ©e, vous ne la retrouverez pas si vous traĂźnez trop
 

— Vous donnez beaucoup d’ordres pour un vieil infirme, grogna Victor.  

— Et vous, vous les discutez beaucoup trop pour quelqu’un qui disait ĂȘtre pressĂ© ! 

— Vieux bouc ! pesta Victor dans sa barbe. Fais ce qu’il te dit, ordonna-t-il ensuite Ă  Adam, avant de ramasser sa canne avec une rage contenue.  

— Oui CrĂ©ateur, rĂ©pondit aussitĂŽt Adam, qui avait assistĂ© Ă  l’échange en se faisant tout petit - autant que la chose soit possible - Ă  moitiĂ© rassurĂ© par le ton que prenait la conversation et l’agacement Ă©vident du scientifique.  


La magie de la neige avait laissĂ© place Ă  une angoisse sourde. Adam serrait son petit livre tellement fort que ses doigts crispĂ©s le faisaient souffrir. De Lacey se rapprocha d’un pas prudent et tendit son bras libre pour tatonner celui d’Adam, Ă  la recherche de sa main. La crĂ©ature ne se dĂ©roba pas Ă  son contact, mais observa le vieil homme avec circonspection.  


— Donne-moi ta main, mon garçon, j’aimerais mieux Ă©viter de glisser sur cette neige ! 


Adam laissa le fermier saisir sa main et dĂ©tailla la sienne, intriguĂ©. Les mains de Victor Ă©taient celles d’un scientifique ; leur peau Ă©tait douce et leurs ongles, soignĂ©s. Celles du vieillard Ă©taient diffĂ©rentes. Elles Ă©taient frippĂ©es et dĂ©formĂ©es par l’arthrose. Couverte de cals et de tĂąches sombres. Le contact de sa main Ă©tait rugueux, mais chaud. Adam sentait que les tremblements du vieillard - qu’ils soient dĂ» au froid ou Ă  de quelconques maux causĂ©s par l’ñge - n’avaient rien Ă  voir avec des tremblements de peur. De Lacey Ă©tait un homme de la terre, rompu aux tĂąches difficiles et Ă  la vie en plein air, et ses gestes, bien que directifs et assurĂ©s, Ă©taient empreints d’une douceur bienveillante. 


— Ta main est gelĂ©e, s’étonna le vieillard. 

— Pardon, rĂ©pondit spontanĂ©ment Adam, en retirant sa main de celle de De Lacey et en baissant la tĂȘte.  

— Non, ce n’est rien, le rassura aussitĂŽt le fermier, en cherchant Ă  nouveau la main d’Adam. “Les mains froides, le coeur chaud” comme on dit, rĂ©cita-t-il avec un grand sourire. 


Adam le dĂ©visagea, dĂ©contenancĂ©, tandis que De Lacey saisissait Ă  nouveau fermement sa main, mais sans aucune brutalitĂ©. 


— Ton cƓur doit certainement ĂȘtre trĂšs chaud, car ta main est vraiment glacĂ©e, fiston ! On dirait un cadavre, plaisanta le vieillard, en l’entraĂźnant vers la porte. Allons capturer ces poules avant que la nuit tombe, tu veux ? Si on doit compter sur ton pĂšre, nous allons dormir Ă  la merci des loups, j’en ai peur
          



Quelques dizaines de minutes plus tard, les poules Ă©taient entassĂ©es dans un panier Ă  champignons en forme de hotte, que Victor sangla dans son dos, avec l’aide du vieillard. Un second panier du mĂȘme type fut attachĂ© dans le dos d’Adam, et contenait toute la nourriture qui restait dans la chaumiĂšre. Victor tenait la chĂšvre - capturĂ©e au pĂ©ril de son honneur - au bout d’une courte corde, autour de laquelle ne cessait d’aboyer Hunter, complĂštement surexcitĂ©. Le baron, dont la patience s’amenuisait Ă  vue d'Ɠil, observait un sac rempli de livres - qui paraissait bien lourd - posĂ© devant le vieillard.


— C’est quoi ça ? 

— Des livres, Baron ! 

— Merci, j’avais vu
 Mais ça ne se mange pas et nous sommes dĂ©jĂ  trĂšs chargĂ©s, je vous signale !  

— Votre fils semble s’y intĂ©resser, or ils ne serviront Ă  personne ici, rĂ©torqua patiemment De Lacey. 

— J’ai bien peur de ne pas avoir assez de bras pour tout porter, vieil homme ! 

— Je vais les porter, CrĂ©ateur ! s’empressa d’intervenir Adam. 

— Tu en portes dĂ©jĂ  bien assez ! l’interrompit Victor, d’une voix sans appel. On va laisser les livres ici et je vais tuer ton clĂ©bard, ça nous fera deux choses en moins Ă  nous occuper ! poursuivit-il, excĂ©dĂ©. 


De Lacey semblait s’amuser de la situation, ce qui n’était pas le cas d’Adam, qui Ă©tait de plus en plus nerveux. 


— Je plaisante, je plaisante ! se rattrapa aussitĂŽt Victor, en remarquant la dĂ©tresse de sa crĂ©ature. Je ne vais tuer personne, exceptĂ© peut-ĂȘtre notre nouvel hĂŽte s’il continue Ă  sourire bĂȘtement, ajouta-t-il, avec un regard appuyĂ© vers De Lacey. 

— Je vais tenir la chĂšvre, rĂ©torqua tranquillement le vieil homme. Prenez les livres et partons ! 


Victor lui tendit la corde et se pencha pour examiner le sac : 


— Tu es sĂ»r de vouloir ces livres ? demanda-t-il en soupirant. 

— Oui, CrĂ©ateur ! S’il vous plaĂźt
 ajouta Adam, en dĂ©tournant le regard. 

— TrĂšs bien
 Je m’en occupe dans ce cas, toi tu aides le vieux et fais attention Ă  ce qu’il ne tombe pas ! Lui, je ne le porterai pas, ça je te le garantis
  


C’est ainsi que les trois hommes se mirent en route, alors que le jour baissait et que le froid se faisait de plus en plus mordant. Victor marchait devant, Ă©puisĂ© par le poids de ses charges sur sa cheville instable, mais accompagnĂ© par Hunter, qui se plantait loyalement Ă  cĂŽtĂ© de lui chaque fois que le scientifique faisait une pause. Non loin derriĂšre, Adam avait calĂ© son pas sur celui du vieillard, qui marchait en s’appuyant sur son avant-bras. 

Ils parlaient peu, chacun essayant de garder ses forces pour progresser dans la neige, tandis que le soleil se couchait Ă  l’horizon. BientĂŽt, seul le bruit de leurs pas qui faisaient craquer la neige rĂ©sonnait dans la forĂȘt qui s’endormait paisiblement. Il faisait complĂštement nuit lorsque l’ombre imposante de la tour se dĂ©coupa devant la lune lorsqu’ils sortirent du bois pour longer le lac. Ils n’eurent plus Ă  Ă©viter les racines et se dĂ©placĂšrent bien plus rapidement sur la derniĂšre partie du trajet. Adam et De Lacey marchaient dĂ©sormais juste derriĂšre Victor et la chĂšvre ne cessait de s’entraver dans sa canne et ses jambes. 


— Mais Bon Dieu, quelle emmerdeuse cette chĂšvre ! 


De Lacey lui mit un coup de bĂąton dans la jambe, devant le regard ahuri d’Adam : 


— Ne jurez pas, mĂ©crĂ©ant !

— AĂŻe ! Vous ĂȘtes aussi insupportable que cette chĂšvre, vous ! Elle a un nom ? 

— Je ne me rappelle plus du nom que ma petite-fille lui a donné  

— Elizabeth.

— Pardon ?

— Elle vient de chier sur ma botte ! Elle va s’appeler Elisabeth, ça lui va trĂšs bien
 

— Elizabeth, rĂ©pĂ©ta lentement Adam, tandis qu’ils s’arrĂȘtĂšrent au pied de la tour. 

— Je vais mettre les poules et la chùvre dans la cave, on verra demain pour leur faire un endroit dehors
 Adam, accompagne notre hîte la–haut, je vous rejoins !

— Oui, CrĂ©ateur. 


Ils se séparÚrent et Adam guida le vieil homme dans les escaliers.


— Pourquoi tu l’appelles “CrĂ©ateur” ? s’étonna le fermier. 

— Parce que c’est
 C’est lui qui m’a créé. 

— Et oĂč est ta mĂšre, mon enfant ? 

— Ma mĂšre ? Je
 Je n’ai pas de mĂšre, rĂ©pondit Adam, dĂ©contenancĂ©. 

— Ça ne m’étonne pas, avec un engin pareil, elle a dĂ» s’enfuir la pauvre
 


Adam l’observa sans comprendre avant de le faire pĂ©nĂ©trer dans le laboratoire. Il se dĂ©chargea de son panier et accompagna ensuite De Lacey jusqu’au fauteuil devant la cheminĂ©e et le fit asseoir. Le vieil homme grelottait, aussi Adam prit soin de le couvrir avec la couverture en velours rouge et l’aida Ă  enlever ses bottes trempĂ©es avant de ranimer le feu, dont seules quelques braises avaient tenu depuis leur dĂ©part. Une fois le feu chargĂ© en bĂ»ches, Adam ĂŽta Ă  son tour son manteau et ses bottes, puis rĂ©cupĂ©ra le panier et se dirigea vers la petite cuisine. L’instant qu’il rĂ©chauffe un reste de soupe et qu’il sorte du panier un morceau de pain, du fromage et un saucisson, Victor et Hunter les avaient rejoints. Le chien vient rapidement le saluer dans la cuisine avant d’aller se coucher Ă  sa place prĂ©fĂ©rĂ©e, sous le fauteuil. Adam entendit ensuite Victor Ă©changer quelques mots avec De Lacey, puis il retourna au salon avec un plateau chargĂ© de nourriture et de bols. Il disposa soigneusement le plateau sur la table, soulagĂ© comme toujours de n’avoir rien renversĂ©, puis chercha son pĂšre du regard. Victor s’était dĂ©lestĂ© de son manteau et de ses bottes, qu’il avait troquĂ© contre une paire de chaussons confortables et avait enfilĂ© un Ă©pais gilet Ă  la place de sa veste. 


Quand il remarqua Adam, il se dirigea vers la table en boitant : 


— Ah. Je meurs de faim ! Vous avez faim, vieil homme ? 

— Je me contenterai d’une soupe si vous en avez, Baron. Je suis plus las qu’affamĂ©.

— EmmĂšne-lui une soupe, ordonna Victor Ă  Adam, tandis qu’il s’asseyait Ă  la table. 


Adam s’exĂ©cuta et porta un bol de soupe avec un morceau de pain au vieillard, qui le remercia chaudement. 


— Il y a une bouteille de brandy dans le panier, mon garçon, si vous en voulez ton pĂšre et toi.               

— Bonne idĂ©e ! rĂ©pondit Victor, en coupant des tranches de saucisson. 


AussitĂŽt, Adam se dirigea vers la cuisine et sortit la bouteille de brandy du panier, mais lorsqu’il se redressa, la bouteille lui Ă©chappa des mains et s’écrasa au sol. Le fracas du verre sur le sol brut alerta Victor, qui se prĂ©cipita dans la cuisine de son pas claudiquant. 


Lorsqu’Adam le vit surgir dans la petite piĂšce sans issue, il se recroquevilla en protĂ©geant son visage de ses bras : 


— Pardon, CrĂ©ateur ! Je
 La
 La bouteille m’a Ă©ch–chappĂ©. 


Victor marqua un temps d’arrĂȘt avant de s’approcher avec prĂ©caution, ses paumes de main en l’air : 


— Ce n’est rien, Adam ! Ce n’est pas grave, je ne vais
 Je ne vais pas te faire de mal ! Ne te blesse pas avec le verre brisĂ©, je vais t’aider Ă  nettoyer. Ce n’est rien, rĂ©pĂ©ta-t-il avec conviction. 


Une fois le verre ramassĂ© et le vin Ă©pongĂ©, Adam Ă©tait plus calme, visiblement rassurĂ© sur le fait que s’il avait voulu le frapper, Victor l’aurait dĂ©jĂ  fait, puisqu’il ne remettait jamais Ă  plus tard un accĂšs de violence
 Ils retournĂšrent au salon et mangĂšrent en silence, tandis que le vieillard somnolait au coin du feu. Victor rassembla les restes pour les donner Ă  Hunter, puis il tira une chaise devant le feu et s’y assis lourdement pendant qu’Adam dĂ©barrassait. 


Le baron retira ses chaussons et massa sa cheville douloureuse en observant le fermier :  


— Vous ĂȘtes assis sur mon fauteuil, grommela-t-il. 

— Votre fils m’y a installĂ© spontanĂ©ment ; heureusement pour moi, il semble bien mieux Ă©levĂ© que son pĂšre, ricana De Lacey. 


Adam revint en portant une bassine d’eau chaude. AprĂšs un rapide coup d'Ɠil au vieil homme, il s’agenouilla pour dĂ©poser la bassine devant Victor et l’aida Ă  mettre ses pieds dedans, tandis que le scientifique se cramponnait aux bras de sa chaise en gĂ©missant. 


— ÉlevĂ© ou
 PlutĂŽt dressé  ajouta le vieil homme, interloquĂ©, en se redressant dans le fauteuil. 


Avec des gestes prudents, Adam lavait les pieds de son crĂ©ateur avec un morceau de savon et massait sa cheville douloureuse. 


— Quoi ? pesta Victor, devant le regard Ă©tonnĂ© du fermier. 

— Vous savez que votre fils n’est pas votre esclave, Baron ? 

— De quoi parlez-vous ? Votre JĂ©sus aussi lavait des pieds si je me rappelle bien ! 

— En effet ! Sauf que vu que vous vous prenez pour Dieu Ă  tel point que votre fils vous appelle “CrĂ©ateur”, ce serait plutĂŽt Ă  vous de lui laver les pieds ! rĂ©torqua le vieillard. 

— Mais de quoi je me mĂȘle au bout d’un moment ? C’est pas l’heure d’aller dormir Ă  votre Ăąge ? 

— Maintenant que vous le dites, je pense que j’en ai assez vu pour aujourd’hui ! 

— Bien
 Adam, conduis-le dans ta chambre, tu veux bien ? 


Adam acquiesça tout en finissant de sĂ©cher les pieds de son crĂ©ateur, puis se leva en prenant avec lui la bassine, qu’il alla vider dans la salle de bains. 


— OĂč va dormir votre fils si j’occupe sa chambre ? s’inquiĂ©ta le vieil homme. 

— Il ne dort jamais dans sa chambre, ne vous inquiĂ©tez pas, rĂ©pondit Ă©vasivement Victor, en enfilant Ă  nouveau ses chaussons. 

— Ah bon ? Mais
 Mais oĂč dort-il alors ? 

— Par terre, ici ! Sur le tapis, expliqua Victor le plus naturellement du monde, en pointant le tapis sous leurs pieds.  

—  Par terre
 Sur le tapis
 rĂ©pĂ©ta De Lacey, incrĂ©dule. MĂȘme les serviteurs des pires maisons ne sont pas traitĂ©s ainsi, vous le savez, Baron ? 

— Vous prĂ©fĂ©rez peut-ĂȘtre aller dormir dehors avec les loups ? s’emporta Victor. 

— Les loups ne portent pas tous des crocs et des griffes, certains cachent leur bestialitĂ© derriĂšre un masque d’éducation et de raffinement. 

— J’en sais quelque chose, merci. Bonne nuit, Monsieur De Lacey ! le salua Victor, le regard noir. Adam ? Notre invitĂ© est fatiguĂ©, presse-toi ! 


Adam inclina imperceptiblement la tĂȘte et offrit docilement son bras au vieillard. 


— Bonne nuit, Baron ! J’ai hĂąte d’ĂȘtre Ă  demain, rĂ©pondit joyeusement De Lacey en s’éloignant.  

— Vous ĂȘtes bien le seul, le salua Victor, en prenant sa place sur le fauteuil et en se couvrant rageusement avec la couverture rouge.   




NDA : Je suis maintenant arrivĂ©e au bout de ce que j’avais Ă©crit. Je ne promets rien sur le rythme de publication des derniers chapitres dans la mesure oĂč ma vie personnelle est devenue plus que mouvementĂ©e et oĂč je dois malheureusement gĂ©rer mes prioritĂ©s irl qui n’ont rien de joyeux
 Merci Ă  tous pour votre patience đŸ„° 



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