đ Someone called Adam đ
chapitre 9 : Nouveau et pur
Il neigeait lorsque De Lacey et Adam ouvrÚrent la porte de la chaumiÚre aprÚs avoir rassemblé les affaires du vieillard.
Adam sortit lentement et leva son visage vers ce ciel chargĂ© dâune beautĂ© jusquâalors inconnue, dont les flocons dĂ©licats tombaient avec grĂące pour se dĂ©poser en douceur sur sa peau et ses cheveux. CâĂ©tait si diffĂ©rent de la pluie ! La pluie qui fouettait le visage et transperçait avec agressivitĂ© les vĂȘtements pour tremper la peau et geler jusquâaux os⊠La pluie qui ne laissait derriĂšre son passage quâun sol saccagĂ©, boueux et dĂ©trempĂ©. La neige semblait beaucoup plus clĂ©mente aux yeux de la crĂ©ature. Elle recouvrait le paysage dâun voile fĂ©erique dont les cristaux scintillaient Ă perte de vue oĂč que porte son regard aux pupilles dĂ©pareillĂ©es.
Son petit livre serrĂ© contre sa poitrine, Adam tendit timidement son bras libre Ă la rencontre des innombrables flocons, quâil essayait d'attraper avec maladresse entre ses longs doigts.
â OĂč est ton pĂšre, mon garçon ? demanda le vieil homme, depuis le seuil de la maison.
â Je⊠Je lâignore, rĂ©pondit vaguement Adam, le visage tournĂ© vers le ciel, tout Ă sa contemplation de la neige.
â Câest beau, nâest-ce pas ? poursuivit De Lacey, en saisissant son bĂąton de marche, appuyĂ© contre le mur. La neige rend le monde nouveau et pur !
â Pur, rĂ©pĂ©ta pensivement Adam en observant un flocon, qui venait de se poser mollement sur son manteau.
â SALOPERIE DE BORDEL DE POULES A LA CON ! hurla soudain Victor, en surgissant de lâangle du moulin, sa canne brandit devant lui.
Un caquĂštement scandalisĂ© poussĂ© par trois poules rousses se fit entendre alors que le baron les poursuivait avec lâaide dâHunter, qui, visiblement, nâĂ©tait pas plus douĂ© en chien de troupeau quâen chien de chasse⊠Les volailles passĂšrent Ă tire dâailes entre les jambes dâAdam et du vieillard pour sâengouffrer dans la chaumiĂšre par la porte encore ouverte.
Essoufflé, Victor se stoppa au niveau des deux hommes, jeta sa canne dans la neige et se pencha en avant, les mains sur les cuisses.
â Je crois quâon a retrouvĂ© ton pĂšre, constata De Lacey, dâune voix amusĂ©e. Vous nâavez toujours pas capturĂ© ces trois malheureuses poules, Baron ? Vous feriez un piĂštre berger, se moqua-t-il, en refermant la porte pour piĂ©ger les animaux.
â Jâai Ă©tĂ© Ă©levĂ© pour ĂȘtre chirurgien, pas berger ! rĂ©pondit Victor dâun ton hautain en se redressant.
â Je pense que je ferais mieux les mains attachĂ©es dans le dos, ricana De Lacey. Il y a un grand panier en osier dans le moulin, Baron, attrapez-le, nous devrions pouvoir vous le sangler dans le dos⊠Adam va mâaider Ă capturer les poules, commanda le vieux fermier. Approchez le panier de la porte et allez chercher ma chĂšvre, je vous prie.
â Vous mâavez pris pour un valet de ferme ? sâindigna Victor.
â GrĂące au ciel, vous nâen ĂȘtes pas un, sans quoi mes animaux seraient dĂ©jĂ perdus ! HĂątez-vous, il se fait tard et ma chĂšvre sâest Ă©chappĂ©e, vous ne la retrouverez pas si vous traĂźnez tropâŠ
â Vous donnez beaucoup dâordres pour un vieil infirme, grogna Victor.
â Et vous, vous les discutez beaucoup trop pour quelquâun qui disait ĂȘtre pressĂ© !
â Vieux bouc ! pesta Victor dans sa barbe. Fais ce quâil te dit, ordonna-t-il ensuite Ă Adam, avant de ramasser sa canne avec une rage contenue.
â Oui CrĂ©ateur, rĂ©pondit aussitĂŽt Adam, qui avait assistĂ© Ă lâĂ©change en se faisant tout petit - autant que la chose soit possible - Ă moitiĂ© rassurĂ© par le ton que prenait la conversation et lâagacement Ă©vident du scientifique.
La magie de la neige avait laissĂ© place Ă une angoisse sourde. Adam serrait son petit livre tellement fort que ses doigts crispĂ©s le faisaient souffrir. De Lacey se rapprocha dâun pas prudent et tendit son bras libre pour tatonner celui dâAdam, Ă la recherche de sa main. La crĂ©ature ne se dĂ©roba pas Ă son contact, mais observa le vieil homme avec circonspection.
â Donne-moi ta main, mon garçon, jâaimerais mieux Ă©viter de glisser sur cette neige !
Adam laissa le fermier saisir sa main et dĂ©tailla la sienne, intriguĂ©. Les mains de Victor Ă©taient celles dâun scientifique ; leur peau Ă©tait douce et leurs ongles, soignĂ©s. Celles du vieillard Ă©taient diffĂ©rentes. Elles Ă©taient frippĂ©es et dĂ©formĂ©es par lâarthrose. Couverte de cals et de tĂąches sombres. Le contact de sa main Ă©tait rugueux, mais chaud. Adam sentait que les tremblements du vieillard - quâils soient dĂ» au froid ou Ă de quelconques maux causĂ©s par lâĂąge - nâavaient rien Ă voir avec des tremblements de peur. De Lacey Ă©tait un homme de la terre, rompu aux tĂąches difficiles et Ă la vie en plein air, et ses gestes, bien que directifs et assurĂ©s, Ă©taient empreints dâune douceur bienveillante.
â Ta main est gelĂ©e, sâĂ©tonna le vieillard.
â Pardon, rĂ©pondit spontanĂ©ment Adam, en retirant sa main de celle de De Lacey et en baissant la tĂȘte.
â Non, ce nâest rien, le rassura aussitĂŽt le fermier, en cherchant Ă nouveau la main dâAdam. âLes mains froides, le coeur chaudâ comme on dit, rĂ©cita-t-il avec un grand sourire.
Adam le dévisagea, décontenancé, tandis que De Lacey saisissait à nouveau fermement sa main, mais sans aucune brutalité.
â Ton cĆur doit certainement ĂȘtre trĂšs chaud, car ta main est vraiment glacĂ©e, fiston ! On dirait un cadavre, plaisanta le vieillard, en lâentraĂźnant vers la porte. Allons capturer ces poules avant que la nuit tombe, tu veux ? Si on doit compter sur ton pĂšre, nous allons dormir Ă la merci des loups, jâen ai peurâŠ
Quelques dizaines de minutes plus tard, les poules Ă©taient entassĂ©es dans un panier Ă champignons en forme de hotte, que Victor sangla dans son dos, avec lâaide du vieillard. Un second panier du mĂȘme type fut attachĂ© dans le dos dâAdam, et contenait toute la nourriture qui restait dans la chaumiĂšre. Victor tenait la chĂšvre - capturĂ©e au pĂ©ril de son honneur - au bout dâune courte corde, autour de laquelle ne cessait dâaboyer Hunter, complĂštement surexcitĂ©. Le baron, dont la patience sâamenuisait Ă vue d'Ćil, observait un sac rempli de livres - qui paraissait bien lourd - posĂ© devant le vieillard.
â Câest quoi ça ?
â Des livres, Baron !
â Merci, jâavais vu⊠Mais ça ne se mange pas et nous sommes dĂ©jĂ trĂšs chargĂ©s, je vous signale !
â Votre fils semble sây intĂ©resser, or ils ne serviront Ă personne ici, rĂ©torqua patiemment De Lacey.
â Jâai bien peur de ne pas avoir assez de bras pour tout porter, vieil homme !
â Je vais les porter, CrĂ©ateur ! sâempressa dâintervenir Adam.
â Tu en portes dĂ©jĂ bien assez ! lâinterrompit Victor, dâune voix sans appel. On va laisser les livres ici et je vais tuer ton clĂ©bard, ça nous fera deux choses en moins Ă nous occuper ! poursuivit-il, excĂ©dĂ©.
De Lacey semblait sâamuser de la situation, ce qui nâĂ©tait pas le cas dâAdam, qui Ă©tait de plus en plus nerveux.
â Je plaisante, je plaisante ! se rattrapa aussitĂŽt Victor, en remarquant la dĂ©tresse de sa crĂ©ature. Je ne vais tuer personne, exceptĂ© peut-ĂȘtre notre nouvel hĂŽte sâil continue Ă sourire bĂȘtement, ajouta-t-il, avec un regard appuyĂ© vers De Lacey.
â Je vais tenir la chĂšvre, rĂ©torqua tranquillement le vieil homme. Prenez les livres et partons !
Victor lui tendit la corde et se pencha pour examiner le sac :
â Tu es sĂ»r de vouloir ces livres ? demanda-t-il en soupirant.
â Oui, CrĂ©ateur ! Sâil vous plaĂźt⊠ajouta Adam, en dĂ©tournant le regard.
â TrĂšs bien⊠Je mâen occupe dans ce cas, toi tu aides le vieux et fais attention Ă ce quâil ne tombe pas ! Lui, je ne le porterai pas, ça je te le garantisâŠ
Câest ainsi que les trois hommes se mirent en route, alors que le jour baissait et que le froid se faisait de plus en plus mordant. Victor marchait devant, Ă©puisĂ© par le poids de ses charges sur sa cheville instable, mais accompagnĂ© par Hunter, qui se plantait loyalement Ă cĂŽtĂ© de lui chaque fois que le scientifique faisait une pause. Non loin derriĂšre, Adam avait calĂ© son pas sur celui du vieillard, qui marchait en sâappuyant sur son avant-bras.
Ils parlaient peu, chacun essayant de garder ses forces pour progresser dans la neige, tandis que le soleil se couchait Ă lâhorizon. BientĂŽt, seul le bruit de leurs pas qui faisaient craquer la neige rĂ©sonnait dans la forĂȘt qui sâendormait paisiblement. Il faisait complĂštement nuit lorsque lâombre imposante de la tour se dĂ©coupa devant la lune lorsquâils sortirent du bois pour longer le lac. Ils nâeurent plus Ă Ă©viter les racines et se dĂ©placĂšrent bien plus rapidement sur la derniĂšre partie du trajet. Adam et De Lacey marchaient dĂ©sormais juste derriĂšre Victor et la chĂšvre ne cessait de sâentraver dans sa canne et ses jambes.
â Mais Bon Dieu, quelle emmerdeuse cette chĂšvre !
De Lacey lui mit un coup de bĂąton dans la jambe, devant le regard ahuri dâAdam :
â Ne jurez pas, mĂ©crĂ©ant !
â AĂŻe ! Vous ĂȘtes aussi insupportable que cette chĂšvre, vous ! Elle a un nom ?
â Je ne me rappelle plus du nom que ma petite-fille lui a donnĂ©âŠ
â Elizabeth.
â Pardon ?
â Elle vient de chier sur ma botte ! Elle va sâappeler Elisabeth, ça lui va trĂšs bienâŠ
â Elizabeth, rĂ©pĂ©ta lentement Adam, tandis quâils sâarrĂȘtĂšrent au pied de la tour.
â Je vais mettre les poules et la chĂšvre dans la cave, on verra demain pour leur faire un endroit dehors⊠Adam, accompagne notre hĂŽte laâhaut, je vous rejoins !
â Oui, CrĂ©ateur.
Ils se séparÚrent et Adam guida le vieil homme dans les escaliers.
â Pourquoi tu lâappelles âCrĂ©ateurâ ? sâĂ©tonna le fermier.
â Parce que câest⊠Câest lui qui mâa créé.
â Et oĂč est ta mĂšre, mon enfant ?
â Ma mĂšre ? Je⊠Je nâai pas de mĂšre, rĂ©pondit Adam, dĂ©contenancĂ©.
â Ăa ne mâĂ©tonne pas, avec un engin pareil, elle a dĂ» sâenfuir la pauvreâŠ
Adam lâobserva sans comprendre avant de le faire pĂ©nĂ©trer dans le laboratoire. Il se dĂ©chargea de son panier et accompagna ensuite De Lacey jusquâau fauteuil devant la cheminĂ©e et le fit asseoir. Le vieil homme grelottait, aussi Adam prit soin de le couvrir avec la couverture en velours rouge et lâaida Ă enlever ses bottes trempĂ©es avant de ranimer le feu, dont seules quelques braises avaient tenu depuis leur dĂ©part. Une fois le feu chargĂ© en bĂ»ches, Adam ĂŽta Ă son tour son manteau et ses bottes, puis rĂ©cupĂ©ra le panier et se dirigea vers la petite cuisine. Lâinstant quâil rĂ©chauffe un reste de soupe et quâil sorte du panier un morceau de pain, du fromage et un saucisson, Victor et Hunter les avaient rejoints. Le chien vient rapidement le saluer dans la cuisine avant dâaller se coucher Ă sa place prĂ©fĂ©rĂ©e, sous le fauteuil. Adam entendit ensuite Victor Ă©changer quelques mots avec De Lacey, puis il retourna au salon avec un plateau chargĂ© de nourriture et de bols. Il disposa soigneusement le plateau sur la table, soulagĂ© comme toujours de nâavoir rien renversĂ©, puis chercha son pĂšre du regard. Victor sâĂ©tait dĂ©lestĂ© de son manteau et de ses bottes, quâil avait troquĂ© contre une paire de chaussons confortables et avait enfilĂ© un Ă©pais gilet Ă la place de sa veste.
Quand il remarqua Adam, il se dirigea vers la table en boitant :
â Ah. Je meurs de faim ! Vous avez faim, vieil homme ?
â Je me contenterai dâune soupe si vous en avez, Baron. Je suis plus las quâaffamĂ©.
â EmmĂšne-lui une soupe, ordonna Victor Ă Adam, tandis quâil sâasseyait Ă la table.
Adam sâexĂ©cuta et porta un bol de soupe avec un morceau de pain au vieillard, qui le remercia chaudement.
â Il y a une bouteille de brandy dans le panier, mon garçon, si vous en voulez ton pĂšre et toi.
â Bonne idĂ©e ! rĂ©pondit Victor, en coupant des tranches de saucisson.
AussitĂŽt, Adam se dirigea vers la cuisine et sortit la bouteille de brandy du panier, mais lorsquâil se redressa, la bouteille lui Ă©chappa des mains et sâĂ©crasa au sol. Le fracas du verre sur le sol brut alerta Victor, qui se prĂ©cipita dans la cuisine de son pas claudiquant.
LorsquâAdam le vit surgir dans la petite piĂšce sans issue, il se recroquevilla en protĂ©geant son visage de ses bras :
â Pardon, CrĂ©ateur ! Je⊠La⊠La bouteille mâa Ă©châchappĂ©.
Victor marqua un temps dâarrĂȘt avant de sâapprocher avec prĂ©caution, ses paumes de main en lâair :
â Ce nâest rien, Adam ! Ce nâest pas grave, je ne vais⊠Je ne vais pas te faire de mal ! Ne te blesse pas avec le verre brisĂ©, je vais tâaider Ă nettoyer. Ce nâest rien, rĂ©pĂ©ta-t-il avec conviction.
Une fois le verre ramassĂ© et le vin Ă©pongĂ©, Adam Ă©tait plus calme, visiblement rassurĂ© sur le fait que sâil avait voulu le frapper, Victor lâaurait dĂ©jĂ fait, puisquâil ne remettait jamais Ă plus tard un accĂšs de violence⊠Ils retournĂšrent au salon et mangĂšrent en silence, tandis que le vieillard somnolait au coin du feu. Victor rassembla les restes pour les donner Ă Hunter, puis il tira une chaise devant le feu et sây assis lourdement pendant quâAdam dĂ©barrassait.
Le baron retira ses chaussons et massa sa cheville douloureuse en observant le fermier :
â Vous ĂȘtes assis sur mon fauteuil, grommela-t-il.
â Votre fils mây a installĂ© spontanĂ©ment ; heureusement pour moi, il semble bien mieux Ă©levĂ© que son pĂšre, ricana De Lacey.
Adam revint en portant une bassine dâeau chaude. AprĂšs un rapide coup d'Ćil au vieil homme, il sâagenouilla pour dĂ©poser la bassine devant Victor et lâaida Ă mettre ses pieds dedans, tandis que le scientifique se cramponnait aux bras de sa chaise en gĂ©missant.
â ĂlevĂ© ou⊠PlutĂŽt dressé⊠ajouta le vieil homme, interloquĂ©, en se redressant dans le fauteuil.
Avec des gestes prudents, Adam lavait les pieds de son créateur avec un morceau de savon et massait sa cheville douloureuse.
â Quoi ? pesta Victor, devant le regard Ă©tonnĂ© du fermier.
â Vous savez que votre fils nâest pas votre esclave, Baron ?
â De quoi parlez-vous ? Votre JĂ©sus aussi lavait des pieds si je me rappelle bien !
â En effet ! Sauf que vu que vous vous prenez pour Dieu Ă tel point que votre fils vous appelle âCrĂ©ateurâ, ce serait plutĂŽt Ă vous de lui laver les pieds ! rĂ©torqua le vieillard.
â Mais de quoi je me mĂȘle au bout dâun moment ? Câest pas lâheure dâaller dormir Ă votre Ăąge ?
â Maintenant que vous le dites, je pense que jâen ai assez vu pour aujourdâhui !
â Bien⊠Adam, conduis-le dans ta chambre, tu veux bien ?
Adam acquiesça tout en finissant de sĂ©cher les pieds de son crĂ©ateur, puis se leva en prenant avec lui la bassine, quâil alla vider dans la salle de bains.
â OĂč va dormir votre fils si jâoccupe sa chambre ? sâinquiĂ©ta le vieil homme.
â Il ne dort jamais dans sa chambre, ne vous inquiĂ©tez pas, rĂ©pondit Ă©vasivement Victor, en enfilant Ă nouveau ses chaussons.
â Ah bon ? Mais⊠Mais oĂč dort-il alors ?
â Par terre, ici ! Sur le tapis, expliqua Victor le plus naturellement du monde, en pointant le tapis sous leurs pieds.
â Par terre⊠Sur le tapis⊠rĂ©pĂ©ta De Lacey, incrĂ©dule. MĂȘme les serviteurs des pires maisons ne sont pas traitĂ©s ainsi, vous le savez, Baron ?
â Vous prĂ©fĂ©rez peut-ĂȘtre aller dormir dehors avec les loups ? sâemporta Victor.
â Les loups ne portent pas tous des crocs et des griffes, certains cachent leur bestialitĂ© derriĂšre un masque dâĂ©ducation et de raffinement.
â Jâen sais quelque chose, merci. Bonne nuit, Monsieur De Lacey ! le salua Victor, le regard noir. Adam ? Notre invitĂ© est fatiguĂ©, presse-toi !
Adam inclina imperceptiblement la tĂȘte et offrit docilement son bras au vieillard.
â Bonne nuit, Baron ! Jâai hĂąte dâĂȘtre Ă demain, rĂ©pondit joyeusement De Lacey en sâĂ©loignant.
â Vous ĂȘtes bien le seul, le salua Victor, en prenant sa place sur le fauteuil et en se couvrant rageusement avec la couverture rouge.
NDA : Je suis maintenant arrivĂ©e au bout de ce que jâavais Ă©crit. Je ne promets rien sur le rythme de publication des derniers chapitres dans la mesure oĂč ma vie personnelle est devenue plus que mouvementĂ©e et oĂč je dois malheureusement gĂ©rer mes prioritĂ©s irl qui nâont rien de joyeux⊠Merci Ă tous pour votre patience đ„°