Le conte des trois frères
Lorsque Lily poussa la porte de l'appartement, le silence l'accueillit. Un silence lourd, oppressant. Elle remarqua immédiatement l'absence des chaussures de Tsuyo près de l'entrée.
Son cœur se serra.
Il était parti. Encore. À ce travail maudit qui le rapprochait chaque jour un peu plus de la mort.
Un long frisson agita son épine dorsale. La jeune fille inspira profondément en fermant les yeux afin de calmer la panique naissante en elle. Elle se déchaussa et salua rapidement Kurai qui était en train de préparer le dîner avant de filer sous la douche.
Comme à son habitude, elle avait oublié de prendre des affaires de rechange et elle dut ressortir rapidement de la salle de bains, une serviette enroulée autour d'elle, avant d'y retourner en quatrième vitesse.
Propre et détendue — autant qu'elle pouvait l'être avec l'angoisse qui lui nouait le ventre — elle retrouva son frère et l'aida à mettre la table. Ils mangèrent tranquillement, discutant de tout et de rien. Kurai évitait soigneusement de mentionner Tsuyo. Lily aussi.
Mais il était là, présent dans chaque silence, dans chaque regard inquiet vers la porte.
Au moment de nettoyer, Lily rassembla son courage et se lança dans la première bataille : faire entendre raison au cadet.
« Kurai… » commença-t-elle en s'asseyant à côté de lui. « Je sais que tu souffres. Je sais que Mikasa te manque terriblement. Et maman aussi. Si j'étais à ta place… je ne sais pas si je pourrais résister. »
Elle inspira profondément.
« Mais tu sais ce qui arrive. Tu l'as toujours su. La malédiction… elle ne pardonne pas. Elle prend tout. Et je… je ne peux pas te perdre. »
Le silence s'étira entre eux, lourd de non-dits.
« Tu crois que c'est ce qui va arriver ? » demanda-t-il finalement d'une voix blanche. « Que mon pouvoir va s'en prendre à Tsuyo ou à toi, avant de me tuer ? »
Lily ferma les yeux.
« Ce ne serait pas une première dans notre famille… »
« Je sais, » murmura-t-il. « C'est si dur de détourner les yeux quand elles apparaissent devant moi, de les ignorer quand elles me parlent, de m'écarter quand elles m'enlacent… »
« Je suis désolée… Si seulement on pouvait trouver un moyen de briser nos malédictions… »
Sa voix se brisa légèrement. Le désespoir l'étouffait.
Kurai se tourna vers elle et la regarda droit dans les yeux.
« Je te promets, » dit-il avec une intensité qui la surprit. « Je te promets de fermer mon esprit. De ne plus l'utiliser. »
« Merci, » souffla-t-elle en le prenant dans ses bras. « Merci, merci, merci… »
Elle le serra fort contre elle, espérant silencieusement que cela l'aiderait à renoncer à son pouvoir.
« Je peux te demander autre chose ? » murmura-t-elle d'une petite voix, consciente que sa précédente requête était déjà un immense sacrifice pour lui.
« Je t'écoute. »
« Tu peux m'aider à faire entendre raison à Tsuyo ? »
Kurai s'esclaffa bruyamment, entraînant dans son hilarité la jeune fille. Parce que oui, convaincre Tsuyo de quoi que ce soit était une mission quasi impossible.
Mais ils devaient essayer.
Pour lui.
Pour eux.
Pour leur survie.
Cette nuit-là, Lily eut du mal à s'endormir. Elle se retourna dans son lit pendant des heures, l'esprit hanté par des images terrifiantes. Tsuyo blessé. Tsuyo mourant. La malédiction qui frappait, implacable.
Quand elle finit par sombrer dans le sommeil, ce fut un sommeil agité, peuplé de cauchemars.
Elle ne savait pas combien de temps elle avait dormi quand les bruits la réveillèrent.
Des bruits sourds. Un crash. Quelque chose qui se brisait. Des voix étouffées.
Lily ouvrit les yeux brusquement, le cœur battant. Elle resta immobile quelques secondes, tendant l'oreille dans l'obscurité.
Silence.
Puis, soudain, un autre bruit. Plus fort. Plus violent.
Un cri.
Elle bondit hors de son lit, le sang pulsant dans ses tempes. Fébrile, elle enfila ses chaussons et se précipita vers la porte de sa chambre. Ses mains tremblaient en actionnant doucement la poignée.
Dans le couloir plongé dans la pénombre, Kurai était déjà là, une batte de baseball à la main, le visage blême dans la faible lueur qui filtrait depuis le salon.
Leurs regards se croisèrent.
Un nouveau crash retentit.
Ils avancèrent ensemble, silencieux, terrorisés. Chaque pas résonnait dans le silence comme un coup de tonnerre. Le cœur de Lily battait si fort qu'elle était sûre qu'on pouvait l'entendre.
Ce qu'ils virent en arrivant au salon les figea sur place.
Tsuyo se battait avec un homme. Un inconnu. Masqué. Vêtu de noir. L'intrus était grand, costaud, mais Tsuyo — avec sa force maudite — le dominait, le plaquant contre le mur, les muscles tendus.
Jusqu'à ce qu'il aperçoive son frère et sa sœur.
« Partez ! » hurla-t-il, la voix rauque. « Sortez d'ici ! Maintenant ! »
Mais Kurai fonçait déjà, la batte levée, prêt à défendre son frère.
Tout se passa trop vite.
L'intrus repoussa Tsuyo avec une force surprenante et pivota vers Kurai. Il lui asséna un coup violent à la tempe avec son avant-bras. Le bruit fut écœurant — un choc sourd, terrible.
Le cadet s'effondra contre le mur et glissa au sol, inerte, la batte roulant hors de sa main.
« KURAI ! »
Le cri de Lily déchira la nuit.
Tsuyo se releva avec un rugissement de rage, les yeux fous, et se jeta sur l'agresseur. Mais son attention était divisée — ses yeux allaient de l'intrus à Kurai inconscient, puis à Lily qui se précipitait vers la cuisine pour appeler les secours.
« Lily, sors d'ici ! » hurla-t-il.
Mais elle était déjà au téléphone, les doigts tremblants sur les touches.
L'intrus profita de cette seconde d'inattention.
Il plongea la main dans sa veste.
Lily vit l'éclat argenté.
Une lame.
Le temps sembla ralentir.
« TSUYO ! » hurla-t-elle.
Mais il était trop tard.
L'homme enfonça le couteau dans le dos de Tsuyo.
Le temps s'arrêta.
Le cri de douleur de son frère résonna dans ses oreilles, déchirant, insoutenable. Un cri qu'elle n'oublierait jamais. Son visage se tordit dans une grimace de souffrance pure. Ses yeux se révulsèrent. Ses jambes se dérobèrent sous lui.
Il s'effondra.
Le téléphone glissa des mains de Lily.
Elle hurla.
Un cri aigu, déchirant, qui ne semblait pas venir d'elle. Un cri primal, animal, arraché des profondeurs de son être.
L'intrus la regarda un instant — juste un instant — et même à travers le masque, elle sentit son regard. Froid. Calculateur.
Puis il s'enfuit en courant, disparaissant dans la cage d'escalier.
Le silence retomba.
Un silence sinistre, hanté par l'écho de ce cri de douleur.
Lily resta figée, incapable de bouger, incapable de respirer. Ses jambes refusaient de lui obéir.
Puis elle vit le sang.
Une flaque sombre qui s'élargissait sous le corps de Tsuyo, se répandant sur le parquet comme de l'encre.
« Non… » souffla-t-elle. « Non, non, non, non… »
Ses jambes se débloquèrent enfin. Elle se précipita vers lui, tomba à genoux, posa ses mains tremblantes sur la blessure pour tenter d'arrêter l'hémorragie.
Le sang coulait entre ses doigts, chaud, poisseux, implacable.
« Tsuyo ! Tsuyo, reste avec moi ! S'il te plaît ! »
Mais il ne répondait pas.
Ses yeux étaient fermés.
Sa respiration était faible, sifflante, irrégulière.
« Non, non, non… » répétait-elle comme un mantra. « S'il te plaît, s'il te plaît, ne me laisse pas… »
Elle appuya plus fort sur la plaie, mais le sang continuait de couler. Il y en avait tellement. Trop.
« AIDEZ-MOI ! » hurla-t-elle vers la porte d'entrée restée ouverte. « QUELQU'UN ! À L'AIDE ! »
Sa voix se brisa. Les larmes coulaient sur ses joues, se mélangeant au sang sur ses mains.
« Tsuyo, s'il te plaît… reste… ne pars pas… je t'en supplie… »
Mais il ne bougeait plus.
L'ambulance arriva dans un hurlement de sirènes qui déchira la nuit. Les ambulanciers envahirent l'appartement, efficaces, professionnels, terrifiants dans leur rapidité.
Ils écartèrent doucement Lily — « Mademoiselle, s'il vous plaît, laissez-nous travailler » — et se mirent au travail sur Tsuyo avec une coordination impressionnante.
« Pouls faible ! »
« Pression artérielle en chute ! »
« Hémorragie massive ! »
« Préparez la perfusion ! »
Les mots volaient autour d'elle, techniques, urgents, terrifiants.
Lily recula, les mains couvertes du sang de son frère, et son regard se tourna vers Kurai.
Il était toujours inconscient contre le mur.
« Mon frère ! » cria-t-elle en désignant Kurai. « Il… il a été frappé à la tête ! »
Un des ambulanciers s'approcha de lui, vérifia ses signes vitaux, palpa délicatement sa tempe.
« Pouls stable. Respiration normale. Probable commotion. On l'emmène aussi. »
Ils les chargèrent tous les deux dans l'ambulance. Lily monta avec eux, muette, en état de choc.
Le trajet fut un cauchemar flou. Les sirènes hurlaient. Les ambulanciers travaillaient sur Tsuyo, criant des ordres, posant des perfusions, comprimant la plaie.
Lily les regardait sans vraiment voir, les mains tremblantes, le sang de son frère séchant sur sa peau.
À l'hôpital, tout devint chaos.
On emmena Tsuyo en urgence, courant à travers les couloirs. Lily essaya de suivre, mais une infirmière l'arrêta gentiment.
« Vous ne pouvez pas entrer. Ils vont tout faire pour le sauver. »
On la fit asseoir. Quelqu'un lui posa une couverture sur les épaules. Une infirmière essaya de nettoyer ses mains, mais elle refusa d'un geste brusque.
Elle ne pouvait pas effacer le sang de Tsuyo.
Pas tant qu'elle ne savait pas s'il était vivant.
Les heures passaient avec une lenteur insoutenable.
Assise seule sur ces sièges inconfortables, Lily regardait le personnel de l'hôpital s'agiter en tous sens, attendant désespérément qu'un médecin vienne lui donner des nouvelles.
Kurai était en train de passer divers examens suite à sa perte de connaissance. Les médecins s'inquiétaient d'une éventuelle commotion cérébrale.
Quant à Tsuyo…
Il était en salle d'opération.
Luttant pour rester en vie.
Le sang. Il y avait eu tellement de sang.
Lily ferma les yeux, mais les images revenaient, implacables. Le couteau. Le cri. Le corps qui s'effondre. Le sang qui se répand.
Elle rouvrit les yeux brusquement, tremblante.
Les policiers vinrent la questionner. Deux hommes en uniforme, l'air grave. Elle essaya de répondre, mais son esprit n'arrivait pas à faire le point. Tout lui semblait flou, irréel.
« Vous aviez déjà vu le coupable ? » lui avait demandé l'un d'eux.
Qu'est-ce qu'elle aurait pu répondre ?
Que oui, elle l'avait vu — pendant quelques secondes terrifiantes ?
Mais elle ne pouvait rien dire de plus. Masqué. Vêtu de noir. Grand. C'était tout.
Ou peut-être…
Peut-être qu'il ne s'agissait pas d'un simple cambrioleur.
Peut-être que c'était la malédiction. La mort qui venait réclamer son dû.
Mais comment expliquer ça à des policiers ?
Ils finirent par partir, la laissant seule à nouveau avec son angoisse.
Les minutes s'étiraient comme des heures. Chaque fois qu'une porte s'ouvrait, Lily se redressait, le cœur battant, espérant voir un médecin.
Mais ce n'était jamais pour elle.
« Takumi-san ? »
Lily se releva brusquement.
Un médecin se tenait devant elle, une blouse blanche, un masque pendant autour du cou. Ce n'était pas le chirurgien de Tsuyo — c'était celui de Kurai.
« Les examens de votre frère n'ont rien détecté de grave. Légère commotion, mais rien d'inquiétant. Vous pouvez aller le voir. »
La benjamine le remercia profusément, la voix tremblante, et le suivit jusqu'à la chambre de son cadet.
Kurai était allongé dans le lit, éveillé, les yeux fixés au plafond. Un bandage entourait sa tempe.
Lily ne put se retenir. Elle se précipita vers lui et le prit dans ses bras, le serrant fort contre elle.
« Tsuyo ? » demanda-t-il immédiatement d'une voix rauque.
« Toujours en salle d'opération… »
Sa voix se brisa sur les derniers mots.
Kurai se décala dans le lit et tapota l'espace à côté de lui. Lily s'allongea à ses côtés, se blottissant contre son frère.
Le silence les enveloppa. Tous les deux terrifiés de perdre une partie d'eux-mêmes.
Tous les deux incapables de prononcer les mots qui leur brûlaient la gorge.
Et si…
Et si…
Et si…
Lily finit par sombrer dans un sommeil agité, épuisée par les larmes et l'angoisse.
Une douce chaleur berçait doucement la jeune fille quand un violent sursaut la sortit de son sommeil.
Hagarde, elle ouvrit les yeux et jeta un coup d'œil à son cadet.
Son sang se glaça.
Kurai était assis dans le lit, le dos rigide, les yeux écarquillés fixant le vide devant lui. Sa pâleur était effrayante — presque cadavérique.
« Kurai ? » murmura-t-elle en se redressant. « Tout va bien ? Tu as mal quelque part ? Tu veux que j'appelle une infirmière ? »
Le jeune homme garda le silence.
Puis Lily vit avec horreur des larmes couler sur les joues de son frère. Lentement. Silencieusement.
Elle se redressa complètement, la panique montant.
« Kurai… ? » souffla-t-elle, de plus en plus inquiète.
Il se tourna enfin vers elle. Ses yeux étaient remplis d'une douleur insoutenable.
« Je vois Tsuyo… »
Les mots tombèrent comme des pierres.
Lily ne comprit pas tout de suite.
Ses yeux écarquillés fixèrent Kurai, cherchant une explication, un sens à ces mots.
« Quoi ? »
Sa voix était un murmure rauque, presque inaudible.
« Je… je vois Tsuyo, » répéta Kurai, les larmes coulant plus vite maintenant. « Il est là. Devant moi. Il me sourit. Il… »
Sa voix se brisa.
Non.
Le mot résonna dans l'esprit de Lily comme une cloche qui sonne le glas.
Non. Non, c'est impossible.
Mais au fond d'elle, elle savait.
Elle avait toujours su.
Le pouvoir de Kurai ne montrait que les morts.
S'il voyait Tsuyo…
« Non, » souffla-t-elle.
Le mot sortit de sa bouche comme un refus absolu de la réalité.
« Non. Non, c'est impossible. »
Kurai la serra brusquement contre lui, comme s'il voulait la protéger de la vérité. Mais on ne pouvait pas fuir la vérité.
« Non ! » hurla-t-elle soudain, se débattant contre son étreinte. « NON ! C'est pas vrai ! C'est pas vrai ! Il est en salle d'opération ! Il va s'en sortir ! Il va… il va… »
Mais les mots moururent dans sa gorge.
Parce qu'elle savait.
Tsuyo était mort.
Son frère.
Son protecteur.
La moitié de son âme.
Parti.
La douleur explosa dans sa poitrine, si violente qu'elle crut que son cœur allait se briser en mille morceaux. Une douleur physique, réelle, qui lui arracha un cri.
Elle s'effondra contre Kurai, les sanglots la secouant de la tête aux pieds. Des sanglots déchirants, incontrôlables, qui la vidaient de toute son énergie.
« Non… non… pas lui… pas Tsuyo… »
Kurai la serra contre lui, tremblant tout autant qu'elle. Ses propres larmes coulaient sans retenue, mouillant les cheveux de sa sœur.
« Je suis désolé, » murmura-t-il d'une voix brisée. « Je suis tellement désolé… »
Ils restèrent ainsi, enlacés, brisés, pleurant l'homme qu'ils aimaient plus que tout.
Leur frère.
Leur force.
Leur pilier.
Tsuyo.
Quelques minutes plus tard — ou peut-être des heures, le temps n'avait plus de sens — un coup discret retentit à la porte.
Un médecin entra, le visage grave, les épaules affaissées. Il n'avait même pas besoin de parler. Son expression disait tout.
Mais il le fit quand même. Parce qu'il le devait.
« Je suis désolé, » murmura-t-il doucement. « Nous avons tout essayé, mais… la blessure était trop profonde. Il a perdu trop de sang. Les organes internes étaient trop endommagés. Nous n'avons pas pu le sauver. »
Il marqua une pause, cherchant ses mots.
« Il est décédé il y a dix minutes. »
Les mots résonnèrent dans le silence, définitifs, irréversibles.
Décédé.
Mort.
Tsuyo était mort.
Lily enfouit son visage dans le torse de Kurai et hurla. Un cri de douleur pure, animale, qui venait des profondeurs de son être.
Le médecin baissa les yeux, mal à l'aise, puis quitta discrètement la chambre, les laissant à leur douleur.
Dans les bras de Kurai, Lily tremblait.
La malédiction.
C'était la malédiction.
Tsuyo avait utilisé sa force. Encore et encore. Pour les protéger. Pour subvenir à leurs besoins. Pour se battre dans ces rings illégaux.
Et la malédiction avait frappé.
Exactement comme elle l'avait toujours fait.
Le premier frère, qui aimait les combats, lui demanda de lui octroyer une force supérieure au commun des mortels. Une force digne de celui qui avait réussi à tromper la Mort.
L'aîné continua de voyager jusqu'à ce qu'il atteigne un village où se trouvait un homme avec qui il avait eu une querelle. À présent, bien sûr, il était certain de remporter la victoire. Laissant son ennemi pour mort sur le sol, il se rendit dans une auberge où il se vanta haut et fort de sa force qui le rendait invincible.
Cette même nuit, son ennemi s'approcha silencieusement du frère aîné qui dormait dans son lit, abruti par le vin. Il s'empara de son couteau et lui trancha la gorge.
Tsuyo, leur frère aîné, doté d'une force sans égale, avait été poignardé par un intrus dans la nuit.
L'histoire se répétait.
La malédiction ne pardonnait pas.
Et maintenant…
Maintenant, ils n'étaient plus que deux.
Deux orphelins perdus dans un monde qui leur avait tout pris.
Ainsi la Mort prit-elle le premier des trois frères.
REECRIT : 08/02/2026