Game of Thrones ~ TOME 1 : Le Retour du Roi par

0 point(s) avec 1 review(s) sur 0 chapitre(s), moyenne=0/10
Side Story / Aventure / Drame

2 Alliance et trahison

Catégorie: G , 2561 mots
0 commentaire(s)

Game of Thrones : TOME 1 : Le Retour du Roi

Chap. II : Alliance et trahison

Aegon VI Targaryen

Depuis leur départ d'Essos pour Westeros, la flotte d'Aegon VI Targaryen naviguait depuis maintenant plusieurs jours. Un petit froid limpide et sec venait caresser le visage du jeune Roi, annonçant l’arrivée imminente de sa flotte en vue des côtes bordant les Terres de l’Orage. Ses cheveux teints d'une couleur cobalt bataillaient suivant les mouvements du vent, qui soufflait plus fort au fur et à mesure que le temps s'assombrissait. Bien qu'il n'ait jamais connu de fraîcheur pareille à Essos, Aegon était préoccupé par une chose bien plus importante. Depuis les deux jours de voyage, un des dragons de Daenerys suivait le navire amiral et les yeux fascinés du jeune homme étaient rivés sur la bête. Il fut interrompu dans ses pensées par un coup de tonnerre, il quitta alors le dragon des yeux avant de se diriger vers son plus précieux conseiller, Jon Connington, resté dans la cabine du navire depuis un moment maintenant.

Une fois rentré, Aegon observa Jon d'un œil surpris, car celui-ci était accompagné d'une dizaine de commandants autour d'une table surchargée de cartes des Terres de l'Orage : ils parlaient des premières batailles à livrer une fois qu'ils auraient accosté et n'avaient pas remarqué la présence du Roi. Aegon fou de rage attrapa l'épaule de Jon.

— Un conseil de guerre, Jon ? Sans m'en parler, réellement ? s'exclama le Roi.

— Votre Grâce !? Je ne vous avais pas entendu entrer, veuillez me pardonner. Cet entretien est là pour vous protéger et non pour vous fâcher. Je vous en prie, gardez votre sang-froid, répliqua Lord Connington.

— Croyez-vous réellement que j'ai déclenché une guerre pour me cacher derrière mes hommes ? protesta Aegon.

— Mon Roi, intervint Rolly également présent dans la salle. Il s'avança vers Aegon avant de continuer. Je sais que vous vous trouvez dans une position contrariante, ces hommes et leurs troupes comptent marcher sur de petits fiefs, mais une fois la Griffonière reconquise, vous pourrez tenir garnison là-bas, expliqua-t-il.

— Très bien, faites, mais à une seule et unique condition : je prendrai la tête de l'assaut sur Accalmie. déclara Aegon. D'ailleurs, il faudra faire vite, nous devrons redoubler de rapidité une fois la Griffonière nôtre, avant que les rumeurs ne se répandent hors de la région. Avec Aegon déjà sur les nerfs, personne ne pipa mot, par crainte d’envenimer la situation. Le Roi profita alors du silence pour finir sa petite mise au point.

— Étant Roi, je vais maintenant me doter des premiers attributs du pouvoir royal. Jon Conninton, je vous déclare officiellement ma Main, quant à vous ser Rolly Canardière vous serez désigné premier membre de ma Garde Royale.

Jon gratifia alors le jeune Roi d'une accolade paternelle, avant que Rolly et lui-même ne s’agenouillent la main sur le cœur en signe de reconnaissance.

— Cette nouvelle m'honore, votre Grâce, je vous promets d'en être assurément digne, déclara Jon.

— J'accepte volontiers ce poste, j'espère ne pas vous décevoir. Je vous protégerai au péril de ma vie, enchaîna Rolly.

— Une fois le donjon Rouge conquis, tu pourras prononcer tes vœux solennellement, expliqua Aegon. Bien, Jon peux-tu me suivre ? Nous devons parler.

Le Roi et sa nouvelle Main, sortirent alors de la cabine retournant sur le pont du navire. De puissants orages retentissaient, cependant aucune goutte ne tombait encore. 

— Jon, je comprends ton inquiétude à mon égard, tu as été mon père durant dix-neuf longues années, commença Aegon. Que tu ne veuilles pas me voir périr inutilement dans une simple bataille me touche, mais je ne suis pas un lâche et encore moins un enfant ! Je dois me battre auprès de mes hommes pour ne pas passer pour tel. Je ne veux pas non plus avoir à hausser le ton pour des peccadilles et donner l’image d’un enfant capricieux devant mes troupes...

— Je ne voulais point vous froisser, cela ne se reproduira plus. Néanmoins, je pense devoir revenir sur votre choix concernant votre Garde Royale... Ser Rolly, bien que bon bretteur, n’est pas extraordinaire et n’appartient à aucune bonne famille de Westeros... souligna Jon. Votre mariage pourrait être une aussi bonne alliance qu'un fils d'une noble maison dans votre Garde Je vous conseillerai donc de garder les prochaines places vacantes pour des éventuels candidats pouvant nous apporter de puissantes alliances.

— J'entends ce que vous dites et je ferai suivant ces précieux conseils. Merci Jon.

Lord Connington retourna alors dans la cabine où se trouvaient encore les commandants de l'armée, tandis qu'Aegon retourna alors s'accouder à la poupe du bateau avant d' admirer une nouvelle fois le dragon toujours présent au-dessus de la flotte. La bête qui volait depuis peu en rase-mottes plongea alors son regard glacial dans celui du garçon, ce qui lui valut une légère sueur froide, car cet animal disparu avait les yeux d'un brun bronzé éclatant. Le jeune homme ne put poursuivre la contemplation de l'animal, qui d'un puissant battement d'ailes fit virevolter les voiles des navires et tomber à la renverse Aegon et l'équipage. Encore secoué le Roi releva la tête et remarqua que le colosse n'était plus là. Il courut alors jusqu'au gaillard d'avant où se trouvaient Jon et les guerriers. Aucun dommage n'avait été fait, tout l'équipage regardait à présent Aegon, en quête d'explication. 

— Terre ! Droit devant ! houppa le marin situé sur la hune du navire principal.

Les mercenaires quittèrent alors Aegon des yeux, pour les tourner vers la rive. Un peu moins de 500 mètres les séparaient de Westeros. Le Roi et sa Main rugirent alors en chœur.

— Guerriers prenez les armes !

Alors qu'une grande agitation s'était emparée des navires, la pluie commença finalement à tomber, débarrassant Aegon de sa teinture bleutée. Jon murmura alors :

— Votre Grâce, vos cheveux !...

— À quoi bon cette teinture ? Je ne suis plus Griff à présent, mais bel et bien Aegon VI Targaryen, Roi des Sept Couronnes.

Sur ces mots, le jeune homme dégaina sa toute nouvelle épée. 

Une fois les navires amarrés, un flot interminable de guerriers débarqua dans la ville portuaire qu'était Pierheaume. Une fois descendu de son navire, Aegon constata avec surprise que le fief était déjà en ruines : des flammes avaient consumé la quasi-totalité de la forteresse.. Lui et son armée avancèrent alors vers le grand hall là où logeait les Swann, une famille noble de la région. La façade de la maison était entièrement tombée, les soldats et le Roi remarquèrent alors la famille Swann plaquée contre l'un des derniers murs encore debout, les deux hommes de la Maison menacés par le colossal dragon.

Kelîtîs ! ordonna Aegon.

Le dragon tourna alors violemment sa gueule pour voir qui lui faisait face. Le Roi se tenait de façon fière et droite le visage à quelques centimètres de la bête, il leva alors sa main d'un geste pondéré avant de l'avancer vers le museau de l'animal qui ferma les yeux comme pour indiquer son approbation. Le jeune homme posa alors sa main sur le dragon avant de continuer.

Naejot memêbâtâs !

Le dragon s’envola pour quitter le fief, à travers le trou béant du toit éventré, qui n’était plus qu’un amas de tuiles instables. La pression retombée Aegon put inspecter la scène devant lui, la famille Swann n'avait pas été blessée, le jeune Roi s'approcha de Donnel Swann toujours à genoux, qui venait d'hériter de Pierheaume quelques jours plus tôt.

— Aegon VI Targaryen, Roi légitime des Sept Couronnes, je m'excuse pour tous ces maux causés. Suivez-nous pour reconquérir Westeros et je promets de réparer les dégats causés sur votre fief...

Hésitant, Donnel regarda son père d'un air inquiet mais ce dernier inclina la tête pour montrer son approbation.

— V... , votre Grâce, je n'ai que trop peu d'hommes à présent, je ne pense pas être en mesure de vous aider... Je peux cependant vous suivre. Mon frère est reconnu pour être bon archer, c'est moi qui l'ai entrainé, et je le dépasse alors de loin, cela pourrait vous être utile.

Le Roi tendit alors sa main vers son nouvel allié qui la saisit et s'en aida pour se relever. Aegon savait que cette alliance ne valait pas plus d'un sou, mais il devrait s'en contenter. Jon avança alors des paroles qui n'étaient pas sans fondement.

— Ser Balon Swann serait donc votre frère ? N'est-il pas membre de la garde Royale du roi Tommen ? Pourquoi ne pas consolider notre accord avec la promesse d'épargner votre fraternel ?

— Vous n'en serez que trop bon, je vous remercie, à qui ai-je l’honneur ? couina ser Donnel.

— Jon Connington, Main du Roi...

— J... Jon ?! Je te croyais pourtant en exil depuis la mort de Rhaegar... Tu étais donc depuis tout ce temps avec son fils ? s'exclama Donnel.

— C'est exact, affirma Lord Connington.

— Assez de bavardages, coupa Aegon. Que l'un de vous aille tuer les corbeaux, je ne veux pas que la nouvelle fasse trop de bruit ! Déjà que le dragon n’est pas très discret, il est hors de question qu'un petit malin essaie de jouer les héros et dévoile notre arrivée au grand jour...

Aegon sortit alors à travers les ruines, entre une multitude de troupes fidèles aux Swann brûlées vives. Rolly arriva alors quelques instants plus tard.

— Votre Grâce, comment avez-vous fait une chose pareille ? demanda-t-il.

— Tu veux parler du dragon ? Et bien lorsqu'on était encore des enfants, "mestre" Haldon m'apprenait à parler plus d'une langue lorsque Jon t'entrainait à l'épée. Le haut valyrien en faisait partie et il m'avait expliqué que les dragons, selon certaines légendes, comprenaient cette langue, expliqua Aegon.

— Impressionnant, votre Majesté. En parlant d' Haldon, il va rester ici en votre compagnie avec une centaine d’hommes en attendant que la Griffonière soit plus sûre.

— Très bien je patienterai, mais il ne faudra pas traîner.

 

 

Deux semaines s'étaient écoulées depuis la prise de Pierheaume, la conquête des fiefs des Terres de l'Orage avait commencé avec grand succès. Les pertes en hommes étaient souvent minimes et les nouvelles recrues étaient de plus en plus nombreuses. Le Roi et les quelques partisans qui étaient restés avec lui à Pierheaume arrivèrent alors à la Griffonière pour rallier la totalité de l'armée qui avait doublé depuis le début des conquêtes. Sans attendre, les nouvelles troupes targaryennes marchèrent en direction d'Accalmie, cependant les mercenaires s'impatientaient et demandaient le versement de leur solde au jeune Roi qui leur promit un versement d'or une fois Port-Real conquise, ce qui calma temporairement leur soif de cupidité. Hélas Aegon savait que la question se reposerait... 

Une fois arrivés, les guerriers observèrent l'imposante bâtisse qui leur faisait face. L'immense façade arrondie d'Accalmie était dépourvue de meurtrière, elle était également décoré d' une multitude de bannerets ayant pour emblème un cerf incrusté dans un coeur enflammé. La porte principale était toute fois déjà enfoncée et les soldats en profitèrent pour entrer : à l'intérieur tout n'était que chahut. Des chevaliers Tyrell accompagnés de leurs vassaux livraient déjà bataille contre les troupes de Stannis Barathéon, frère aîné de l'Usurpateur, qui n'était pas présent sur les lieux. Profitant de cette diversion, les mercenaires de la Compagnie Dorée attaquèrent les troupes du Bief à revers alors qu’elles venaient de se débarrasser des derniers hommes de Stannis en place.

 Aegon laissa le temps au chevalier qui lui faisait face de remarquer sa présence, observant d’après son blason qu’il n’était pas un simple vassal des Tyrell mais bien l’un de ses membres. Son armure autrefois étincelante était ornée de fleurs d'argent. Le chevalier dégaina alors son épée, le Roi rabattit sa visière avant de faire de même.

Le Chevalier des Fleurs fonça alors pour percuter le plastron du Roi avec son canon d'avant-bras. Aegon sentit alors une forte pression sur sa poitrine lui couper le souffle un instant. Le jeune Roi asséna un coup de taille dans le gantelet de son opposant qui le désarma.. Cependant un banneret des Tyrell, probablement un Redwine, surprit Aegon par le flanc gauche lui plongeant son épée sous la braconnière. Le Roi mal en point riposta par réflexe en lui tranchant la gorge. Le temps de se retourner, le fils Tyrell avait déjà empoigné une lance en bois frappant Aegon avec l'extrémité au niveau de la mentonnière faisant tomber le Roi à la renverse. Alors que le preux Tyrell allait lui donner le coup de grâce, la muraille sur son côté droit vola en éclats laissant place à une tête de dragon. La bête cracha alors sur lui de gigantesques flammes chromes, lui laissant peine le temps de se protéger le visage de son brassard. Le dragon reprit alors de la hauteur comme pour veiller sur Aegon, qui se releva quelques instants après. À terre le chevalier était encore en vie et la plupart des bannerets Tyrell avaient déposé les armes. Le Roi ordonna aux mercenaires de les épargner, avant de se courber vers son opposant gisant sur le dos, lui retirant son heaume.

— À qui ai-je eu affaire ? interrogea Aegon.

— Lo... Loras Tyrell, souffla le chevalier qui avait du mal à parler.

— Et bien ser Loras, je n'ai jamais vu de chevalier aussi bien manier la lance, même si suivant les ragots, mon défunt oncle Oberyn Martell dominait de loin quiconque sur Westeros...

— Qu'attendez-vous pour en finir ? Que je vous supplie ? hoqueta Loras.

— Je n'ai pas l'intention de vous éliminer. Pour qui passerais-je si je tuais un preux chevalier bien meilleur que moi, qui aurait pu avoir le dessus si cette aide inopinée ne m'avait pas sauvé ? Aidez-moi à reconquérir ma couronne et notre "mestre" Haldon vous sauvera d'une mort certaine causée par vos blessures. 

— Si j'accepte, laisserez-vous le Bief à la Maison Tyrell ? voulut savoir le chevalier.

— Et bien si vous rejoinez ma Garde Royale, assurément.

— Mm.. ma soeur...

Loras perdit conscience avant d’avoir pu finir, Aegon ordonna alors à Haldon de faire son possible pour le maintenir en vie. Quant aux autres il leur commanda de réparer le fief pour y attendre Daenerys et de conduire les bannerets Tyrell dans le grand hall d'Accalmie où ils attendraient jusqu'à ce que Loras se réveille. Puis il demanda également à Jon d'envoyer un corbeau à son oncle Doran, lui stipulant que le fils d'Élia était toujours vivant et lui demandant de prendre les armes avec son neveu pour venger la défunte.

À SUIVRE...

0 commentaire(s)

Laisser un commentaire ?