Courtes histoires d'esprits
Chapitre 5 : Smrt je — pomilovanja — La mort est une grâce
3488 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 12/05/2026 13:38
Participation au défi du Club d’Écriture de Ghost Whisperer de mai 2026, « La Mort et le Deuil »
Avertissement : Contenu philosophique et religieux
Par la journée ensoleillée du 2 novembre 2008, dans la boutique d’antiquités The Same It Never Was Antiques, à Grandview, États-Unis d’Amérique.
Derrière le comptoir, la gérante de la boutique, Melinda Gordon, une jeune et petite brune, vêtue d’une chemise blanche, d’une jupe bleu ciel et de talons hauts, observait discrètement un client à l’extérieur qui regardait avec curiosité les objets sur le présentoir. Tout à coup, elle avait l’impression d’une présence dans sa boutique, ce qu’elle ressentait intuitivement comme un changement dans l’air. En effet, quelques secondes plus tard, un esprit apparut dans son champ de vision, près de la porte. Habituée à ce genre d’apparitions de l’invisible, elle tourna légèrement le regard vers l’entité. C’était un vieil homme, au visage ridé, aux cheveux blancs, vêtu d’une chemise blanche et d’un pantalon bleu marine. Des chaussures complétaient son habillement. Ayant remarqué le regard de la jeune femme, le revenant s’approcha en un clin d’œil devant le comptoir.
La médium l’aborda d’une voix douce :
— Monsieur, je suis Melinda Gordon, et vous ?
— Jack Murphy.
— Que puis-je faire pour vous aider à quitter le monde des vivants ?
— En tant qu’ancien employé de morgue, je n’ai pas grand-chose qui m’empêche de partir… Je veux seulement que vous écoutez mon histoire.
— D’accord, alors, je vous écoute.
Kad umrem bar sam siguran
Niko se neće dovući da mi pljune u lice.
Quand je mourrai, je suis certain
Que personne ne viendra me cracher au visage.
Après un long silence, le revenant dit d’une voix claire :
— En tant que thanatopracteur à la retraite, je n’ai qu’une seule certitude concernant la mort…
— Laquelle ?
Les sourcils levés de la médium l’incitèrent à continuer.
— Qu’elle nous apporte une paix. Une paix que l’on ne peut pas du tout connaître de son vivant. Simplement, cette paix est propre à la libération de l’âme du corps. Du fait que nous ne sommes plus reliés à notre corps, nous ne ressentons plus la douleur, la fatigue, la faim, la soif…
« Merci pour ce petit rappel », pensa avec humour la jeune femme.
Comme s’il ignorait ses pensées, il poursuivit :
— De sorte que l’immense avantage que nous, les âmes, avons, c’est d’être où nous le souhaitons… À peine pensons-nous être à tel endroit, que nous y sommes. C’est incroyable !
Jack baissa un peu la voix :
— Surtout, de ne plus se faire insulter par mes anciens camarades de classe, cela n’a pas de prix. Lorsque je leur ai dit que j’irai suivre la formation de thanatologie, ils se sont moqués de moi.
— C’est en effet terrible, murmura-t-elle.
Ceci lui rappela qu’elle aussi, elle avait été le sujet de moqueries par ses semblables lorsqu’elle était au secondaire. En raison de son don. Tous pensèrent qu’elle mentait.
— Merci de votre compréhension, répliqua-t-il avec un petit sourire qui s’effaça aussitôt.
Jack reprit après une courte pause :
— Au moins, je ne me suis pas laissé décourager par leurs remarques déplacées… Heureusement, j’avais le soutien de mes parents pour le financement de mes études. Avec le temps, je suis heureux de mon choix de carrière. Bien que les débuts étaient difficiles, le temps de trouver un emploi stable, mais j’étais parvenu à être embauché à l’Hôpital Mercy…
Melinda hocha la tête pour faire savoir qu’elle savait de quel hôpital il était question : le seul dans leur petite ville de Grandview, où son mari, Jim, travaillait comme ambulancier.
Son interlocuteur reprit :
— Au moins, maintenant que je suis de l’autre côté, pour ainsi dire… Disons que je vois les choses autrement…
— En quel sens ?
— Au sens où je me détache de tout… Je me dis que cela ne sert à rien de se venger d’eux parce qu’ils s’étaient moqués de moi…
« Quelle attitude philosophique ! » pensa-t-elle.
Comme si l’esprit avait lu ses pensées, il ajouta :
— En effet, au cours de mes études, j’ai découvert la philosophie. Et j’ai adopté certains préceptes des grands philosophes. Surtout des stoïciens : de ne pas se faire des soucis de ce que les autres pensent de moi. Je vous le dis que ceci m’a beaucoup aidé dans la vie…
Melinda approuva d’un hochement de tête.
Il continua :
— Mais que je revienne plus sérieusement à ce que je voulais dire… En fait, voulez-vous vraiment savoir pourquoi j’ai choisi le métier de thanatopracteur ?
— Vous pouvez bien le dire, tant qu’à être.
— Parce que je voyais les revenants…
— Quoi ? s’exclama Melinda, dont les yeux s’agrandirent jusqu’à devenir comme ceux d’une chouette.
— Oui, vous avez bien entendu, dit-il avec un bref sourire. Pour moi, c’est le moyen le plus simple de communiquer discrètement avec les fantômes.
— Est-ce que votre entourage le savait ? Je veux dire votre femme, vos enfants, vos collègues ?
— Oui, sauf certains collègues, auxquels je n’avais pas soufflé un mot au sujet de mon don, pour éviter leurs moqueries sceptiques.
— Je comprends, marmonna Melinda d’un air chaleureux.
Svi ćete mi odjednom biti prijatelji
I ko zna kakvo izmisliti priznanje.
Tout d'un coup, tous seront mes amis
Et qui sait quelle reconnaissance l'on inventera.
— En tout cas, reprit Jack après un long silence, j’ai compris, au cours de ma vie, que tous les hommes, lorsqu’ils passent de vie à trépas, laissent finalement tomber leurs colère et rancœur envers leurs proches. Ainsi, ils partent, sereins, dans l’Autre Monde…
« Oui, » songea l’antiquaire, « se défaire du point d’attache d’avec les vivants… »
— Exactement, approuva le revenant comme s’il avait lu ses pensées. On pourrait, en quelque sorte, qu’une fois devenue une âme détachée de son corps propre, les esprits finissent un jour par se rapprocher… On laisse tomber nos animosités,… On socialise dans le Monde des Esprits… Comme quoi Swedenborg avait raison lorsqu’il avait écrit que les âmes se rassemblent selon leurs affinités. Qui se ressemble s’assemble. C’est tellement vrai ! Par exemple, je suis devenu l’ami d’un philosophe, avec lequel je faisais des débats pendant des heures sur n’importe quel sujet…
— Excusez-moi, intervint Melinda, mais pouvez-vous passer à l’essentiel de votre histoire ?
— Sans problème… En gros, on tourne la page sur notre vie devenue passée et on va mieux après… En tout cas, je peux vous dire que certaines âmes que j’ai aidé de mon vivant à partir dans l’Autre Monde, plus inventives, ont créé un ensemble de médailles post-mortem pour reconnaître la bravoure de l’un, la fidélité de l’autre… Ceci les avait amusé pendant un certain temps, jusqu’à ce qu’elles se soient ennuyées de distribuer les médailles de reconnaissance et sont parties enfin dans la Lumière.
— Hmm, très intéressant et original, marmonna Melinda en s’appuyant contre le comptoir. Saviez-vous qu'un tel système de récompense existe encore ?
— Je l’ignore, répondit-il en levant les épaules.
— Ce n’est pas grave, répliqua-t-elle avec son plus beau sourire. N’auriez-vous pas quelque chose d’autre à ajouter ?
Un silence plana pendant un certain temps. Le front plissé de Jack témoignait de sa réflexion.
« Qu’a-t-il encore à me dire ? » se demanda la médium, perplexe. « Je n’imagine quand même pas qu’il va continuer à me parler pendant des heures et des heures ! »
Potpuno vas razumem
Mrtvi ljudi nisu zločinci,
Nisu gadovi
Nisu ubice.
Je vous comprends
Les défunts ne sont pas des criminels,
ils ne sont pas des salauds,
ils ne sont pas des meurtriers.
Le revenant hocha la tête, puis affirma :
— En tant que médium, je peux vous dire que les pauvres âmes que j’ai aidé à quitter le monde ici-bas étaient des gens les plus ordinaires qui soient. Leurs dernières volontés, comme leur vie, étaient simples, triviales…
— Au sens des requêtes très faciles, comme donner une bague à leur enfant, intervint Melinda.
— Exactement, approuva-t-il. D’ailleurs, la plupart d’entre eux ont vécu une vie normale, ont été mariés et ont été parents puis grands-parents un jour. Et ils ne sont pas morts violemment.
Elle opina du chef, ayant très bien compris ce dont il parlait. D’après sa propre expérience, les esprits qui sollicitaient son aide n’étaient pas des cas compliqués : une vieille dame qui souhaitait offrir sa broche préférée à sa petite-fille, ou encore un homme qui voulait s’assurer que sa femme continuait à prendre un verre de vin le dimanche soir.
Il continua :
— En bref, des gens qui n’ont fait aucun mal à personne, mais qui ont simplement oublié un petit détail, car surpris par la Faucheuse. Elle les avait emporté doucement au cours de leur sommeil, ou après une longue maladie, car les organes étaient usés… Tout pour dire que le Seigneur les rappelle à Lui…
Smrt je – pomilovanje.
La mort est une grâce.
Jack fit une courte pause, mine pensive, avant de reprendre :
— De sorte que, à mes yeux, il est indéniable que la mort est une grâce, je veux dire, une faveur qu’Il nous accorde de quitter notre corps. Enfin libéré ! Vous comprenez ?
— Ouais… fit la femme avec une moue. Au sens où elle… la mort… n’est qu’une étape vers la Lumière, ou au-delà, peu importe le nom…
— Exactement, approuva-t-il. On peut dire que, sans faire intentionnellement de la théologie, la mort est comme une faveur que Dieu accorde à l’âme. Au sens où Il a insufflé une âme dans notre corps, et ensuite, Il la rappelle à Lui. Logique, n’est-ce pas ?
— C’est logique, approuva Melinda.
Même si la médium n’était pas particulièrement croyante, elle trouvait que les arguments théologiques sont toujours les bienvenus. Après tout, peu de gens voient les esprits. Pour la plupart, ceci sonne incroyable. Donc, pourquoi refuser des explications surnaturelles ? D’ailleurs, elle ne prétendait pas juger son interlocuteur. Elle l’écoutait. C’est tout.
Smrt je najpristojniji način da se ode
Bez pozdrava bez obećanja na miru.
La mort est la manière le plus polie de quitter ce monde
Sans salutations, sans promesses de paix.
— Je vous dis, Madame Gordon, pour moi, la mort est bienfaitrice. C’est seulement pour les survivants qu’il est difficile de vivre la perte… Je peux vous citer mon propre exemple lorsque mes parents sont morts… J’ai mis du temps à admettre que personne ne me répondra au bout du téléphone… Que mes enfants n’iront plus visiter mère-grand et père-grand… Ne les voir qu’en fantômes, c’est différent… On dirait qu’ils ne sont qu’éphémères… Malgré que je sache qu’ils mènent une autre forme de vie, cela ne change pas le fait qu’il me manque la possibilité de contact physique, de partager nos joies et nos peines au cours des réunions familiales, vous comprenez ce que je veux dire ?
Melinda hocha la tête
Jack reprit :
— … Heureusement, ils partirent rapidement dans la Lumière… Mais c’est surtout le cas de ma femme, ma Mary, qui m’avait permis d’être conscient de la manière de vivre le deuil… Disons que la perte d’un être cher laisse un sentiment de vide… Mon amour, qui vit seule dans notre maison depuis… ma mort… Après cinquante ans de vie commune, il lui est difficile de reconnaître que je… ne suis plus là, à ses côtés… N'étant présent qu’en tant qu’âme seule, j’ai l’impression d’être un spectateur muet de ce qui se passe dans notre maison… Sans être ni vu ni entendu par mon épouse, c’est vraiment étrange… Mary trouve cela difficile. À chaque repas, elle doit voir la chaise en face d’elle vide. Mon absence lui tombe très lourd… Même chose pour le canapé que j’occupais au salon, sur lequel je m’allongeais pour regarder le match de football de l’équipe locale de Grandview…
— Tout est imprégné des souvenirs de vous, murmura Melinda. Au moins, les choses que vous avez possédé de votre vivant permettent à vos proches de se rappeler de vous.
— Oui… De sorte que je suis conscient que pour les survivants, ceux qui… sont morts… qui ont quitté leurs corps… sont présents dans leurs mémoires…
— Tout à fait d’accord, approuva son interlocutrice, émue.
Les propos de Jack lui rappelèrent tellement comment elle avait vécu la mort de sa grand-mère maternelle, Mary-Ann. Cette dernière lui avait appris à vivre avec son don. Un sourire se dessina sur le visage de la jeune femme. L’instant où la nouvelle lui parvint, le monde avait vacillé pour elle. Elle était adolescente alors, mais elle ne pouvait pas croire qu’elle avait vu son âme. Elle avait beaucoup pleuré, refusant d’admettre l’évidence. Mais elle avait promis à sa grand-mère, un peu avant que celle-ci parte dans la Lumière, de ne pas la pleurer et de demeurer forte. Depuis, Melinda avait pris son courage à deux mains pour sortir de sa chambre et ne cessait de se remémorer ses conseils et ses rires lors des moments difficiles.
Un silence, chargé de souvenirs — Melinda des moments passés avec sa grand-mère, Jack, ceux passés avec sa femme.
— Heureusement, reprit-il avec un petit sourire au coin des lèvres, que ma Mary se console de ma perte en vaquant à ses occupations quotidiennes, le ménage, la cuisine et la vaisselle… Mais surtout avec les visites mensuelles de nos enfants et de nos petits-enfants, qui ramènent le sourire sur ses lèvres… Ils sont comme de vrais rayons de soleil…
Un silence plana à nouveau entre la médium et le revenant. Ceci raviva chez la jeune femme son désir d’avoir un enfant. Sauf qu’elle n’était pas certaine de réaliser ce vœu si cher — partagé avec son époux — à cause d’une récente fausse-couche survenue quelques jours plus tôt. Une ombre s’était jetée sur son âme, avec une amère culpabilité mêlée à un lourd chagrin : celui peut-être de ne jamais porter son — leur — enfant. Cette épreuve avait profondément attristé le jeune couple, qui espérait devenir parents…
Le revenant reprit :
— S’il y a certaines âmes qui partent comme cela, peu après avoir quitté leur corps, d’autres, alourdies par un sentiment d’incomplétude, d’inachèvement, demeurent encore parmi les vivants… On dirait à première vue qu’elles sont perdues, mais tout dépend d’elles, si elles veulent vraiment quitter les lieux où elles avaient vécu de leur vivant…
« Quelle formulation ! » songea Melinda, étonnée de l’érudition de son interlocuteur. « J’avoue que je n’aurai pas mieux expliqué ! »
Smrt je invalidnina herojima
Za amputirane lobanje
I nesanica pepela u kojoj duše trava vetrove ištu.
La mort fait des handicapés des héros
Sur des crânes amputés
Et les cendres sans sommeil où les âmes dans l'herbe sont emportées par les vents.
Jack reprit d’un air sérieux :
— Mais, selon les cas, la mort est vécue très différemment…
— En quel sens ?
— Au sens où certains l’ont mal vécu, car ils sont morts d’une mort violente, dans une guerre par exemple, et dont leur corps repose en terre étrangère, mais ils se consolent avec les honneurs post-mortem que les générations suivantes leur rendent… C’est touchant de voir les âmes des héros assister aux commémorations de leurs actes au cours des conflits, mêlés entre les vivants…
— C’est vrai que c’est attendrissant, confirma la brune.
Ceci lui rappela la commémoration près de la sculpture en l’honneur des vétérans de la Guerre d'Irak dans le parc de la ville, à laquelle avait participé l’ami de son mari, Matthew Murphy et son père, en tant qu’esprit.
— Au contraire d’autres qui n’ont pas le droit à de tels honneurs, reprit l’esprit d’un air triste. Ceux qui doivent reposer sans aucune sépulture… Mais sauvagement dans la terre ou les fosses communes, comme ça… Alors ceux qui optent pour la crémation sont encore honorés, car leurs cendres reposent dans une urne.
Melinda opina du chef.
Odlaskom se znatno dobija
Plakatiraju čovekovo ime i prezime po uglovima
Na malo finijem papiru
I svako vas čita, čita
Kao da ste odjednom postali vrlo važna izložba
Ili premijera u pozorištu.
On gagne beaucoup en partant
Les nom et prénoms de l'homme sont affichés dans les coins
Sur du papier un peu plus fin
Et tout le monde vous lit, lit
Comme si vous devenez une exposition importante,
Ou comme une première au théâtre.
L’ancien thanatopracteur continua après un silence :
— Au final, tout pour dire que je suis convaincu que les hommes gagneront beaucoup d’être conscients que la mort n’est qu’une transition vers un autre état, vers une autre vie en tant qu’âme… Car seul le corps est mortel, pas l’âme. L’âme, elle, est immortelle… Adopter une vision plus spirituelle les aidera à ne pas avoir peur de la mort et de vivre plus facilement le deuil…
« Quelles réflexions ! » songea Melinda, émerveillée par son exposé. « D’autant plus que c’est tellement vrai. Je trouve que ceci confirme ce que mère-grand m’avait expliqué… »
Son interlocuteur, comme s’il lisait ses pensées, sourit brièvement puis reprit :
— … Ce qui confirme ce que Socrate avait dit des centaines d’années avant la naissance du Christ : préparer sa mort tout au long de notre vie. De sorte que les gens auront ainsi plus de respect envers les défunts, et non seulement les considérer comme des noms mentionnés parmi tant d’autres dans la chronique nécrologique.
La médium ne pouvait pas s’empêcher de sourire à la dernière remarque. Au fond d’elle-même, elle trouvait Jack trop critique et peut-être un peu trop cynique.
Elle demanda d’une voix douce :
— Monsieur Murphy, avez-vous d’autres réflexions que vous voulez partager avec moi ? N’auriez-vous pas un dernier mot que vous voulez transmettre à votre épouse ?
— Non, ce sera tout, dit-il d’un air enjoué.
Le revenant, après une courte pause, avant d’enchaîner :
— Dans tous les cas, merci, Madame Gordon, de m’avoir écouté.
— Il n’y a pas de quoi… Maintenant, voyez-vous la Lumière ?
Jack regarda autour de lui, puis fixa un point vers sa droite. Il murmura :
— Je vois une lumière… Tellement pure, douce et chaleureuse…
— C’est l’appel de l’Autre Monde, commenta Melinda d’une voix douce. Allez-y sans crainte.
— Oui, c’est bien ce que je comprends aussi…
Il plissa des yeux puis murmura :
— D’ailleurs, je vois mes parents et mes grands-parents qui me font des grands signes des mains de les rejoindre…
— Allez-y ! l’encouragea-t-elle d’une voix douce.
Jack cria vers sa droite :
— Père, mère, j’arrive !
Il se retourna une dernière fois vers la jeune femme et murmura :
— Encore une fois, merci à vous !
Elle sourit chaleureusement pour toute réponse.
Jack s’avança d’un pas ferme vers la Lumière, que lui seul voyait.
La médium le regardait jusqu’à le perdre de vue, c’est-à-dire lorsqu’il passa dans l’Autre Monde. Elle cessa de fixer la direction dans laquelle était auparavant Jack ; un client venait d’entrer dans la boutique. Retour à son activité d’antiquaire parmi les vivants.