Mad Love (Jerome Valeska) par

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Préquelle / Drame / Amitié

23 Et toi, qui es-tu ?

Catégorie: T , 1230 mots
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Le cirque à nouveau confortablement installé – autant qu’il était possible, du moins – Jérôme laissa sa mère à ses occupations douteuses. Il chercha longuement Kaysha, et il la trouva finalement de l’autre côté du chapiteau, derrière la grande roue qui était éclairée de ses milles couleurs, en train d’observer le coucher de soleil qui dessinait délicatement le spectre de la ville en face d’elle. Il s’approcha d’elle sans bruit, mais elle ne fut pas surprise pour autant, et laissa Jérôme se placer à son côté.

-         Quelque chose à me dire, Rouquin ? demanda-t-elle sans quitter le spectacle lumineux des yeux.

Jérôme ne répondit pas, et il colla son flanc au sien. Leurs doigts se frôlèrent. Kaysha ne sourcilla pas, et Jérôme tourna son visage discrètement vers elle. Alors, tout tranquillement, et avec une délicatesse qu’il s’obligeait à maintenir, il lui attrapa la main. Kaysha ne répondit pas au geste, mais ne le refusa pas non plus. Jérôme enlaça ses doigts entre les siens, en lui caressant les phalanges.

-         Tu m’as manqué, dit-il, les yeux aveuglés par la lumière du soleil lointain.

-         On a été séparés que quelques heures, sourit-elle.

Il émit une légère pression sur sa main, et eut un petit sourire défait.

-         Tu sais, c’est marrant Valeska, parce qu’avec toi j’ai toujours l’impression d’avoir dix ans.

Il fronça les sourcils, perplexe. Car pour lui, c’était bien le contraire. Si Kaysha pensait être resté coincée dans son enfance à ses côtés, Jérôme n’avait que l’impression d’avoir grandit. 

-         Et puis, maintenant, tu me dépasse vraiment !

Il eut un timide rire, qu’il tentait de retenir en un sourire. Il ne savait pas quoi dire, ne savait pas quoi lui répondre. Ce qu’elle lui avait dit avant leur départ de l’Illinois ne l’avait jusqu’alors pas quitté.

-         Comment tu te sens, Rouquin ?

La question était tout à fait sérieuse, et Jérôme ne sut quoi répondre un instant. Cela faisait bien longtemps qu’il ne s’était pas interrogé à ce sujet. Il est vrai que souvent on oublie de se demander ce genre de chose.

-         Je ne suis pas sur, répondit-il en réfléchissant. Est-ce que toi aussi, tu as eu l’impression d’avoir drôlement changé, depuis quelques temps ? parfois même ne plus arriver à te reconnaitre ? Je veux dire, par exemple, te regarder dans le miroir, et ne pas voir la personne que tu t’attendais à voir.

Kaysha lâcha la main de Jérôme, qui se laissa glisser dans le vide. Elle se mit face à lui et lui attrapa le visage du bout des doigts pour l’examiner. Elle fit tourner son visage dans tous les sens, lui faisant lever le menton, puis le baisser. Elle le ramena ensuite vers elle pour plonger ses yeux dans les siens d’un geste rapide. Il avait un sourire amusé et curieux, tout en laissant Kaysha ainsi le mal mener.

-         Mmh… examina-t-elle. Je crois que je sais, dit-elle. Jérôme Valeska, tu es devenu un adulte… du moins, tu le seras bientôt.

Elle traça l’ossature de ses mâchoires de ses petits doigts.

-         Voilà la bouche de l’homme, dit-elle.

Elle passa ses pouces sur les pommettes puis ses indexes à la racine de son nez.

-         Ça, c’est sûrement le nez de l’adolescent. Fin, et droit.

Enfin, elle dessina l’arc des sourcils.

-         Et là, les yeux de l’enfant. Tu sais, les yeux ne changent jamais, si on regarde bien, ils ont toujours le même éclat, expliqua-t-elle. Ils ont juste changés de couleurs : ils étaient vraiment très bleus, avant. Et maintenant, ils sont verts… avec un peu de marron.

Jérôme laissa sa tête tomber dans les mains de Kaysha, en pressant sa joue contre sa paume.

-         Je suis perdu, Kaysha, dit-il en fermant les yeux. Je sais plus ce que je pense, ça me semble tellement bizarre, et je sais pas… je sais pas si je peux penser ce genre de chose. Je saurais même pas te dire quoi. Je sais pas ce qui m’arrive, souffla-t-il.

Elle entoura le cou du garçon avec ses bras, en se mettant sur la pointe des pieds, essayant d’être à sa taille. Il posa sa tête sur son épaule basse, en entourant sa taille. Elle lui embrassa la joue, dans un élan maternel.

-         Ça va aller, Rouquin. Tant que je suis là, ça va aller. Il faut qu’on reste ensemble, tu comprends ? dit-elle. C’est pour ça qu’on peut pas partir tout de suite. On partira, Valeska. Mais avant, on leur montrera à tous qui nous sommes, tu es d’accord ?

Jérôme se laissa couler dans les bras de Kaysha. Elle s’assit sur le sol, le garçon toujours entre ses bras. Elle avait raison, il fallait qu’ils partent gagnant, et non pas comme des fuyards. Il fallait qu’ils leur fassent payer à tous. Au père de Cole, à Christopher, à sa mère.

Le froid devenant plus assaillant avec la disparition progressive du soleil, les deux jeunes adultes durent se séparer pour rentrer dans leurs caravanes respectives. Jérôme laissa Kaysha devant la sienne, l’accompagnant du regard jusqu’à ce qu’elle disparaisse derrière la porte.

Il vit le visage de Christopher apparaitre par la petite fenêtre. Un léger rictus chatouilla la joue du jeune homme. Christopher resta ainsi à le regarder un petit moment. Au dessus de sa tête rousse, les lumières vacillantes du cirque s’allumèrent d’un seul coup, l’aveuglant quelques instants. Lorsqu’il reprit le contrôle de sa vue, Christopher avait disparu. Il ajusta sa veste sur ses épaules, et s’en retourna à sa caravane, priant pour que sa mère n’y soit pas.


Coucou tout le monde ! Voilà juste un court chapitre pour montrer que l'amitié ( -AKA la relation extrêmement ambiguë) entretenue par Kaysha et Jérôme n'est pas terminée, contrairement à ce qu'il était possible de penser, avec les doutes et incertitudes de Jérôme dans le dernier chapitre :') J'espère que le chapitre vous aura plu, je posterai le suivant prochainement, si tout se passe bien ! :)


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