Mad Love (Jerome Valeska) par

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Préquelle / Drame / Amitié

26 Possession

Catégorie: T , 1560 mots
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Les deux jeunes adultes profitaient des dernières semaines d’été, dans la soutenable chaleur de l’Alabama. Le cirque venait d’arriver, et tous étaient allés se reposer après le long voyage qui épuisait toujours autant. Il fallait d’ailleurs que les artistes soient en forme pour le lendemain, afin de mettre en place les derniers préparatifs, et peut-être même commencer les entraînements. Jérôme et Kaysha profitaient du silence et de l’espace qui leur semblait réservé dans le cirque. La jeune femme essayait de voir les étoiles, mais les ampoules au dessus d’eux l’en empêchait.

Elle sourit malicieusement, ce qui plut immédiatement à Jérôme lorsqu’il la surprit. Son sourire était incroyablement viral, et il ne put s’empêcher de la copier.

-         Quoi, encore ? demanda-t-il en ignorant un rire qui s’échappait de sa bouche.

-         J’ai une trop bonne idée ! s’exclama-t-elle.

Elle accéléra le pas, motivée par sa « trop bonne idée » que Jérôme identifiait bien rapidement comme une « trop bonne idée qu’il regretterait vite ». Machinalement pourtant, il suivit la jeune femme qui prenait, sans grande surprise, la direction du chapiteau. Elle le dépassa, sans faire attention aux timbres de voix lointains qu’ils pouvaient entendre, et elle se plaça devant la grande roue illuminée de ses milles couleurs envoûtantes. Elle posa ses mains sur sa taille avec fierté, en se déhanchant doucement. Le rouquin se posa à côté d’elle, pour regarder le paysage, en se demandant ce qui pouvait autant la contenter.

-         Et bien ? encouragea-t-il en pliant ses bras sur sa poitrine. Je vois vraiment pas quelle « trop bonne idée » tu as, se moqua-t-il gentiment.

-         Ça, Valeska, c’est parce que tu n’es pas assez audacieux.

Elle sourit malignement, plus que la première fois, et posa son indexe sur le dessous du menton de Jérôme pour lui lever la tête. Il ne vit que le ciel noir et étoilé, avec devant, la roue qui exhibait sa grandeur. Il eut une expression de surprise.

-         Est-ce que tu te fous de ma gueule ? s’exclama-t-il, ne sachant pas vraiment qui faire entre douter de la santé mentale de Kaysha ou rire aux éclats devant la prise de risque.

-         Allez ! dit-elle en lui bousculant l’épaule d’une main. J’espère que tu vas pas te dégonfler, ajouta-t-elle avec un regard accusateur.

-         Jusqu’où ? demanda-t-il enfin, après avoir laissé quelques secondes pleines de réflexion s’écouler.

Elle étudia la roue quelques instants, évaluant approximativement les distances, comme si cela pouvait servir à quelque chose.

-         On a qu’à dire le deuxième siège, compta-t-elle.

Il soupira longuement en observant la roue avec méfiance.

-         Si tu tombes ? demanda-t-il.

-         Tu me rattrape, sourit-elle.

-         Si je tombe ?

-         Je te rattrape.

C’est sur cet entendement stupide, que les deux adolescents, qui avaient tendance comme tous ceux de leur âge d’oublier qu’ils allaient bientôt être des adultes, posèrent leurs mains sur les fers froids qui composaient la grande roue. Kaysha monta la première, pour donner l’exemple, et faire comprendre à Jérôme qu’elle était sérieuse, bien que le jeune homme n’en doutât pas une seconde. Elle se laissa pendre au dessus du vide, et se hissa avec un équilibre incroyable sur les grandes barres.

Jérôme la regarda faire, et reproduisit ses gestes avec beaucoup moins de facilité. Il fallait dire que lui, il ne pratiquait pas la danse ou les cordes volantes. Kaysha avait de la force, et une agilité qui lui permettait de se sentir à l’aise durant l’ascension. Jérôme, lui, comptait seulement en la puissance de ses bras, et en l’exemple qu’il avait sous les yeux.

Elle l’attendait souvent, en équilibre entre deux barres froides malgré la douceur ambiante. Ils ne parlaient pas, et grimpaient en silence, chacun concentré sur ses propres gestes, et les actions de l’autre. Jérôme fit un faux mouvement, et faillit se renverser pour tomber sur le sol. Kaysha eut un léger cri de surprise, seulement audible d’eux, alors que Jérôme se rattrapait de justesse. Son cœur s’accéléra, alors qu’il pensait que ce n’était pas possible qu’il batte encore plus vite. L’appréhension qu’il ressentait déjà était extrême, mais l’adrénaline provoquée par le danger l’entrainait à continuer, tout en évitant de regarder vers le bas.

-         Ça va ? demanda Kaysha avec une inquiétude certaine.

-         Je… je crois, oui, essaya de se rassurer Jérôme en levant les yeux pour la regarder.

Elle lui répondit par un sourire satisfait, bien qu’elle sache qu’il avait peur.

-         Allez Valeska, on est presque arrivés, confia-t-elle avec un clin d’œil.

Il soupira silencieusement, et la suivit dans sa progression. Enfin, après de longues minutes de souffrance morale autant que physique, Kaysha se hissa sur le second siège, bientôt rejoint par Jérôme. Ils s’assirent tous les deux, en respirant fort, essoufflés. Jérôme leva ses mains devant ses yeux, pour confirmer ce qu’il sentait : des tremblements incontrôlables.

-         L’adrénaline, expliqua Kaysha en souriant. C’est génial, hein ?

-         On peut voir les choses de cette façon, grogna Jérôme en reposant ses mains.

-         Regarde, montra-t-elle, on peut voir les étoiles.

En effet, les lumières d’en bas ne les gênaient plus, bien que celles de la roue soient toujours entêtantes, mais moins présentes. Ils levèrent tous deux la tête, et purent regarder le ciel avec contentement. C’était l’un des plus beaux cadre qu’ils puissent avoir, ce ciel étonnement constellé, qui semblait prêt à pleurer, pour laisser lentement tomber ses étoiles brillantes sur la dyade.

Le cœur de Jérôme se calma peu à peu, après s’être sauvagement agité tout au long de la montée, les pulsions se firent moins rapides et moins douloureuses. Cependant, il ne lui permettait pas de se sentir tout à fait bien. Maintenant, il se serrait, sachant pertinemment que ce ciel éclairant d’une obscure clarté, était propice à faire remonter tous les sentiments qu’il avait pour la jeune femme. Cette dernière avait la tête penchée sur l’arrière, afin que ses yeux ne puissent voir que le paysage lactée au dessus d’elle. Jérôme baissa son regard sur la ville qui s’étendait tout autour d’eux. Il n’avait pas peur du vide, bien au contraire, il semblait même l’apprécier. Il pouvait tout voir, et se sentir puissant même, comme s’il régnait sur ce vaste monde qui s’étalait devant eux.

La sensation était étonnement agréable. Comme si, pour une fois, Jérôme était le maître, et non plus l’esclave. Et ce que ça pouvait être agréable, d’être le maître. Il sourit discrètement à cette pensée. Finalement, il s’en fichait un peu, de ce ciel étoilé, même s’il trouvait que Kaysha était vraiment belle dessous. Non, le plus beau se trouvait en bas, sous ses pieds. Sans que Kaysha ne le voie, il tendit sa main vers les lumières de la ville, et la ferma dessus. Les lumières disparurent, cachées par son poing. Il fit revenir ce dernier vers lui, comme pour ramener la ville, mais il fut déçu en voyant que la ville était restée à sa place.

Finalement, il leva la tête pour rejoindre Kaysha dans sa minutieuse contemplation.

-         Kaysha ? demanda-t-il alors, brisant le silence aérien.

-         Mmh ? fit-elle avec flemme.

-         On fait comment pour redescendre ?


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