Mad Love (Jerome Valeska) par

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Préquelle / Drame / Amitié

31 Epilogue - Dead is not the end

Catégorie: T , 1845 mots
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Kaysha était enfouie dans le secret, pour toujours. Le cirque n’avait pas risqué un nouveau scandale, après la découverte du corps de Lila Valeska, la charmeuse de serpent, mère du désormais criminel, Jérôme Valeska. La fille qui se prenait pour un garçon était restée tranquillement sous terre, étouffée par la poussière. Jérôme n’avait parlé de ce corps à personne, ni à Gordon, ni à son « père », Cicéro.

Kaysha était son secret, pour toujours. Seulement à lui, sa possession, à jamais. C’était sa victoire, personne ne se doutait de ce second crime, qui faisait sa fierté maintenant. Ses heures perdues à Arkham lui permettaient de se souvenir de ce magnifique instant, celui qu’ils avaient passés sur le lit, l’un en l’autre, et cet autre moment, encore plus intime, ses mains à lui sur sa gorge à elle. La seule chose qu’il regrettait était de ne pas avoir senti la mort passer sur ses paumes, retirant son dernier souffle à la jeune femme. Il l’avait aimé alors, jusqu’à sa dernière expiration, du véritable amour.

Son secret préféré. Celui qui faisait la différence, qui affirmait qu’il avait dupé le monde.

-         Valeska ! intervint l’un des infirmiers chargé de maintenir l’ordre, on veut te voir en salle des visites.

Le rouquin laissa un sourire s’emparer de ses lèvres et pencha légèrement da tête de côté.

-         C’est très touchant qu’on s’inquiète encore pour moi, susurra-t-il de façon désagréable. Très certainement le fantôme de ma mère revenu pour punir son fils indigne, ajouta-t-il en hochant professionnellement la tête de haut en bas et en arrêtant de sourire.

Il se leva de son banc, les gestes arrogants, et suivit l’infirmier. Lorsqu’il entra en salle des visites, il découvrit effectivement un fantôme. Mais un fantôme plus vivant qu’il ne l’aurait pensé, l’un deux ceux qu’il n’aurait jamais cru revoir. Un sourire grinçant étira ses lèvres. Il alla s’asseoir sans rien dire. Le fantôme et Jérôme s’observèrent un instant, de longues et précieuses secondes, qui permettaient à l’un de mieux haïr l’autre.

-         Où est-elle ? demanda le spectre entre ses dents, le regard fatigué et cerné par les longues nuits passées à veiller devant la mort.

Jérôme fit semblant de réfléchir à la question. Il inspira soudainement, comme s’il venait de trouver la réponse parfaite à l’évaluation qui lui était soumise, et croisa ses deux mains sur son cœur.

-         Juste là, dit-il en tapotant le milieu de sa poitrine.

Excédé, l’ombre amaigrie en face de lui serra le poing sur la table.  

-         Je ne suis pas là pour jouer, cracha-il entre ses dents.

Jérôme eut un petit rire, et leva les mains pour montrer son environnement.

-         Oh oui, ça je peux bien le comprendre ! riait-il. C’est pas très marrant tous les jours ici ! Mais comme elle le disait si bien : garde le sourire, Rouq…

La main encore forte du spectre attrapa le col de son costume rayé, et le fit basculer sur la table avec violence. Jérôme répondit au geste par un rire dénué de satisfaction. Un infirmier s’avança, pour lui demander de le lâcher, mais la robuste main laissa tomber le col, et Jérôme put revenir sur sa chaise.

-         Réponds-moi, intima-t-il. Je t’en supplie, essaya-t-il, dis moi où elle est. Je veux la voir une dernière fois, et pouvoir faire mon deuil. Je sais que je ne la retrouverai pas en vie, alors dis le moi. Laisse-moi lui offrir une tombe digne de ce nom.

Jérôme leva les yeux sur lui, devenu muet. Il avait fait ce qu’il avait pu, il avait été si pressé. Suivant le fil de ses pensées, ses yeux se dérobèrent lentement, et tombèrent dans le vide de son esprit. Il se souvenait de ses mains touchant le corps de la belle danseuse, l’air froid et agressif qui régnait ce jour-là, ainsi que la magnificence de la morte. Il fronça les sourcils, battit plusieurs fois des cils, et renvoya son attention sur son fantôme.

-         Quand est-ce que vous êtes sorti de l’hôpital ? demanda Jérôme en le vouvoyant par habitude.

-         Il y a un peu plus d’une semaine, répondit-il. J’ai appelé le cirque, elle n’y était plus depuis le soir où je suis entré à l’hôpital. Haly m’a dit qu’ils pensaient qu’elle était restée à Gotham, pour moi. Et aussi pour toi. J’ai appris pour ta mère, et j’ai compris ce que tu lui avais fait. Kaysha est à Gotham, j’en suis certain. Tu l’as gardé près de toi, c’est ça ? Tu la voulais pour toi tout seul ?

La voix de Christopher vacilla, son âme brisée, et laissa couler les inélégantes larmes qui le menaçaient. Il essuya rapidement son visage avec ses doigts épais, grossis par le travail acharné qu’il avait tout ce temps mené avec ses chevaux.

Jérôme ne répondit pas. Il regardait le pathétique homme qu’était devenu Christopher, ombre de lui-même.

-         Est-ce que vous êtes venu en pensant que j’allais réellement répondre à une question aussi stupide ? demanda Jérôme sans expression, simplement réaliste.

Ce fut au tour de Christopher de rester silencieux. Jérôme profita de son mutisme soudain pour se pencher sur la table et murmurer la suite :

-         Kaysha était à moi, vous le saviez mieux que quiconque. Est-ce que vous êtes idiot au point de penser que je vais vous dire où j’ai laissé Kaysha, avant que James Gordon ne toque à la porte de ma caravane ? Vous ne saurez jamais où elle est. Gotham entière est sa demeure. Un jour je prendrai ma revanche, et elle pourra régner sur cette ville avec moi. Je vous conseil de mourir avant, dit-il avec un léger sourire.

Christopher laissa retomber le silence, scrutant le visage silencieusement hilare de Jérôme, pouvant presque entendre un affreux ricanement provenant de ce dernier.

-         T’es complètement dingue, souffla-t-il.

Un premier pouffement. Un second. Un éclat de rire.

-         Non, répondit-il en passant un doigt ennuyé sur ses lèvres. Je suis simplement… exceptionnel. 

-         T’es un criminel. Elle n’avait même pas encore dix-huit ans. Elle les aurait eus le cinq août, dit-il avec une nostalgie profonde. Je lui avais dit de ne pas te faire confiance. Elle n’en faisait qu’à sa tête, sourit-il faiblement, comme sa mère. Elle lui ressemblait tellement. Tu sais, continuait-il, l’amour de sa mère a failli me tuer. Mais toi, tu l’as tuée elle, pour l’amour qu’elle te portait.

-         Je l’aimais, répondit Jérôme avec théâtralité, comme s’il cherchait à ne pas mentir.

Christopher hocha négativement la tête, abattu.

-         C’est bien la pire chose que tu aies faite, dit-il. Tu aurais du rester loin d’elle, pour la protéger au moins. Ou alors, j’aurais dû te tuer avant. C’était la seule chose qui me restait.

Jérôme eut un ricanement moqueur.

-         Vraiment ? la seule chose ? C’est bête que vous vous en rendiez compte seulement maintenant, dit-il avec cruauté, parce que moi, il me semblait que vous la négligiez un peu. Je me rappelle ce de ce jour au chapiteau, où vous l’avez giflée. Je l’ai retrouvée en pleur derrière un arbre, et c’est sur moi qu’elle s’est consolée. « Arrête cette danse débile Kaysha, et aide moi avec les chevaux ». Elle en avait tellement marre de vous. Si vous aviez vu la rancœur dans son regard. Mais si l’amour de votre femme a failli vous tuer, vous avez ignoré celui de Kaysha. Ce si pitoyable sentiment… Et c’est à cause de vous, si elle est morte, finit-il.

Christopher pleura à nouveau, comprenant ce qu’il avait raté, toutes ces années. Il n’avait jamais su la protéger. Ni la première, ni la seconde fois.

-         Tu me l’as enlevée, sanglotait-il lamentablement.

-         Elle était déjà partie depuis longtemps, avec moi.

Il n’y eut rien, pendant un instant, mise à part les sanglots de Christopher.

-         Mais ne vous en faites pas, consola Jérôme, elle reste là…

Il désigna sa tête

-          …et là.

Il passa deux doigts sur ses lèvres.

Poussé à bout, Christopher se jeta sur Jérôme pour le frapper. Ce dernier se propulsa brusquement en arrière pour l’éviter, la chaise tomba sourdement sur le sol, le jeune homme trébucha dessus avant de se rattraper à un mur. Les infirmiers s’élancèrent sur Christopher pour le retenir. Jérôme, contre le mur, riait aux éclats.

-         Va au diable, Jérôme ! VA AU DIABLE ! hurlait Christopher.

Jérôme s’avança, alors qu’ils trainaient un Christopher enragé vers la sortie. Il s’y était déjà rendu, un allé simple. Pas de marche arrière possible. Et, jusqu’au plus profond de lui-même, ça lui plaisait.


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