Mad Love (Jerome Valeska) par

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Préquelle / Drame / Amitié

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Jérôme commença par se débarrasser de la hache, suivant le destin que tout le monde aujourd’hui connaît, et que lui découvrait avec précaution. Il voulait prendre son temps pour s’occuper du corps de Kaysha. Il retourna alors là où il l’avait lassé, enfermé dans ce grand sac de sport. Il l’ouvrit tout tranquillement, et redécouvrit le corps de la jeune femme, dont le kimono était négligemment tombé sur ses côtés, laissant découvrir sa peau protégée par les sous-vêtements. Il prit sa tête délicatement entre ses mains, et la ramena vers lui, comme si elle était encore en vie, et la posa contre son torse.

Elle était froide, très froide même, ce qui le surprit, alors qu’il avait toujours sentit la chaleur de sa peau. Il observa son visage en en traçant les traits lentement.

-         Je suis vraiment désolé, dit-il alors que sa voix se mêlait à l’air froid et blessant. Mais sache que je t’aimerai toujours, comme je t’ai toujours aimé. Tu étais la mienne, Kaysha, et je n’aurais pas supporté que quelqu’un d’autre t’aie à ma place. Tu m’as rendu fou, je crois.

Il posa ses lèvres sur les siennes, glaciales, immobiles, mortes. Il passa une dernière fois ses mains sur son corps gracieux, pourtant légèrement ankylosé par l’hiver, pour le reposer ensuite dans le sac. Il s’empara de la pelle qu’il avait ramenée, et commença à creuser un profond trou, difficilement, dans la terre durcie par le froid. Ce n’est que plus d’une heure après que Jérôme put enfin déposer Kaysha au fond de ce trou, creusé très larges et très profond.

Avant de la laisser, il s’ouvrit la peau au niveau de l’avant-bras et récupéra le sang sur son indexe droit pour lui tracer un large sourire par-dessus sa bouche et dépassant sur ses joues.

-         Souris toujours Kaysha, parce que ton sourire est ta plus belle chose.

La trouvant aussi belle que lorsqu’elle vivait, il ne la regarda pourtant plus en l’enfermant pour toujours dans la terre. Il ne ressentait pas vraiment de sensation spéciale en cet instant, seulement une tranquillité presque totale. Après avoir replacé toute la terre à son endroit initial, il posa sur sa tombe de fortune un morceau de branchage mort dans le froid. Il n’y avait pas de réelle raison à cela, il se disait seulement qu’il lui fallait une sépulture correcte, et que de poser un élément naturel sur cette misérable tombe lui rendrait hommage.

Il posa le manche de la pelle en équilibre sur son épaule, et repartit en glissant son petit couteau dans la poche de son pantalon. La nuit ne tarderait pas à tomber, et Jérôme devait encore se débarrasser du corps de sa mère, la charmeuse de serpent. Bien qu’elle ne charmait pas seulement les serpents. D’ailleurs, elle ne charmerait plus grand monde, à présent. Jérôme eut un léger rictus à cette pensée. Il entra dans la caravane, perdu dans ses réflexions, et se dirigea sans précipitation jusqu’à la douche où il avait laissé sa mère.

Le rouquin prit son corps dans ses bras sans aucun ménagement, ne lui accordant aucune importance. Il était tel qu’il avait toujours été : répugnant. Il se demandait combien d’hommes avaient bien pu passer dessus. Il posa contre le mur, à côté de la porte. Il vérifia une première fois que personne ne se trouvait dans les parages. Bien heureusement, l’hiver et la représentation nocturne qui approchait ne laissait pas grand monde dans le cirque. Il la posa sur son épaule, et fit le tour de sa caravane. Il connaissait le danger immense qu’il entreprenait, mais il n’avait pas vraiment le choix. Et surtout, pas de temps. Il ne voulait pas perdre de temps avec Lila Valeska. Du moins, ce qu’il en restait. Même morte, elle le révulsait.

Jérôme la laissa alors dans un chariot de paille, couvert par une lourde bâche, pour éviter de se faire surprendre avec son corps dans les bras. Ça ferait bien l’affaire, pensait-il. Ridicule et pitoyable femme, qui avait reçu son coup de grâce par la personne qu’elle détestait le plus au monde. Quelle magnifique mort. Surtout pour celui qui l’avait donné. Entendant des voix, il laissa là sa mère, et se réfugia dans la caravane. Il ne prit pas le temps de nettoyer quoi que ce soit. Il se sentait subitement exténué, bien plus qu’il ne l’avait jamais été.

Sans aucun remord, sans aucune peur de la mort, et n’envisageant même pas une quelconque punition, Jérôme s’étendit dans son lit tout habillé pour dormir. Ce qu’il fit presque immédiatement. Il avait la tête vide, comme libérée d’un poids. Il ne rêva même pas. Son sommeil avait été lourd et efficace.

* * *

Il ne se réveilla que deux heures plus tard. La nuit était totalement tombée, et avait recouvert de ses ténèbres le cirque, nuancées par les ampoules accrochées partout au dessus. Jérôme se leva, sans grande conviction. Il se regarda brièvement dans le miroir, et revint sur ses pas en apercevant les tâches de sang qui s’étendaient sur ses vêtements, et la coupure qui le lançait à l’avant du bras.

Il en fut tout à fait surpris, et se demandait ce qui avait bien pu se passer. Il fronça les sourcils, interrogatif. Il retira alors son pull et son t-shirt, pour se laver dans le lavabo,. Quel étonnement eut-il en voyant le rideau de douche lui aussi ensanglanté. Il se demandait bien ce que sa mère avait pu faire, et comment, lui, avait écopé de ces traces vermeilles. Il enfila rapidement une chemise et un pull après s’être soigné.

Il regarda l’heure. Vingt-deux heures passées, et toujours pas de Lila Valeska. Il ne se rappelait même pas l’avoir vue, depuis la veille. Depuis, qu’il avait amené Kaysha aux urgences. Il se rappela de la représentation qui devait avoir lieu au chapiteau le soir même, et se dit que les deux devaient être au cirque.

Il aurait bien rejoint la jeune femme pour l’accueillir à la fin de sa prestation, mais il se sentait étrangement lourd, la tête en coton. Il abandonna bien vite l’idée, se plaça devant le plan de travail – étonnamment ordonné – pour se préparer un antidouleur qu’il plongea dans l’eau, dans un bruit pétillant. Il s’assit, et posa son coude sur la table pour soutenir sa tête en fermant les yeux.

 

Et l’inspecteur James Gordon toqua à la porte.


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