Le journal de Neville Londubat

Chapitre 14 : Bataille du département des mystères partie 1

1647 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 04/04/2026 15:18

21 juin 1996


Je ne sais pas vraiment par où commencer.

Les derniers jours ont été si intenses que tout semble encore flou dans mon esprit.

Tout paraît irréel, comme si je racontais l’histoire de quelqu’un d’autre. Pourtant mes mains tremblent encore en écrivant, pas seulement à cause de la douleur dans mon bras, mais à cause de ce que j’ai compris après coup.

Nous aurions pu tous mourir…

Alors peut-être vaut-il mieux revenir quelques jours en arrière.

Ce matin-là, tout semblait presque normal.

Les examens étaient terminés. Les couloirs avaient retrouvé un semblant de vie. Certains élèves parlaient déjà des vacances, d’autres comparaient leurs réponses aux épreuves comme si cela avait encore une importance. J’essayais de me convaincre que l’année touchait enfin à sa fin, que tout allait redevenir simple.

Mais Harry était différent.

Depuis plusieurs jours, il semblait absent, comme s’il écoutait quelque chose que personne d’autre ne pouvait entendre. Il sursautait au moindre bruit, fixait souvent le vide avec un regard lointain. La nuit, je pouvais l’entendre parler et parfois sangloter dans son sommeil.

J’ai d’abord pensé que c’était le stress des examens… ou simplement la fatigue.

Puis d’un coup tout s’est accéléré.

Ron et Hermione ont demandé à Ginny et à moi de faire diversion le temps de retrouver Harry. Ils n’ont presque rien expliqué, mais s’ils demandaient quelque chose d’aussi risqué, c’est qu’il se passait forcément quelque chose de grave.

Alors nous avons obéi.

Nous avons retrouvé Malefoy et sa bande, histoire de les occuper et de les faire tourner en bourrique le plus longtemps possible. Ce n’était pas très subtil, mais suffisant pour attirer leur attention. Sur le chemin, Luna nous a rejoints, comme si elle avait toujours su où nous trouver.

Malheureusement, avec l’aide du professeur Rogue et de Rusard, notre petite diversion a tourné court. Nous avons été attrapés et conduits directement dans le bureau d’Ombrage.

Le trio était déjà là.

Harry avait l’air épuisé, presque hagard. Ron et Hermione semblaient tendus à l’extrême. Et Ombrage… Ombrage rayonnait d’une colère satisfaite, comme quelqu’un enfin certain de tenir sa victoire.

Elle parlait lentement, savourant chaque mot. Elle savait qu’Harry cachait quelque chose. Elle voulait lui arracher la vérité, coûte que coûte.

Je n’oublierai jamais le moment où elle a sorti le sérum de vérité apporté par Rogue.

J’ai vu la peur traverser le regard d’Hermione, pas de la panique, non. Plutôt un calcul rapide, précis. Elle réfléchissait déjà. Toujours.

Harry résistait, parlant de Patmol, tentant de gagner du temps, mais la situation devenait étouffante. L’air semblait manquer dans la pièce. J’avais l’impression que les murs se rapprochaient lentement autour de nous.

Et puis Hermione a parlé.

Elle a menti.

Avec un calme presque terrifiant.

Elle a évoqué une arme cachée dans la forêt interdite, quelque chose que Dumbledore aurait laissé derrière lui. Ombrage a immédiatement mordu à l’hameçon. Sa curiosité et sa soif de pouvoir ont pris le dessus sur toute prudence.

Quelques minutes plus tard, nous quittions le château, escortés par la Brigade Inquisitoriale.

Je me souviens avoir pensé que c’était la première fois que je pénétrais dans la forêt interdite sans qu’un professeur soit là pour nous protéger. Les arbres semblaient plus sombres que d’habitude, leurs branches se refermant au-dessus de nous comme pour nous observer. Chaque bruit résonnait trop fort. Même l’air paraissait différent, plus lourd, presque hostile.

Ombrage ordonna à la Brigade Inquisitoriale de rester en retrait avec nous, ne gardant qu’Hermione et Harry à ses côtés. Elle avançait avec assurance, mais je voyais bien qu’elle n’aimait pas cet endroit. Son sourire crispé disparaissait peu à peu.

Hermione continuait de marcher, guidant Ombrage toujours plus profondément dans la forêt. Je ne comprenais pas encore son plan, mais je lui faisais confiance. Elle savait ce qu’elle faisait, elle le savait toujours.

Puis les centaures apparurent.

Nous pouvions les apercevoir depuis notre position, immobiles entre les arbres, silencieux et imposants. Leur présence remplissait l’espace d’une tension presque palpable.

La peur d’Ombrage était désormais perceptible dans sa voix, malgré la courte distance qui nous séparait d’elle. Elle tenta pourtant de leur donner des ordres, comme si elle pouvait contrôler la forêt entière de la même manière qu’elle contrôlait l’école.

Ce fut une erreur.

Tout alla très vite ensuite. Les voix s’élevèrent, les arcs se tendirent, et soudain le chaos éclata. Les centaures avancèrent, puissants et furieux. Ombrage hurla tandis qu’ils l’emportaient avec eux, disparaissant entre les arbres sombres.

Les membres de la Brigade Inquisitoriale prirent peur et s’enfuirent presque aussitôt, abandonnant toute prétention d’autorité.

Et nous sommes restés là, seuls.

Je crois que c’est à ce moment précis que j’ai compris que nous allions vraiment le faire. Que Harry n’abandonnerait pas.

Il parlait encore de Patmol, et après quelques explications, nous avons compris qu’il s’agissait de son parrain, Sirius Black. Sur le moment, avec Luna, l’idée d’aller sauver un criminel recherché nous a un peu déstabilisés. Mais Hermione nous a rapidement expliqué que Black était innocent, que tout ce que racontait le Ministère était faux.

Alors nous l’avons crue. Parce que c’était Hermione. Et parce que Harry croyait en lui sans hésiter.

Maintenant, il fallait aller à Londres. Personne ne savait comment.

Puis Luna a parlé, comme si la réponse avait toujours été évidente.

Les sombrals.

Personne n’a ri. Personne n’a posé de question. À cet instant, plus rien ne nous semblait impossible.

Nous avons couru jusqu’au parc. Les créatures nous attendaient, invisibles pour la plupart des élèves… mais pas pour moi.

Je pouvais les voir. Vous vous demandez sans doute pourquoi.

Quand j’étais petit, j’ai assisté à la mort de mon grand-père. Une simple éraflure de Tentacula Vénéneuse. Une potion aurait pu le sauver, mais j’étais trop jeune pour comprendre quoi faire, et lui trop affaibli pour atteindre l’armoire à antidotes. Grand-mère était partie au marché ce jour-là. Lorsqu’elle est revenue, il était déjà trop tard.

Je me souviens encore du silence dans la maison. Du moment où j’ai compris, sans vraiment comprendre.

Depuis ce jour, les sombrals ne m’ont plus jamais été invisibles.

C’est aussi à partir de là que ma passion pour la botanique est devenue plus forte encore. Comprendre les plantes, leurs dangers, leurs remèdes… c’était ma façon de ne plus jamais rester impuissant. Et Grand-mère, elle, est devenue encore plus protectrice avec moi.

Mais revenons aux sombrals.

Leurs silhouettes osseuses se découpaient dans la lumière du soir, leurs ailes immenses repliées contre leurs flancs maigres. Leurs yeux étaient calmes, presque bienveillants. C’était la première fois que je les voyais d’aussi près.

Je ne sais pas exactement ce que j’ai ressenti à cet instant. Une tristesse ancienne, peut-être. Ou simplement l’acceptation de quelque chose que je ne pouvais plus ignorer.

Nous sommes montés par binômes, Luna s’accrochant fermement à ma taille sans la moindre hésitation.

Et nous avons décollé.

Le château s’est éloigné rapidement derrière nous. Le vent était glacial, fouettant mon visage et coupant presque ma respiration. Mes mains s’agrippaient si fort à l’encolure du sombral que mes doigts me faisaient mal. Derrière moi, je sentais Luna trembler légèrement, j’ai posé ma main sur la sienne pour tenter de la rassurer, sans savoir si c’était vraiment elle… ou moi que j’essayais de calmer.

Au-dessous de nous, le monde devenait minuscule. Aucun de nous ne parlait.

Le froid, l’obscurité, le battement régulier des ailes… tout donnait l’impression de quitter la réalité, comme si nous laissions derrière nous quelque chose d’irréversible. Je regardais Harry, qui volait aux côtés de Ginny. Il fixait l’horizon avec une détermination presque effrayante, comme s’il n’existait plus rien d’autre que le but à atteindre.

Je crois que nous avions tous peur.

Mais personne ne l’a dit.

Londres est apparue peu à peu, une mer de lumières tremblantes sous la nuit. Vue d’en haut, la ville semblait paisible, presque fragile, comme si rien de terrible ne pouvait s’y produire. C’était étrange de penser que des milliers de gens dormaient tranquillement pendant que nous foncions vers quelque chose que nous ne comprenions pas encore vraiment.

Nous avons atterri devant le Ministère, guidés par les indications de Ron. L’immense bâtiment se dressait devant nous, sombre et silencieux.

Trop silencieux.

Nous sommes passés par l’entrée des visiteurs, bizarrement active à une heure aussi tardive. Les portes se sont ouvertes sans résistance, comme si le lieu lui-même nous invitait à entrer.

À l’intérieur, il n’y avait presque personne. Pas de voix, pas de mouvement. Seulement l’écho de nos pas résonnant sur le sol brillant.

Je me souviens avoir pensé que nous n’aurions jamais dû être là.

Mais nous avons continué. Parce que Harry avançait. Parce que nous avions choisi de le suivre.

Et parce qu’à cet instant, aucun de nous ne savait encore ce qui nous attendait derrière ces portes.


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