Le journal de Neville Londubat

Chapitre 13 : Les BUSE

1081 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 18/02/2026 10:37

17 juin 1996


La semaine des BUSE est enfin terminée.

Je crois que je n’avais jamais autant attendu la fin de quelque chose de toute ma vie. J’ai l’impression qu’on a tous vieilli de plusieurs années en quelques jours. Dans la salle commune, personne ne parle vraiment de ses résultats, mais tout le monde se jette sur les fauteuils comme s’ils étaient devenus soudainement trop lourds pour continuer à tenir debout.

Moi, je suis vidé.

Pourtant… je crois que ça ne s’est pas trop mal passé. Enfin, presque.

L’herboristerie a été… étonnamment agréable. On nous a demandé de reconnaître plusieurs plantes à partir de fragments, de noter leurs propriétés, et même de préparer un petit onguent de base pour soigner une brûlure magique. J’avais l’impression d’être de retour dans la serre avec le professeur Chourave, entouré d’odeurs familières. Mes mains ne tremblaient presque pas. Je crois même que j’ai souri pendant l’épreuve, ce qui doit être très étrange vu de l’extérieur.

L’étude des Moldus, grâce à Seamus, m’a paru presque logique. On devait expliquer le fonctionnement de certains objets sans magie. J’ai décrit un grille-pain, je crois, et un aspirateur. Je n’aurais jamais cru écrire ça un jour dans un examen de sorcellerie, mais je m’en suis plutôt bien sorti. J’ai même pensé à ce que Seamus avait dit sur les Moldus : qu’ils ne sont pas moins ingénieux que nous, juste différents.

La Divination… ça reste un mystère pour moi. Dean m’avait aidé comme il pouvait, mais j’ai passé la moitié de l’épreuve à me demander si ce que je voyais dans ma boule de cristal était vraiment une forme ou juste un reflet de mon propre nez. Je crois que j’ai inventé au moins la moitié de mes réponses, mais j’ai essayé de rester cohérent. Peut-être que ça comptera pour quelque chose.

L’Arithmancie était dure. Pas catastrophique, mais dure. Les chiffres me donnent toujours l’impression de me fixer avec reproche. J’ai fait de mon mieux, j’ai rempli toutes les lignes, et j’espère que ça suffira.

Et puis il y a eu… les potions.

Je ne sais pas comment j’ai réussi à tenir jusque-là sans provoquer une catastrophe. Le professeur Rogue m’observe comme si j’étais une erreur de fabrication, et je crois que sa simple présence me fait perdre la moitié de mes capacités motrices.

On devait préparer une potion de régénération simple. Simple, pour tout le monde sauf moi, apparemment.

J’avais pourtant bien relu mes notes. Je savais quand ajouter chaque ingrédient. Je me souviens très bien avoir regardé la pendule, d’avoir attendu exactement le bon nombre de battements de cœur avant d’incorporer la poudre de racine de dictame.

Mais ma main a tremblé.

Juste un peu.

Assez pour renverser trop de poudre dans le chaudron.

Il y a eu un bruit. Un genre de gloups sinistre, suivi d’une odeur qui ne devrait jamais exister dans la nature. Puis une explosion. Pas énorme, mais suffisante pour faire voler mon chaudron en éclats et repeindre le plafond d’un vert douteux.

Le professeur Rogue n’a pas crié. Il n'en a pas eu besoin. Son silence était bien pire. Il m’a regardé comme si j’étais personnellement responsable de la chute du monde magique.

J’ai dû terminer l’épreuve avec ce qu’il me restait de matériel, sous le regard amusé de Malfoy. J’espère seulement que ce que j’ai réussi à sauver suffira pour obtenir la moyenne.

Mais malgré ça… malgré la honte, malgré la fumée, malgré l’odeur qui ne partira probablement jamais de ma robe… je crois que j’ai survécu.

Et puis il y a eu l’examen de Défense contre les Forces du Mal.

Celui-là, personne ne l’oubliera.

Tout était normal, au début. Ombrage nous observait comme un vautour, son sourire plaqué sur le visage. Les surveillants vérifiaient les parchemins, les élèves s’installaient. Le silence s’installait lentement, ce silence pesant qui te fait entendre ton propre cœur battre dans tes oreilles.

Et puis… le chaos.

Un bruit étrange a résonné dans le couloir. Un genre de rugissement mêlé à un sifflement. Les portes ont tremblé. Ombrage a sursauté et pour la première fois depuis des mois, je l’ai vue perdre son sang-froid.

Les portes ont volé en éclats.

Fred et George Weasley sont apparus au milieu d’un déluge de feux d’artifice magiques, montés sur des balais enchantés, entourés de créatures colorées et hurlantes qui semaient la panique dans la salle. Les bancs se sont renversés, les parchemins se sont envolés, et les surveillants ne savaient plus où donner de la tête.

Je n’avais jamais rien vu d’aussi beau.

Ils riaient. Vraiment. Pas ce rire nerveux qu’on force parfois, mais un rire libre, joyeux, triomphant. Ils ont crié quelque chose à propos de liberté, de boutique à Londres, et de ne jamais laisser quelqu’un te dire qui tu dois être.

Et puis ils sont partis.

Comme ça. Dans un éclat de lumière, de couleurs et de bruit.

Ombrage était livide. Elle hurlait des ordres à la Brigade Inquisitoriale, mais personne ne l’écoutait vraiment. Tout le monde regardait la porte béante, encore fumante, comme si elle venait de laisser passer un rêve.

L’examen a été suspendu pendant un moment. Quand on a enfin pu reprendre, j’avais encore le cœur qui battait trop fort pour écrire droit. Mais bizarrement… je n’avais plus peur.

Parce que ce jour-là, dans cette salle étouffante, Fred et George nous ont rappelé quelque chose d’important.

Que même sous la tyrannie, même quand tout semble verrouillé, il reste toujours une porte de sortie.

Alors maintenant, les BUSE sont derrière moi. Je ne sais pas ce que ça donnera sur le parchemin final. Je ne sais pas si mes potions me feront échouer ou si mon herboristerie me sauvera.

Mais je sais une chose.

Je ne suis plus le même qu’au début de l’année.


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