Harry Potter (II) : La Prophétie et les Ombres du Passé
Chapitre 69 : Les cicatrices de la magie
1133 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 28/12/2025 17:43
Un mois s’était écoulé depuis le rituel.
Un mois depuis que le voile séparant le monde des vivants de celui des morts avait été refermé de force, sauvant le monde magique d’une catastrophe imminente. Peu de sorciers connaissaient la vérité. Peu savaient à quel point tout avait failli basculer. Et encore moins savaient que ce salut n’était pas venu de héros aguerris, mais de trois enfants qui avaient payé le prix de leurs erreurs.
Le monde avait été sauvé de justesse.
Tout avait commencé avec Nolan.
Brisé par la perte de sa mère, Roxanne, il avait refusé d’accepter l’inacceptable. Le deuil lui avait semblé injuste, cruel, insurmontable. Alors, aveuglé par la douleur et par un besoin désespéré de prouver sa valeur, il avait utilisé un rituel de magie noire dans l’espoir de la ramener à la vie. Il n’avait pas réfléchi aux conséquences. Il n’avait vu qu’un objectif : retrouver celle qu’on lui avait arrachée.
Ce rituel avait fissuré le voile de la mort.
Ce qu’il avait ouvert ne s’était pas contenté de rester derrière cette frontière interdite. Le monde des morts avait répondu. Des échos du passé, des fragments d’âmes anciennes et corrompues, s’étaient engouffrés dans la brèche. Trois d’entre eux avaient trouvé refuge dans les corps des enfants.
Lord Voldemort.
Gellert Grindelwald.
Salazar Serpentard.
Trois noms qui avaient marqué l’Histoire par la peur et la destruction. Trois sorciers dont l’influence avait failli entraîner Nolan, Naomi et Liliana dans une descente irréversible vers les ténèbres.
Mais ils n’étaient pas seuls.
Poudlard avait ressenti la perturbation. Le château lui-même, ses murs, ses escaliers, ses fondations imprégnées de magie ancienne. Les fantômes avaient perçu le déséquilibre, ce froid anormal, ces murmures qui n’auraient jamais dû exister. L’alerte avait été donnée sans délai.
La directrice avait immédiatement convoqué les parents, les tableaux des anciens directeurs et, peu après, le ministère de la Magie. Les débats avaient été longs, tendus, empreints de peur. Tous étaient arrivés à la même conclusion : ce qui avait été libéré dépassait largement le cadre d’une simple erreur d’élèves.
Après de nombreuses recherches, un verdict s’était imposé.
Il n’existait qu’un seul moyen de sauver les enfants… et le monde magique.
Un rituel interdit.
Un rituel exigeant un sacrifice irréversible.
Pour refermer le voile de la mort, chacun des trois enfants devrait abandonner une partie de sa magie. Une amputation invisible, mais définitive. Le prix était terrible. Pourtant, aucun autre choix ne s’offrait à eux.
Le rituel avait fonctionné. Le voile avait été refermé. Mais rien n’était revenu comme avant.
Depuis ce jour, Nolan, Naomi et Liliana n’étaient pas retournés à Poudlard. Officiellement, il s’agissait d’un temps de repos. En réalité, c’était une nécessité. Leur magie était instable, affaiblie. Et surtout, leurs esprits portaient encore les marques de ce qu’ils avaient vécu.
Les adultes veillaient sur eux avec une vigilance constante. Pas par méfiance, mais par peur. Peur qu’un fragment d’ombre subsiste. Peur que les échos ne soient pas totalement partis. Ils n’étaient jamais seuls trop longtemps.
Les livres de magie ancienne leur avaient été retirés. Et une règle, simple mais lourde de sens, leur avait été imposée : au moindre murmure, à la moindre sensation étrange, ils devaient prévenir immédiatement.
Un médicomage venait plusieurs fois par semaine. Il observait, mesurait, analysait. Les résultats étaient clairs : aucune trace de possession. Mais les séquelles, elles, étaient bien présentes. Cette expérience les avait changés à jamais.
Nolan
Chez Nolan, le changement était silencieux, presque imperceptible.
Il avait perdu une partie de sa magie, mais surtout une part de lui-même. Cette certitude arrogante qui l’avait autrefois poussé à croire qu’il pouvait défier la mort s’était brisée. Désormais, il voyait le monde avec une lucidité douloureuse.
Il comprenait enfin. Il n’avait pas seulement voulu ramener sa mère. Il avait voulu prouver qu’il méritait sa place à Serpentard. Descendant de la famille Weasley, il avait toujours eu l’impression de ne pas appartenir entièrement à cette maison. Son obsession l’avait conduit à créer une entité qui possédait les souvenirs de Roxanne… sans être elle.
Cette vérité le hantait.
Sans l’intervention d’Alyson et de Liam, il serait mort. Et même sauvé, il avait ensuite été possédé par Voldemort, goûtant brièvement à une puissance qu’il n’aurait jamais dû effleurer.
Aujourd’hui, Nolan savait une chose : la magie avait toujours un prix. Et certains choix laissaient des cicatrices impossibles à effacer.
Naomi
Pour Naomi, la perte était tangible.
Chaque sortilège demandait désormais plus d’effort. Sa magie répondait encore, mais avec une lenteur frustrante. Elle avait suivi Nolan par loyauté, par peur de l’abandonner à son deuil. Elle n’avait pas réfléchi. Elle avait cru que l’amour familial suffisait à tout justifier.
Elle s’était trompée.
Descendante d’une lignée de héros, Naomi avait grandi dans la lumière. Pourtant, elle s’était toujours sentie à part. Rebelle, déterminée, elle voulait prouver qu’elle pouvait exister par elle-même, même à Serpentard.
La perte d’une partie de sa magie avait brisé ses ambitions. Elle ne deviendrait peut-être jamais la sorcière qu’elle aurait pu être. Mais elle avait compris quelque chose d’essentiel : elle ferait désormais ses propres choix, sans renier les valeurs de sa famille.
Elle choisirait la lumière.
Liliana
Liliana, elle, ne souriait plus.
Autrefois joyeuse, elle s’était refermée sur elle-même. Issue d’une lignée de Gryffondor, elle n’aurait jamais imaginé toucher à la magie noire. Encore moins être associée à Serpentard.
Mais porter un nom célèbre impliquait une pression constante. Le nom Lupin n’était pas anodin. Son grand-père, Remus Lupin, avait combattu Voldemort et y avait laissé la vie. Pour prouver qu’elle n’était pas seulement l’héritière d’un passé glorieux, elle avait suivi Nolan.
Et elle avait été possédée par Gellert Grindelwald.
Cette expérience l’avait profondément marquée. Même après la fermeture du voile, elle sentait parfois une honte écrasante l’envahir. Elle avait failli devenir ce qu’elle avait toujours combattu.
Aujourd’hui, elle vivait avec cette peur. Et avec la certitude qu’elle devrait passer le reste de sa vie à réparer cette erreur.