Harry Potter (II) : La Prophétie et les Ombres du Passé
Les jours passaient lentement, mais pour la première fois depuis longtemps, ce n’était pas une mauvaise chose.
Nolan, Naomi et Liliana reprenaient peu à peu goût à la vie. Rien de spectaculaire, rien de soudain. Ce n’était pas un retour brutal à ce qu’ils avaient été avant, mais une reconstruction fragile, faite de petits pas, de silences partagés et de moments simples. Ils apprenaient surtout à retrouver confiance : confiance en eux-mêmes, en leur capacité à avancer malgré leurs erreurs, mais aussi en leurs liens familiaux — ces liens qu’ils avaient presque oubliés dans leur obsession de la magie et de la puissance.
Le rituel les avait changés. Pas seulement par la perte d’une partie de leur magie, mais par ce qu’il avait révélé d’eux-mêmes. Ils n’étaient plus des enfants inconscients. Ils portaient désormais le poids de choix qui auraient pu condamner le monde entier.
Il n’était donc pas encore temps pour eux de retourner à Poudlard.
Cette pause avait été décidée pour une raison précise : les éloigner de la magie, des attentes, des regards et des jugements. Avant les sortilèges, les maisons et les cours, il y avait autre chose. Quelque chose de plus fondamental. La famille. L’amour inconditionnel. La chaleur d’un foyer.
C’est ainsi qu’ils se retrouvèrent tous les trois chez la famille Potter.
La maison débordait de vie.
Albus S. Potter et son épouse, Alice II L. Potter, avaient construit un foyer à leur image : chaleureux, bruyant, imparfait mais profondément aimant. Leurs enfants occupaient chaque recoin de la maison. Milena Savannah, six ans, courait sans cesse d’une pièce à l’autre, racontant des histoires imaginaires à qui voulait bien l’écouter. Les triplés — Cynthia Lily, Hardwin James et Arthur Hugo — transformaient le salon en terrain d’aventures, tandis que les jumeaux, Linfred Gideon et Iolanthe Fleur, âgés de deux ans, réclamaient sans cesse de l’attention.
À cela s’ajoutait Elizabeth Ginevra Potter, la nièce d’Albus et d’Alice, qu’ils élevaient depuis la mort tragique de ses parents. Elle observait souvent Nolan, Naomi et Liliana avec une curiosité silencieuse, comme si elle comprenait mieux qu’on ne l’aurait cru ce que signifiait perdre trop tôt.
Oui, ils étaient nombreux.
Mais étrangement, cela faisait du bien.
Le chaos quotidien, les rires, les pleurs d’enfants, les disputes insignifiantes autour d’un jouet ou d’un dessert rappelaient aux trois Serpentard une vérité simple : la vie continuait, malgré tout.
Les premiers jours, ils restaient en retrait. Observer était plus facile que participer. Mais peu à peu, ils se laissèrent entraîner. Une partie de ballon dans le jardin. Une promenade sous le soleil timide. Des repas partagés autour d’une grande table où personne ne parlait de magie noire, de rituels ou de morts.
Un après-midi, Albus leur proposa une activité qui les surprit.
— Et si on faisait un peu de quidditch ?
Ils échangèrent un regard hésitant. Le quidditch représentait encore quelque chose de familier, de rassurant. Une magie simple, presque innocente. Le but n’était pas de gagner, mais de se détendre.
Dans le jardin agrandi par enchantement, ils enfourchèrent des balais adaptés, sous le regard enthousiaste des plus jeunes. Nolan sentit son cœur se serrer lorsqu’il constata que sa magie répondait moins vite, moins fort. Mais il n’abandonna pas. Naomi, concentrée, l’encourageait d’un sourire discret. Liliana, un peu raide au début, finit par rire lorsqu’elle manqua un virage et atterrit dans l’herbe.
Ce rire, fragile mais réel, fut comme une victoire.
Le soir, fatigués mais apaisés, ils s’étaient installés à l’écart, sous un grand arbre au fond du jardin. Le soleil déclinait lentement, projetant des ombres douces sur l’herbe. C’est à ce moment-là qu’Albus les rejoignit.
— Tout va bien ? demanda-t-il doucement.
Ils hochèrent la tête, sans grande conviction.
— Je sais que ce n’est pas facile, continua-t-il. Ce que vous avez traversé n’aurait jamais dû être porté par des enfants. Mais je veux que vous sachiez une chose : vous n’êtes pas seuls. Vous avez votre famille. Et nous serons toujours là pour vous, quoi qu’il arrive.
Naomi baissa les yeux, triturant l’herbe entre ses doigts.
— Mon oncle… comment ça va se passer à Poudlard ? À cause de nous, le monde a failli sombrer dans le chaos. Les gens vont nous en vouloir.
Liliana soupira, le regard perdu.
— À Serpentard, ce sera pire. Ils vont penser qu’on n’est pas faits pour cette maison. J’ai passé tellement de temps à essayer de prouver que j’y avais ma place…
Nolan resta silencieux un instant, puis posa la question qui les hantait tous.
— Et quand est-ce qu’on va y retourner ? On a déjà pris beaucoup de retard sur les cours.
Albus les observa longuement. Il reconnaissait cette peur. Il l’avait connue lui aussi.
— Je vais vous parler en tant qu’ancien Serpentard, dit-il enfin. Se faire accepter dans cette maison n’est jamais simple. J’ai dû travailler deux fois plus que les autres pour prouver que je n’étais pas qu’un nom, qu’un héritage.
Il marqua une pause.
— Je n’ai pas sombré dans les ténèbres parce que j’avais ma famille à mes côtés. Et surtout parce que j’ai grandi dans une époque de paix. Vous, vous portez le poids de l’Histoire. Et malgré cela, vous avez choisi de réparer vos erreurs.
Il posa une main rassurante sur l’épaule de Nolan.
— Vous pensez que les autres élèves vous haïront. Mais la vérité est différente. La directrice leur expliquera que vous avez fauté, oui. Mais aussi que vous avez payé le prix. À Serpentard, on respecte ceux qui assument leurs actes.
Le silence retomba, mais il n’était plus pesant.
Plus tard dans la nuit, chacun trouva le sommeil à sa manière.
Nolan pensa à sa mère. Pour la première fois, sans douleur insupportable. Naomi se promit intérieurement de ne plus jamais suivre aveuglément quelqu’un, même par amour. Liliana, les yeux ouverts dans l’obscurité, sentit encore la honte… mais aussi une détermination nouvelle : elle ne laisserait pas cette erreur la définir.
Ils n’étaient pas guéris.
Mais ils apprenaient à respirer de nouveau.
Et dans cette maison pleine de vie, loin de Poudlard et de ses ombres, ils comprirent une chose essentielle : avant d’être des sorciers, ils étaient des enfants aimés.
Et cela, aucune magie ne pourrait jamais le leur enlever.