Harry Potter (II) : La Prophétie et les Ombres du Passé
Il était enfin temps. Après plus d’un mois passés loin de Poudlard, chacun dans sa maison respective, Nolan, Naomi et Liliana devaient retrouver le château. Pourtant, la peur les tenaillait à la gorge. Revenir dans les lieux où ils avaient failli plonger le monde magique dans le chaos n’était pas simple. Chaque pierre, chaque couloir semblait murmurer leurs erreurs passées, rappelant à chacun ce qu’ils avaient risqué… et presque perdu.
Malgré leur jeune âge, ils savaient qu’ils avaient eu beaucoup de chance. Beaucoup de sorciers de leur âge n’auraient pas survécu à un tel rituel ou n’auraient pas été pardonnés. Et eux, ils avaient la lourde responsabilité de reprendre leur place parmi leurs camarades.
Accompagnés de plusieurs Aurors, le trajet jusqu’au Poudlard Express fut silencieux. Les Aurors n’étaient pas là pour les punir, mais pour s’assurer qu’ils ne se mettent pas en danger ou ne fuient le train. Après tout, ils restaient des enfants, vulnérables et encore en reconstruction.
À la tête de la marche se trouvait le commandant des Aurors et oncle des enfants, Albus Potter. À ses côtés, deux membres de sa famille, Dylan Anderson et Ethan Campbell, époux de ses cousines. Tout avait été pensé pour que les jeunes se sentent en sécurité. La famille, expliquait-on souvent aux enfants, était ce qu’il y avait de plus précieux. Et ce jour-là, ils allaient en avoir plus que jamais besoin.
Le train démarra dans un sifflement long et mélancolique. À l’intérieur, chacun des trois enfants plongea dans ses pensées. Nolan pensait à sa mère, à sa perte, à ce rituel qui avait failli tout détruire. Naomi réfléchissait à ses choix, à sa loyauté aveugle envers son cousin, et à ce qu’elle avait failli sacrifier. Liliana, elle, revivait les moments où Grindelwald avait presque pris possession d’elle. Chacun portait le poids de la culpabilité, mais aussi une lueur d’espoir, fragile mais présente.
Le trajet fut long et silencieux, ponctué par les murmures des Aurors et les bruits du train. Le château se rapprochait peu à peu, et avec lui, l’angoisse du jugement des autres élèves. Pour la première fois, ils se rendaient compte que, malgré leurs efforts pour se reconstruire, le monde extérieur allait maintenant les confronter à leurs erreurs.
À l’arrivée à Pré-au-Lard, les calèches les attendaient. Elles étaient tirées par les chevaux ailés, leurs ailes puissantes battant l’air frais de fin d’après-midi. Le trajet jusqu’au château fut silencieux. Les enfants observaient les collines familières, les forêts et les lacs, mais chaque souvenir semblait teinté de peur. Les légions de l’Obscurité, obéissant à la Rose Noire, pouvaient frapper à tout moment. Le château, pourtant majestueux et immuable, n’était pas exempt de danger.
Lorsque la calèche s’immobilisa devant les portes de Poudlard, les trois enfants hésitèrent un instant. Leurs regards se croisèrent, chargés d’angoisse. Qu’adviendrait-il de leurs liens avec leurs camarades ? Les amis d’avant leur adresseraient-ils encore la parole ? Et à Serpentard, oseraient-ils approcher ceux qu’ils admiraient autrefois ?
Alors qu’ils s’apprêtaient à descendre, certains Aurors avaient déjà prévenu la directrice, Sophia. Peu après, elle apparut, un sourire chaleureux sur le visage, dissipant un peu de l’angoisse qui les paralysait.
— Les enfants, je suis heureuse de vous revoir en bonne santé, dit-elle d’un ton doux mais ferme. Venez, allons dans mon bureau discuter.
Le trajet vers le bureau de la directrice fut silencieux, mais pas pesant. Chaque pas, chaque mouvement rappelait un passé douloureux, mais aussi une progression vers la reconstruction. Les enfants se sentaient étrangement à la fois vulnérables et protégés.
Assis face à Sophia, ils se préparèrent à écouter ses paroles, chacun à sa manière. Nolan serra les poings sous la table, Naomi tripotait ses doigts nerveusement, et Liliana fixait un point imaginaire sur le sol, tentant de calmer son cœur qui battait trop vite.
— Déjà, je vous souhaite un bon retour parmi nous après tout ce temps, commença la directrice. Nous savons tous ce que vous avez traversé et combien il a fallu de temps pour vous remettre. Toutefois, vous devez savoir que les choses ont changé depuis votre départ. Nous avons expliqué à toutes les maisons ce qui s’était passé et pourquoi vous aviez été absents.
Elle marque une pause, pour que ses paroles s’imprègnent.
— La maison Serpentard a reconnu sa part de responsabilité : ils n’avaient pas pu prévoir que la perte de ta mère, Nolan, te pousserait dans les ténèbres, ni que vos héritages familiaux influenceraient vos choix. Mais ils ont promis de vous soutenir pour rattraper votre retard et reconstruire vos liens. Personne ne vous a forcé à agir. Les conséquences sont vos choix, et c’est ce qui fait de vous des sorciers responsables.
Un silence pesant s’installa. Chacun digérait ces mots, pesant chacun de ses gestes passés et futurs. Sophia reprit, sa voix emplie de gravité mais aussi d’espoir.
— Ce que vous avez vécu vous a servi de leçon : la magie a toujours un prix. Vous aurez des cours particuliers pour rattraper votre retard, et nous avons décidé, avec l’accord de vos familles, que ce seraient les préfets-en-chef qui vous donneraient ces leçons. Ils sont exigeants, efficaces et n’ont pas de temps à perdre. Prenez cela au sérieux… sinon je vous confierai à la supervision du Baron Sanglant ou du Moine Gras, deux fantômes qu’il ne faut pas sous-estimer.
Naomi fut la première à parler. Sa voix tremblait légèrement, mais elle était décidée à montrer qu’elle avait compris.
— Merci, madame la directrice. J’ai bien compris la leçon et nous ne recommencerons plus ce que nous avons fait. Nous savons que ce n’est pas la faute des autres maisons si nous avons failli sombrer, c’est entièrement de notre fait. Je vous promets que nous respecterons les cours donnés par les préfets et que nous apprendrons de nos aînés.
Nolan acquiesça, le visage grave, sa gorge nouée par l’émotion.
— Merci, madame. Mes camarades n’étaient sûrement pas au courant de mon désespoir à cause de la perte de ma mère. Je ferai tout pour me rattraper, c’est une promesse. Je ne vous décevrai pas.
Liliana inspira profondément, le regard tourné vers Sophia puis vers ses camarades.
— Oui, nous ne sommes pas nos grands-parents. J’ai longtemps voulu rendre fière ma famille par mes origines et le courage de nos ancêtres, mais j’ai compris après le rituel que ce n’est pas un nom qui définit ce que nous deviendrons.
C’est à nous de décider de notre chemin. Et je ferai en sorte de prouver que nous pouvons faire mieux, sans sombrer dans l’ombre.
La directrice hocha la tête, satisfaite. Le poids de leurs erreurs n’avait pas disparu, mais une nouvelle perspective s’ouvrait à eux. Les trois enfants quittèrent le bureau, et pour la première fois depuis longtemps, la lumière des couloirs du château semblait plus accueillante que jamais.
Ils franchirent les portes avec une lenteur presque cérémoniale, chaque pas résonnant dans leurs cœurs. Le retour n’était pas seulement physique. Il était aussi symbolique. Ils affrontaient leurs peurs, acceptaient leurs erreurs et se tournaient vers l’avenir, malgré tout.
En quittant le bureau de Sophia, Nolan se permit un léger sourire, malgré la tension qui persistait encore. Naomi serre doucement la main de Liliana, échangeant un regard complice. Liliana, quant à elle, inspira profondément, sentant la peur se transformer en détermination.
Ils n’étaient pas guéris. Ils n’étaient pas encore pleinement eux-mêmes.
Mais ils avaient une chance. Et pour la première fois depuis longtemps, le futur ne leur semblait plus entièrement sombre.
Le chemin serait long. Les regards de leurs camarades, les cours, les responsabilités… tout cela les attendait. Mais pour l’instant, ils avaient retrouvé quelque chose d’essentiel : la confiance en eux, la certitude que, malgré leurs erreurs, ils pouvaient avancer. Et c’était là, à ce moment précis, la plus grande victoire qu’ils pouvaient espérer.