Harry Potter (II) : La Prophétie et les Ombres du Passé
Chapitre 72 : Liliana et sa rédemption
1117 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 27/01/2026 16:14
Liliana savait.
Elle savait depuis longtemps que ce qu’elle avait fait était impardonnable.
Ce n’était pas seulement une erreur d’enfant, ni un simple mauvais choix dicté par la peur ou l’ignorance. Ce qu’elle avait accompli relevait de quelque chose de bien plus grave : un acte égoïste, dangereux, capable de détruire bien plus que sa propre vie. Elle avait joué avec une magie qui ne lui appartenait pas, une magie ancienne et corrompue, et elle en payait désormais le prix.
Elle avait voulu aider Nolan.
C’était toujours ainsi que tout avait commencé dans son esprit.
Elle s’était répétée cette phrase des dizaines de fois, comme pour se convaincre qu’il y avait une forme de noblesse dans ses actes. Nolan souffrait, il avait perdu sa mère, et personne ne semblait réellement comprendre l’ampleur de son chagrin. Alors elle l’avait suivi. Sans poser de questions. Sans réfléchir. Sans mesurer les conséquences.
Et aujourd’hui ?
Aujourd’hui, elle se tenait seule avec ses pensées, consciente que ce raisonnement n’était plus suffisant pour apaiser sa culpabilité. Elle avait perdu une partie de sa magie. Une amputation invisible, mais bien réelle. Chaque sort qu’elle lançait désormais lui demandait plus d’efforts. Certains sortilèges qu’elle maîtrisait autrefois sans difficulté lui résistaient désormais, comme si la magie elle-même lui rappelait ses fautes.
Cette idée la terrifiait.
Allait-elle un jour retrouver tout son potentiel ?
Ou était-elle condamnée à rester à moitié ce qu’elle avait été ?
Liliana inspira profondément. Non. Elle refusait que cela devienne une obsession. Elle avait vu où menaient les obsessions. Elle en portait encore les cicatrices. Si elle devait un jour retrouver cette partie d’elle-même, ce serait avec du temps, de la patience, et surtout de l’humilité. Elle n’essaierait plus jamais de forcer la magie à lui obéir.
Lorsque la directrice leur indiqua qu’ils pouvaient rejoindre leurs maisons respectives, Liliana n’hésita pas longtemps. Contrairement à Nolan et Naomi, elle choisit de s’y rendre seule. Elle savait que ce qu’elle avait à faire, elle devait l’affronter sans se cacher derrière les autres.
Le chemin jusqu’à la salle commune de Serpentard lui parut interminable.
Chaque pas résonnait dans sa tête, accompagné de souvenirs qu’elle aurait préféré oublier : les murmures, les regards lourds de sens, la voix de Grindelwald qui avait tenté de s’insinuer en elle. Lorsqu’elle prononça le mot de passe, sa gorge se serra.
La porte s’ouvrit.
À peine eut-elle posé un pied à l’intérieur qu’elle sentit les regards se tourner vers elle. Certains étaient curieux, d’autres méfiants, quelques-uns franchement durs. La salle commune, autrefois si familière, lui sembla soudain étrangère.
Liliana resta immobile un instant, le cœur battant à tout rompre. Elle aurait pu se contenter de rejoindre un coin discret et disparaître. Mais elle savait que ce n’était pas ainsi qu’elle pourrait avancer.
Alors elle parla.
— Je suis désolée…
Sa voix tremblait légèrement, mais elle ne s’arrêta pas.
— Désolée pour ce que nous avons causé, avec mon cousin et ma cousine. Vous avez perdu des points, vous avez été associés à quelque chose de dangereux, et je sais que cela a terni l’image de notre maison.
Un silence lourd s’abattit sur la pièce.
— Ce qui s’est passé m’a profondément changée, continua-t-elle. Je ne suis plus la même qu’avant. J’étais obsédée par l’idée de prouver que j’avais ma place ici, malgré mon nom, malgré mon histoire familiale… et j’en ai oublié qui j’étais réellement.
Elle baissa les yeux, incapable de soutenir plus longtemps les regards braqués sur elle.
Personne ne parla immédiatement. Les Serpentard savaient. Tous. Les rumeurs avaient circulé bien avant leur retour. Ils connaissaient les grandes lignes, les échos sombres, le prix payé.
Puis un élève s’avança.
C’était l’un des préfets. Son regard était sérieux, mais dénué de colère.
— Tu n’as pas à être désolée, Liliana.
Elle releva lentement la tête, surprise.
— Ici, reprit-il, nous sommes fiers de notre maison. De notre héritage, de notre ambition, de notre intelligence. Oui, nous valorisons le sang, les noms, la noblesse… mais cela ne veut pas dire que nous ignorons les conséquences de nos actes.
Il marqua une pause.
— Être Serpentard, ce n’est pas atteindre un objectif à n’importe quel prix. C’est savoir comment y parvenir.
Un léger murmure parcourut la salle.
— Et nous savons très bien qui tu es, ajouta-t-il. Tu viens d’une lignée complexe. Sang-pur, sang-mêlé… et alors ? Le Choixpeau ne se trompe pas. S’il t’a placée ici, c’est qu’il a vu en toi quelque chose de précieux : une ambition sincère, une volonté de te construire par toi-même.
Liliana sentit sa gorge se nouer.
— Nous savons aussi qui étaient tes grands-parents, continua le préfet. Et nous ne t’en tenons pas rigueur. Le monde a changé. L’histoire a évolué. Voldemort n’était pas ce qu’il prétendait être, et nous le savons tous aujourd’hui.
Elle resta silencieuse, incapable de trouver les mots.
— Accepte simplement notre aide, conclut-il. Pour évoluer. Pour devenir celle que tu veux être. Et si tu doutes encore… souviens-toi qu’Albus Potter était Serpentard. Et regarde ce qu’il est devenu.
Un faible sourire apparut sur le visage de Liliana. Le premier depuis bien longtemps.
— Ça tombe bien, murmura-t-elle enfin. Parce que j’ai énormément de retard à rattraper. Et la directrice m’a dit que ce seraient les préfets qui m’aideraient.
Le préfet esquissa un sourire à son tour.
— Non.
— Qu–quoi ?
— Nous allons tous t’aider, répondit-il simplement. Tu n’es plus seule. Et tu ne l’as jamais vraiment été.
Autour d’eux, plusieurs élèves acquiescèrent. Certains hochèrent la tête, d’autres esquissèrent un sourire discret. Ce n’était pas un pardon immédiat. Mais c’était un début.
Liliana inspira profondément. Pour la première fois depuis le rituel, elle sentit quelque chose se relâcher en elle. La peur n’avait pas disparu. La culpabilité non plus. Mais une nouvelle émotion prenait place : l’espoir.
Elle n’était pas définie par ses erreurs.
Et sa rédemption venait à peine de commencer.