Harry Potter (II) : La Prophétie et les Ombres du Passé
Chapitre 94 : Le Silence Avant la Guerre
1047 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 17/03/2026 18:51
Lily et Alexis transplanèrent devant la maison. Lily pleurait encore, incapable de retenir les sanglots qui secouaient sa poitrine, tandis qu’Alexis tentait tant bien que mal de se contenir. La colère lui brûlait les veines, une colère froide, sourde, presque dangereuse. Sophia venait de briser sa femme une fois de plus — et cela, il ne pouvait le tolérer. Mais s’en prendre à des enfants innocents… c’était un seuil qu’il ne pardonnerait jamais.
Ils entrèrent précipitamment dans la maison. Alice accourut aussitôt, un sourire prêt à éclore — sourire qui s’effaça instantanément lorsqu’elle vit le visage rougi de Lily, ses yeux gonflés, ses mains tremblantes. Elle comprit immédiatement que rien ne s’était passé comme prévu.
Sans poser de questions, elle les guida vers le salon, puis fila chercher Albus et Ginny. Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent, inquiets, alertes, déjà prêts à entendre le pire.
— Alors… comment ça s’est passé ? demanda Ginny.
Lily éclata en sanglots.
— Maman… j’ai tout anéanti. J’ai détruit l’avenir des enfants d’Albus… de James… et des nôtres…
Ginny se figea.
— Quoi ? répéta-t-elle, sans comprendre.
Alexis prit la parole, la voix tendue, presque tremblante de rage contenue.
— Sophia a imposé une condition à la démission de Lily. Elle a dit que puisque Lily quittait son poste, alors nos enfants — et ceux d’Albus et de James — seraient désinscrits de Poudlard. Définitivement. Je lui ai dit qu’elle n’avait pas ce pouvoir, mais elle a affirmé que si. Et que le conseil d’administration validerait tout.
Un silence brutal tomba dans la pièce.
Ginny, Alice et Albus restèrent figés, comme si le sol venait de se dérober sous leurs pieds. Puis un léger bruit se fit entendre dans l’encadrement de la porte.
Un froissement. Un souffle. Une hésitation.
Harry II se tenait là. Petit, frêle, les cheveux noirs en bataille, les yeux d’un vert profond — les mêmes yeux que son grand‑père, les mêmes que celui dont il portait le nom. À six ans, il ne comprenait pas les mots compliqués, les décisions administratives, les enjeux politiques. Mais il comprenait une chose : sa maman pleurait. Et ça, c’était insupportable.
— Maman… tu pleures encore…
Sa voix était minuscule, presque un chuchotement, comme s’il avait peur de déranger, peur d’aggraver quelque chose qu’il ne comprenait pas. Il resta planté là, les doigts crispés sur le cadre de la porte, les épaules rentrées, comme s’il essayait de se faire tout petit.
Lily se retourna brusquement. Son cœur se serra si fort qu’elle crut qu’il allait se déchirer.
— Harry… mon chéri…
Il s’avança d’un pas, puis s’arrêta, hésitant. Ses yeux — ces yeux qui ressemblaient tant à ceux de Harry Potter — étaient pleins d’inquiétude.
— C’est… c’est à cause de l’école ? demanda-t-il, la lèvre tremblante.
— Harry…
— On… on pourra plus y aller ?
Le silence qui suivit fut terrible. Ginny porta une main à sa bouche. Albus détourna le regard. Alice sentit son cœur se serrer. Alexis s’approcha, posa une main rassurante sur l’épaule de son fils.
— Personne ne t’empêchera d’aller à Poudlard, dit-il doucement. Personne.
Harry II cligna des yeux, comme s’il essayait de comprendre quelque chose de trop grand pour lui.
— Mais… la dame… elle a dit que…
— La directrice a tort, coupa Alexis, plus ferme. Et je ne laisserai personne décider de ton avenir.
Le petit garçon hocha la tête, mais son regard restait inquiet. Il s’approcha enfin de sa mère, lentement, comme s’il craignait qu’elle se brise en morceaux. Puis il se jeta dans ses bras.
Lily l’enlaça aussitôt, le serra contre elle comme si elle avait peur qu’on le lui arrache.
— Je suis là, murmura-t-elle. Je suis là, mon amour.
Harry II enfouit son visage dans son cou.
— J’ai eu peur, maman…
— Moi aussi, répondit-elle dans un souffle. Mais on va se battre. Ensemble.
Ginny observa la scène, le cœur serré. Il avait les yeux de son grand‑père. Et la même façon de protéger ceux qu’il aimait. Quand Lily parvint enfin à relâcher son fils, elle releva la tête vers les autres.
— Je… je ne voulais pas que les enfants entendent ça…
— Ils ont le droit de savoir, dit Ginny doucement. Et ils ont le droit d’être protégés.
Albus prit une inspiration lente.
— Sophia outrepasse totalement ses droits. Même une directrice ne peut pas désinscrire des enfants pour des raisons personnelles. C’est contraire à toutes les lois éducatives.
Alice hocha la tête.
— Et Harry II… il n’a que six ans. Il ne comprend pas tout, mais il sent que quelque chose ne va pas. On ne peut pas le laisser vivre avec cette peur.
Alexis serra les poings.
— Je vais convoquer le conseil d’administration. Officiellement. Ils devront justifier cette décision. Et je veux voir leurs réactions. Une par une.
Albus acquiesça.
— Certains soutiennent Scorpius… mais ça ne veut pas dire qu’ils soutiennent Sophia. On ne sait pas encore qui tire les ficelles.
Ginny posa une main sur la table, comme pour ancrer tout le monde dans le réel.
— Ce que Sophia a fait… ce n’est pas normal. Ce n’est pas rationnel. Ce n’est pas légal. Et ce n’est pas elle. Pas la Sophia que je connais. Pas celle qui a sauvé Nolan, Naomi et Liliana. Pas celle qui a dirigé cette école pendant des années sans jamais commettre une injustice pareille.
Elle inspira.
— Quelque chose cloche. Et on doit comprendre quoi.
Lily murmura :
— Vous pensez que… quelqu'un la manipule ?
Personne ne répondit. Mais personne ne dit non. Ginny se redressa, droite, solide.
— Ce soir, on encaisse. Demain… on riposte.
Et dans le silence qui suivit, quelque chose changea dans l’air. Quelque chose de lourd. Quelque chose d’inévitable.