Hermione Papadakis

Chapitre 8 : Entre colère et tendresse

3403 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 07/03/2026 00:50

Alors que l’étreinte entre les deux blondes se prolongeait, un peu à l’écart, Hermione avait repris ses esprits. Le choc passé, la colère montait.

Elle se tourna brusquement vers Harry, le regard chargé de reproches.

— Tu n’as pas pu t’en empêcher, hein ? cracha-t-elle. Il a encore fallu que tu joues au sauveur… sans penser une seconde aux conséquences.

Harry soutint son regard sans ciller.

— Jette-moi tout ce que tu veux au visage, Hermione.

Il désigna d’un mouvement de tête les deux silhouettes toujours enlacées au loin.

— Mais retourne-toi. Regarde-les. Dis-moi en les regardant que j’avais tort. Elles devaient le savoir.

— Tu n’avais pas le droit d’intervenir ! hurla-t-elle. C’est ma fille ! C’était ma décision !

— Et c’est aussi la sienne, Hermione ! répliqua-t-il avec force. Tu n’étais pas là pour voir à quel point elle allait mal après ton départ. Tu l’as laissée derrière toi, brisée. Alors maintenant, reprends-toi, sois la femme forte que j’ai connue… et va l’affronter, bordel !

Hermione, tremblante, sauta sur lui, hors d’elle, prête à lui administrer une raclée qu’elle retenait depuis longtemps.

— Les gars… du calme, intervint Ron, la voix un peu hésitante, les mains levées à mi-hauteur, comme s’il ne savait pas s’il devait désarmer une bagarre ou aller chercher du pop-corn.

Mais les étreintes, là-bas, avaient cessé.

C’est la plus âgée des deux blondes qui prit la parole, son accent français encore teinté d’émotion.

— Viens avec moi, avant qu’Hermione ne tue Harry, dit-elle en attrapant la main de Sophie, qu’elle serra comme si elle ne comptait plus jamais la lâcher.

Et elle se mit à courir, entraînant sa fille avec elle.

— Hermione, lâche Harry tout de suite ou je vais devoir t’arrêter pour agression sur agent du ministère ! lança la française d’une voix forte.

L’effet fut immédiat.

Les deux anciens Gryffondor cessèrent leur empoignade aussi net qu’à l’époque où McGonagall les prenait sur le fait.

Hermione, décoiffée et hors d’haleine, recula à contrecœur.

Harry, un peu sonné, se releva en s’époussetant.

Sophie, elle, avait du mal à retenir un rire en voyant sa mère se faire gronder comme une gamine de cinq ans.

Une fois tout le monde debout, Fleur reprit la parole, d’un ton faussement sévère.

— Harry, pour un Auror confirmé, tu me déçois. Tu t’es laissé mettre une sacrée raclée…

Elle désigna l’œil droit d’Harry, qui commençait à prendre une jolie teinte violette.

— Je l’ai laissée faire, répondit-il avec un soupir. J’ai dépassé les bornes en te faisant venir ici, Fleur.

Il tourna la tête vers Hermione.

— Mais je ne regrette pas de l’avoir fait.

Hermione serra les poings, prête à lui bondir dessus une nouvelle fois, mais cette fois, Viktor l’attrapa par les épaules et la retint.

— Hermione, non.

Sa voix était calme mais ferme.

— Pas devant ta fille.

— Fleur… Tu t’appelles Fleur ?

Sophie venait de réagir aux propos d’Harry.

Dans toute cette agitation, elles n’avaient même pas eu le temps d’échanger un mot.

La femme blonde tourna vers elle un regard embué d’émotion.

— Oui… Désolée. On n’a même pas eu le temps de se présenter correctement.

Sophie sourit timidement.

— Je m'appelle Sophie.

Un silence doux flotta entre elles, comme suspendu hors du temps.

— Un très joli prénom, répondit Fleur en posant une main sur sa joue. Sophie… Je suis Fleur Delacour. Ministre de la Magie française.

Elle hésita un instant, puis ajouta dans un souffle :

— Mais tu peux m’appeler… maman.

Sophie, les larmes aux yeux, ne répondit pas.

Elle fit un pas en avant, et se jeta dans ses bras.

Une étreinte pure, apaisée, réparatrice.

Puis elle se tourna vers Harry et le serra à son tour, avec une énergie presque joyeuse.

— Oncle Harry… merci. Grâce à toi, je vais avoir mes deux parents avec moi, le jour de mon mariage.

Harry, un peu bouleversé, lui rendit son étreinte avec un sourire ému.

— Tu n’imagines pas à quel point ça compte aussi pour nous.

— Quel mariage ?!

La voix de Fleur s’éleva un peu trop fort, claquant dans l’air comme un sortilège mal contenu.

Sophie, sans perdre son calme, attrapa la main de Niko, qui semblait à deux doigts de disparaître sous terre.

— Le nôtre, maman.

Le silence fut presque comique.

— B-Bonjour, madame, bafouilla Niko, le regard fuyant, la voix étranglée.

Il semblait hésiter entre fuir… ou s’évanouir.

— Hermione… !!!!! rugit Fleur, les mains sur les hanches, ses yeux lançant presque des éclairs.

Hermione leva les yeux au ciel.

— Les gars, rentrez tous à l’intérieur, soupira-t-elle. Je vais m’occuper de cette Vélane en furie.

— Je reste, déclara fermement Sophie.

Voyant le regard noir que lui lançait sa mère, elle soutint son regard sans faiblir.

— Et c’est non négociable.

Fleur ouvrit la bouche pour répondre… mais la détermination dans les yeux de sa fille la fit reculer d’un pas.

Hermione, elle, avait les bras croisés, prête pour l’orage.

Ron murmura à Harry en s’éloignant :

— On devrait peut-être lancer un sort de protection autour du jardin…

Harry répondit sans quitter le trio du regard :

— Ou juste courir. Très loin.

Et c’est exactement ce que les quatre hommes firent, sans demander leur reste.

Mieux valait laisser les femmes régler leurs affaires.

— Hermione, explique-moi comment tu as pu accepter une chose pareille ?! s’exclama Fleur, les bras agités. Elle est encore une enfant !

Hermione croisa les bras, le regard dur.

— Tu veux qu’on parle d’âge, Fleur ? Sérieusement ? Tu veux que je te rappelle qu’à son âge, tu m’as mise enceinte ?!

Fleur blêmit.

— Je ne le savais pas, répliqua-t-elle, la voix tremblante. Tu t’es enfuie comme une lâche !

— Tu étais mariée, Fleur ! hurla Hermione, la gorge serrée. Tu m’as dit que tu m’aimais… et après tu t’es mariée avec lui, bordel !!

— C’était un mariage blanc ! cria Fleur à son tour. Tu as disparu avant que je puisse t’expliquer ! Je n’ai jamais cessé de t’aimer, Hermione ! Jamais ! Je pensais que tu l’avais compris, cette nuit-là, à la Chaumière…

Hermione détourna le regard, blessée.

— Cette nuit n’aurait jamais dû avoir lieu…

Le silence s’abattit soudain, lourd, plein d’émotions retenues.

Fleur sembla se calmer.

Elle s’approcha doucement, et prit la main d’Hermione, ses yeux brillants.

— Cette nuit… a été la plus belle de ma vie, dit-elle d’une voix douce. Et je ne regrette rien. Surtout maintenant que j’ai découvert notre fille.

Sophie, restée là, silencieuse, n’en croyait pas ses oreilles.

— Maintenant, je veux connaître toute l’histoire, déclara Sophie d’un ton ferme, croisant les bras.

Puis, avec un sourire mi-exaspéré, mi-affamé :

— Mais là, il est tard… et je meurs de faim. Les mamans, insista-t-elle avec une lueur de malice dans les yeux, je compte sur vous pour être civilisées pendant le dîner.

Sans leur laisser le temps de répondre, elle tourna les talons et prit le chemin de la ferme, laissant derrière elle un silence tendu… mais apaisé.

Fleur suivit des yeux sa fille, une main posée sur sa hanche.

— Elle a du caractère… Une vraie Vélane dans l’âme, souffla-t-elle, à la fois fière et amusée.

Hermione se racla doucement la gorge, visiblement encore remuée.

— Fleur… À propos de ça…

Fleur l’interrompit sans agressivité, son regard s’assombrissant à peine.

— Je sais. Je l’ai senti dès que je l’ai vue. Et pour être honnête… tu devrais avoir honte de l’avoir privée de sa magie.

Elle marqua une pause.

— Mais je te laisserai l’occasion de te justifier. Juste… pas ce soir.

Hermione, surprise, releva la tête.

Fleur la regardait droit dans les yeux. Et dans ses iris clairs, il y avait autant de douleur que d’amour.

— Parce que crois-le ou non, Hermione…

Elle effleura doucement le dos de sa main d’un geste tendre, presque nostalgique.

— En ce moment, je te déteste… autant que je t’aime.

Hermione ferma les yeux un instant, comme si ce simple contact réveillait une tempête enfouie depuis trop longtemps.

Puis, au loin, la voix de Sophie résonna dans la nuit :

— Vous venez ?

Les deux femmes échangèrent un dernier regard.

Puis, sans un mot, elles se mirent en marche… vers leur fille.

Vers un dîner.

Et peut-être… vers un nouveau départ.

Le dîner, préparé avec soin par Hermione et Sophie, était un véritable festin de spécialités grecques : moussaka fumante, feuilles de vigne farcies, salades colorées, spanakopita dorée, sans oublier les baklavas maison que Naya avait sournoisement repérés avant même qu’ils soient servis.

Le repas se déroula dans la cour illuminée par de petites lanternes, suspendues entre les oliviers et les poutres de bois.

La mer en contrebas diffusait un calme paisible, et la chaleur de la journée avait laissé place à une douce brise.

La tablée était animée, mais calme dans le fond — comme si tout le monde sentait, instinctivement, qu’il fallait laisser de la place à ce moment unique.

Les amies de Sophie, ses fidèles demoiselles d'honneur, s’étaient jointes au repas, toutes aussi curieuses qu’enthousiastes de rencontrer les « parents mystérieux » de la mariée.

Elles posèrent mille questions à Fleur, qui y répondit avec grâce et humour. Mais c’est surtout le récit du Tournoi des Trois Sorciers qui captiva tout le monde.

Sophie écoutait avec fascination les souvenirs de sa mère adolescente, championne brillante et intrépide.

— Tu étais… incroyable, souffla-t-elle, les yeux brillants.

— Et aussi très têtue, répliqua Hermione avec un sourire en coin. Mais ça… je crois que tu l’as hérité d’elle.

Les rires fusèrent.

Mais au-delà des mots, Sophie observait.

Elle voyait les regards échangés entre ses deux mères : subtils, discrets… mais chargés d’histoire.

Une complicité toujours là, enfouie mais intacte, malgré les années, malgré la distance, malgré les blessures.

Quelque chose de profond. D’inavoué.

Mais d’évident.

Et pour la première fois depuis longtemps, Sophie se sentit entière.

Lorsque vint l’heure du coucher, chacun gagna ses quartiers :

Harry, Ron et Viktor remontèrent vers leur grenier aménagé, Niko retourna passer la nuit chez ses parents, et les trois nymphes, toujours pleines d’énergie malgré la journée, regagnèrent leur chambre en riant.

Fleur, debout sur le pas de la porte, se tourna vers Hermione.

— Je vais retourner sur le continent et revenir demain matin, proposa-t-elle.

— À cette heure-ci ? répliqua Hermione, les bras croisés. Ne sois pas ridicule. Il est bien trop tard.

Elle hésita une seconde, puis ajouta :

— Prends ma chambre. Je dormirai avec Sophie.

Fleur secoua doucement la tête.

— Non, c’est bon. Je ne veux pas déranger. Le canapé fera l’affaire.

Hermione haussa un sourcil.

— Tu penses vraiment que je vais faire dormir un important diplomate sur mon vieux canapé qui grince à chaque mouvement ?

Fleur répondit avec un sourire doux, presque timide :

— Ici, je ne suis pas le ministre Delacour. Je suis juste… Fleur. Et Fleur te demande de garder ta chambre.

Avant qu’Hermione puisse répliquer, Sophie apparut à l’entrée, les bras croisés et un sourire en coin aux lèvres.

— Vous me faites de la peine, toutes les deux. Pourquoi ne pas simplement partager la chambre ? Ce n’est pas comme si vous ne l’aviez jamais fait…

Elle haussa un sourcil.

— Sinon, je ne serais pas là, je vous rappelle.

Les deux femmes rougirent violemment, évitant soigneusement de se regarder.

— Sophie… commença Hermione, l’air embarrassé.

— C’est compliqué, reprit Fleur en soupirant. Ta mère et moi… on n’a pas encore eu le temps de mettre les choses à plat.

Sophie leur jeta un regard plein de bon sens, presque maternel.

— Raison de plus pour le faire. Profitez d’être seules dans une chambre, au calme.

Elle leur adressa un petit sourire.

— On dit que la nuit porte conseil, non ? Alors… laissez-la faire son travail.

Elle s’approcha et embrassa chacune d’elles sur la joue avec tendresse.

— Bonne nuit, les mamans. Et s’il vous plaît…

Elle leur lança un clin d’œil espiègle.

— Essayez de ne pas vous entretuer cette nuit.

Et, avec une grâce naturelle, elle disparut dans les escaliers, les laissant seules dans le silence doux de la maison endormie.

— Je continue à penser que j’aurais dû dormir sur le canapé, grogna Fleur en sortant un pyjama soyeux de son sac à main enchanté. C’était une mauvaise idée.

— Sophie a raison, répondit Hermione, calme mais ferme. Nous devons parler. Et le calme de cette chambre est idéal pour ça.

Elle désigna la porte attenante.

— La salle de bain est juste là, si tu veux un peu d’intimité pour te changer.

Fleur hocha la tête sans répondre et disparut quelques minutes.

Quand elle revint, vêtue de sa tenue de nuit, Hermione s’était déjà changée.

Le silence qui s’installa alors était différent de tous ceux qu’elles avaient connus auparavant.

Plus tendu. Plus chargé.

Hermione tapota doucement le lit, indiquant à Fleur de la rejoindre.

— Viens.

Fleur s’assit lentement, s’installa à ses côtés, et plongea ses yeux clairs dans ceux d’Hermione.

— Je te déteste, dit-elle d’une voix douce mais vibrante. Tu m’as brisée.

Elle inspira, les mâchoires serrées.

— Pendant des semaines, j’ai fouillé le monde entier pour te retrouver. Ma mère, ma grand-mère… elles ont mobilisé les Vélanes de tous les continents. On a tout tenté.

Hermione ne répondit pas. Le poids de la culpabilité s’abattait sur elle, sans qu’aucun mot ne puisse l’alléger.

— Mais tu n’étais nulle part, reprit Fleur dans un souffle. Tu m’as échappée comme de l’eau entre les doigts.

Elle leva doucement la main et effleura la joue d’Hermione avec une tendresse bouleversante.

— Et malgré la peine, malgré les années… je n’ai jamais cessé d’espérer.

Je devrais te gifler pour m’avoir caché Sophie…

Elle s’interrompit, la voix brisée.

— Mais là, tout de suite… j’ai juste une envie folle de t’embrasser.

Hermione ferma les yeux une seconde. Elle semblait lutter contre sa propre respiration.

— Ce serait une erreur. Pas maintenant.

Elle rouvrit les yeux, brillants.

— Même si… moi aussi, j’en ai envie.

Un long silence s’installa.

Puis Hermione reprit :

— Tu m’as blessée aussi, Fleur. Quand tu t’es mariée avec Bill… même si je sais aujourd’hui que c’était un mariage blanc, la douleur… elle est encore là. C’était comme une trahison. Comme si tu avais effacé ce qu’on avait vécu depuis la fin du tournoi …

Fleur baissa légèrement la tête.

— Je n’ai jamais rien effacé. C’est cette nuit-là que j’ai compris que je t’aimais vraiment. Que je voulais passer ma vie à tes côtés.

Hermione déglutit difficilement, le cœur battant trop fort.

— Alors parle-moi. Vraiment. Dis-moi pourquoi tu as accepté ce mariage. Pourquoi tu ne m’as rien dit. 

Hermione passa une grande partie de la nuit à écouter, simplement, sans interrompre,sans juger.

Juste… écouter Fleur lui raconter tout.

Sa peur d’être renvoyée en France.

L’idée folle de Bill.

Le mariage blanc organisé dans l’urgence.

Le silence imposé, de peur que le Ministère n’apprenne leur relation.

— Quand je t’ai vue, blessée, étendue sur la plage, murmura Fleur, la voix tremblante, j’ai cru que mon cœur s’arrêtait. Je me suis dit : c’est fini. Je vais la perdre… sans jamais avoir pu lui dire la vérité.

Elle inspira profondément, les yeux embués.

— Alors je t’ai veillée, jour et nuit, pendant des semaines. Et la veille de ton départ pour Gringotts… je voulais tout te dire. Mais j’en ai été incapable. Ce moment-là était si… beau. Si fragile. Alors j’ai laissé parler mon cœur. Ma nature vélane a pris le dessus.

Hermione ne bronchait pas, suspendue à ses mots.

— Quand tu ne m’as pas repoussée après le baiser, j’ai perdu pied. J’ai voulu croire que, pour une nuit, nous pouvions oublier la guerre. J’ai voulu que cette nuit soit la nôtre… rien qu’à nous.

Un silence.

Hermione finit par répondre, la voix posée, plus douce qu’elle ne l’aurait cru possible :

— Et même si j’ai dit plus tôt que j’aurais préféré que cette nuit n’ait jamais eu lieu… je ne regrette rien, Fleur.

Elle la regarda droit dans les yeux.

— Tu as fait de cette nuit un souvenir précieux. Tu m’as offert un moment de paix au milieu du chaos. Et surtout… tu m’as donné une fille merveilleuse.

Fleur ferma brièvement les yeux, touchée.

Hermione baissa légèrement la tête.

— Tu sais… j’ai tellement regretté de te l’avoir cachée. Mais j’étais jeune. J’ai paniqué. Dans mon esprit, ma fille était une… une bâtarde, née d’une relation extraconjugale. J’avais honte, même si je ne devrais pas.

Fleur se redressa légèrement, la colère douce dans la voix.

— Ne dis plus jamais ce mot. Pas en parlant d’elle. Notre fille… est le fruit d’une belle histoire d’amour. Et si tu me le permets, j’aimerais qu’elle porte mon nom. Même si… c’est dix-huit ans trop tard.

Hermione sourit faiblement.

— Elle est majeure, Fleur. Tu devras lui demander toi-même si elle l’accepte.

Fleur hocha la tête, respectueusement.

Hermione s’étira lentement, épuisée.

— Maintenant, dodo. Je meurs de fatigue… et demain, c’est la dernière journée avant le mariage. J’ai encore une tonne de choses à préparer.

— Je continue à dire que c’est une connerie de se marier à cet âge-là, lança Fleur en soupirant. Ils sont jeunes. Ils devraient parcourir le monde, se perdre un peu avant de se promettre l’éternité.

— Je sais… répondit Hermione en haussant légèrement les épaules. Mais comme toi, Sophie est têtue. Alors j’ai abandonné l’idée de lui faire changer d’avis.

Fleur se tourna vers elle dans l’obscurité, un sourire amusé dans la voix :

— Granger, tu es encore plus têtue que moi. Sinon tu ne serais pas restée cachée pendant aussi longtemps.

Hermione grogna doucement et se tourna sur le côté, dos à Fleur.

— Bonne nuit, Fleur.

Et, d’un geste brusque, elle éteignit la lumière.

Le silence reprit sa place, épais mais pas hostile. Une pause. Une respiration.

Puis, dans un souffle presque timide, la voix de Fleur s’éleva à nouveau :

— Hermione… puis-je au moins… te tenir dans mes bras ?

Hermione ne répondit pas. Mais lentement, sans un mot, elle chercha la main de Fleur dans l’obscurité, l’attrapa, puis la guida doucement… jusqu’à son ventre.

Fleur comprit. Elle comprit ce qu’aurait pu être cette main-là, il y a dix-huit ans. Ce qui leur avait été volé.

Hermione, les yeux fermés, laissa une larme glisser sur sa joue, silencieuse.

Et dans cette nuit pleine de souvenirs, c’est à cette image qu’elle s’endormit : La chaleur d’une main oubliée, posée là où autrefois, grandissait leur fille.



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