Hermione Papadakis

Chapitre 7 : Réunion de famille

3770 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 21/02/2026 00:09

Pendant qu'Harry jouait littéralement avec le feu dans le sous-sol de Sofia, Ron et Viktor faisaient connaissance avec Niko, le futur marié. Le jeune sorcier, fraîchement arrivé à la ferme, n'avait pas caché son enthousiasme en reconnaissant Viktor Krum.

- Vous êtes Viktor Krum ? Le vrai ? Le gardien légendaire de l'équipe de Bulgarie ?!

- Poursuiveur, corrigea Viktor avec un sourire en coin. Mais oui, le vrai.

- C'est un honneur... vraiment. J'ai grandi en regardant tes matchs ! Au fait je suis Niko le futur marié.

Malheureusement pour Niko, l'ambiance se refroidit rapidement.

Après quelques échanges polis, Ron et Viktor échangèrent un regard entendu, puis adoptèrent subitement une posture bien plus sérieuse.

- Écoute, gamin, commença Ron, les bras croisés. On veut être clairs. Sophie compte énormément pour nous. Elle est intelligente, brillante, et elle a traversé bien plus de choses que tu ne pourrais imaginer.

- Elle mérite qu'on prenne soin d'elle, ajouta Viktor d'une voix grave, son accent accentuant encore l'autorité dans son ton. Pas qu'on lui brise le cœur. Sinon...

Il fit apparaître une batte de Quidditch, et la souleva nonchalamment.

- Disons simplement que je n'ai jamais testé son efficacité sur une tête humaine. Et je suis curieux de voir ce que ça donne.

Niko blêmit.

- Je... je l'aime vraiment, vous savez. Je ne ferais jamais rien pour lui faire du mal ! Je suis sérieux, vraiment !

- On l'espère pour toi, conclut Ron en hochant lentement la tête.

Visiblement secoué, Niko balbutia un dernier merci avant de s'éclipser rapidement, la queue entre les jambes.

Dès qu'il eut tourné le coin du bâtiment, Ron et Viktor éclatèrent de rire.

- Vik, t'y es allé un peu fort, souffla Ron entre deux éclats. "Tester l'efficacité de ta batte" ? Sérieusement ?

- Quoi ? rétorqua Viktor, faussement offusqué. Tu trouves pas que c'était bien trouvé ?

Il haussa les épaules.

- On n'est peut-être pas son père, mais Sophie a l'air d'être une fille bien. Je veux pas qu'elle souffre à cause d'un crétin qui joue au romantique.

- Ouais, approuva Ron, le sourire toujours aux lèvres. C'est une chouette gamine. Tu sais quoi ? On devrait être comme... des parrains. Veilleurs officiels. Hermione, c'est comme de la famille pour moi, alors ça me semble logique.

Il s'arrêta soudain, une expression d'horreur amusée traversant son visage.

- Oh Merlin... ma famille. Ils vont halluciner quand je vais leur dire. Genre, totalement péter un câble.

Viktor ricana doucement.

- Tu penses qu'ils vont survivre à la nouvelle ?

- Avec les Weasley ? répondit Ron. Il y aura des cris, des larmes... et probablement une blague douteuse de George. Mais au fond, ils vont adorer.

Le duo Viktor-Ron, toujours hilare, reprit sa route en direction de la maison principale, bien décidés à retrouver Hermione.

Pendant ce temps, dans la chambre de Sophie, l'atmosphère était bien moins légère.

Hermione se tenait debout, les bras croisés, le regard fixe et sévère posé sur sa fille, qui, assise sur son lit, évitait soigneusement ses yeux.

- Sophie... qu'est-ce qui t'a pris de faire ça ?

- Maman, je ne suis plus une enfant, répliqua la jeune femme, la voix tremblante d'un mélange de colère et de honte. J'ai besoin de savoir d'où je viens. Tu me caches tellement de choses... À force, je vais finir par croire que mon père, c'est Voldemort lui-même.

- Ne dis pas de bêtises ! s'agaça Hermione, avant de soupirer longuement. Bon. Montre-moi ce fameux journal, qu'on voit ce qui a déclenché tout ce chaos.

Sophie fouilla dans le tiroir de sa table de nuit et en sortit un petit carnet en cuir vieilli. Elle le tendit à sa mère avec un air penaud.

Hermione l'examina un instant... puis se mit soudain à rire.

Sophie la regarda, surprise.

- Quoi ?

- Ma fille, ce journal est un an plus vieux que ta conception.

- Quoi ?! s'étrangla Sophie. Mais... merde. J'ai vraiment tout fait de travers.

Elle s'effondra sur son lit, le visage dans les mains.

- Je voulais juste comprendre, tu sais... Je ne comprends pas pourquoi ce journal s'arrête net. Pourquoi il est resté là, comme suspendu dans le temps.

Hermione s'assit lentement près d'elle.

Elle hésita, puis posa une main sur l'épaule de sa fille.

- Je ne vais pas te dire qui est ton autre parent. Pas encore. Mais je vais te raconter une partie de ma vie... une partie qu'on a effacée volontairement des livres d'Histoire. Que j'ai fait effacer, pour être honnête.

Sophie leva les yeux, intriguée.

Hermione inspira profondément. Ses traits se durcirent légèrement, comme si elle rassemblait du courage.

- J'ai participé à la chasse aux Horcruxes. C'est comme ça qu'on appelait les fragments d'âme de Voldemort. Avec Ron et Harry, on a fui, on a combattu, on a risqué nos vies plus de fois que je ne peux les compter.

Sa voix s'était faite plus grave, plus lointaine.

- La chute de Voldemort, la bataille de Poudlard... tout ça, je l'ai vécu. J'étais au cœur de tout. On m'a appelée "la sorcière la plus brillante de sa génération". Mais personne ne sait combien j'ai saigné pour mériter ce titre. Et ce que j'ai perdu en échange.

Sophie ne disait plus rien. Elle observait sa mère comme si elle la découvrait pour la première fois.

- Tu veux savoir d'où tu viens ? reprit Hermione. Alors commence par là. Par comprendre la guerre. Ce qu'elle a coûté. Et ce qu'elle m'a coûté.

Sophie releva lentement la tête, les yeux brillants d'émotion.

- Mais... personne ne parle de toi. On parle toujours d'Harry, du Survivant, et de Ron, son bras droit. Pourquoi tu t'es effacée de l'Histoire ? Je ne comprends pas... Tu es une héroïne, maman.

Hermione esquissa un sourire triste, presque amer.

- Le jour où j'ai quitté l'Angleterre, j'ai laissé des instructions très précises à Harry, et à mon ancienne directrice, Minerva McGonagall. J'ai exigé qu'on efface mon nom autant que possible. Et j'ai été soulagée qu'ils respectent ma décision.

Sophie fronça les sourcils.

- Mais pourquoi ?

Hermione détourna un instant le regard, fixant un point invisible sur le sol.

- Je n'ai jamais voulu la gloire ou les honneurs. J'ai fait ce que je pensais être juste. Ce que n'importe qui d'un peu humain aurait dû faire. J'ai voulu rendre le monde meilleur... sans savoir que je perdrais tout ce que j'aimais au passage.

Elle marqua une pause, puis ajouta, la voix plus faible :

- Assister à la mort de mes parents m'a détruite. Il y a quelque chose qui s'est brisé en moi ce jour-là. Définitivement. Et une fois la guerre terminée... une fois Voldemort tombé... le monde magique ne m'apportait plus aucune joie. Il n'était plus qu'un champ de ruines peuplé de souvenirs douloureux.

Sophie s'assit au bord du lit, l'air ébranlée.

- J'essaie de comprendre, mais... c'est tellement dur à croire. Toute ma vie, tu m'as semblé si calme, si posée, presque ordinaire. Et maintenant, j'apprends que ma mère a participé à la chute du sorcier le plus dangereux de tous les temps.

Elle souffla, secouant la tête.

- Je savais que tu avais le même âge qu'Harry Potter, et je m'étais déjà demandé si tu l'avais connu... mais là... tu étais comme une sœur pour lui ?! C'est hallucinant.

Hermione laissa échapper un rire discret.

- Oui. On a vécu des choses que peu peuvent comprendre. Il est comme un frère. Ron aussi. On a traversé l'enfer ensemble. On a grandi ensemble, à coups de sorts, de fuites, de peur... et d'espoir aussi, parfois. Mais après la guerre, on n'était plus les mêmes. Moi, je n'arrivais plus à respirer dans ce monde-là. Alors je suis partie. Maintenant... pour ce qui est de ton père...

Hermione inspira profondément.

- Je t'en prie, ne me pose plus de questions.

Sophie la fixa longuement, puis secoua doucement la tête.

- Je ne peux pas te le promettre, maman.

Elle marqua une pause, le regard déterminé.

- Je ne suis plus une petite fille. Et j'ai bien compris ce que tu m'as caché toutes ces années. Ce collier... c'est un bloqueur, pas vrai ? Parce que j'ai de la magie Vélane.

Hermione blêmit.

- Comment... ?

- Mes meilleures amies sont des nymphes, tu te souviens ? répondit Sophie avec douceur. Tu as oublié que leurs dons leur permettent de percevoir les auras magiques ? Elles ont senti quelque chose... quelque chose de rare, d'ancien, de féminin. C'est comme ça que j'ai su.

Hermione déglutit difficilement, ses épaules se contractant sous le poids de la vérité.

- Depuis combien de temps tu sais ?

- Depuis un bon moment. J'espérais que tu me parlerais. Que le moment viendrait de lui-même. Mais il n'est jamais venu...

Hermione détourna le regard. Honte, regret, douleur - tout se lisait sur ses traits.

- Et... qu'est-ce que tu sais des Vélanes ? demanda-t-elle enfin, d'une voix rauque. Tu es ma fille. Je suppose que tu as fait des recherches...

Sophie hocha la tête.

- Pas grand-chose, en réalité. Juste que leur pouvoir ne se transmet que chez les femmes. Toujours. Et...

Elle hésita, puis ajouta :

- C'est pour ça que tu ne veux pas me dire qui est mon autre parent, n'est-ce pas ? Parce que c'est une personne considérée comme une "créature magique". Tu ne voulais pas que les autres me voient comme un monstre.

Hermione ferma brièvement les yeux. Une larme glissa le long de sa joue.

- En partie... oui.

Elle se redressa légèrement, la gorge nouée.

- Tu ne peux pas imaginer ce que les Vélanes ont subi, surtout avant la guerre. Elles ont été fichées, surveillées, parfois interdites de certains métiers. On les regardait avec crainte ou convoitise. Jamais avec respect. Je ne voulais pas que tu grandisses dans ce monde-là. Je voulais que tu sois libre, Sophie. Totalement libre.

Sophie se leva lentement et s'approcha de sa mère. Sans un mot, elle la prit dans ses bras et la serra fort.

- Ne pleure pas, maman. D'accord ? murmura-t-elle à son oreille. Je n'aurai peut-être pas mon père pour m'accompagner jusqu'à l'autel... mais j'aurai la meilleure mère du monde.

Hermione esquissa un sourire timide, essuyant sa joue du revers de la main.

- Tu sais... tu me ressembles plus que tu ne le crois.

- Je n'en doute pas une seconde.

Elles restèrent enlacées quelques instants encore, jusqu'à ce que Sophie recule légèrement pour reprendre :

- Mais je veux te demander une chose, maman. Une seule.

Son regard brillait d'un feu nouveau.

- Retrouve ta place. Dans les livres. Dans l'Histoire. Vingt ans de silence, c'est trop. Moi, je veux pouvoir crier au monde que je suis fière d'être ta fille.

Hermione secoua doucement la tête.

- Je ne sais pas, Soph. Si je réapparais... les gens poseront des questions. Ils voudront savoir d'où tu viens, comment tu es née. Et je ne suis pas encore prête pour ça. Promets-moi, pour l'instant... de ne le dire qu'à tes amies.

Sophie sourit en coin.

- Je garderai mon enthousiasme pour moi... mais quand je vais dire ça à Niko, il va flipper complet.

Hermione éclata de rire, pour la première fois depuis longtemps. Un vrai rire.

Et, pour une seconde, tout sembla plus léger.

En parlant du principal concerné, Niko surgit dans la chambre comme un véritable ouragan, l'air aussi excité que confus.

- Oups ! Je savais pas que vous étiez en pleine discussion...

- Mon amour ! s'exclama Sophie en lui sautant au cou. Elle recula un peu pour l'observer. Tu vas bien ? T'as l'air tendu.

- Je viens tout juste de me faire sermonner par rien de moins que Ronald Weasley et Viktor Krum, tu te rends compte ?! Il se passa une main dans les cheveux, encore sous le choc. Viktor. Krum.

Sophie étouffa un rire.

- N'aie pas peur, Niko. Mes amis aiment plaisanter... avec un peu de théâtralité, j'avoue.

Niko tourna lentement la tête vers Hermione... puis vers Sophie... puis de nouveau vers Hermione, les yeux ronds.

- Vos... vos amis ? Attendez... belle-maman, vous voulez dire que... ce sont VOS amis ?

Hermione leva un sourcil amusé.

- Déjà, pas de "belle-maman". Je suis pas encore assez vieille pour ça.

Elle se leva en croisant les bras.

- Et oui, Ron et Viktor sont des amis d'enfance. Et pendant qu'on y est... ne panique pas, mais Harry Potter doit aussi traîner quelque part dans les parages.

Niko cligna des yeux.

- C'est... une blague, hein ? Harry Potter ? Le Harry Potter ?

Sophie se plaça devant lui, posant ses mains sur ses joues avec douceur.

- Mon amour, regarde-moi.

Elle le força à croiser son regard.

- Harry est presque comme un oncle pour moi. Donc tu vas respirer un bon coup... et accepter que, très bientôt, on sera en quelque sorte... de sa famille.

Niko ouvrit la bouche... mais aucun son n'en sortit. Puis il murmura, d'une voix étranglée :

- Oh... par Merlin.

Hermione éclata de rire, rejointe par Sophie, tandis que Niko restait figé, à la limite de l'évanouissement magique.

Le trio ressortit tranquillement de la maison pour rejoindre le jardin où Ron et Viktor s'étaient installés autour d'une table basse, à l'ombre d'un grand figuier.

Hermione déposa un plateau garni de boissons fraîches avec un petit sourire.

- Harry n'est pas avec vous ? constata-t-elle en jetant un œil alentour.

- Il tente toujours de joindre Ginny, répondit Ron en attrapant un verre. Il ne devrait plus tarder.

Puis il tourna son regard vers Niko, l'œil pétillant.

- Alors, jeune homme... ça va mieux ?

Niko, assis sagement à côté de Sophie sur un petit canapé, se redressa aussitôt, nerveux.

- Heu... oui, oui, tout va bien ! Promis, je serai un mari respectueux pour Sophie.

Hermione roula des yeux avec amusement.

- Détends-toi, Niko. Les garçons, sérieusement... pourquoi vous lui avez flanqué la frousse du siècle ? C'était pas nécessaire.

Elle s'assit gracieusement dans un fauteuil en osier et ajouta avec douceur :

- Niko est un garçon très bien pour Sophie. J'ai eu le temps de le jauger... et de le tester.

Elle adressa un clin d'œil complice au jeune homme, qui retrouva un semblant de sourire.

Ron leva les mains en signe d'innocence.

- Hé, on voulait juste établir les bases ! Préventivement, tu vois ?

- Et puis, on l'aime bien, ce petit, ajouta Viktor avec un sourire en coin. Il s'est pas enfui. C'est bon signe.

Tout le monde éclata de rire, y compris Sophie, qui était lovée contre Niko dans le petit canapé, sa main dans la sienne.

- Ils sont mignons, lança Harry en revenant vers le groupe, un sourire aux lèvres.

- Sophie tu peux me suivre un instant s'il te plait.

Sophie leva la tête vers lui, tandis qu'Hermione lui adressait un regard interrogateur.

Mais Harry répondit aussitôt en désignant la poche de son pantalon d'un signe de tête malicieux.

Hermione plissa les yeux... puis comprit : il avait une surprise.

- Un problème ? demanda Sophie, un peu curieuse.

- Non, non, rien de grave, répondit Harry. Viens, installe-toi là un instant.

Il désigna un vieux tronc d'arbre poli par le temps, transformé en banc, un peu à l'écart du petit groupe.

Sophie s'y assit tranquillement, les sourcils haussés.

- Je voulais te dire deux choses, commença Harry en s'asseyant à côté d'elle. D'abord, j'ai un petit cadeau de mariage pour toi. Et maintenant que je sais que tu es, en quelque sorte, ma presque-nièce... j'en suis encore plus heureux.

Il sortit de sa poche une petite boîte en velours.

Sophie la prit avec précaution, l'ouvrit... et écarquilla les yeux.

À l'intérieur reposait un élégant bracelet en argent, serti de minuscules saphirs étincelants.

- C'est magnifique... souffla-t-elle. Mais tu es sûr ? C'est précieux, non ?

- C'est un héritage familial, répondit doucement Harry. Il appartenait à mon parrain, Sirius Black. Il me l'a légué il y a longtemps. Et j'aimerais qu'il te revienne.

- Mais... et tes enfants ?

Harry sourit.

- Ne t'inquiète pas. Il y a assez de reliques dans les coffres de la famille Black pour au moins dix générations. James, Albus et le futur bébé auront de quoi faire.

Sophie se pencha pour le prendre dans ses bras.

- Merci, Harry.

- Avec plaisir, murmura-t-il. Puis, baissant un peu la voix, il ajouta :

- Maintenant... ce que je vais te dire doit rester entre nous. Parce que ta mère risque de me tuer.

Sophie leva la main, le regard solennel.

- Tu as ma parole.

Harry retint un rire.

- J'ai appelé ma femme tout à l'heure. Je lui ai expliqué un peu la situation... et... elle a insisté pour venir. Et je n'ai pas eu le courage de lui dire non. Elle est plutôt... têtue.

- Pas de souci, répondit Sophie en haussant les épaules. C'est un mariage grec. S'il n' y a pas d' invités imprévus, ce n'est pas un vrai mariage.

Harry poussa un soupir de soulagement.

- Ouf. J'avais peur que tu le prennes mal.

- Pas du tout. Je ne dirai rien à maman. Elle aura la surprise. Et si j'ai bien suivi... Ginny était aussi l'une de ses amies à l'époque, non ?

- Oui, répondit Harry, un sourire doux aux lèvres. Elles étaient inséparables à l'école. Meilleures amies. Une vraie équipe...

Il marqua une pause, les yeux un peu perdus dans le passé.

- Et je crois que les retrouvailles vont être... intéressantes.

Sophie se leva, tapota doucement l'épaule d'Harry et lui fit signe de la suivre.

- Allez, viens. On devrait rejoindre les autres. Je sens que vous avez des tonnes d'histoires à partager.

Elle se tourna avec un sourire en coin.

- Ah, au fait... mon futur mari est un grand fan, donc prépare-toi : il risque de faire la groupie.

Harry éclata de rire.

- T'en fais pas, j'ai l'habitude. Et puis, Sophie... je sais que t'es un peu vieille pour ça, mais j'adorerais que tu m'appelles "Oncle Harry".

Sophie lui lança un regard malicieux, sans répondre, et se contenta de rire doucement avant de retourner s'installer à côté de Niko, toujours un peu tendu.

- Niko, je te présente Oncle Harry. Et Oncle Harry, voici mon fiancé, Niko.

Le jeune homme, pris de court, se redressa comme un ressort et se mit aussitôt à bégayer :

- M-Monsieur Potter... je veux dire... Harry... c'est un honneur, vraiment... je... enfin... wow.

Le reste du groupe éclata de rire, Viktor y compris.

- Respire, Niko, lança Ron en lui tapotant l'épaule. Il mord pas. Enfin... pas souvent.

La soirée se poursuivit dans une atmosphère joyeuse et détendue. Le vieux jardin résonnait des éclats de rire et des souvenirs d'un autre temps.

Assis autour de la table, l'ancien trio de Gryffondor se retrouvait comme à l'époque : partageant anecdotes de Poudlard, bêtises de Fred et George, escapades nocturnes dans les couloirs... Viktor, quant à lui, racontait avec fierté ses exploits de Quidditch, faisant briller les yeux de Niko à chaque mention d'un match ou d'un stade mythique.

- Et puis, il y a eu le Tournoi des Trois Sorciers, commença Viktor, un sourire nostalgique sur les lèvres. Je vous jure, j'ai cru que j'allais finir congelé lors de l'épreuve du lac. Et ce dragon, tu te souviens de la technique d'endormissement de ...

Mais il n'eut pas le temps d'en dire plus.

Un bruit d'hélices fendit soudain le silence du crépuscule, couvrant momentanément les voix.

Tous levèrent les yeux vers le ciel, intrigués.

Le souffle d'un petit hélicoptère se rapprochait, vibrant dans l'air chaud du soir. Il descendait lentement vers la clairière à quelques mètres de la ferme.

Curieux et alertés par le bruit des hélices, tous se mirent à courir vers la clairière, impatients de découvrir qui étaient les passagers de cet engin inattendu.

Mais lorsque la porte de l'hélicoptère s'ouvrit dans un souffle d'air chaud et de vent brassé, le cœur d'Harry se serra.

Une silhouette féminine se dessinait dans l'ouverture, cheveux blonds pâles, longs, légèrement ondulés, flottant dans la brise grecque.

Harry sentit sa gorge s'assécher.

À côté de lui, Ron et Viktor échangèrent un regard inquiet, jetant des coups d'œil à leur ami.

- Harry c'était ton idée ? murmura Ron.

Hermione, elle, s'était figée. Blême. Incrédule.

Elle recula d'un pas, vacillante, comme si le sol venait de disparaître sous ses pieds.

Mais ce fut la réaction de Sophie qui prit tout le monde de court.

Sans dire un mot, sans hésiter, elle se mit à courir. À toute allure. Vers la femme qui venait tout juste de poser le pied à terre, encore dos à eux, encore inconsciente de la petite foule qui l'observait.

La femme blonde tourna la tête, alertée par le bruit des pas.

Et là... elle s'arrêta net.

Juste devant elle, deux yeux azur identiques aux siens. Deux éclats de saphir. Un miroir. Une évidence.

Elle porta une main tremblante à sa bouche. Puis, sans un mot, elle éclata en sanglots. Ses jambes faillirent céder.

Sophie, d'abord stupéfaite, voulut parler mais la femme ne lui en laissa pas le temps.

Elle l'attrapa dans ses bras avec une force et une tendresse d'un autre monde. Une étreinte pleine de manque, de douleur retenue, de retrouvailles longtemps rêvées.

Et tout doucement, en enfouissant son visage contre son cou, la voix brisée de la femme murmura... en français :

Ma fille.

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