Hermione Papadakis

Chapitre 6 : Retrouvailles

3222 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 26/10/2025 12:13

L'ambiance était électrique dans le vieux grenier.

Les trois hommes, pourtant habitués aux situations tendues, hésitaient entre sourire face à la surprise de revoir leur amie d'enfance... et baisser la tête, comme à l'époque où ils se faisaient gronder par un professeur.

L'image de McGonagall, bras croisés et sourcils levés, surgit dans l'esprit d'Harry.

Et puis il y avait Sophie, pétrifiée à l'idée d'avoir provoqué cette confrontation.

Elle aurait voulu se fondre dans le plancher, disparaître sous une latte de bois ou dans une vieille malle oubliée.

Elle connaissait trop bien le caractère explosif de sa mère pour ne pas redouter ce qui allait suivre.

Pourtant, c'est elle qui osa parler la première.

— Maman ! Quoi de neuf ? Ça va ? lança-t-elle avec un sourire maladroit, feignant une décontraction qu'elle était loin de ressentir.

Hermione la fixa, incrédule.

— Dis-moi que tu plaisantes.

Elle tourna lentement la tête vers les trois hommes.

— Que font mes anciens amis dans notre grenier ?

Harry s'avança prudemment, les mains ouvertes, comme pour apaiser une créature magique imprévisible.

Son regard cherchait celui d'Hermione.

— Ta fille a cru que notre présence à son mariage te ferait plaisir, dit-il doucement.

Il avait tellement envie de la prendre dans ses bras, de retrouver leur complicité perdue, mais il savait que le moment était mal choisi.

Hermione ne répondit pas tout de suite. Elle cligna des yeux, croisant les bras, trop submergée par l'émotion pour parler.

Puis, la voix tranchante, elle lâcha :

— Sophie. Dehors. Maintenant.

Sophie tenta de résister, voulut protester... mais croisa le regard noir de sa mère.

Elle obéit en silence, la tête baissée, et quitta la pièce sans un mot.

Dès qu'elle disparut, Ron s'avança à son tour, les mains dans les poches, la voix plus douce qu'on ne l'aurait imaginé.

— Hermione... ne lui en veux pas, s'il te plaît.

Il la regardait avec une sincérité désarmante.

— Tu nous as manqué.

La colère d'Hermione retomba aussi soudainement qu'elle était montée.

Son corps semblait se vider d'un coup, épuisé de tant d'années de tension contenue.

Sans un mot, elle s'assit sur l'un des lits, le bois craquant doucement sous son poids.

Et puis, tout lâcha.

Les larmes, longtemps retenues, coulèrent sans retenue. Des larmes silencieuses, douloureuses, qui n'avaient plus rien à prouver.

— Je suis désolée... murmura-t-elle entre deux sanglots. Vous m'avez manqué... tous les trois... mais je devais partir... Je ne voyais pas d'autre solution.

Harry s'approcha sans hésiter.

Il s'agenouilla devant elle et la prit doucement dans ses bras, la serrant contre lui comme il l'avait fait tant de fois dans le passé.

Ron l'enlaça à son tour, s'asseyant de l'autre côté, formant ce trio indissociable qu'ils avaient été.

Hermione était maintenant enveloppée entre ses deux meilleurs amis, comme si le temps s'était un instant arrêté, comme si la guerre, la fuite, les silences, n'avaient jamais existé.

— On sait, Mione... murmura Harry.

— On sait, répéta Ron, la voix voilée d'émotion.

Ils restèrent ainsi quelques minutes, dans un silence plein de sens, où seuls les sanglots d'Hermione rompaient la quiétude du grenier.

Puis, peu à peu, sa respiration retrouva son rythme.

Elle essuya ses joues avec maladresse, inspira profondément, et se leva doucement.

Son regard se posa sur Viktor, resté légèrement en retrait, les bras croisés, le visage marqué d'une émotion qu'il n'exprimait jamais facilement.

Hermione s'approcha de lui, un sourire triste mais sincère aux lèvres.

— Contente de te voir aussi, Vik.

Il répondit par une étreinte silencieuse, ferme et respectueuse.

— Moi aussi, Hermione, murmura-t-il dans un souffle. Tu as disparu comme une ombre...

— C'est ce que j'étais devenue, souffla-t-elle.

Comme souvent, ce fut Ron qui détendit l'atmosphère.

— Alors, tu as une fille presque adulte ? lança-t-il avec un demi-sourire.

— Oui, répondit Hermione, adoucie. Comme tu as pu le constater... elle est mon rayon de soleil.

— Elle a l'air d'être un sacré électron libre, observa-t-il avec amusement.

— Tu n'imagines même pas... Elle me donne déjà des cheveux blancs, et je n'ai même pas quarante ans ! dit-elle en riant doucement. Et vous, des enfants ?

Harry répondit en premier :

— Deux fils. James et Albus. Huit et six ans. Et un troisième en route. Ginny espère que ce sera une fille.

— Je suis heureuse de voir que vous êtes toujours ensemble, dit Hermione avec tendresse, avant de plisser les yeux en se tournant vers Harry. Mais sérieusement, tu as vraiment appelé ton fils Albus ?

— Albus Severus, pour être exact, intervint Ron, un sourire moqueur sur les lèvres.

— Bah quoi ? se défendit Harry. C'étaient des grands hommes. Je voulais lui donner un nom fort.

Hermione éclata de rire, suivie par Ron.

— C'est un sacré poids à porter quand même, souffla-t-elle, hilare. Et toi, Ronald ?

— Je me suis marié avec Lavande, répondit Ron, plus sobrement. Et on a une petite fille, Rose.

Hermione cligna des yeux, surprise.

— Elle a fini par t'avoir, alors ? Puis, plus douce : Et... comment va-t-elle ? Après l'attaque de Greyback, j'imagine que les années suivantes ont été difficiles.

Ron hocha la tête.

— Ça n'a pas été simple. Mais elle va bien. Une nouvelle potion Tue-Loup a été mise sur le marché il y a quelques années. Elle la prend régulièrement, ça lui permet de garder le contrôle pendant la pleine lune. Et... Rose n'a pas été infectée.

Un soupir de soulagement franchit ses lèvres. On a eu de la chance.

Hermione allait répondre, mais Harry la coupa doucement :

— Tu sais qu'il y a des rumeurs... dit-il en la fixant d'un air entendu. Une potion révolutionnaire sortie de nulle part, mise au point par un apothicaire ermite, quelque part... en Méditerranée.

Hermione haussa les sourcils, faussement innocente.

— Quelle coïncidence, en effet.

Ron arqua un sourcil, intrigué, mais laissa glisser.

— Et toi, Viktor ?

Le Bulgare haussa les épaules, les bras croisés.

— Marié à mon travail, dit-il dans un soupir mi-sérieux, mi-amusé. Mes élèves sont comme mes enfants. Je n'ai pas encore trouvé de femme assez folle pour me supporter... mais maintenant que tu es de retour, peut-être que...

Hermione lui lança un regard tranchant, un sourire moqueur au coin des lèvres.

— Tu peux toujours rêver, mon beau Bulgare. J'ai tiré un trait sur l'amour depuis longtemps. Seul celui de ma fille compte.

Puis, soudain, son regard se fit plus perçant, plus direct.

— D'ailleurs, maintenant, vous allez me dire la vraie raison de votre présence ici. Parce que je ne suis pas un niffleur de six semaines.

Les trois hommes échangèrent un regard pesant.

Le silence s'éternisa une seconde de trop... et en voyant l'éclair dangereux dans les yeux d'Hermione, ce fut Ron qui craqua le premier.

— Elle pensait que l'un de nous était son père, lâcha-t-il, les épaules légèrement voûtées.

Hermione fronça les sourcils, abasourdie.

— Quoi ?

Elle recula d'un pas. Mais comment... comment a-t-elle pu penser un truc pareil ?

— Elle a trouvé l'un de tes anciens journaux, répondit Harry, à mi-voix.

Hermione ferma les yeux.

— Merde...

Ron prit une inspiration, mal à l'aise.

— Pourquoi tu ne lui as pas dit la vérité ? Qui est son père ?

Hermione détourna les yeux, le regard fuyant.

— Parce que... cette personne ne veut probablement rien savoir d'elle, dit-elle enfin. Je voulais la protéger.

Un silence lourd s'installa.

Harry lança un regard à Ron, puis à Viktor.

— Laissez-nous seuls un instant.

Sans un mot, les deux hommes acquiescèrent et quittèrent la pièce, laissant Hermione et Harry face à face, seuls au cœur du grenier.

Harry s'approcha, doucement.

— Mione... regarde-moi.

Il attendit qu'elle le fasse, puis ajouta, plus fermement :

— Et ne me mens pas. Après avoir vu Sophie... j'ai ma petite idée sur l'identité de son autre parent.

Hermione serra les mâchoires.

— Pourquoi ne pas lui dire ? Elle est presque adulte, Hermione. Elle a le droit de savoir. Crois-moi, je sais ce que ça fait de grandir sans connaître ses origines.

Hermione le fixa, les yeux brillants d'émotion.

— Harry... ton instinct d'Auror est aussi affûté que jamais.

— Comment tu sais que... ?

Elle esquissa un demi-sourire amer.

— Je me suis peut-être éloignée de vous, mais je n'ai jamais cessé de suivre ta vie. Ton parcours. Tes choix. J'ai toujours été fière de toi.

Il baissa brièvement les yeux, touché.

— Alors pourquoi, Hermione ? Pourquoi garder ce secret ?

— Parce que je croyais que c'était mieux comme ça. Le père de Sophie... doit sûrement avoir refait sa vie. Peut-être qu'il a une famille aujourd'hui. Tu imagines si Sophie débarquait un jour chez lui avec un grand sourire et un "Salut, je suis ta fille cachée" ?

Elle secoua la tête, amère.

— Ça pourrait détruire un équilibre. Je ne voulais pas imposer ça.

Harry inspira lentement.

— Il n'y a rien à ruiner, Hermione.

Son regard se fit plus intense.

— Ils ont divorcé le lendemain de la bataille.

Hermione se figea.

Un silence, lourd comme une enclume.

— Tu n'aurais pas dû me dire ça, Harry.

Elle détourna le regard, vacillante.

Puis, sans un mot de plus, elle quitta la pièce, laissant Harry seul avec ses pensées... et la conscience que la vérité ne pourrait pas être enfouie éternellement.

Harry sortit du moulin à son tour, laissant derrière lui le poids de la conversation avec Hermione.

L'air frais de la fin d'après-midi le saisit, chargé d'iode et de poussière d'oliviers. Il s'appuya contre la rambarde en bois, l'esprit agité.

Viktor et Ron l'attendaient à quelques mètres, visiblement inquiets. Ron fut le premier à briser le silence :

— Hermione avait l'air sacrément contrariée, observa-t-il, les mains dans les poches.

— Oui, souffla Harry. Je lui ai dit certaines choses que je n'aurais peut-être pas dû. Elle l'a mal pris.

Viktor croisa les bras, observant l'horizon avec calme.

— Et pour Sophie ? demanda Ron. Je l'aime bien. Elle a besoin de savoir, Harry. Elle mérite la vérité.

Harry hocha la tête, mais son regard restait fixé au loin.

— Je ne sais pas, Ron. Franchement... je crois qu'on devrait laisser Hermione gérer ça. C'est entre elle et sa fille. Ce n'est pas à nous de décider.

— Je suis d'accord, ajouta Viktor d'une voix posée. Ce n'est pas notre histoire. Pas vraiment.

Un silence s'installa entre les trois hommes.

Puis, Harry se redressa.

— Je vais faire un tour. Prendre un peu l'air... et appeler Ginny. La grossesse me stresse plus que je ne veux l'admettre.

— Vas-y, dit Ron en tapotant l'épaule de son ami. Avec Viktor, on va explorer un peu les lieux. Et si on croise Hermione... on essaiera de lui parler.

Harry leur lança un regard reconnaissant, puis s'éloigna, son téléphone déjà en main.

Le vent léger jouait dans les arbres, mais dans leur esprit, les tempêtes intérieures étaient loin d'être apaisées.

Harry rejoignit le port, espérant capter un peu de réseau. La mer s'étendait à perte de vue, paisible en surface, bien moins que son esprit.

Alors qu'il passait devant un petit banc en pierre, une voix familière l'interpella :

— Tu pars déjà ?

Il se retourna et sourit en reconnaissant Sofia, assise à l'ombre d'un figuier, les mains croisées sur sa canne.

— Non, répondit-il en levant son téléphone. Je cherche juste un peu de réseau. Je veux appeler ma femme... Elle est enceinte, et je m'inquiète.

— Ici, il n'y a pas d'antenne, répondit la vieille femme d'un ton égal. Mais viens. Dans mon sous-sol, il y a une cheminée reliée au réseau. On l'utilise pour les urgences... et je pense que tu en es une, jeune homme.

Intrigué, Harry la suivit à travers les ruelles du village. Ils entrèrent dans une petite maison fleurie, modeste, mais chaleureuse.

Sofia ouvrit une trappe en bois au fond de la pièce principale et s'engagea lentement dans un escalier de pierre, menant à un sous-sol frais et silencieux.

En chemin, la vieille Grecque lança un regard de biais à Harry.

— Tu sais qui est le père de Sophie, n'est-ce pas ?

Harry resta silencieux une seconde.

— J'ai ma petite idée, finit-il par dire. Elle ressemble beaucoup à une personne que je connais... mais j'ai du mal à croire qu'il ait pu se passer quelque chose entre eux.

Sofia s'arrêta sur la dernière marche, le regard plus sérieux.

— Suis ton instinct, jeune homme.

Elle le fixa droit dans les yeux. Et rends-moi un service... Si tu sais qui c'est, dis-lui de venir ici. Vite.

— Si je fais ça, Hermione va me tuer, marmonna Harry.

Sofia eut un petit rire grave.

— Peut-être. Mais elle en a besoin. Elle ne le dira jamais, mais je le sais. J'ai veillé sur elle presque vingt ans. Et elle n'a jamais vraiment tourné la page.

Elle marqua une pause, baissant la voix.

— Elle lui écrit. Chaque jour. Dans un vieux journal qu'elle garde sur sa table de nuit. Je l'ai surprise plusieurs fois, le regard ailleurs... Les yeux pleins de souvenirs. J'ai essayé de la faire parler, mais cette fille est plus têtue qu'un troupeau de grapcorne.

Harry sourit malgré lui.

— Oui... c'est bien Hermione.

Ils arrivèrent enfin devant une cheminée de pierre au fond de la pièce. Sofia déposa une poignée de poudre sur l'âtre.

— Vas-y. Appelle ta femme. Et ensuite... fais ce que ton cœur te dit. Le reste suivra.

Harry s'agenouilla devant la cheminée et attrapa une poignée de poudre de chemin soigneusement conservée dans un petit pot en terre cuite. Il ferma les yeux une seconde, inspira profondément, puis lança la poudre dans les flammes froides.

— Maison Potter, Godric's Hollow.

Les flammes devinrent soudain vertes, vives, dansantes. Il plongea le visage à l'intérieur du foyer et fut aussitôt transporté dans le salon chaleureux de sa maison.

Ginny apparut dans le cadre de feu, assise sur le canapé, enroulée dans une couverture, une tasse de thé fumante entre les mains. Lorsqu'elle vit son mari, ses sourcils se froncèrent.

— Harry ? Tu vas bien ? Tu devais m'écrire par SMS, pas m'appeler par la cheminée !

Il lui adressa un sourire un peu coupable.

— Je sais... pardon. J'ai eu un imprévu. Ou plutôt... plusieurs. Il n'y a pas de réseau ici.

Ginny s'assit plus droite, posant sa tasse.

— Tu as trouvé des infos sur ce fameux mariage ?

Harry hocha lentement la tête.

— Oui. Je savais que je ne connaissais pas la mariée, mais mon instinct me disait de venir... et j'ai bien fait.

— Explique-moi, Harry. Je ne comprends rien.

Le silence qui suivit fut presque palpable. Puis, il lâcha doucement :

— Hermione est ici. La mariée, c'est sa fille.

Ginny cligna des yeux, stupéfaite.

— Sa fille ? répéta-t-elle, d'une voix plus douce. C'est elle... Sophie, c'est ça ?

— Oui. C'est une jeune femme magnifique. Tu l'aimerais beaucoup. C'est un vrai électron libre.

Un sourire se dessina sur les lèvres de Ginny.

— Et pourquoi elle vous a invités si elle ne vous connaissait pas ?

— Parce qu'elle pensait que l'un de nous trois était son père. Ron, Viktor... ou moi.

— Et ?

— Ce n'est pas le cas, répondit-il aussitôt. Surtout en la voyant... Ginny, si tu étais là, tu comprendrais tout de suite. Aucun de nous trois ne peut être son père.

Ginny arqua un sourcil, mi-amusée, mi-intriguée.

— Et toi... dit-elle en le fixant. Je connais ce regard. Tu sais qui c'est, n'est-ce pas ?

Harry baissa légèrement les yeux.

— Je pense oui. Mais ce n'est pas à moi de le dire. Et Hermione refuse de révéler la vérité à sa fille. Elle pense la protéger... comme toujours.

Ginny resta silencieuse un instant, puis demanda, plus doucement :

— Et tu veux mon avis pour prendre la bonne décision ?

— Oui. Tu crois que je devrais faire venir... la personne concernée ?

Elle réfléchit un moment, le regard plus sérieux.

— Oui. Cette fille a le droit de savoir d'où elle vient. Mais souviens-toi, Harry... tu n'es pas Hermione. Tu es peut-être un "faux oncle", au mieux, mais ce n'est pas ton rôle de porter ce poids.

Elle marqua une pause, puis, avec un sourire espiègle :

— De toute façon, j'ai le droit de participer à cette histoire complètement folle. Alors je prends le premier avion. La grossesse n'est pas encore trop avancée, je peux voyager sans problème.

Elle ajouta, plus tendre :

— Je veux être là, Harry. Je veux revoir Hermione. Et rencontrer... ma fausse nièce.

Harry la fixa, les yeux brillants de gratitude.

— Tu es sûre ?

— Évidemment. Ce n'est pas tous les jours qu'on assiste à un drame familial sorcier dans un vieux moulin grec. Je veux voir ça de mes propres yeux.

Il éclata de rire.

— Je t'aime.

— Je sais, répondit-elle en lui envoyant un baiser à travers les flammes.

La connexion se coupa, les flammes redevinrent ternes et grises.

Harry resta un instant immobile, pensif, le regard perdu dans l'âtre silencieux.

Puis il se releva lentement.

Il savait exactement ce qu'il avait à faire.

Harry prit une dernière poignée de poudre de cheminette, la laissa glisser entre ses doigts et déclara avec fermeté :

— Bureau du Ministre de la Magie, France.

Les flammes verdirent de nouveau. Quelques secondes plus tard, une voix féminine à l'accent français résonna dans le sous-sol :

— Bureau du Ministre, qui demande une entrevue ?

— Auror Harry Potter. Veuillez informer le ministre que j'ai du nouveau concernant le dossier n°43764663. Sa présence est souhaitée sur l'île de Kalokairi, en Grèce, le plus tôt possible.

Un court silence suivit.

— Très bien, agent Potter. Je transmets le message. Veuillez patienter un instant.

Harry inspira profondément, déjà en train de regretter ce qu'il s'apprêtait à déclencher.

Moins de deux minutes plus tard, la voix familière du Ministre retentit dans les flammes.

— Harry... tu es sûr de toi ?

— Absolument.

Il marqua une pause. Viens aussi vite que possible. Je te préviens, les transports magiques sont instables ici. Tu vas devoir passer par les Moldus. Si tu prends l'avion, tu peux être là demain matin.

Un rire sec, à peine contenu, franchit la cheminée.

— Tu plaisantes ? Je suis ministre, Potter. Je serai là en début de soirée. J'ai déjà trop attendu.

— Je comprends. Il soupira. Je te laisse, je dois retourner à l'hôtel.

Un silence suspendu, puis :

— Harry... merci.

— De rien.

La connexion coupa dans une gerbe d'étincelles vertes. Le sous-sol retomba dans le calme.

Harry resta figé devant l'âtre, les bras ballants.

Puis, dans un souffle à peine audible :

— Merde... qu'est-ce que je viens de faire ? Hermione va me tuer.

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