Beauxbâtons - L'envol d'un né-Moldu

Chapitre 8 : Monky (partie 2)

Chapitre final

1274 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 18/11/2025 16:53

À mesure qu'il lisait, ses yeux s'écarquillaient. Une école... une Académie de Magie... une place réservée dans un carrosse à destination du château...

— C'est... c'est une blague ? bredouilla-t-il.

— Pas du tout, répondit Monky d'un ton digne. Monsieur Édouard est un sorcier.

Le mot resta suspendu dans l'air comme une étincelle. Un sorcier.

Édouard éclata d'un rire nerveux, un rire qui sonnait faux.

— C'est ridicule... Moi, un sorcier ? Vous devez faire erreur.

Il jeta un regard autour de lui, comme si la maison allait lui donner tort. Les murs, la mangeoire à oiseau, le rosier asséché. Tout paraissait affreusement normal.

— Je ne fais pas de magie, je fais... mes corvées, balbutia-t-il.

Monky pencha la tête, ses grandes oreilles retombant doucement.

— Et pourtant, monsieur, dit-il calmement, il y a eu des choses étranges, non ? Des choses que vous ne pouviez pas expliquer ?

Édouard ouvrit la bouche, puis la referma. Des souvenirs lui revinrent en rafales : Les pupitres fou dans la salle de classe, le sol qui s'était effondré sous Kevin, la lettre qui avait explosé. Il sentit un frisson le parcourir.

— Non, c'était... le hasard, murmura-t-il, comme s'il cherchait à se convaincre lui-même.

— Le hasard ne lance pas de sorts, monsieur, répondit doucement Monky.

Un long silence suivit. Édouard s'assit lentement sur le bord de la table, incapable de réfléchir. C'était insensé, absurde... et pourtant, une part de lui voulait y croire. Peut-être parce que, pour la première fois, cela expliquait tout. Et parce que c'était beau, aussi — terriblement beau.

Il releva enfin les yeux vers Monky, les mains moites.

— Si... si tout ça est vrai, alors... pourquoi moi ?

— Parce que vous l'êtes depuis toujours, répondit l'elfe, simplement. Vous aviez juste besoin qu'on vous le rappelle.

Cela semblait fou, mais il commençait à se faire une raison. Tant de questions lui traversaient la tête, sans qu'il sache par où commencer.

— Alors ce n'était pas mon frère qui...

— Non, monsieur, répondit Monky sincèrement. Votre frère n'a rien à voir là-dedans. Il n'a pas de pouvoirs magiques, contrairement à vous.

Édouard n'en revenait pas. Il avait enfin quelque chose que Ludovic n'avait pas : des pouvoirs magiques ! Difficile à croire, mais vrai.

— Monky vous surveillait depuis longtemps, expliqua la créature. Il ne comprenait pas pourquoi vous ne receviez pas ce courrier. Il s'est même transformé en chien pour vous observer et vous a sauvé la vie.

— C'était vous, le chien ? s'étonna Édouard.

En le regardant de plus près, il remarqua des similitudes entre l'animal qui l'avait tiré des griffes de Kevin et la créature face à lui : ces oreilles pointues, ces yeux globuleux... Elle avait raison : rien n'était due au hasard.

— Mais la bombe dans l'enveloppe... pensa Édouard, sûr que c'était l'œuvre de son frère.

— Non, répondit Monky simplement. Ce sont vos pouvoirs qui se sont manifestés. C'est pourquoi vous devez aller à Beauxbâtons, pour apprendre à les maîtriser.

Tant de questions se bousculaient encore, mais Monky semblait impatient. C'est alors que Mme Vittel fit irruption, inquiète de ne pas voir son fils.

Elle poussa un cri d'horreur en voyant la créature aux longues oreilles et aux yeux globuleux. Monky sursauta, prit peur, et s'engouffra dans la maison, se réfugiant sous la table de la cuisine.

Ludovic, qui venait de la rejoindre, poussa lui aussi un cri en voyant l'elfe de maison trembler. Mme Vittel revint en courant, suivie d'Édouard, toujours sous le choc.

— Attends, je vais tout t'expliquer... commença Édouard, mais sa mère le coupa net.

— Qu'est-ce que c'est que ça ? hurla-t-elle en désignant Monky, tandis que Ludovic se réfugiait derrière elle, perdant son courage légendaire.

— M... Monky n'est qu'un elfe de maison, sanglota la créature. Monky travaille pour l'Académie de Beauxbâtons.

— Laisse-le tranquille, maman, s'interposa Édouard. Il est venu me chercher.

— Je te demande pardon ? répondit-elle, le regard dur.

— Je... suis un sorcier, dit Édouard d'une voix tremblante.

Craignant la colère de sa mère, qui rejetait la magie ou toute autre étrangeté depuis toujours, il fut surpris par sa réaction.

— Alors tu as enfin reçu cette fichue lettre, dit-elle calmement, reprenant son souffle.

Ludovic ouvrit grand les yeux, stupéfait.

— Comment sais-tu ? demanda-t-il, abasourdi.

— Pourquoi crois-tu que je te surveillais ? Pour t'embêter ? Non. Le jour où un hibou est entré dans ta chambre, il a déposé une lettre t'annonçant que tu étais un sorcier. Que penseraient les voisins si l'un des Vittel n'était pas « normal » ? Tous les soirs, je t'enfermais dans ta chambre pour t'empêcher de lire le courrier. J'ai même essayé de leur renvoyer un mot pour refuser ton inscription, mais il est revenu ici. C'est toi qui l'as ouvert, tu te souviens ?

Tout s'éclaira dans l'esprit d'Édouard : le comportement étrange de ses parents, la porte de sa chambre déverrouillée après le passage du facteur... Il était choqué.

— Comment as-tu pu me mentir ? s'énerva-t-il.

— Non, répondit-elle d'un ton faussement doux. Je voulais te protéger. Depuis que les lettres avaient cessé, j'étais heureuse de croire qu'ils t'avaient oublié. On pourrait enfin vivre normalement, tous les quatre.

Monky, calmé, sortit de sa cachette tandis que Ludovic se dissimulait un peu plus derrière sa mère, qui écartait les mains pour le protéger.

— Monky affirme que monsieur Édouard Vittel est un sorcier, dit-il en rajustant sa chemise mal boutonnée. Il doit apprendre à maîtriser la magie pour devenir un excellent sorcier, et seul Beauxbâtons peut lui offrir cela.

Monky parlait avec tant de fierté de l'Académie qu'il bomba le torse. Un silence pesant s'installa, seulement troublé par le cliquetis de l'horloge. Mme Vittel retint sa respiration avant de hurler :

— Sortez de chez moi ! Ne revenez jamais ici, et n'embêtez plus ma famille !

Elle saisit un balai et l'agita vers Monky, qui se réfugia derrière Édouard. La situation dégénéra rapidement. Mme Vittel attrapa Édouard par l'oreille et le traîna vers la cave pour l'empêcher de partir.

Voyant sa détresse, Monky jeta un sort en claquant des doigts. Une étincelle rouge ricocha sur le balai, atteignant Ludovic, figé sur place. Ce dernier se mit à imiter une poule dans un chaos grotesque, tandis que le balai fou détruisait la vaisselle dans la cuisine.

Mme Vittel, furieuse, ouvrit la porte de la cave et jeta Édouard à l'intérieur, jurant qu'il n'irait jamais dans cette école de « cinglés ». Édouard, tenant son oreille en feu, se recroquevilla dans l'ombre, semblable à un prisonnier torturé.

De l'autre côté, il entendait le chaos : vaisselle brisée, caquètements ridicules, puis la voix de sa mère qui courait après Monky. Un grand « boum » retentit, puis un silence total, seulement troublé par un dernier gloussement.

La porte de la cave s'ouvrit sur Monky, qui rassura d'une voix douce :

— Venez, Édouard Vittel, tout est fini. Il n'y a plus rien à craindre.

Édouard sortit timidement, massant son oreille douloureuse. La maison était en désordre. Mme Vittel gisait inconsciente sur le carrelage, assommée par le balai fou qui s'était enfin calmé. Ludovic, accroupi sur la table, couvait la cafetière dans l'indifférence générale.

Monky pressa Édouard de partir, le temps manquait. Malgré les questions qui bouillonnaient encore en lui, Édouard commençait à accepter l'évidence : il était un sorcier, différent de sa famille et de ses camarades. Une certitude désormais.

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