Harry Potter et la Marseillaise à Poudlard

Chapitre 1 : Oh fan de chichourle, c’est quoi ce château !

1815 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 24/01/2026 17:06

À Poudlard, les matins se ressemblaient souvent. Trop souvent, même. Un brouillard épais qui traînait autour des tours comme un vieux chat fainéant, des hiboux qui hululaient comme s’ils se plaignaient du froid, et des élèves encore à moitié endormis qui descendaient vers la Grande Salle en traînant les pieds. Harry Potter, lunettes de travers et cheveux toujours aussi indomptables, avançait aux côtés de Ron Weasley et Hermione Granger.

- J’te jure Harry, si aujourd’hui encore on a double potion avec Rogue, je fais semblant d’être malade, grogna Ron.

- Ron, tu dis ça tous les jours, répondit Hermione sans lever le nez de son livre.

- Ouais mais aujourd’hui j’y crois vraiment.

Harry sourit vaguement. Pourtant, il avait ce drôle de pressentiment. Cette sensation qu’il connaissait trop bien. Celle qui lui disait que quelque chose d’anormal allait encore se produire. Et pour une fois… il avait raison. Un bruit étrange, totalement inédit à Poudlard, fendit l’air. Pas une explosion. Pas un cri de monstre. Pas un sortilège raté. Non. Un accent.

- Oh putain mais c’est immense ce truc !

Les trois amis s’arrêtèrent net.

- T’as entendu ça ? demanda Harry.

- Ouais… c’était pas du fourchelang, répondit Ron, perplexe.

- Et ce n’est clairement pas un élève britannique, ajouta Hermione en fronçant les sourcils.

Un instant plus tard, une silhouette surgit du chemin menant au château. Une fille. Cheveux blonds attachés n’importe comment, regard vif, démarche assurée, comme si elle marchait dans son quartier depuis toujours. Elle portait un sac énorme sur l’épaule, une veste trop légère pour le climat écossais et… un foulard bleu et blanc autour du cou. Elle leva les yeux vers les tours de Poudlard, posa ses mains sur ses hanches et lâcha :

- Oh fan de chichourle… j’suis pas à la Plaine, moi.

Silence total. Harry cligna des yeux. Ron ouvrit la bouche. Hermione la referma aussitôt.

- Euh… bonjour ? tenta Harry.

La fille se tourna vers eux avec un immense sourire.

- Ah ben voilà des gens ! Dites, c’est bien Poudlard ici ? Parce que j’ai pris un portoloin chelou, j’ai failli finir dans une chèvrerie, et là j’me retrouve devant Versailles version sorcier.

Ron regarda Harry.

- C’est moi ou elle parle bizarrement ?

- Ron, ne sois pas impoli, chuchota Hermione.

- Mais Hermione, on dirait Hagrid quand il a bu.”

La fille éclata de rire.

- Ah mais j’vous entends hein ! J’parle pas bizarrement, j’parle marseillais. C’est culturel.

Elle posa son sac par terre dans un bruit sourd.

- Moi c’est Lila. Lila Santoni. Marseille, 13, soleil, mer, pastis, enfin pas ici apparemment.

Harry tendit la main, un peu hésitant.

- Harry. Harry Potter.

Les yeux de Lila s’illuminèrent.

- Oh le petit ! Mais t’es le fameux ! Le survivant ! On m’a bassiné avec toi pendant tout le trajet !

Ron manqua de s’étrangler.

- Tout le trajet ? Mais… t’arrives d’où ?

- De Marseille, j’te dis. Et crois-moi, c’est pas la porte à côté.

Hermione, déjà fascinée, demanda :

- Tu viens d’être transférée ?

- Exactement. Apparemment, y’avait « un déséquilibre magique localisé au sud de la France ». Résultat : on m’envoie chez vous. Voilà. Simple.

Harry sentit que son pressentiment venait de passer au niveau supérieur.



Quelques minutes plus tard, Lila suivait le trio vers la Grande Salle, parlant sans respirer.

- Non mais sérieux, chez nous les écoles de magie, c’est pas comme ça. Déjà y’a pas autant d’escaliers qui bougent. J’ai failli me casser la gueule trois fois. Et puis il fait froid ! Mais froid ! Comment vous vivez ici ?

Ron haussa les épaules.

- On s’habitue.

- Ah ben moi j’vais pas m’habituer. J’vais me plaindre. Fort.

Quand les portes de la Grande Salle s’ouvrirent, la conversation s’arrêta net. Des centaines d’élèves levèrent la tête. Et des centaines d’élèves virent Lila Santoni entrer comme si elle débarquait dans un bar du Vieux-Port.

- Ooooh mais c’est magnifique !

Les murmures explosèrent.

- C’est qui elle ?

- Pourquoi elle crie ?

- Elle a un accent bizarre…

Draco Malefoy, assis à la table des Serpentard, plissa les yeux.

- C’est quoi ça ? Une Moldue ?

Lila tourna la tête, le fixa, le jaugea de haut en bas.

- Oh toi, j’te sens pas.

Draco rougit.

- Pardon ?

- T’as une tête à te plaindre au professeur pour un rien. On appelle ça une tête à gifle, chez moi.

Un fou rire général éclata chez Gryffondor. Ron tapa sur la table.

- Je l’aime bien.

Hermione tenta de garder son sérieux. À la table des professeurs, Dumbledore observait la scène avec un sourire mystérieux. McGonagall, elle, avait l’air à deux doigts de faire une syncope.

- Albus… murmura-t-elle.

- Oui, Minerva ?

- Expliquez-moi pourquoi cette élève ressemble à une tornade.

- Parce que, chère Minerva, certaines magies arrivent avec beaucoup… d’accent.

Lila, elle, regardait le plafond enchanté.

- Putain mais même le ciel est magique ici. À Marseille, quand il pleut, c’est déjà la panique.



Quelques instants plus tard, Lila se retrouva devant le tabouret du Choixpeau magique. Elle le prit dans ses mains, le regarda, sceptique.

- Bon… j’te préviens, si tu me fais finir chez les coincés, ça va mal se passer.

Le Choixpeau soupira profondément.

- Encore une…

Il se posa sur sa tête.

- Hmm… beaucoup de feu… beaucoup de courage… beaucoup de bruit… Oh par Merlin.

Toute la salle retint son souffle.

- Gryffondor !

La table explosa de joie. Lila leva les bras.

- Et bim ! Comme à l’OM !

Harry applaudit, Ron hurlait, Hermione souriait malgré elle. McGonagall ferma les yeux.

- Cette année va être longue.



À peine installée à la table de Gryffondor, Lila posa ses coudes sur la table, regarda autour d’elle et lâcha :

- Bon. Qui commande ?

Harry cligna des yeux.

- Commander… quoi ?

- Ben la bouffe, pardi ! On attend quoi ? Chez nous, quand on s’assoit, on mange.

Comme pour lui donner raison, les plats apparurent soudainement. Lila se leva presque de son banc.

- Ooooh mais c’est ça la magie !

Elle attrapa un poulet rôti, le renifla.

- Pas mal… pas mal du tout. Un peu sec, mais ça passe.

Ron la regardait avec admiration.

- T’es incroyable.

- Oh ça, on me le dit souvent.

Hermione tenta de la raisonner.

- À Poudlard, on essaie de se tenir correctement à table…

- Hermione, ma belle, la vie est trop courte pour manger en silence.

Elle se tourna vers Seamus Finnigan.

- Alors, t’es d’où toi ?

- Irlande.

- Ah ben voilà ! Un peuple qui comprend l’alcool ! On va s’entendre.

À la table des Serpentard, Malefoy bouillonnait.

- Elle n’a aucune classe. Elle parle trop fort. Elle mange avec les mains.

Lila l’entendit parfaitement.

- Oh blondinet ! Si t’as un problème, tu viens le dire ici. J’te fais un cours de politesse version Marseille.

Les rires redoublèrent. Dumbledore tapa doucement dans ses mains.

- Mes chers élèves… je vois que notre nouvelle venue s’intègre… rapidement.

Lila leva son verre.

- Santé, le directeur !

McGonagall faillit s’étrangler.



Le lendemain matin, premier cours : Potions, avec le professeur Rogue. Hermione était concentrée. Harry méfiant. Ron déjà inquiet. Lila entra dans la salle, regarda Rogue, fronça les sourcils.

- Oh. Lui, c’est un pas commode.

Rogue parla lentement, froidement.

- Je suis le professeur Rogue. Ici, on ne tolère ni l’insolence, ni l’ignorance.

Lila leva la main.

- Question.

- Je n’ai pas encore autorisé.

- Vous avez une tête à pas autoriser grand-chose.

Silence glacial.

- Votre nom.

- Lila. Et vous, faut sourire un peu, sinon vos rides vont se battre entre elles.

Ron s’étouffa. Harry fixa son bureau. Hermione pria intérieurement. Rogue s’approcha dangereusement.

- Ici, on suit des règles.

- Ah ben parfait, j’adore les règles. Surtout quand je les comprends.

Quand vint le moment de préparer la potion, Lila observa les ingrédients.

- C’est ça vos recettes ? Chez moi, même ma grand-mère ferait mieux.

Elle ajouta un ingrédient en trop. La potion devint orange vif et se mit à sentir… l’anis.

- Qu’avez-vous fait ? hurla Rogue.

- Un petit ajustement personnel. Ça détend.

Rogue nota quelque chose sur son carnet.

- Dix points en moins pour Gryffondor.

- Oh ça va, c’est pas l’OM en Ligue des Champions.



Après ce cours catastrophique, Harry entraîna Lila vers le parc.

- Viens, faut que tu rencontres quelqu’un.

Hagrid apparut entre les arbres.

- Harry !

- Oh la vache, il est immense !

Hagrid sourit.

- Et toi, t’es la nouvelle ?

- Ouais. Lila. Et toi t’es rassurant mais t’as l’air de pouvoir tuer quelqu’un sans faire exprès.

Ils éclatèrent de rire. Autour d’un thé (beaucoup trop fort selon Lila), Hagrid expliqua :

- Poudlard avait besoin de quelqu’un comme toi.

- Comment ça ?

- Ta magie… elle est différente. Elle réchauffe.

Lila devint soudain sérieuse.

- Chez moi, la magie, c’est pour rassembler. Pas pour faire peur.

Harry comprit à cet instant que Lila n’était pas juste bruyante. Elle était importante.



Dans le dortoir, Lila regarda le plafond. Il était trop blanc, trop lisse, sans une fissure. Rien à voir avec les vieux plafonds marseillais qui racontent des histoires à force de craquer sous la chaleur. Ici, même le silence semblait propre.

- Bon. C’est pas Marseille. Mais j’vais m’y faire.

Par la fenêtre entrouverte, le vent s’engouffra en sifflant, faisant trembler les rideaux. L’air sentait la résine. Au loin, la forêt ondulait, compacte. Lila se redressa légèrement sur son lit. Et pour la première fois depuis son arrivée, un frisson lui parcourut l’échine. Pas de froid. Plutôt cette impression désagréable d’être observée, comme si l’endroit lui-même retenait son souffle.

- Bon… y’a un truc louche ici. Et j’aime pas quand c’est louche.

Elle resta immobile une seconde, puis un sourire lent étira ses lèvres. Un sourire pas tout à fait rassurant.

- Parfait.

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