Les Amours de Radimir Vynoque - volume 2 : disparitions à Poudlard
Chapitre 1 : Le désastreux retour de l'enfant prodige
2934 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 24/01/2026 18:24
Gling, gling, gling !
La paille et le petit parasol en papier tintillaient contre le verre rempli d’hydromel à la pastèque. Posée sur un plateau, la coupe oscillait dangereusement, menaçant de renverser son contenu d’une minute à l’autre. Un petit être, se déplaçant de manière hésitante, portait le plateau sur sa tête. L’individu, au long nez et à l’accoutrement douteux, était en effet muni d’une mèche d’une épaisseur impressionnante qui lui permettait de faire tenir de larges objets sur sa caboche à la manière d’un couvre-chef.
Le petit elfe de maison suait à grosses gouttes. Il faisait terriblement chaud dans ce Vercors français. Il contourna l’église et se dirigea vers la place du village tout en maudissant intérieurement son maître qui l’avait contraint à partir sur les traces du peintre Nicolas Poussin pendant leurs vacances estivales.
- « ASTRUUUUUUK, hurlait son maître en agitant une cloche qu’il avait dérobée à un bovin de la ferme voisine. Dépêchez ! Je me dessèche aussi vite qu’une femelle en manque d’amour ! »
Le gros bonhomme était allongé sur un transat de fortune, sous le regard de quelques villageois curieux. L’elfe Astruk fut outré de voir que cette bonbonne lunaire, qui le dirigeait à la baguette, s’était dévêtue et avait entrepris de faire bronzette, affublée de son plus beau bikini violet. A vrai dire, on ne voyait que le haut, composé de petits triangles de tissu cachant ses mamelons. Le bas, si tant est qu’il en portait un, était bien évidemment noyé sous l’impressionnante bedaine du célèbre Vynoque. Astruk tendit nonchalamment son verre à son maître qui le but goulûment d’une seule traite.
- « Aaaaaah ! ENCORE ! Il parait qu’une belle peau passe par une bonne hydratation. Je veux être sublime pour mes retrouvailles avec Snape, gronda Vynoque.
- Mmmh, marmonna l’elfe mécheux, Snape n’a pas répondu à vos lettres de tout l’été. Il ne vous épousaillera pas si vous voulez mon avis.
- De quoi tu te mêles ? bouda le bonhomme rond, touché en plein cœur.
Il était vrai que son bien aimé professeur de potions n’avait daigné répondre à aucune de ses missives. Il en avait l’âme tourmentée. Mais tout ceci avait très certainement une bonne explication que ne manquerait pas de lui donner Snape lors de leurs retrouvailles à Poudlard dans deux jours.
Ce fut ce moment que choisit Jacques le hiboux pour s’écraser contre le ventre de Radimir Vynoque qui eut un tel sursaut qu’il faillit en tomber à la renverse.
- « MOOOOARF ! VOLAILLE DE MALHEUR ! Je vais te faire frire et te manger à Noël si ça continue ! Et ne crois pas que de manger mes animaux de compagnie m’effraie, vieux poulet ! J’ai dégusté mon cher dindon Georges quand je n’avais que huit ans ! »
Jacques s’était coincé dans un bourrelet de peau et se débattait tant que Vynoque, qui continuait de le menacer, était secoué en tous sens. L’elfe Astruk, qui s’était pris d’amitié pour l’oiseau, saisit alors une des pattes de Jacques qui dépassait et le libéra de sa prison de graisse. Jacques tenait dans son bec une lettre de couleur verte.
- AAAAAAAH, je me sens partir ! Retenez moi Astruk, je vais faire une syncope ! Ah je reconnais cette enveloppe. Il n’y a que Snape pour en avoir de si raffinée. C’est lui te dis-je. Mon cœur tressaille ! braillait Vynoque.
Vynoque, rouge comme une pivoine, entreprit d’ouvrir la lettre à toute vitesse tandis que son elfe agitait une feuille de chêne devant son visage pour lui faire de l’air.
- La Gazette des sorciers ?
- Ah ! Ce journal capitaliste ! geignit l'elfe Astruk
- Est-ce une plaisanterie ? Pourquoi me fait-on parvenir un exemplaire de ce chiffon ?
- Et il n’y a aucun mot qui l’accompagne on dirait, ricanna Astruk
- Que le diable te crache au cul maudit elfe ! Non, il n’y a RIEN. Ah je bous de rage… Mais…une minute ! Se pourrait-il que ce soit bien Snape qui me l’envoie et qu’il s’attende à ce que je décode un message secret ? s’écria Vynoque, tandis que son visage s’illuminait de nouveau. Mais oui, il sait bien que je suis un fin limier !
Vynoque lu alors l’article de la Gazette des sorciers qui datait de la veille, les yeux plissés de concentration derrière ses petites lunettes rondes :
DUMBLEDORE RESTE INTROUVABLE
« Voici maintenant plusieurs semaines que le célèbre directeur de l’école de sorcellerie de Poudlard ne donne plus signe de vie sur les réseaux sociaux magiques. Signalé à nos journalistes par de fidèles lecteurs, cet étrange retrait médiatique a suscité l’intérêt de notre rédaction. Notre reporter Sylvanus Bouteillus a voulu confronter Dumbledore et vous livrer une interview exclusive.
Après de nombreuses demandes d’entrevues restées sans réponses, c’est donc le 25 août que notre journaliste s’est présenté devant les appartements du vieux sorcier, sans qu’aucun signe de vie ne lui soient communiqués.
« J’ai tout de suite compris que c’était une affaire plus grave que je ne le pensais, écrit Sylvanus, j’ai donc décidé de demander l’appui et l’expertise du détective Héraclès Carotte. ».
Les conclusions du détective sont sans appel : Albus Dumbledore a disparu.
Comment expliquer cette étrange disparition alors que la rentrée doit se tenir dans deux jours à Poudlard ? Le directeur est-il simplement parti en vacances ou pire, a-t-il trouvé la mort sous la baguette d’un sorcier maléfique ? Plus inquiétant encore pour les parents d’élèves paniqués : Qui va reprendre les rênes de l’école ?
Granine Desboudre, professeur de botanique à Poudlard s’exprime à ce sujet :
«C’est bien simple, confie-t-elle à notre journaliste, Dumbledore a toujours mené une double vie et a trempé dans des affaires plus louches les unes que les autres. Je l’avais prévenu. “Dumbledore”, lui avais-je dis, “vous n’avez plus l’âge pour ça”. Mais comme d’habitude, il ne m’a pas écouté. Et voilà qu’à présent il a disparu ! Ça lui servira de leçon si vous me permettez de le dire. Enfin, malgré ça je ne vois pas qui pourrait le remplacer. Peut-être Rabouté Fèche tout au mieux…»
Ce sont là des questions auxquelles nous ne pouvons malheureusement pas répondre pour le moment. Mais nous nous efforcerons, chers lecteurs, de faire la lumière sur ces évènements dans les jours qui viennent. Nous vous encourageons également à contacter le journal si vous disposez d’informations sur le célèbre vieillard. »
- « MOAAAAARFFF, je t’avais bien dit Astruk que ce journal n’était qu’un torchon. Donner la parole à cette godiche de Granine, on marche sur la tête ! M’enfin, continua-t-il en passant un doigt sur son épaisse moustache. Tout ceci est bien mystérieux. Moi, je suis sûr que Dumbledore festoie quelque part avec l’autre ostrogoth de MacMolsby. Pas de quoi monter sur ces grands chevaux, je te le dis Astruk ! Enfin, voilà une aubaine pour moi, continua-t-il après un moment de réflexion, je vais pouvoir monter dans la hiérarchie et pourquoi pas remplacer Dumbledore à la tête de l’école ? Après tout, je suis le plus qualifié pour ça ! Avec moi ça va filer droit, c’est moi qui te l’dis ! Et je vais commencer par enfermer la Granine AUX CACHOTS ! Et puis j’engagerai une voyante tiens ! Comme professeur de divination. Comme ça je pourrais avoir un aperçu de mon avenir amoureux. Mais d’ailleurs…il faut que j’aille préparer la rentrée de ce pas. Oui, Astruk, réfléchis un peu au lieu de me regarder avec cet air niais, il faut bien que j’arrive en avance pour tout mener à la baguette !
Vynoque bondit de son siège :
- Scelle la calèche et fouette cocher ! »
**********
Ce que le Vynoque n’avait pas prévu, c'était la longueur des déplacements en calèche. Après avoir dormi trois nuits, collé à l’efle Astruk qui refusait de faire ses nuits dans les bois, ils étaient arrivés à Poudlard avec un jour de retard. La rentrée avait déjà eu lieu. Le banquet était passé et la première journée de cours avait déjà débutée. La déception du Vynoque n’avait d’égale que sa fureur. Mais alors qu’il pensait être au comble de son malheur et de sa colère, il n’était pas au bout de ses surprises. Lorsqu’il avait voulu prendre ses quartiers dans les appartements réservés au directeur de l’école, il remarqua que ceux-ci étaient déjà occupés.
C’est un fantôme en short qui lui avait ouvert la porte. Derrière son épaule, sur le lit, gisait une bête féroce, la Fèche, roulée en boule à la manière d’un chien de compagnie.
- « QU’EST CE QUE VOUS FICHEZ CHEZ MOI VOUS DEUX ?! ALLEZ ! ÇA DÉGAGE LES GUEUX ! »
Vynoque, furibond, avait déjà commencé à entrer dans la salle et à poser ses lourdes malles. Mais les deux intrus ne l’avaient pas entendu de cette oreille. La farouche Rabouté avait bondi sur ses pattes et sorti les crocs.
- « BAAAH ELLE FERAIT BIEN DE SE LAVER LA GUEULE CELLE LA !
- Pas un pas de plus Monsieur Vynoque, l’avait coupé le fantôme Karl. Vous arrivez trop tard. Nous avons pris le contrôle de cette école. Dorénavant nous allons tout régenter. Sortez, ou je lâche Rabouté.
Vynoque bien que hors de lui, n’avait pu s’empêcher de pâlir face à la menace.
- AH NON MAIS ECOUTEZ MOI LE CETTE RACLURE DE BIDET ! ET TOI LÀ, CERBERE, SALE BÊTE À CORNES, TIENS-TOI BIEN OU JE T’EMBROCHE ! DU BALAI, hurlait Vynoque hystérique, brandissant les poings. »
Soudain, un hurlement terrible avait retenti. C’était la Fèche qui hurlait à la lune. Elle s’était jetée sur Vynoque en aboyant et en bavant tel un monstre sorti des enfers. Vynoque ne faisait pas le poids, il le savait. Il n’avait pu que prendre les jambes à son cou pour sauver sa vie.
La queue entre les jambes, privé de ses bagages, qu’il avait laissés entre les mains des deux suppôts de satan, il était retourné dans l’appartement dédié à sa fonction : un petit une pièce miteuse, rempli d’insectes rampants.
*******
L’humiliation qu’avait subie le Vynoque le mettait au désespoir. Plus rien n’avait de saveur pour lui. Même les livres anciens ne le rendaient plus heureux. Tourmenter l’elfe Astruk ne lui apportait plus aucune joie. Et pire que tout, la seule personne capable de lui remonter le moral était introuvable. Snape. Il l’avait vu passer en coup de vent dans un couloir seulement quelques instants, sans qu’il ai pu l’intercepter. Il avait tout essayé pour le revoir. Il avait attendu devant sa porte, lui avait envoyé mille et une lettres d’amour. Mais il n’y avait rien à faire, son aimé ne daignait pas lui adresser le moindre mot. « Il est trop occupé, songeait-il, il doit passer ses journées à se documenter sur les choses de l’amour avant de pouvoir faire la culbute avec moi… ».
Le deuxième jour après son arrivée, il était assis à la table des professeurs, en train de dévorer une brioche, les yeux dans le vide, lorsqu’il surprit une conversation entre deux élèves :
- « C’est la Gazette qui le dit. La rumeur court depuis hier. L’ange de la mort se serait échappée de la Bastille. Je suis sûre que c’est elle qui a tué Dumbledore. »
« Fadaises, Balivernes, pensa Vynoque, la charogne ne doit pas s’être remise de mon courroux ! »
Soudain, un beau blond, grand et viril surgit devant notre professeur rond, et plaqua les deux mains sur sa table :
- « Radimir ! s’écria le charmant jeune homme qui s’avéra être William MacMolsby, le professeur de sortilèges.
«Mmmm, il a des mains ma foi fort attrayantes cet anglo-saxon là, j’oublie parfois que c’est un bel Appolon. Ce n’a pas été mon amant pour rien».
- Ah, tu tombes bien toi. Tu vas m’aider à fomenter une mutinerie contre les deux ploucs. On va commencer par les ligoter à un arbre, et après la torture...
- Je ne suis pas là pour ça, le coupa William.
Le professeur, malgré sa beauté, avait les traits altérés. Il semblait très inquiet :
- Tu dois m’aider. As-tu entendu les rumeurs ? Il se peut que l’Ange de la Mort ait kidnappé Dumbledore...
- Tuer tu veux dire, grogna Vynoque.
- Non ! Ne dis pas de bêtises. Il ne peut pas être mort. Je n’y crois pas. Pas après nos retrouvailles, commença à sangloter William.
- Si c’est pour chouiner dans mes oreilles, tu peux aller voir ailleurs si j’y suis !
- Écoutes, tu es le seul à avoir eu raison de l’Ange de la mort, il faut que tu m’aides à le retrouver, se ressaisit le MacMolsby.
- Ah non, je te rendais peut-être des services gratuitement auparavant, si tu vois ce que je veux dire… mais ce temps-là est révolu ! Et puis j’ai d’autres Fèche à fouetter ! Trouve ton Dumbledore tout seul, rouspéta Vynoque.
- Très bien, répondit sombrement William. Oh et tiens, Snape m’a demandé de te remettre ce mot.
William jeta alors un bout de papier au visage du Vynoque, qui affichait désormais un grand sourire, et partit. Fou de joie, Vynoque lu le papier avec la plus grande attention. Le mot avait été écrit, semblait-t-il, dans la plus grande des précipitations.
«Vynoque. J’ai découvert quelque chose. Venez au plus vite dans mon bureau.
S.»
Ni une, ni deux, Vynoque sauta de sa chaise, faisant valdinguer le repas de ses voisins de table. Le cœur battant, il se dirigea en courant vers le bureau de son bien-aimé. « Snape, mon roudoudou, j’arrive ! Je suis à vous ! Je vous aime ! » chantonnait-il dans les couloirs.
Arrivé à la porte, il constata que celle-ci était entrouverte. « Mmm c’est bien la première fois qu’il laisse son bureau ouvert. Il doit être terriblement empressé de se jeter sur ma personne. » Le gros Vynoque faufila sa tête boursouflée à travers l'entrebâillement et prit un air coquin :
- « Oh oh ! Snape ! Je suis là petit polisson ! J’entre ! »
C’est alors que le ciel lui tomba sur la tête. Il se trouvait face à une scène macabre. Au lieu du bureau rangé et ordonné de Snape se trouvait un capharnaüm impressionnant. Pire, il était évident qu’il se trouvait sur les lieux d’une bataille. Tout était retourné, des pots en verre étaient brisés, les papiers peints déchirés.... Tout à coups, le cœur de Radimir tomba lourdement dans sa poitrine lorsqu’il aperçut une substance ressemblant à du sang couler sur le plancher. Et Snape...n’était pas là.