La prophétie des deux coeurs atlantes
CHAPITRE 10
Les cendres de Malefoy
Drago se fige. La proximité de Fumseck, dont les serres délicates mais puissantes s'ancrent dans sa chemise, le rend nerveux. Jamais il n'aurait pensé qu'un jour, un phénix l'approcherait de si près.
— Ne craignez rien, Drago, assure doucement Dumbledore, un léger sourire étirant sa barbe. Fumseck ne vous fera aucun mal.
L’adolescent acquiesce et prend une profonde respiration. Alors qu’il se détend, le phénix penche la tête, versant quelques larmes qui tombent sur l’épaule du jeune homme. Une chaleur apaisante, semblable à une caresse de soleil en plein hiver, commence alors à se diffuser dans tout son bras.
— Wow! s’exclame Drago à voix basse, impressionné.
La chaleur se répand partout dans son corps, telle une baume dissolvant les blessures qui avaient meurtri son corps et son âme. Une sensation de légèreté l’envahit, puis une aura d'un vert émeraude éblouissant jaillit autour de lui, vibrant en parfaite harmonie avec la pierre de son pendentif atlante. Drago sent ses sens se décupler. Il écarquille les yeux, stupéfait de voir les flux d’énergies circuler dans le bois du chalet, dans les nervures des plantes, et irradier de Fumeseck et de Dumbledore. Ses pouvoirs atlantes, longtemps étouffés par la haine et la peur, s’éveillent enfin, libre.
Dumbledore recule d’un pas, les yeux brillant d’un éclat qu’il ne peut masquer.
— Incroyable. L'héritage attendait simplement que vous soyez prêt, déclare le directeur. Pouvez-vous maintenant tester quelque chose sur votre environnement?
L’élu atlante tourne son regard vers la porte de la terrasse. Un souvenir resurgit alors. Celui du petit garçon de deux ans qu’il était, verrouillant par instinct la bibliothèque du manoir Malefoy. Il revoit sa main d’enfant se lever vers la serrure pour sceller la pièce. Drago amorce le même geste, levant la paume droite, puis il s’arrête, soudain hésitant.
— Veuillez m’excuser, Monsieur, lâche Drago. La guérison de Fumeseck a manifestement libéré mes pouvoirs, mais je ne les maîtrise pas encore. Je ne voudrais pas provoquer une catastrophe qui attirerait l’attention sur moi. Si on découvre que je suis en vie et que vous avez menti, tout sera perdu.
Le directeur incline lentement la tête, reconnaissant la justesse de l'argument.
— La prudence est la marque des grands esprits, Drago, affirme Dumbledore. Vous avez raison. Une oscillation magique trop puissante pourrait pulvériser ces murs.
Tandis qu’il parle, l’adolescent observe le champ énergétique du vieil homme. Jusqu'ici, il ne percevait qu'une aura d'argent et d'or, mais soudain, une anomalie inquiétante se manifeste. Une ombre visqueuse, pareille à une encre corrosive, semble grignoter l'énergie de Dumbledore au niveau du coeur. L’élu atlante fronce les sourcils, cherchant à comprendre la nature de cette corruption.
Soudain, son esprit est violemment projeté ailleurs. Deux visions fulgurantes le percutent. Il voit d’abord Rogue, le visage déformé par une résolution sombre, levant sa baguette avec une intention meurtrière. Puis, la silhouette de la Tour d'Astronomie se découpe brutalement sur un ciel d'encre. La vision est si réelle qu'il croit sentir le vent glacé des hauteurs fouetter son visage.
Dumbledore remarque immédiatement le changement. Les yeux de Drago s'illuminent d'un éclat émeraude intense.
— Que percevez-vous, mon garçon ? demande le directeur d'une voix soudainement grave.
Drago déglutit, le souffle court. La vision s'est dissipée, mais l'angoisse demeure, nichée au creux de son estomac.
— Faites attention à Rogue, souffle-t-il, la voix tremblante. Je l'ai vu, ainsi que la Tour d'Astronomie. Il y a un danger lié à lui, Monsieur.
Le directeur esquisse un sourire triste, celui d'un homme qui a déjà pris sa décision.
— Severus est un agent double pour l'Ordre, Drago. Il a ma confiance absolue. Ce que vous voyez n’est sans doute que le reflet des tensions que nous traversons tous.
— Mais il compte pourtant parmi les mangemorts de confiance de Voldemort ! insiste l’adolescent, inquiet.
— Tout ira bien, affirme Dumbledore avec une autorité douce mais sans appel. Ne vous tourmentez pas pour moi. Concentrez-vous sur votre propre éveil.
L’élu atlante soupire de découragement, le poids de l’impuissance pesant sur ses épaules. Il jette un regard vers Fumseck, toujours perché sur son épaule. L'oiseau, d'ordinaire si sensible aux émotions sombres, ne manifeste aucune inquiétude. Il lisse ses plumes de feu avec un calme déconcertant.
« Je suis pourtant certain de ce que j’ai perçu », songe Drago, le regard perdu dans le vide.
Le reste de la rencontre se poursuit à la petite table de bois de la cuisine. Après que Drago a servi un verre d’eau à directeur, celui-ci étale plusieurs documents juridiques devant l’adolescent.
— Pour le monde sorcier, Drago Malefoy a péri, commence le directeur d'une voix dépourvue de tout artifice.
Pour que sa liberté soit réelle et assurée, Drago doit renoncer à tout ce qui le rattache à ce nom. L’influence du manoir, la fortune familiale, ainsi que sa lignée directe.
— Voici votre nouvelle identité, poursuit Dumbledore en pointant de l’index le nom de « Drago Greenwood, citoyen canadien ». Le ministère de la Magie d'Ottawa a déjà validé ces papiers sous ma recommandation. Quant à votre futur refuge, il ne s'agit pas d'un héritage Malefoy, mais du sanctuaire atlante, dissimulé au cœur des Rocheuses canadiennes. C'est là que vous et Eliza pourrez construire votre vie, loin des échos de cette guerre.
Drago regarde attentivement les papiers. Le nom "Greenwood" sonne étranger, presque fragile face au poids ancestral des Malefoy. Pourtant, il sent une chaleur monter en lui qui ne demande qu'à s'épanouir. Ce n’est pas la fin, mais une purification.
Il saisit la plume magique, mais marque un temps d’arrêt, la pointe effleurant le parchemin. Il lève les yeux vers Dumbledore, son regard brillant d'une détermination que le vieil homme n'avait jamais vue chez lui.
— Monsieur, déclare l’adolescent d'une voix ferme, je ne veux rien de ce que ma famille a possédé. Je préfère tout bâtir par moi-même, de mes propres mains et avec cette nouvelle magie, plutôt que de dépendre d'un héritage souillé par la souffrance d'autrui. Je ne serai pas le dernier des Malefoy, mais le premier des Greenwood.
D'un geste fluide et assuré, il appose sa signature : « Drago Greenwood ». À l'instant même où l'encre s'imprègne dans les fibres du papier, Drago ressent un soulagement indescriptible, comme si une armure de plomb venait de se briser. Un sentiment de légèreté l'envahit, une liberté qu'il n'avait jamais osé imaginer au manoir.
Dumbledore le regarde avec une pointe d’admiration et de fierté.
— La noblesse ne se transmet pas par le sang, Drago. Elle se forge par les choix que nous faisons, affirme-t-il en souriant.
Pendant ce temps, le dernier cours de la journée approche. Une tension insupportable sature l'air de la classe de Défense contre les forces du mal. Depuis la disparition de Drago, Severus Rogue affiche une humeur exécrable, foudroyant du regard quiconque ose respirer trop fort. Devant la porte close, les élèves s'entassent dans un silence de plomb, brisé seulement par les chuchotements venimeux des Serpentard.
— Regardez-moi ces idiots de Gryffondor, lance Parkinson d'une voix étranglée par le choc, ses yeux rougis fixés sur Eliza. Ils ont l'air presque joyeux, alors qu'un des nôtres a disparu. C'est indécent!
— Personne n'est joyeux, Face de Crapet, rétorque Ron en serrant ses livres contre lui. Mais on ne va pas non plus porter le deuil pour quelqu'un qui passait son temps à nous insulter.
— Espèce de rat sans cœur ! s'emporte Millicent Bulstrode en s’avançant d’un pas menaçant. Si c'était l'un de vos précieux "héros", vous auriez déjà érigé une statue dans la Grande Salle!
Eliza sent la colère bouillonner en elle. Elle devine que Rogue, derrière la porte, laisse volontairement la situation s’envenimer. C’est alors qu’elle aperçoit Peeves flotter près d'un lustre, jonglant avec des craies dérobées et affichant un sourire malicieux.
« Il tombe à pic celui-là! » pense-t-elle en dissimulant sa joie.
Profitant d'une bousculade entre Seamus Finnigan et Blaise Zabini, elle glisse sa baguette dans sa manche et lance son impulsion de chaos vers l'esprit frappeur. Le résultat est instantané. Peeves pousse un ricanement dément, ses yeux brillants d’une lueur malveillante.
— C’est l’heure de la douche pour les p’tits sorciers ! s’écrit-il. Et une douche spéciale pour le Grand Nez Noir !
Avant que quiconque puisse réagir, une salve de ballons remplis d'eau magiquement glacée explose au milieu du couloir.
— Par la barbe de Merlin ! hurle Neville, s'effondrant au sol sous l'impact d'un projectile qui lui trempe tout le dos.
— Ma coiffure ! glapit Parkinson, dont les cheveux si soigneusement travaillés dégoulinent. Peeves, espèce de monstre immonde !
— Hé ! Ce n’est pas drôle, Peeves ! s'énerve Harry, tentant vainement de protéger ses lunettes de l'averse.
La porte de la classe s'ouvre à la volée. Rogue apparait, livide. Il n’a pas le temps de prononcer une syllabe qu'un ballon de la taille d'une citrouille éclate en plein sur son torse. Sa robe noire devient instantanément un linceul humide et collant.
— Pétrification immédiate! rugit Rogue, sa voix vibrant de fureur.
Mais Peeves, dopé par la magie d'Eliza, esquive le sort en faisant une pirouette narquoise.
— C’est fini les leçons, vieux corbeau ! piaille l'esprit frappeur en visant cette fois les pieds des élèves pour les faire glisser.
Eliza est touchée à l'épaule, l'eau glacée lui coupant instantanément le souffle. Elle feint une colère noire, hurlant à l’unisson avec les autres :
— C'est n'importe quoi ! On va tous s’enrhumer !
— Assez ! tonne Rogue, la voix tremblante de fureur. Regagnez vos dortoirs sur-le-champ ! Le cours est annulé !
Dans la confusion totale, alors que les élèves s'enfuient en glissant sur le sol inondé, Eliza bifurque vers un escalier dérobé. Une fois à l'abri, elle active ses voiles d'invisibilité et grimpe les marches vers le septième étage.
À mesure qu'elle s'élève dans le château, le tumulte de la bataille d'eau s'estompe, remplacé par le silence oppressant des couloirs déserts. Sous ses vêtements trempés, son pendentif Tigre Saphir commence à vibrer d'une lueur bleutée, appelant son jumeau Dragon d'émeraude.
***
Eliza pénètre dans la Salle sur Demande, le souffle court. Ses vêtements de Gryffondor, alourdis par l'eau glacée, la font frissonner de la tête aux pieds. Pourtant, ses yeux brillent d'une jubilation victorieuse. En la voyant dans cet état lamentable, Drago se précipite vers elle.
— Par Merlin, Eliza ! On t’a jetée dans le Lac Noir? s’exclame-t-il, la voix mêlée d’inquiétude et de stupeur.
Sans attendre de réponse, il lève sa baguette. D’un geste fluide, il lance un sortilège de Séchage instantané. Une bouffée de chaleur enveloppe Eliza, transformant l'eau en une vapeur légère qui s'évapore dans l'air du chalet tropical. Elle éclate alors d’un rire cristallin, secouant ses cheveux qui retrouvent leur souplesse.
— Tu ne devineras jamais ce que j’ai fait faire à Peeves! lâche-t-elle.
Elle lui raconte toute la scène, mimant avec précision les visages décomposés et l’apocalypse de ballons d’eau glacée. Drago éclate d’un fou rire incontrôlable. Il en a les larmes aux yeux et doit se tenir le ventre pour reprendre son souffle.
— C’est brillant ! absolument brillant ! s’esclaffe-t-il en s’essuyant les joues. J’aurais payé une fortune pour les voir tous ridiculisés de la sorte.
Drago la regarde avec une infinie tendresse et lui prend les mains. Il ajoute:
— Tu sais, je crois que je n’ai jamais ri autant de ma vie. C’est le plus beau cadeau que tu pouvais me faire.
Eliza sourit, savourant la musique de son rire qui résonne dans le chalet. Elle l’enlace par la taille, profitant de la chaleur résiduelle du sortilège de séchage qui crépite encore entre eux.
— Je suis fière de t’avoir fait ce cadeau, répond-elle. Et puis, ces idiots avaient bien besoin d'une leçon d'humilité. Surtout après tout ce qu'ils ont osé dire sur toi aujourd'hui.
Il la regarde avec admiration avant de l’attirer plus près de lui.
— Puisqu’ils ignorent que c’est toi qui as fait le coup, je doute qu’ils saisissent la leçon, affirme Drago. Mais c’était du pur génie. Cela surpasse les jumeaux Weasley.
— Vraiment? s’étonne Eliza, les yeux pétillants.
— Oh que oui, mon amour! souffle Drago en prenant ses joues dans ses mains.
Alors qu’il approche son visage du sien pour l’embrasser, la voix calme mais pressente de Dumbledore s’élève du fragment de miroir posé sur la table basse.
— Drago ? Eliza est-elle avec vous ? demande le directeur.
Les deux élus atlantes se précipitent vers l’objet. Drago saisit le miroir d’une main, tandis qu’Eliza se serre contre lui pour que le verre puisse capter son reflet.
— Je suis là, Monsieur le Directeur, confirma-t-elle, le cœur s’emballant sous le coup de l’adrénaline.
— C’est parfait, énonce Dumbledore avec un soulagement visible. Eliza, ne quittez plus la Salle sur Demande. Sous aucun prétexte. Le chaos que Peeves a semé pour faire annuler le cours de Severus est la diversion idéale que je cherchais pour vous faire disparaître du château.
Drago et Eliza échangent un regard stupéfait. Les fils du destin s'accélèrent brusquement.
— Je vais mettre mon plan à exécution immédiatement pour faire croire que vous avez été enlevée et tuée, poursuit le vieux sorcier d'un ton presque clinique. En attendant, profitez de ce temps ensemble. Je passerai vous voir après le dîner pour vous expliquer la marche à suivre.
L’image de Dumbledore s’estompe dans le fragment de miroir, laissant Drago et Eliza dans le silence feutré du chalet. Eliza se laisse tomber sur le canapé, les jambes flageolantes. L’idée de sa propre « mort » résonne dans son esprit comme un sortilège de confusion. Elle fixe Drago, cherchant dans ses yeux une trace d’inquiétude, mais elle n’y trouve qu’une résolution calme et une profonde tendresse.
— J’imaginais que Dumbledore ferait croire à mon transfert dans une autre école, murmure-t-elle, la voix brisée. Pas qu’on allait m’effacer, moi aussi. Faire croire à mes amis, que je suis...
Drago lui presse doucement la main. Ses doigts brûlent d’une légère émanation de cette magie atlante qu’il commence à peine à canaliser.
— Écoute-moi, Eliza, intervient-il avec gravité. J'ai pesé chaque mot du directeur lorsqu’il me parlait, tout à l’heure. Au début, j'ai eu peur, moi aussi. Mais regarde ce qui m’est arrivé.
Il lui décrit alors la guérison de Fumseck, cet instant où ses propres pouvoirs atlantes se sont libérés. Puis, il évoque le moment où il a signé les parchemins de changement d’identité.
— Je ne suis plus un Malefoy. Je suis Drago Greenwood, poursuit-il. J'ai renoncé à l'or, au manoir et à ce sang prétendument pur qui n'était qu'un mensonge. Je suis un citoyen canadien, désormais.
Il marque une pause, plongeant son regard dans le sien pour lui faire mesurer la gravité de la situation. Il ajoute:
— Si tu restes « Eliza Miller», ils te traqueront. Voldemort utilisera ta famille pour t'atteindre. Pire encore, ils découvriront que je suis en vie. Pour que nous puissions vivre libres et en sécurité dans notre repaire des Rocheuses canadiennes, tu dois toi aussi te métamorphoser. Tu dois mourir aux yeux du monde pour renaître à mes côtés.
Eliza regarde Drago, interdite.
— Nous irons vivre dans les Rocheuses? lâche-t-elle.
Drago esquisse un sourire, avec une lueur d’excitation dans les yeux.
— Je n’ai aucune idée d’où cela se trouve exactement, mais Dumbledore m’a dit que c’est au nord-ouest du Parc National de Jasper, à la frontière de la Réserve sauvage de Willmore, affirme-t-il.
Un sourire chargé d’une immense gratitude éclaire alors le visage d'Eliza. Elle se jette dans les bras de Drago.
— Moi qui rêvais d’avoir une maison près des Rocheuses, c’est fantastique! s’exclame l’adolescente.
Le jeune homme l’enlace tendrement. Il appuie son menton sur le sommet de sa tête, bercé par le silence protecteur du chalet. Au bout d’un moment, il s’écarte légèrement.
— Tu devrais aller te changer, suggère-t-il doucement. Tu vas mourir de chaleur dans cet uniforme qui ne te servira plus.
Eliza hoche la tête, passant une main sur son front perlé de sueur.
— Tu as raison, j’étouffe depuis que je suis arrivée.
Elle se dirige vers l'escalier en colimaçon et grimpe d'un pas léger vers la chambre. Drago la regarde disparaître, le cœur battant. Environ dix minutes plus tard, le craquement discret des marches de bois annonce son retour. Lorsqu’elle réapparait, il la découvre métamorphosée. Elle porte une robe d'été sans manches, d'un rose pâle délicat qui illumine son teint. Ses longs cheveux caramel sont soigneusement tressés en deux nattes, lui donnant un air frais et naturel. Enfin, le regard de Drago s’arrête sur ses ongles. Ses mains et ses pieds arborent un vernis azur éclatant.
— Tu es magnifique, ma princesse, murmure-t-il avec une sincérité désarmante.
Tandis qu’il l’enlace par la taille, elle enroule ses bras autour de son cou. Elle soupire de soulagement en sentant la chaleur du corps de Drago contre le sien.
— Merci, mon Dragon, souffle Eliza, les yeux brillants. Au-delà de ce sacrifice, de cette disparition... ce qui compte, c'est que nous n'aurons plus jamais à nous séparer. Je suis prête à tout quitter pour toi.
Drago l’attira plus fort contre lui, enfouissant son visage dans le creux de son épaule. L'odeur de ses cheveux l'apaise plus que n'importe quel sortilège de calme.
— Et moi, je suis heureux de t'avoir enfin pour moi seule, répond-il d'une voix vibrante d'émotion. Loin des Malefoy, loin de Voldemort, loin de tout ce qui nous séparait.
Il s'écarte juste assez pour plonger son regard dans celui d'Eliza, y lisant une promesse qu'aucun sortilège ne pourrait briser. Sans un mot, il l'attire de nouveau contre lui et l'embrasse passionnément. Eliza le lui rend avec une ferveur égale, scellant leur union et leur nouvelle vie.
À cet instant précis, leur magie atlante jaillit d’eux comme une caresse lumineuse. Autour de Drago, une aura émeraude, vibrante et sauvage, commence à irradier, tandis qu'une lueur saphir, aussi profonde et apaisante que les abysses, émane d'Eliza. Les deux lumières s'élèvent en spirales, s'enroulant l'une autour de l'autre avant de fusionner dans un éclat turquoise éblouissant. Cette symbiose fait vibrer l'air même de la pièce. Sous l'effet de cette puissance, les fleurs qui commençaient à dessécher dans un vase du salon reprennent vie instantanément.