Le Corbeau. Saison 1 par

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Side Story / Suspense / Action

17 III Premier jour à Beauxbâtons

Catégorie: M
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CHAPITRE III : PREMIER JOUR A BEAUXBÂTONS

 

Garde expliqua à Pierrick et Chun que les élèves n’étaient pas tous de gentils adolescents avides d’apprendre. Comme dans le monde des Moldus, certains n’hésitaient pas à tous faire pour pourrir la vie des autres élèves et des professeurs. D’ailleurs une légende aussi vieille que l’académie fait état d’un groupe composé d’élèves et parfois de professeurs se faisant appelé : le Club du Serpent. Les activités et le but de ce club n’ont jamais été découverts. Son existence n’a, d’ailleurs, jamais été prouvée, ses membres ayant un goût prononcé pour le secret et jurant sous peine, parait-il, de mort de ne jamais rien révéler sur le club. Mais depuis qu’il est devenu professeur, Garde n’a pu s’empêcher d’enquêter à ce sujet. Mais malgré tout ses talents de chasseur, il n’a pu dressé qu’une liste de membres potentiels.

« Peut-être que ce club est lié au meurtre, fit remarquer Chun.

-C’est une possibilité, acquiesça Garde. Mais ce n’est peut-être aussi qu’un groupe d’élèves voulant se donner de l’importance par le secret. Il ne faudra pas se focaliser sur eux.

-Ils ont tout de même choisi un nom assez explicite, dit Pierrick. Le Club du Serpent. Le Serpent était le symbole de Salazar Slytherin, l’un des fondateurs de Hogwart. Et surtout, celui qui a propagé l’idée du sang-pur. N’oublions pas que cette idée a ensuite été reprise à son compte par Voldemort. »

Chun remarqua que Garde ne tressaillit même pas à l’évocation du nom du Seigneur des Ténèbres. Pourtant, l’une des premières choses qu’elle avait apprise sur les Sorciers, c’était que peu supportait d’entendre son nom.

« Tu penses que ce club est un foyer de mangemorts ? questionna Garde.

-Pourquoi pas ?

-J’y ais pensé, mais je n’ais jamais pu prouver aucune de mes théories. Ils sont trop secrets.

-Je vais essayer de briser ce secret. Vous ne l’avez pas tenté ?

-Rien ne le justifiait. Jusqu’à maintenant. »

 

            Garde expliqua que les compagnes et compagnons des professeurs vivaient également dans le palais. Certains travaillaient même à l’académie. Chun pourrait se fondre parmi eux aisément, ce n’était pas la première fois qu’un professeur partageait sa vie avec un ou une moldu.

            Après la fin de l’exposé de Garde sur la vie courante à Beauxbâtons, ils se lancèrent par l’étude des dossiers des élèves et des professeurs. Pierrick préféra commencer par les professeurs, il imaginait mal un adolescent tué de sang-froid. Il avait lui-même tué pour la première fois à dix-sept ans mais c’était sous le coup de la colère. Mais il n’oubliait pas non plus le cas de Hervé Zifon, un mangemort qui tua son professeur de défense contre les forces du mal à quinze ans. Ce genre de cas n’arrivait, heureusement, que très rarement.

            Pierrick s’intéressa particulièrement au dossier du remplaçant de Sazeau : Thomas Radus. Etant nouveau, son dossier était moins fourni que ceux des autres. Il n’y avait qu’un CV, une lettre de motivation et son diplôme de dernière année de Magicasa, l’école de magie espagnole. Tout avait l’air en ordre. Il fallait attendre le résultat de l’enquête des agents de la IRIA pour se prononcer d’avantage. Le dossier comportait également une photo de lui. Comme toutes les photos du monde des sorciers, celle-ci était animée d’une vie propre. Mais malgré ça, le professeur Radus ne bougeait pas. Il fixait Pierrick de ses yeux marron. Radus était totalement chauve malgré son jeune age. Il devait avoir à peu près le même age que Pierrick. Le chasseur se demanda à quoi il ressemblerait avec des cheveux. Quelque chose lui revint en mémoire durant un instant. Il fut tiré de sa réflexion par une étrange impression, il n’était pas sûr mais il crut que l’espace d’une fraction de seconde, les yeux du personnage de la photo avait pris une couleur jaune dorée. Il ne se souvenait plus de ce qu’il était entrain de penser. Il se dit que ça lui reviendrait plus tard et referma le dossier.

            François Garde ne pouvait s’empêcher d’observer Pierrick. Il semblait s’attendre à quelque chose. Ou craindre quelque chose.

« Il lui ressemble tellement, pensa t-il. On dirait son double. Et leurs caractères sont identiques. Je crains le pire malgré ce que peut dire Charles. Le garder si prêt des combats et avec autant de chances de croiser la route de Malgéus est dangereux. Mais bizarrement, je sens qu’on peut lui faire confiance malgré tout. »

 

            Le lundi, Garde emmena Pierrick et Chun à Beauxbâtons. Chun s’attendait à un bâtiment discret, petit et délabré vu de l’extérieur, tout comme le Ministère. Mais au contraire elle se trouva devant un magnifique palais de pierres blanches et de dorure. Le tout semblait tout droit sorti du siècle des Lumières avec pas mal d’effets supplémentaires. A côté, le château de Versailles et tout les châteaux de la Loire réunis faisaient pâle figure. Elle en resta bouche bée un long moment. Garde s’en amusa.

« Vous vous attendiez à quoi ? fit-il. Les élèves et le personnel passent les trois quarts de l’année ici. C’est meilleur pour le moral de vivre dans un lieu ouvert sur l’extérieur que renfermé sur lui-même comme le Ministère.

-Comment faîtes-vous pour le cacher des Moldus ? demanda t-elle.

-Le domaine s’étend sur des kilomètres. Il est protégé par différents sortilèges et enchantements repousse-moldus. De plus il est incartable. Ça veut dire qu’il ne peut apparaître sur aucune carte. Mais si un moldu parvenait quand même à parvenir jusqu’ici, il ne trouverait que des ruines sans intérêt. Mais ce n’est jamais arrivé. De plus, l’Académie est entourée de plusieurs villages sorciers. Généralement les moldus s’arrêtent là.

-Mais moi je ne vois pas de ruines.

-Parce que vous connaissez l’existence du monde des Sorciers. Ce sortilège est puissant et complexe. Il parvient à faire la différence entre les moldus connaissant notre existence et les autres. Entrons. Tréveune nous attend. »

            L’intérieur était aussi majestueux que l’extérieur. Les couloirs étaient richement décorés. Le sol était de marbre bleu. Ils croisèrent plusieurs groupes d’élèves habillés de robes de sorcier d’un joli bleu pâle. Certains étaient coiffés d’un chapeau assorti ressemblant à celui de Robin des Bois en plus arrondi.

            Des élèves saluèrent respectueusement Garde. Une jeune fille de dix-sept ans s’approcha l’air contrarié. Elle était magnifique, coiffé de boucles brunes et avec des yeux verts pâles. Son teint était légèrement bronzé ce qui accentuait sa beauté.

« Professeur Garde, dit-elle. Est-ce vrai ?

-Bonjour Angelina, fit Garde. De quoi parles-tu ?

-Que vous partez pour une période indéterminée ?

-Je vois que radio-couloir fonctionne toujours aussi bien. C’est vrai. Je dois partir pour cause personnelle. Tu sais, des histoires de famille. Voici mon remplaçant : le professeur Dochal. Professeur je vous présente Angelina Armose. Elle est en dernière année et n’a donc plus de cours d’Histoire mais elle est tellement passionnée qu’elle est présidente du club d’Histoire. Elle est également l’attrapeuse de l’équipe des Fées d’Emeraude. Elle me sert d’assistante. Je dois dire que sans son aide, mon bureau serait un vrai foutoir !

-C’est pas normal pour un professeur d’avoir ce genre de vocabulaire. Heureuse de vous connaître professeur, fit-elle avec un sourire rayonnant. Si vous avez besoin d’aide pour les cours, je vous aiderais avec plaisir.

-C’est noté, dit Pierrick. Je pense que j’aurais besoin d’aide. Au début du moins. Voici ma compagne, Chun Yang-Li.

-Enchantée, dit rapidement Angelina en jetant un regard rapide à la jeune femme.

-On doit y aller, coupa Garde. On se voit ce midi Angelina, je serais au repas.

-A tout à l’heure. »

            La jeune fille s’éloigna, non sans se retourner à plusieurs reprises pour regarder les trois individus continuer en direction du bureau directorial. Son regard se portait avec plus d’importance sur Pierrick, un sourire coquin se dessinant sur son visage.

            « Elle a l’air gentille, fit Chun.

-Ne vous y fiez pas, prévint Garde. C’est une excellente élève et une bonne athlète. Mais surtout, c’est une véritable croqueuse d’hommes. Elle a une réputation pour le moins, sulfureuse. Elle change de petit ami à peu prés toutes les semaines.

-Beaucoup d’ados font ça. Je ne vois pas où est le problème ?

-Si elle ne s’arrêtait qu’aux élèves ça irait. Mais elle n’a pas hésité à draguer des profs. Que des jeunes. Deux ont déjà été virés à cause d’elle durant les trois dernières années. Cette fille est un peu nympho. Et je ne serais pas étonné qu’elle cherche à te séduire, Pierrick. Fais gaffe. »

            Pierrick acquiesça. Chun avait confiance en lui. Il ne se laisserait pas avoir par une petite étudiante dévergondée en chaleur. Mais elle se promit que si elle voyait cette Angelina s’approcher trop près de son Pierrick, sorcière ou pas, elle entendrait parler du pays.

            Ils arrivèrent finalement devant une porte de bois plaqué et doré. Garde y frappa. Une voix féminine les invita à entrer. Ils se trouvaient dans le bureau de la secrétaire du directeur. Une sorcière de quarante ans environ, aux cheveux noirs grisonnant par endroit et portant des lunettes triangulaires les accueillit.

« Bonjour Janine, fit Garde.

-Bonjour professeur. Le professeur Tréveune vous attend. Vous pouvez entrer.

-Merci. »

            Ils passèrent la porte ouvrant sur le bureau du directeur. Un homme d’assez petite taille les invita à s’asseoir après les salutations d’accueil. Il avait le crâne dégarni où ne résidaient que quelques rares cheveux blancs. Ses yeux bruns étaient cloisonnés derrière des lunettes carrées.

            Zabulon Tréveune occupait la fonction de directeur de Beauxbâtons depuis maintenant vingt ans. Il avait travaillé à l’Académie depuis l’age de trente ans, occupant le poste de professeur de sortilège. Il avait la réputation d’être un homme calme, sage et toujours à l’écoute des autres. Bien sûr, il ignorait la véritable identité de Pierrick. Sait-on jamais ? Il était peut-être l’assassin.

            « Voici donc le professeur que vous nous recommandez pour vous remplacer, fit Tréveune. J’ai lu son dossier et je dois dire qu’il est excellent. Mais je ne comprends pas que vous n’ayez jamais fait vos études à Beauxbâtons.

-Mes parents ne voulaient pas que je parte à l’autre bout de la planète alors qu’il y avait une école juste à côté, répondit Pierrick.

-Je vois. Vous avez donc fait vos études à Ayer School en Australie. Vos parents faisaient quoi comme travail là-bas.

-Ils faisaient du commerce avec les aborigènes. Pour envoyer dans les pays occidentaux des ingrédients pour potion que l’on ne trouve que dans ce pays.

-Et maintenant ?

-Ils sont à la retraite dans la région de Nice.

-Vous avez de l’expérience en temps que professeur ?

-Non. Mais j’ai une réelle passion pour l’Histoire comme a dû vous le dire le professeur Tréveune. Et je voudrai partager cette passion avec les élèves de cette Académie.

-De toute façon je n’ai pas trop le choix. Je ne pourrai jamais trouver un professeur assez vite pour pouvoir assuré les cours. Et surtout, en cette période de préparation d’examen, j’ai besoin de toute l’équipe pédagogique. Et puis j’ai confiance en le professeur Garde. S’il dit que je peux vous confier les élèves, ça me suffit. Mademoiselle Yang-Li, c’est bien ça ?

-Oui, fit la jeune femme.

-J’espère que vous vous plairez parmi nous. Faites tout de même attention, certains élèves et je dois avouer certains professeurs ne sont pas trop d’accord avec l’idée de laisser entrer des Moldus dans l’Académie.

-Juste dans l’Académie ? Ou dans le monde magique ?

-C’est juste. Bien. Ceci étant dit. Je vous laisse la matinée pour vous installer dans vos quartiers. Il nous reste heureusement plusieurs appartements de vide. Professeur Garde, si vous voulez bien les y accompagner.

-Avec plaisir. »

            En sortant du bureau directorial, ils furent accueillis par un échange de boules nauséabondes entre deux bandes d’élèves. Chun se mit à couvert derrière Pierrick. Les réflexes de chasseur de ce dernier agirent immédiatement. Il sortit sa baguette et repoussa les boules à l’aide de gestes fluides. Garde sortit également sa baguette. Une détonation se fit entendre, faisant cesser la bataille.

« Ça suffit ! cria t-il. Le match n’est que vendredi ! Retournez travailler ! »

Les élèves se lancèrent un dernier regard de défi pointé d’amusement.

« Des bombabouses, dit Garde. Ce n’est pas dangereux mais ça pu.

-Pourquoi se faisaient-ils une bataille ? demanda Chun.

-Ce sont les supporters des Dragons de Fer et des Vautours Ecarlates, deux équipes de Quidditch. Ils s’affrontent vendredi. Mais il y a une sorte de tradition avec les Vautours. Les supporters s’attaquent toujours aux supporters adverses dans la semaine avant le match. C’est plus par amusement et jamais pour blessé. En plus c’est un match important. Les Vautours sont troisième au classement, les Dragons deuxième. Les vautours ont la possibilité, en cas de victoire, de leur passer devant. Voir même d’espérer le titre.

-Qui est en tête ? questionna Pierrick.

-Les Anges des Ténèbres. Il faut dire qu’ils sont bons. »

 

            Chun et Pierrick étaient logés dans un véritable petit appartement avec salle de bain, salon, buanderie et une chambre. Pierrick proposa tout naturellement de dormir dans le canapé, laissant le lit à la jeune femme. Cette dernière parut un brin déçu selon Garde, mais il se garda de tout commentaire.

            A l’heure du déjeuner, les deux enquêteurs découvrirent la Grande Salle. Une pièce magnifique où s’alignaient plusieurs tables dans un décor fabuleux. Un tableau géant unique faisait le tour de la pièce et recouvrait même le plafond. Il représentait un paysage magnifique fait d’arbres et de collines verdoyantes. D’un côté, l’arrière-plan figurait des montagnes dont les sommets étincelaient de neiges éternelles, de l’autre, une mer scintillante sous le soleil. Comme tous les tableaux du palais, celui-ci était animé. Des animaux, certains légendaires et d’autres plus communs circulaient librement. Des oiseaux voletaient au-dessus de leurs têtes. Cela donnait l’impression de pique-niquer.

« C’est magnifique, s’extasia Chun.

-Quand il fait beau oui, dit Garde. Mais quand il pleut où pire, s’il y a une tempête, sa devient rapidement lassant. Quoique, ça met du spectacle.

-Professeurs et élèves, lança Tréveune qui s’était levé. Le professeur Garde doit malheureusement nous quitter pour une raison personnelle. Mais il a promis d’être de retour pour la rentrée prochaine au plus tard. Je vous demande donc d’accueillir le professeur Dochal qui assurera les cours d’Histoire durant son absence, et sa compagne mademoiselle Chun Yang-Li. »

Des applaudissements résonnèrent dans la salle, effrayant quelques oiseaux et un renard qui restait à l’affût d’un lapin.

            Pierrick repéra le professeur Thomas Radus, le remplaçant de Sazeau. Le voir en vrai lui fit une drôle d’impression, celle de le connaître. L’avait-il déjà croisé dans un des combats qui l’avaient opposé aux mangemorts ? Non. C’était différent. Plus lointain. Plus ancien. Il fallait qu’il en sache plus sur lui.

 

Après le déjeuner, Garde prit congé du chasseur et de Chun. Les cours de l’après-midi, n’étaient pas parmi les plus difficiles. C’étaient des élèves de troisième et quatrième année qui n’avaient pas d’examens à passer cette année, si ce n’est ceux de passage dans l’année suivante. Mais le lendemain, Pierrick avait son premier cours avec des sixièmes années. Il n’y pensa pas encore. Ce soir, il ferait une première visite nocturne des couloirs.

 

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