Le Corbeau. Saison 1 par

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Side Story / Suspense / Action

32 XVIII Une Vie...

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CHAPITRE XVIII : UNE VIE…

 

Ce fut Franck Vinol qui se chargea de l’interrogatoire de Pierre Hargus. Un médicomage de l’hôpital Gardevie fut demandé pour y assister et faire une évaluation psychologique de l’étudiant.

« Ce jeune homme ressent une culpabilité profonde, c’est le syndrome du survivant, expliqua le médicomage. Il pense être totalement responsable de la mort de son frère alors que ses pouvoirs étaient à l’époque encore incontrôlables. Il est rare d’avoir un tel débordement d’énergie magique à cet age mais ça s’est déjà vu. La prison n’est pas indiquée pour lui. Il a besoin de soins psychiatriques intensifs. Je ferais mon rapport dans ce sens.

-Merci docteur, remercia Maldieu. Je vais faire en sorte qu’il soit transféré dans votre service le plus tôt possible. Au revoir. »

Le médicomage sortit du bureau de Maldieu.

            Le chef des Chasseurs se tourna vers Thomas Zimong.

« Pouvez-vous nous en dire plus sur l’inconnu qui s’est échappé avec le dossier ?

-Il était masqué, je ne pourrai pas vous le décrire. Mais il avait une forme physique surhumaine, je parvenais à peine à le suivre en courant. Et il avait un pistolet moldu. »

Maldieu tendit une boule de cristal à Thomas en lui demandant de leur montrer. L’image de l’inconnu se forma dans la boule. Tous virent l’inconnu sortir son arme et tirer. Puis sauter du toit et se transformer en pygargue à tête blanche.

« C’est un pistolet Beretta modèle 92, dit Franck. Calibre neuf millimètres, chargeur quinze cartouches. Cette arme est sorti il y a quatre ans mais est devenu un standard utilisé par plusieurs services moldus à travers le monde, y compris la gendarmerie française. C’est une des armes les plus répandues. Impossible à identifier.

-Vinol, gardez cet enregistrement et analysez-le, ordonna Maldieu. Tirez-en le maximum d’information.

-Oui monsieur.

-Ce sera tout. Vous pouvez disposer. »

            Tous sortirent, sauf Garde. Le professeur d’Histoire attendit que la porte soit refermée pour parler.

« Qui était-ce ? demanda t-il sans détour.

-Je l’ignore totalement, répondit Maldieu.

-Et si c’était un mangemort à la solde de Malgéus ?

-Alors nous avons un énorme problème. Car si un étudiant est parvenu à dévoiler une partie du dossier de Faros, Malgéus n’aura aucun mal à le dévoiler entièrement. Notre seul espoir est que se soit une tierce personne qui l’ait.

-Mais dans ce cas, nous ignorons tout. Et ce Hargus, qui sait ce qu’il a pu dévoiler de ce dossier. S’il parle maintenant…

-Je sais. Il ne parlera pas, je peux te l’assurer.

-Et Chaldo ? Que comptes-tu faire avec lui ?

-Rien. Il doit continuer son chemin. Nous ne pouvons et ne devons pas l’empêcher d’avancer. Même si cela signifie notre perte. »

 

            Quelque part dans un lieu inconnu, un homme d’une quarantaine d’année aux allures autoritaires feuilletait un dossier de parchemin. Il leva les yeux vers l’homme qui se trouvait de l’autre côté de son bureau, juste en face de lui. Un jeune homme aux yeux marron et aux cheveux châtains.

« Continuez à surveiller les Chasseurs, dit le quadragénaire. En particulier Pierrick Chaldo.

-Bien monsieur, acquiesça le jeune homme.

-Vous pouvez disposer Firvel. »

Yann Firvel sortit du bureau. Le quadragénaire jeta un dernier coup d’œil au feuillet avant de le refermer. La première page avait visiblement été arrachée. La deuxième ne comportait que deux mots en écriture capitale : PROJET GLADIUS.

 

            Le mois de Juin se passa normalement. François Garde avait repris sa place de professeur d’Histoire. Lorsque les élèves ne travaillaient pas pour préparer leurs examens, leurs sujets de discussions préférés étaient la course poursuite ayant eu lieu dans les couloirs et le parc de l’Académie. Une nouvelle vint raviver les discussions lorsqu’on appris que Pierre Hargus s’était suicidé dans sa cellule au Département des Chasseurs avant son transfert à Gardevie.

            Maintenant que la menace était écartée, Thomas décida de tout avouer sur son identité au professeur Tréveune. Le directeur de l’Académie écouta son récit avec attention. Thomas attendit que le vieux professeur lui notifie son renvoi et son attention de prévenir la Police Magique.

« Vous avez fait ça pour protéger votre sœur sans espérer quoique ce soit en retour. C’est admirable. Je n’ai aucune raison de prévenir la police.

-Merci monsieur. Je vais donc vous présenter ma démission, ainsi vous n’aurez pas à me renvoyer.

-Je la refuse. »

Thomas leva vers le directeur un regard surpris.

« Vous avez été un excellent enseignant. Vous avez appris à nos élèves des choses qui ne sont pas dans le programme officiel mais qui leur seront utiles. Et je pense que vous pouvez apporter beaucoup à notre institution. C’est pourquoi je voudrai vous comptez parmi les enseignants à la prochaine rentrée.

-Merci monsieur.

-Vous comptez dire la vérité à mademoiselle Jiraud ?

-Je ne sais pas. Je n’ai aucune preuve de mon lien de parenté avec elle. »

 

            Le bal de fin d’année approchait. Pierrick et Chun eurent la surprise de recevoir une invitation. Chun était dans tous ses états. Elle appela à l’aide Pauline Tréveune. La femme du directeur était devenue une amie en peu de temps. Elle accepta d’aider la jeune femme avec plaisir.

            Le soir du bal de fin d’année arriva. La Grande Salle avait été magnifiquement décorée d’or et de bleu. Une nuit étoilée magnifique s’animait sur l’immense tableau qui couvrait les murs. Un buffet avait été dressé sur les côtés de la salle pour laisser aux élèves et professeurs la place de danser.

            Plusieurs élèves vinrent poser des questions à Pierrick. Ce dernier n’était pas habitué à être le centre de l’attention. Etrangement, Angelina Armose n’osa pas s’approcher, préférant observer le chasseur à distance. Thomas parvint à atteindre son ami.

« Où est Chun ? demanda t-il.

-Je ne sais pas. Elle a dit qu’elle viendrait dés qu’elle serait prête.

-Elle doit être entrain de se faire belle pour toi. »

Pierrick n’esquissa qu’un léger sourire.

            Une rumeur s’éleva depuis l’entrée de la Grande Salle. Toutes les têtes se tournèrent vers les portes. Intrigués, Pierrick et Thomas se tournèrent à leur tour. Le chasseur écarquilla les yeux et resta bouche bée. Chun venait de faire son entré. Elle portait la robe qu’elle avait essayée deux mois plus tôt à Toutalair. Les couleurs chaleureuses de la robe rendaient le teint de porcelaine de la jeune chinoise encore plus lumineux. Ses cheveux avaient été relevés en arrière pour dégager son magnifique visage. Elle était à peine maquillée, sa beauté restait naturelle.

            Un sourire radieux devant l’air ahuri de Pierrick dessiné sur son visage, Chun s’approcha de lui sans faire attention aux regards émerveillés des étudiants et professeurs. Thomas jeta un dernier regard amusé à son ami et s’éloigna. Durant de longs instants, ils restèrent là, à se regarder. Pierrick n’avait pas été comme ça depuis ce dernier soir avec Su. La jeune femme le réveilla en déposant un tendre baiser sur sa joue.

« Bonsoir, souffla t-il.

-Bonsoir. Tu es magnifique ce soir.

-Pas autant que toi. Toutes les lumières en pâlissent de jalousie en te voyant.

-Merci, rougit-elle.

-Tu veux danser ?

-Avec plaisir. »

            Chun prit le bras que lui offrait Pierrick et ils se dirigèrent vers la piste de danse. La musique était douce. Pierrick prit délicatement la jeune femme par la taille. Elle passa ses bras gracile autour de son cou. Les yeux dans les yeux, ils commencèrent à tourner doucement, tendrement.

            Thomas ne put s’empêcher de sourire. Il était heureux pour son ami et Chun. Ces deux la méritaient de connaître le bonheur comme tout le monde. Le professeur de défense contre les forces du mal se retourna en sentant une main légère lui tapoter l’épaule. Il fut surpris en découvrant Laura Jiraud.

« Professeur, voulez-vous danser ? demanda t-elle.

-Je voudrai bien mademoiselle Jiraud, dit-il. Mais je ne crois pas que ça soit habituel qu’un professeur danse avec une élève.

-C’est vrai, ce ne serait pas normal. Un professeur et une élève ne dansent pas ensemble. Mais…un frère et une sœur le peuvent. »

Thomas resta silencieux, vaincu par la surprise. Ainsi elle savait tout. Comment ? Cela n’avait pas d’importance pour le moment. Ils auraient le temps plus tard. Thomas tendit son bras à l’adolescente. Elle le prit sans hésiter et ils allèrent rejoindre les danseurs sur la piste.

            Dans un coin de la salle, Hans souriait en voyant sa petite amie danser avec son frère. Tout irait bien pour eux. D’autres garçons surpris par la scène vinrent le voir.

« Eh Friedrich, tu laisses ta copine danser avec un prof ?

-Pourquoi je lui interdirais ?

-Bah, c’est ta copine.

-C’est ma petite amie c’est vrai. Je ne vais pas lui interdire de danser avec qui elle veut.

-Mais la c’est un prof. C’est Radus, enfin Zimong, d’après ce qu’a dit Tréveune tout à l’heure. Il n’a pas arrêté de l’observer depuis qu’il est arrivé. Tu as même failli te battre avec lui.

-Et je le regrette. Je ne vais pas interdire à Laura de danser avec son frère.

-Son frère ? »

Hans n’ajouta rien et partit vers le buffet.

            Pierrick et Chun souriait en voyant Thomas et Laura danser.

« Ils ont fini par se trouver, dit Chun.

-Oui, maintenant je ne m’inquiète plus pour Thomas. Il a de nouveau une famille. Et moi, j’ai de nouveau une raison d’aller de l’avant. »

Il plongea ses yeux dans ceux de Chun. Il devait vivre. Jamais il ne pourrait oublier Su. Mais elle appartenait à son passé. Chun était son présent et son avenir.

« Chun. Je voulais te dire quelque chose depuis longtemps, mais je ne m’en suis rendu compte que récemment que je le voulais. J’ai connu une longue période sombre. Mais lorsque tu es entré dans ma vie, j’ai revu enfin la lumière. Je ne pourrais jamais oublier mon passé. Mais il ne doit pas m’empêcher de vivre de nouveau normalement. Et cette vie, je voudrais la passer avec toi. Je t’aime. »

Pour toute réponse, Chun l’embrassa amoureusement.

 

            Loin des mangemorts, loin des combats, loin des mystères. Cet instant était le leur. Cette vie était la leur. Les Ténèbres reviendraient assez tôt. Elles revenaient toujours. Mais à cette heure, il leur semblait que la lumière l’avait totalement chassé. Comme une douce illusion que l’ombre pouvait disparaître. Aucun n’était dupe. Ils savaient tous que les Ténèbres ne peuvent qu’être repoussé et jamais détruites. Tout comme la Lumière. Un combat éternel.

            Rien n’est terminé…

 

 

FIN

 

 

 

Une fragrance de sang. Une vie de Ténèbres. Une souffrance éternelle. Un homme qui a vu la Mort. Un autre qui connaît son goût.

A suivre :

LE CORBEAU

 

LIVRE III

 

Ténèbres Ecarlates

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