Le Corbeau. Saison 1 par

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Side Story / Suspense / Action

38 VI Auror, Chasseur et Inconnu(s)

Catégorie: M
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            CHAPITRE VI : AUROR, CHASSEUR ET INCONNU(S)

 

            Yann Firvel entra dans un bâtiment anonyme. L’écriteau le désignait comme un simple centre de gestion de dossier d’une quelconque branche de l’administration. Personne ne posait jamais de questions sur leurs activités. Après tout, qui connaît la totalité des services publics d’un état de papier comme la France. S’ils savaient ce que faisaient véritablement ces hommes et femmes, que dirait le grand public ?

            Yann Firvel frappa à la porte d’un bureau et entra quand une voix masculine l’y invita. Il se retrouva face à un homme d’une quarantaine d’années d’allure autoritaire.

« Les Chasseurs sont à la poursuite d’une vampire ayant semble t-il commit un massacre à Londres, annonça le jeune homme. Pierrick Chaldo est à sa poursuite.

-Nous sommes au courant pour le vampire, dit le quadragénaire. La police lilloise a retrouvé un cadavre ce matin et un clochard a été agressé la nuit dernière. Mais lui est vivant.

-Je vois. Les britanniques n’ont pas prévenu le Ministère français. Ils ont envoyé un auror régler le problème sans leur en référer, contrairement au traité de la Convention Internationale des Mages et Sorciers.

-Que pensez-vous de la situation ?

-Je pense que Pierrick Chaldo est tout à fait capable de régler le problème, surtout s’il s’allie à cet auror. D’après ce que j’ai compris ce serait l’un des meilleurs.

-Chaldo est connu pour être un solitaire.

-Il a changé. Il n’est plus aussi sombre et  solitaire qu’avant.

-Quoiqu’il en soit, nous avons déjà pris des mesures pour que ce ou cette vampire ne s’en prenne plus à des innocents.

-Qui avez-vous envoyé ? demanda Firvel visiblement inquiet.

-Notre meilleur nettoyeur.

-Le Prêtre ? Vous êtes devenu fou ? Vous savez quel danger il représentante ? S’il tombe sur Chaldo ou sur l’auror ? Ou sur des innocents ?

-Ce n’est pas vous qui décidez lieutenant Firvel ! cria le quadragénaire. Je commande cette unité, mettez-vous ça dans le crâne ! Retournez faire votre travail. »

            Sans rien ajouter, Firvel sortit. Le quadragénaire attendit que la porte de son bureau se referme.

« Il est de plus en plus incontrôlable, dit-il.

-Nous le savions déjà, répondit une voix par l’interphone placé sur le bureau. Mais il est le plus à même de découvrir les secrets du Ministère de la Magie.

-Je crains qu’il ne ressente de l’amitié pour ce Chaldo et qu’il ne décide de le prévenir.

-C’est un risque à courir. Mais cela peut également nous donner un avantage. Tant qu’il n’avoue pas qui nous sommes.

-C’est vrai. Le problème c’est qu’il n’a pas tort. Le Prêtre risque de nous apporter plus de problèmes que de solutions. Espérons qu’il tombe sur Chaldo le plus vite possible. »

 

            Durant toute l’après-midi, Pierrick tenta de repérer l’auror. La plupart des sorciers ignorant totalement les usages de l’habillement moldu, ils se retrouvent généralement avec un patchwork de tenues souvent ridicules. Mais les membres des différentes unités anti-mages noirs, surtout ceux agissant sur le terrain lors d’investigations, reçoivent une formation pour se fondre dans la masse des populations. La tâche s’annonçait ardue pour le repérer.

            Lorsque le soir tomba finalement sur Lille, le Corbeau concentra son attention sur la vampire. Survolant la ville, il cherchait la créature de la nuit. Même s’il n’était pas un expert en ce genre d’être, il savait les reconnaître. La peau blafarde, des cheveux généralement blancs, seuls quelques rares représentant de cette espèce arboraient des cheveux d’un noir profond, des yeux brillant d’un éclat rouge, des canines proéminentes. Le Corbeau se sentait chez lui dans les Ténèbres nocturnes, il n’avait jamais eu peur du noir, même enfant. Mais pour une vampire c’était encore différent. Elle faisait parti de la nuit.

 

            Pierrick repéra un homme marchant calmement dans une ruelle sombre et sale. Marchant, boitant plutôt. Il se posa sur le toit de l’immeuble et reprit sa forme humaine. A son accoutrement, cet homme n’avait rien d’un quelconque SDF. Il semblait chercher quelque chose ou quelqu’un. Non, il suivait quelqu’un. Plus loin, à une centaine de mètre, quasi invisible dans la pénombre, une silhouette gracile se faufilait entre les ordures jonchant le sol. Etait-ce la vampire ?

            Pierrick allait s’élancer quand il sentit une présence dans son dos. Il sortit discrètement sa baguette et se retourna, menaçant. L’inconnu leva les mains en l’air en signe de paix. Pierrick ne baissa pas sa baguette pour autant et redoubla de prudence quand il approcha. Il ne le reconnu que lorsqu’il fut assez près.

« Yann Firvel, dit-il. Ça faisait longtemps.

-J’ai eu pas mal de chose à faire, sourit Firvel. Tu pourrais baisser ceci.

-J’ignore toujours pour qui tu travailles et dans quel camp tu es.

-Pour l’instant, dans le même que toi. Et quand à savoir pour qui je travaille, je suis venu ici sans en référer à mes chefs. Même si je suppose qu’il se doute de ce que je compte faire. Je suis venu te mettre ne garde.

-Contre quoi ?

-Tu poursuis une vampire, n’est-ce pas ?

-Je ne suis pas surpris que tu sois au courant.

-Et tu cherches aussi un auror qui poursuit cette même vampire. Mais vous n’êtes pas les seuls après elle. Il y a un troisième homme.

-Qui ?

-Il s’appelle Erasmus Fidonoff, surnommé le Prêtre.

-Pourquoi ?

-Parce qu’il est prêtre. C’est un ancien exorciste devenu totalement fou. Il est capable de massacrer à tour de bras tout ce qu’il considère démoniaque.

-C’est-à-dire ?

-Quasiment tout le monde. Sorciers, créatures magiques,…

-Tes employeurs doivent être fous pour lâcher un tel monstre dans la nature.

-Je me le demande. Si tu le croises, n’hésite pas, tue-le. Car lui n’aura aucune pitié.

-Pour l’instant, je crois avoir repéré l’auror et la vampire.

-Alors je te laisse.

-Quand saurais-je qui tu es vraiment ?

-Un jour sûrement. Un jour proche, je pense. »

            Pierrick se détourna de Firvel. Il vérifia que le boiteux et la fine silhouette était toujours là. Ils avaient avancé mais il les voyait toujours. Se jetant dans le vide en reprenant sa forme de corbeau, il vola jusqu’à un autre perchoir.

 

            L’homme s’était rapproché de la silhouette. De la où il se trouvait, Pierrick la voyait plus clairement, la peau diaphane, une longue et raide chevelure d’un blond presque blanc. Il ne voyait pas ses yeux mais il en était sûr : c’était la vampire. L’homme sortit quelque chose de sa veste, une baguette, c’était bien l’auror. L’anglais allait attaquer. Mais une ombre que même Pierrick n’avait pas remarquée se glissa d’un toit proche et s’interposa entre l’auror et sa proie. Ce nouvel arrivant était vêtu d’un ample manteau noir, une capuche lui cachant le visage. La vampire se retourna en criant un nom :

« Anton ! »

L’ombre, sans se retourner, cria quelque chose à la vampire dans une langue que ne comprenait pas le Corbeau. La vampire se mit à courir se retournant une dernière fois avant de disparaître à l’angle de la rue.

            L’auror lança un éclair rouge vers le nouveau. Ce dernier fit un saut surhumain pour passer au dessus de l’attaque et se retrouver au contact de l’auror. Il le désarma d’un geste et le repoussa en arrière dans un tas d’ordure.

            Pierrick décida d’intervenir. Il se laissa planer deux secondes au dessus avant de descendre en piquer sur l’homme encapuchonné. Le bruissement de plumes dans le vent attira l’attention de l’ombre au dernier moment, lorsque le chasseur reprit sa forme humaine pour le frapper d’un coup de pied en pleine tête. L’ombre parvint après une acrobatie à rester sur ses pieds. Sa capuche était retombée sur ses épaules. Son teint, bien que pâle était humain, ses yeux étaient noirs et ses long cheveux étaient d’un blanc pur. Il n’était pas vampire.

            Le Corbeau sortit sa baguette, prêt à combattre.

« Qui es-tu ? demanda t-il.

-Vous vous trompez de cible, dit l’homme aux cheveux blancs avec un fort accent du centre de l’Europe. Ce n’est pas elle qui a tué cette famille.

-Qu’est-ce qui me le prouve ? lança l’auror qui s’était relevé, un œil normal sur le nouveau et un œil magique pointé sur le chasseur.

-Si ce n’est pas elle, qui ? questionna Pierrick.

-Il est à moi, dit l’homme. Restez en dehors de cette histoire. »

L’homme sortit une boule de sous son manteau et la jeta au sol. Une vive lumière éblouit l’auror et le chasseur. Lorsque la lumière se dissipa, il avait disparut.

            Le chasseur et l’auror se tournèrent l’un vers l’autre, se menaçant de leurs baguettes.

« Qui t’es toi ? questionna l’auror.

-Pierrick Chaldo, Département des Chasseurs, section S. Et vous ?

-Les Chasseurs ! Comment êtes-vous au courant pour la vampire ?

-Je l’ai su par un informateur. Qui êtes-vous ?

-Alastor Moody, auror. Maintenant que les présentations sont faites, je dois reprendre ma poursuite.

-Vous n’en avez pas le droit Moody. Vous êtes en France ici, pas dans les Îles Britanniques. Vous êtes entré illégalement sur notre territoire. Si ça ne tenait qu’à moi, je vous laisserai partir, mais j’ai reçu l’ordre de vous ramener au Ministère.

-Fais attention petit, je ne sors pas de l’école. Ecarte-toi avant que je te fasse mal.

-Je ne suis pas non plus un amateur. Si vous m’attaquez, je répliquerai.

-Stupéfix ! »

L’éclair rouge fusa vers le Corbeau. Ce dernier ne broncha pas et l’éclair rebondit sur le bouclier qu’il avait dressé sans prononcé la formule à la grande surprise de Moody.

            L’auror savait maintenant qu’il n’avait pas affaire à un jeune chasseur sans expérience. Tout en conservant un visage totalement neutre, ce jeune homme avait utilisé un sortilège de bouclier sans le formuler et avec assez de puissance pour repousser son attaque. Extrêmement peu de gens en étaient capable. Moody lança un autre éclair de stupéfixion tout en se rapprochant. Le résultat fut le même. Mais étant maintenant assez proche, l’auror fit tournoyer sa robuste canne pour tenter de frapper le chasseur à la tête. Il savait que si la plupart des sorciers maîtrisaient le duel de magie, ils se retrouvaient désarmés en combat rapproché. Mais à la surprise de Moody, le jeune chasseur esquiva le coup en se baissant et par une vrille, lança son pied pour frapper d’un coup de talon derrière le crâne du vieux combattant. L’auror tomba sur le sol. Il voulut se relever rapidement pour reprendre le combat mais il s’arrêta en sentant la pointe de la baguette du Corbeau sur sa nuque. Son œil magique observa le visage de Pierrick, il était froid comme une nuit d’hiver. Moody avait l’impression que ces yeux avaient vu la mort aussi souvent que les siens. Mais qui diable était-il ?

            Moody laissa rouler sa baguette en signe d’abandon. Malgré tout, le chasseur ne bougea pas, menaçant toujours le vieil auror. Moody y reconnut son professionnalisme, toujours se méfier.

« Je te suis, dit Moody. Je me fais trop vieux pour ce genre d’exercice. »

Pierrick se recula et tendit une main vers l’auror pour l’aider à se relever. Moody savait qu’il était inutile de tenter la moindre chose, l’esprit du chasseur était toujours tendu vers lui.

« Pierrick Chaldo, dit l’auror en récupérant sa baguette qu’il glissa dans son manteau. Celui qu’on surnomme le Corbeau, n’est-ce pas ?

-A ce que j’ai entendu dire.

-C’est une perte de temps d’aller à Paris. Nous devons arrêter cet assassin au plus vite.

-L’affaire s’est compliqué bien plus que vous ne le pensez. Il n’y a pas que cet homme aux cheveux blancs. Nous avons besoin de plus de renseignements car je crois que vous aussi vous n’êtes pas de grands experts au sujet des Vampires.

-Ce ne serait pas le premier que j’éliminerai.

-Mais là il faut le poursuivre. Du temps de Voldemort, ils venaient presque vers vous. »

Moody était surpris. Ce jeune homme osait dire le nom du Seigneur des Ténèbres. Les deux sorciers transplanèrent.

 

            Perché au dessus de la ruelle, une silhouette encapuchonnée avait observé toute la scène. Un sourire sadique où pointaient quatre canines tranchantes se dessina sur son visage.

« Ça devient de plus en plus intéressant. »

 

 

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