Le Corbeau. Saison 1 par

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Side Story / Suspense / Action

40 VIII Les Vieux Tigres

Catégorie: M
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            CHAPITRE VIII : LES VIEUX TIGRES

 

            Chun se réveilla avec une odeur de café emplissant ses narines. Une tasse fumait devant elle quand elle ouvrit les yeux. Elle se redressa d’un coup pour voir qui l’avait déposé, espérant voir les yeux et les cheveux noirs de Pierrick. Mais elle fut légèrement déçue en voyant les cheveux blonds et les yeux verts de l’homme qui lui souriait. Elle sourit tout de même, remerciant Jonas Marus.

« Tu aurais dû rentrer chez toi, dit-il.

-Je voulais voir Pierrick, fit-elle. J’ai un mauvais pressentiment depuis hier. Il n’est pas rentré ?

-Si. Franck m’a dit qu’il était revenu vers une heure du matin.

-Quoi ?

-Il n’a pas voulu te réveiller d’après ce qu’il m’a raconté. Mais il est venu te voir. Regarde sur tes épaules. »

Chun remarqua la cape qui pesait sur ses épaules. Elle la reconnut comme celle de Pierrick.

« Quand je suis arrivé, Bran était là. On aurait dit qu’il veillait sur toi. Il est parti dés que je suis entré. »

            Chun avait toujours eut une étrange impression en présence de Bran. Le corbeau avait l’air d’être mu d’une intelligence supérieure à celle de ses congénères à plumes. Dés la première fois qu’elle le vit, le regard de l’oiseau lui fit l’effet d’une radiographie, la scrutant jusqu’à l’âme. Mais vivant maintenant dans le monde empli de mystère et de faits extraordinaires de la Magie, elle finit par se dire que l’énigme de cet oiseau faisait parti de ces subtilités qu’elle ne saisissait pas encore. Mais bizarrement, Pierrick ne lui avait pas expliqué. Parfois elle se disait que lui-même ignorait tout de ce volatile.

            « Tu vas finir par être en retard à ton travail, fit remarquer Jonas. »

Chun regarda sa montre, il était presque huit heures. Elle serait en retard. Alors pourquoi se presser ? Elle décida d’aller voir Franck pour savoir le contenu exact de leur discussion. Mais Franck Vinol n’était plus là, ayant décidé de rentrer s’octroyer quelques heures de sommeil. Chun ne trouva dans son bureau que la jeune Angelina Armose. La jeune fille avait l’air très fatigué, des cernes noirs creusaient ses paupières. En voyant entrer la jeune femme asiatique, Angelina n’esquissa pas un sourire et se contenta de faire un léger mouvement de tête par politesse. N’était-elle pas sa rivale pour le cœur de Pierrick Chaldo ?

« Que voulez-vous ? questionna la jeune fille.

-Franck n’est pas là ? fit Chun.

-Non, il est allé dormir.

-Et vous, vous ne dormez pas ?

-Je veux trouver un maximum de choses sur les Vampires. Il faut l’arrêter au plus vite. Au moins c’est utile.

-Que voulez-vous dire ?

-Je veux dire que je suis plus utile à faire ça que de rester à dormir.

-Si c’est pour moi que vous dîtes ça, je vous rappelle que je ne suis pas un chasseur. Je ne saurais même pas où chercher. La plupart de vos livres sont en latin ou en grec ancien, des langues que je ne connais pas.

-Je me demande parfois comment se fait-il que vous ayez découvert notre monde ?

-Par hasard. Si je ne m’étais pas intéressée à un assassin qui se trouvait être un mangemort recherché, je n’aurai jamais rencontré Pierrick.

-Et il ne vous a pas effacé la mémoire.

-Non.

-C’est bizarre. Et ce monde inconnu ne vous fait pas peur ?

-Parfois si. J’ai encore beaucoup à apprendre sur ce monde. Mais j’en fais parti, fit-elle les yeux flamboyants. J’y ai trouvé l’homme de ma vie et des amis. Je ne compte pas fuir. »

            Chun, les joues rosies de colère, sortit du bureau. Elle souffla en marchant dans les couloirs et ne s’arrêta que quand elle se retrouva près du bureau de Andreo Filipelli, l’agent d’accueil du Département des Chasseurs.

« Vous avez l’air énervé, dit-il.

-Oh, bonjour monsieur Filipelli, dit-elle. Excusez-moi.

-Ce n’est pas grave. Moi aussi il m’arrive de m’énerver. Qu’est-ce qui vous a mis dans cet état ?

-C’est cette fille, Angelina Armose.

-Ah oui, la nouvelle.

-Elle veut me voler Pierrick.

-Comment pourrait-elle voler un homme à une jeune femme aussi belle que vous.

-Merci.

-Pas la peine, à mon age, apprécier la beauté des jeunes femmes devient un des rares plaisirs de la vie. Mais ne dîtes pas ça à ma femme, sourit-il malicieusement. »

Chun sourit en réponse et prit congé, elle devait se rendre au travail.

 

            En arrivant au 36 Quai des Orfèvres, Chun fut accueilli par une question de la part de Jacques Mareau :

« Pourquoi es-tu en retard ?

-Bonjour, fit-elle. Excuse-moi, je n’ai pas entendu le réveil sonné.

-Tu étais chez Pierrick ?

-Non, il a travaillé toute la nuit. Pourquoi ces questions ?

-C’est la première fois que tu es en retard.

-Il en faut bien une. Est-ce que j’ai raté quelque chose ? »

            « Ainsi elle ne voulait pas dire où elle avait passé la nuit. Très bien, pensa Jacques. Alors je n’ai qu’à attendre. La journée n’est pas terminée. »

 

           Le soleil était haut depuis déjà plusieurs heures. Pierrick Chaldo et Alastor Moody avaient déjà fouillé tout le quartier. La fatigue se faisait sentir.

« Nous devons rentrer, dit le Corbeau. Nous n’avons quasiment aucune chance de les trouver de jour. Nous reviendrons ce soir.

-Je dois la trouver, protesta Moody.

-Si vous ne pouvez pas combattre vous ne servez à rien. Franck a peut-être trouvé de nouvelles informations. Nous reviendrons ce soir. »

Moody accepta car il se rendit à l’évidence que ce jeune homme avait raison.

            Ils transplanèrent au Département des Chasseurs où ils furent accueillis par Andreo Filipelli.

« Chaldo, tu as raté mademoiselle Yang-Li de peu, dit-il.

-Elle n’a rien dit ? demanda t-il.

-Non.

-Maldieu et Janis sont arrivés ?

-Oui. »

Filipelli regarda plus attentivement l’homme qui accompagnait le chasseur. Ses yeux s’écarquillèrent.

« Alastor Moody ! s’exclama t-il. Ça faisait longtemps.

-Andreo Filipelli ! fit Moody. Tu es encore dans les Chasseurs ?

-Plus ou moins, je m’occupe de l’accueil comme tu vois. C’est à toi qu’on pourrait dire que tu es encore en service. Et la retraite ?

-Bientôt je pense. Maintenant que Tu-sais-qui a disparu, je vais peut-être penser à ce qu’il reste de moi. Mais j’ai une dernière mission à remplir.

-Si tu fais équipe avec Chaldo, ça ne peut que bien se passer, c’est le meilleur élément des Chasseurs.

-Nous devons y aller, rappela Chaldo. »

            Pierrick et Alastor allèrent directement au bureau de Charles Maldieu. Quand ils entrèrent, Maldieu fit appelé Suzanne Janis.

            Moody connaissait Janis de réputation. Elle avait été une combattante hors pair et restait encore redoutable. Elle était l’une des rares femmes à avoir atteint le poste de chef de la section S. Moody savait que sa spécialité était les interrogatoires, elle était une extraordinaire legilimen.

            Les yeux de Moody se posèrent ensuite sur Charles Maldieu. Ce n’était pas la première fois que les deux hommes se rencontraient. La première fois, cela remontait à presque quarante ans alors qu’ils étaient tous les deux de jeunes et prometteuses recrues du combat contre les mages noirs. La première impression qu’eut Moody fut que Maldieu était intelligent, très intelligent. Peut-être trop. Mais surtout que cette intelligence avait quelque chose de dérangeante, comme-ci il était capable de tout pour atteindre son but. Même du pire. Moody n’ignorait pas que Maldieu avait grimpé les échelons à grande vitesse, devenant chef de la section S et ensuite du Département des Chasseurs en même pas vingt ans, alors que d’autres avec plus d’expérience et de scrupule auraient été plus à même d’occuper ces postes. Certaines rumeurs disaient qu’il avait participé à des expériences secrètes avec le Département Secret du Ministère français de la Magie il y a une quinzaine d’années. Ces rumeurs étaient nées à la suite de la mort mystérieuse du chef de la section S de l’époque et de plusieurs individus travaillant pour le Département Secret dont le fils d’un professeur de Beauxbâtons, mort quelques années après également. Moody avait beau se creuser la cervelle, il n’arrivait pas à se souvenir exactement du nom de cet ancien chef de section : Pierre Iccorvus. Quelque chose comme ça. Ni du professeur : Antoine Fados ou Fagos peut-être. Bref, il y avait beaucoup trop de mystères et de morts dans le sillage du directeur des Chasseurs au goût de Moody.

            « Alastor Moody, dit Maldieu en esquissant un léger sourire. Je ne m’attendais pas à te revoir un jour.

-C’est réciproque, fit Moody.

-A ce qu’il parait, on t’appelle MadEye maintenant. Je vois pourquoi.

-J’ai entendu dire que tu avais perdu un bras, mais je ne crois pas qu’on m’ait raconté les circonstances exactes. C’était il y a combien de temps, quinze ans je crois.

-Tu es toi-même très marqué par tes combats contre les mages noirs.

-Mais toi tu étais déjà chef de ce département. Comment t’y es-tu pris pour te retrouver en première ligne ?

-C’était un jour sombre. On n’a pas le temps de s’étendre sur ce sujet. De quel droit le Bureau des Aurors se permet d’envoyer en mission en France un des leurs sans demander l’autorisation au Ministère français ?

-Le Bureau n’a rien à voir là-dedans. Je suis venu de ma seule initiative.

-Scrimgeour est au courant ?

-Je suis en vacances.

-Officiellement. Mais officieusement tu poursuis un assassin sur le territoire français et ton Ministère ne nous a pas prévenu de la présence de ce tueur ici.

-Tu sais, l’administration…fit Moody d’une voix lasse.

-Tu sais, tu peux me dire la vérité. Je me fous de toutes ces histoires de paperasses. Tout ce que je veux c’est que ce vampire soit arrêter le plus tôt possible.

-Cette vampire.

-Donc c’est bien une femme.

-On en n’est pas sûr, dit Pierrick. Nous avons rencontré un homme qui a protégé la vampire. Il nous a dit que nous ne poursuivions pas le coupable. D’ailleurs, le fait qu’il y ait eut deux agressions suspectes avant-hier à Lille va dans le sens de la théorie selon laquelle il y ait deux vampires. Mais cet homme n’était pas un vampire. Le seul indice sur son identité est son image et son prénom : Anton. J’ai déjà confié ces éléments à Franck Vinol. »

Maldieu acquiesça et se tourna de nouveau vers Moody.

« Pourquoi poursuis-tu ce tueur jusqu’ici ?

-Je ne crois pas que ça te regarde, répliqua Moody.

-Je peux très bien te faire reconduire en Angleterre et ajouter en plus un rapport au ministre Erwan Riliam qui se fera une joie de demander des explications à Cornelius Fudge. Et tu dois être au courant qu’il ne faudrait pas que le Sanglier s’énerve. »

Moody comprenait parfaitement. Cornelius Fudge, nommé récemment Ministre britannique de la Magie était un lâche et un sot. Il n’était qu’un bureaucrate sans envergure s’appuyant sans cesse sur les autres, ne voulant pas s’écarter des sentiers battus et ne voulant surtout pas prendre des risques pour sa carrière.

            Erwan Riliam était tout autre. Le Ministre français de la Magie avait été nommé à ce poste pour ses prises de position draconiennes contre les mangemorts. Il était surnommé à juste titre « le Sanglier » à cause de sa volonté d’avancer sans jamais reculer, quelque soit la manière. Il était très intelligent et parvenait toujours à ses fins que se soit par la ruse ou par la force. Moody savait que les Chasseurs n’appréciaient que modérément leur ministre, sa politique sécuritaire allant à l’encontre de plusieurs principes qu’ils respectaient pour combattre les mages noirs de manière constructive et juste.

            Moody savait que si Fudge se retrouvait confronté à Riliam dans une lutte d’influence et de diplomatie, même teintée de protocole, il se ferait laminé dés le premier round. Il se décida donc à dire la vérité. Mais il n’était pas assez bête pour le faire sans condition.

« Je dirai tout à une condition, dit Moody.

-Je ne crois pas que tu sois en position d’exiger quoique ce soit mais je t’écoute, dit Maldieu.

-Je ne veux pas d’une aide massive des Chasseurs. Je ne ferai équipe qu’avec ce jeune homme, fit-il en désignant Pierrick.

-Accordé.

-Si j’ai décidé de poursuivre cette vampire, c’est parce qu’elle a massacré James Hill et sa famille.

-James Hill ! C’était un mangemort !

-Non, un auror infiltré. Je l’avais formé moi-même. Et avec le temps, quand je n’ai eu plus rien à lui apprendre, nous sommes devenu ami. Je connaissais chaque membre de sa famille, j’étais le parrain de Anna, sa fille. Quand j’ai vu ce que lui avait fait subir cette… »

Les mots refusaient de sortir de sa bouche. Comment qualifier ce monstre ?

« Je ne pouvais pas ne rien faire, finit-il.

-Je comprend, acquiesça Maldieu.

-Que vas-tu faire alors ?

-Te souhaité de bonnes vacances. Pierrick Chaldo te servira de guide dans ce département et dans la région de Lille. »

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