Le Corbeau. Saison 1

Chapitre 62 : XII Doutes et Suspicions

Catégorie: M

Dernière mise à jour 10/11/2016 06:54

            CHAPITRE XII : DOUTES ET SUSPICIONS

 

            Franck Vinol avait de nouveau passé une nuit blanche. A combien en était-il cette année ? Il l’ignorait et s’en moquait. En entrant au Département des Chasseurs, il savait à quoi s’en tenir. Ici, les horaires n’étaient pas toujours respectés. Mais comme dit le proverbe sorcier : « L’araignée attend la nuit pour mordre. ». Charles Maldieu était revenu tôt au bureau. Il l’avait croisé en allant à la salle de détente pour se servir une énième tasse de café. Lui non plus n’avait pas dormi. Tout en servant une tasse de café à l’agent de la section IRIA, il raconta être allé à Gardevie prendre des nouvelles de François Garde. Le professeur et ancien chasseur n’avait pas reprit conscience mais le médicomage lui avait assuré que ce ne serait qu’une question de jours. Garde n’était certes plus tout jeune mais il conservait une forme et une constitution physique que beaucoup de jeune gens de Beauxbâtons lui enviaient.

            Sitôt cet ersatz de petit-déjeuner prit, Vinol retourna à son travail. Il avait passé la nuit à étudier les archives des Sorciers ayant émigrés d’Allemagne en France dans les années 50 et étant restées depuis. Elles étaient assez peu nombreuses. Restaient à déterminer si elles avaient quitté leur pays pour avoir été inquiété par les Lebenwätchters ou pour d’autres raisons. Pour le déterminer, il avait envoyé un hibou au Quartier Général des Lebenwätchters pour leur demander une liste exhaustive des familles ayant été soupçonnées d’être des descendants des Druides germains. Le temps ayant passé, et depuis la disparition de Voldemort les autorités magiques allemandes ont fait savoir de par le monde qu’elles s’excusaient de leur attitude et demandaient aux familles ayant dues s’exiler de revenir. Leurs biens leur seraient rendus et une aide leur serait fournie pour reprendre pied dans la société magique allemande. Depuis cette appel, quelques familles de partout, y compris de France, étaient revenues en Allemagne.

            Ayant expliqué que les Chasseurs craignaient une agression d’une de ces familles par les mangemorts de Malgéus sans en dire plus, la liste arriva dés le matin. Il put se lancer sur un travail long et fastidieux de comparaison, uniquement aidé par son excellente mémoire. Une mémoire qui lui avait pourtant fait défaut en ce qui concernait les Friedrich. D’une certaine façon, il se sentait coupable de leur mort. Il ne laisserait pas d’autres familles être détruites par Malgéus.

            Quelque chose le dérangeait dans le récit rapporté de Pierrick. Il n’arrivait pas à mettre le doigt dessus mais il était sûr que quelque chose ne collait pas. Mais pourquoi Pierrick aurait-il menti ? Franck y réfléchit tout en comparant les noms de la liste des Lebenwätchters et celle qu’il avait fait cette nuit avec les familles d’origines allemandes. Il avait toujours eu cette faculté de pouvoir penser et réfléchir à deux choses à la fois. Il ne voyait que quelques raisons plausibles pour que son ami lui ait menti.

Premièrement : s’il était du côté de Malgéus. Non, cela collait encore moins. Dans ce cas, le sixième sens de Franck n’aurait pas décelé de mensonge. Surtout que Zimong et Garde était là. Et puis, Pierrick était un incorruptible. Un peu trop même parfois. Jamais, au vu de son passé, il n’aurait pu s’associer aux mangemorts. La haine qu’il leur portait allait même au-delà de la haine. Il les tenait pour responsables du climat d’insécurité pour la communauté magique en Chine durant les années soixante-dix et qui avait mené à son massacre par les Moldus. Et parmi les victimes figuraient ses amis de l’Institut Céleste, mais surtout ses parents et sa petite amie Su. Non. Cette théorie ne collait vraiment pas.

            Deuxièmement : et s’il ne faisait plus confiance aux Chasseurs. Il ne fallait pas parler du Ministère qui était encore un vrai panier de crabes à même pas un an de la chute de Voldemort. Mais les Chasseurs avaient toujours gardé une certaine intégrité. Il est vrai que certains chasseurs étaient passés à l’ennemi et certains avaient même profité de leur place dans le département pour espionner. Mais ils furent tous découverts et arrêtés ou éliminés. Pierrick craignait-il qu’il reste un espion au service de Malgéus ? Cette théorie était hautement probable. C’était sûrement la raison de son mensonge. A vrai dire, Franck n’en voyait pas d’autre. Cela pouvait tout expliquer.

            Si c’était le cas, Pierrick devait avoir caché Hans Friedrich dans un lieu connu de lui seul. Et vu qu’il n’en avait pas parlé à Franck ni à Jonas, cela voulait dire qu’il n’était pas sûr à 100% d’eux.

« Normal, se dit Franck. A sa place aussi je me méfierais de tout le monde. »

Maintenant, en considérant que cette théorie était vraie, il fallait démasquer l’espion et savoir ce qui s’était réellement passé à Beauxbâtons. Pour l’Académie, il suffisait de joindre Thomas Zimong. A moins qu’il ne soit dans la confidence, dans lequel cas, il ne dirait rien. Pour l’espion, il ne pouvait compter que sur lui-même. Il se pencherait d’abord sur le cas de Jonas Marus. Il était celui qui lui semblait le moins suspect.

            La porte des archives s’ouvrit. D’habitude personne de la section ne vient aussi tôt se perdre dans ces rayonnages, à moins d’avoir une recherche urgente à faire. Franck se tourna vers l’entrée et découvrit non pas un mais deux individus entrants. Le premier, ou plutôt la première riait avec un grand sourire, un sourire ravageur qui faisait que beaucoup se demandait pourquoi la jeune femme l’arborant était encore célibataire. De plus, ses tresses africaines et la couleur savoureusement sombre de sa peau la rendait irrésistible. Florence Nana riait visiblement d’une plaisanterie qu’avait dite avant de pousser la porte l’homme qui le suivait. Il avait des cheveux blonds mi-longs et des yeux verts. Il portait dans ses mains deux tasses de café fumantes. Florence en avait aussi une.

            Jonas Marus repéra immédiatement Franck et vint poser une des tasses devant lui avant de lui serrer la main. Il avait des yeux fatigués, signe que lui non-plus n’avait pas dormi. Au contraire, Florence était en pleine forme. Jonas s’assit en face de Franck, Florence préféra rester debout. Il se frotta ses yeux de lassitude et avala une gorgée de café.

« Alors ? fit-il.

-J’ai trouvé quelques noms de cibles potentielles, dit Franck. Mais je n’ai pas encore fini de comparer les listes.

-Tu es sûr que les Lebenwätchters ont donné une liste complète ?

-Je pense. Les allemands veulent se racheter auprès des familles qu’ils ont persécutées pour rien. Dans leur courrier, il y a même un mot d’Adolf Roshfell nous demandant de le tenir au courant et de dire aux familles qu’ils nous ont aidés.

-Le ministre allemand de la magie en personne ! Et bien !

-Et de ton côté ?

-Je n’ai jamais vu les mangemorts aussi discrets. Ils ont tout cloisonné. Aucune information n’a filtré par les réseaux habituels. J’ai fouiné partout. J’espère que Pierrick a trouvé quelque chose. Des nouvelles de lui ?

-Non. Mais tu le connais, il peut disparaître durant des heures voir des jours sans donner de nouvelles.

-Avant oui. Mais maintenant qu’il a Chun, je pense qu’il a changé. D’ailleurs je trouve bizarre qu’elle ne soit pas passée pour avoir des nouvelles.

-Elle viendra sûrement aujourd’hui.

-De toute façon, vous ne pourrez rien lui dire, dit Florence. Elle n’est pas du département, elle n’est même pas sorcière. »

Jonas et Franck échangèrent un sourire. Florence ne mit pas longtemps à comprendre.

« Quoi ! Vous allez lui dire !

-Chun est policière chez les moldus, dit Jonas.

-Oui, chez les moldus, pas chez nous.

-Elle a déjà été mêlé à plusieurs de nos affaires. C’est même comme ça qu’elle et Pierrick se sont rencontrés. Nous ne lui avons jamais rien caché. Sauf deux ou trois détails peut-être. Et encore, elle est assez intelligente pour avoir compris toute seule.

-Mais c’est une atteinte au secret de notre profession.

-Tu ne la connais pas, ajouta Franck. Elle est fiable. Si elle n’avait pas été là durant l’affaire Sazeau, certaines choses nous auraient sûrement échappés.

-Je comprends mais je ne crois pas qu’il faille la mêler à tout ça.

-Tout ce qu’on fait, c’est la tenir au courant. Elle sait qu’elle ne doit pas s’en mêler. »

            Florence n’ajouta rien de plus. Elle finit son café et sortit en disant qu’elle avait du travail à faire. Jonas se laissa aller sur la table.

« Et bien ! s’exclama t-il. Elle est belle et sympa, mais je ne la voyais pas aussi suspicieuse.

-Tu veux dire qu’elle ferait une bonne recrue pour la section S, dit Franck en recommençant à potasser ses listes.

-Oui. Elle a les nerfs et des capacités intellectuelles au dessus de la norme. Au niveau physique, c’est bon aussi. Faudra juste qu’elle apprenne à contrôler un peu plus ses émotions. C’est primordial de garder son sang froid dans notre partie du travail. Je pense qu’elle y arrivera. D’ailleurs, je pense la recommander.

-Oh ! Je vois.

-Tu devrais te présenter toi aussi un jour.

-Je ne suis pas un homme de terrain. Je suis assez bon quand il s’agit d’analyser une situation quand je suis entouré de livres et de rapport. Mais pour de l’investigation sur le terrain ou un combat, ce n’est pas la même chose.

-Tu t’étais pourtant bien battue lors de la bataille au Département Secret au mois de janvier.

-La nécessité. »

            Franck se souvenait de ce jour. Il s’était battu et avait même dû tuer un de ses adversaires. C’était la première fois qu’il tuait au combat. Il espérait que se serait aussi la dernière, mais son sixième sens, en lequel il avait toute confiance par l’expérience, lui disait qu’il devrait encore se battre dans un avenir de plus en plus proche.

            Franck devait déterminer au plus vite s’il pouvait faire confiance en Jonas. Ils étaient amis depuis des années mais cela ne suffisait pas. Une erreur de jugement serait fatale. Il décida de commencer par prêcher le faux pour avoir le vrai.

« Je me demande ce qu’ils font à Hans Friedrich en ce moment, dit-il.

-Connaissant les mangemorts et surtout Névris, je n’aimerais pas être à sa place. Ils ont dû lui dire pour sa famille. Rien que ça, ça a dû le briser. D’après Pierrick, il devrait être assez fort pour se rendre compte qu’il ne faut pas les aider. Mais ils connaissent des tortures inimaginables.

-Tu as l’air de bien les connaitre.

-Pour pouvoir les débusquer, il faut les connaître à fond. Penser comme eux. Les samouraïs disaient : « Un guerrier s’occupe de ses amis mais encore plus de ses ennemis ».     Ce n’est pas forcément joyeux, mais en les connaissant on peu anticipé sur leur mouvement. D’ailleurs, je trouve bizarre qu’ils continuent à chercher le dernier druide comme ils disent.

-Quoi ? Je croyais que tu n’avais rien trouvé.

-Cette affaire concerne directement l’affaire Malchauzen, je ne pouvais pas en parler devant Florence même si je ne pense pas qu’elle soit du genre à le crier sur les toits. Et puis, ce que j’ai découvert cette nuit m’a fait parvenir à une conclusion.

-Quoi ? Qu’as-tu découvert ?

-Les mangemorts continuent de rechercher Hans Friedrich. Ils ne l’ont pas, il leur a échappé cette nuit. Et pourtant Pierrick nous a dit que Névris l’avait enlevé. J’ai donc deux hypothèses. Premièrement : Névris l’a enlevé et Hans s’est échappé après. Je ne pense pas que ça soit plausible car Névris est bien plus puissant et expérimenté que Friedrich, et surtout, il serait assez intelligent pour nous faire savoir où il est. Un simple sortilège et la Trace nous dira où il se trouve. Maldieu ayant demandé au Département des Usages Abusifs de la Magie de nous prévenir au cas où un sorcier mineur serait repéré en dehors de l’Académie.

-C’est vrai qu’il n’a dix-sept ans que dans quatre jours.

-Deuxièmement : et si Pierrick avait réussi à sauver Hans Friedrich mais que pour une certaine raison, il ne veut pas que nous soyons au courant et même que nous croyons qu’il est entre les mains des mangemorts.

-Pourquoi ?

-Parce qu’il croit qu’il y a un espion parmi nous. Il nous compte même parmi les suspects. D’ailleurs, ça m’avait déjà effleuré l’esprit.

-Comment ça ?

-Lorsqu’on a su qu’il s’agissait de la famille Friedrich, tu as eu du mal à trouver le dossier d’archive, n’est-ce pas ?

-Oui.

-Je pense que quelqu’un l’a consulté et l’a caché pour nous ralentir. Juste assez de temps pour prévenir Malgéus et qu’il s’en prenne à eux.

-Et si c’était moi qui l’avais planqué.

-Tu n’es pas l’espion.

-Comment peux-tu dire ça ?

-Tu es vraiment champion pour analyser une situation, mais en ce qui concerne la personnalité humaine, tu as des progrès à faire. Tu manques d’instinct de ce côté là. Tu ne peux pas être l’espion, tu es né-moldu et je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi droit. A vrai dire je t’admire pour ça. Tu as des facultés de réflexion que je t’envi. D’ailleurs, tu es entrain d’analyser tout ce que je dis pour savoir si ce n’est pas moi l’espion car je pense que tu étais arrivé à la même conclusion. »

            Franck était abasourdi. Alors comme ça, Jonas le connaissait aussi bien. Franck comprit maintenant que Jonas était encore plus instinctif que lui. L’expérience du terrain et de l’investigation avait développé chez lui un talent naturel pour jauger les gens. Voila pourquoi il était l’un des meilleurs agents de la section spéciale. Franck sourit, il ne pouvait pas être un espion. Il n’aurait jamais parlé ainsi sinon.

« Oui, je le reconnais, finit-il par dire. C’est pourquoi je pense qu’il faut que tout reste entre nous maintenant. J’ai fini de comparer les listes. Mais avant de s’attaquer à ça, je pense qu’il faut d’abord passer par Beauxbâtons.

-Pour savoir ce qui s’y est réellement passé.

-Oui.

-Alors allons-y tout de suite. »

            Franck rangea les dossiers en prenant soin de garder avec lui la liste des Lebenwätchters et le papier sur lequel il avait noté les noms et adresses des familles correspondant à sa recherche. Ils sortirent de la salle des archives d’un pas décidé. Une fois la porte fermée, un papillon de couleur d’écorce descendit du plafond où il s’était posé depuis plusieurs minutes.

 

            Jonas et Franck transplanèrent au village de Toutalair. Ils se rendirent ensuite à l’entrée du domaine académique. Le concierge ayant été tué durant l’infiltration des mangemorts, ils tombèrent sur deux hommes de la Police Magique. Pour être exact, ils appartenaient à l’Unité d’Intervention. Maldieu avait fait appel à Dakus pour protéger l’Académie en prétextant que les Chasseurs devaient conserver toutes leurs forces en réserve dans l’hypothèse probable d’une future opération d’ampleur. Il n’avait pas donné de plus ample détail malgré l’insistance de Dakus. Les policiers prirent leur temps pour examiner les cartes d’identification des chasseurs. Une certaine forme de rivalité existait entre le Département des Chasseurs et celui de la Police Magique. Rivalité exacerbée par les demandes incessantes du ministre Erwan Riliam auprès de Maldieu pour le forcer à travailler plus étroitement avec le Bouffeur de Cadavre comme était surnommé Dakus. Ancien chasseur, il fut renvoyé pour avoir à plusieurs reprises tué des mangemorts sans aucune raison. Erwan Riliam le nomma chef de la Police Magique.

            « Ces cartes m’ont l’air fausse, dit un des policiers.

-Soit tu nous laisse entrer, soit je te fais bouffer tes dents, dit Jonas avec un détachement glacial, comme-ci il parlait de la météo.

-J’aimerais bien voir ça.

-Qu’est-ce que vous foutez ? lança une voix. »

Jonas reconnu les cheveux blonds très courts et les yeux bleus sur un visage émacié d’Albert Chergnieux. Un ancien chasseur de la section AI ayant démissionné quand Pierrick Chaldo lui fut préféré pour un poste à la section S malgré son ancienneté et son expérience. Depuis, une rivalité était né entre eux. Bien que Jonas pensait que seul Chergnieux voyait leur relation ainsi. Pierrick devait s’en moquer totalement.

« Salut Albert, salua Jonas. Tu peux dire à tes mecs de nous laissé passer avant que je décide de forcer le passage.

-Qu’est-ce que vous venez faire ici ? questionna Chergnieux.

-Un besoin d’éclaircissement sur ce qui s’est passé cette nuit. Tu n’as pas besoin d’en savoir plus. »

Chergnieux toisa les deux chasseurs un instant puis ordonna aux deux policiers de les laisser passer.

            Jonas remercia ironiquement les deux gardes avant de s’éloigner avec Franck. Chergnieux et les deux autres policiers les regardèrent se diriger vers le palais un moment.

« Il m’a menacé ce con, lâcha un des gardes. Je lui aurais montré qui je suis moi.

-Alors j’ai sauvé tes dents, fit Chergnieux. Jonas Marus est l’un des meilleurs de la section S. Il t’aurait dégommé en une seule pichenette. Tu ne l’aurais même pas effleuré.

-Il ne faut pas me sous-estimer.

-Tu es énervé, n’est-ce pas ?

-C’est cet enfoiré qui m’a foutu les nerfs.

-Tu n’as pas remarqué. Lui, il est resté parfaitement calme. Il t’avait déjà jaugé depuis longtemps. A tes mouvements, ta manière de parler. Il savait que tu n’étais pas une menace pour lui. On apprend ça durant la formation à la section AI, mais il faut des années pour le maîtriser comme lui. »

 

            Jonas et Franck se rendirent directement à l’aile des appartements des professeurs. Jonas frappa à la porte de Thomas Zimong. Il était pas loin de sept heure du matin. Il devait forcément être levé, les cours commençant à huit. La porte s’ouvrit. Thomas les fit entrer en leur demandant de ne pas faire de bruit car Laura dormait dans sa chambre. D’après les couvertures en boules sur le canapé, le professeur avait dormi sur le canapé.

« Elle va bien ? demanda Franck.

-Elle a mis du temps à s’endormir, répondit Thomas. J’ai dû lui dire pour la famille à Hans. Elle s’inquiète pour lui. C’est normal.

-On voudrait justement te parler de ce qui s’est passé cette nuit, dit Jonas. Ou plutôt avoir quelques précisions.

-Asseyez-vous. Du thé ?

-Non merci, j’ai déjà pris deux café ce matin, refusa Franck.

-Avec plaisir, accepta Jonas. »

            Thomas servit deux tasses et en tendit une à Jonas. Il attendit les questions des chasseurs bien que ne comprenant pas pourquoi il venait lui demander des précisions. Pierrick devait avoir fait un rapport complet sur la nuit.

« Tu as vu Névris enlevé Friedrich ? demanda Marus.

-Non, j’étais avec François à ce moment la, il était KO. Vous avez des nouvelles d’ailleurs ?

-Il en a pour plusieurs jours à dormir et encore plus à se reposer mais sa vie n’est pas en danger, renseigna Franck.

-Tant mieux. Pour en revenir à la question. Névris s’est enfui par la fenêtre de la chambre de Hans. Pierrick voulait le poursuivre mais je lui ai dit qu’il fallait d’abord s’assurer que Hans était en sécurité. C’est la qu’on a découvert les mangemorts et François.

-Les mangemorts étaient hors combat avant votre arrivée ?

-Oui. En fait d’après les élèves, François a été mis hors combat par les mangemorts et Yann Firvel est apparu et les a tous assommés.

-Qui ? firent en même temps les deux chasseurs.

-Yann Firvel, un ami de Pierrick si j’ai bien compris. Vous ne le connaissez pas ?

-Non, répondit Jonas. »

Franck restant silencieux, les deux autres se tournèrent vers lui.

« Durant l’affaire des vampires, Pierrick m’a demandé de faire une recherche discrète sur un certains Yann Firvel, avoua t-il. Ça devait rester entre nous. Il ne m’a laissé qu’une image de lui. Rien de plus. Je n’ai rien trouvé du côté magique. J’allais commencer à cherché du côté moldu quand cette affaire a commencé.

-J’ai eu l’impression de l’avoir déjà rencontré il n’y a pas si longtemps, dit Thomas. Yann Firvel aurait assommé Hans et l’aurait emmené avec lui malgré les élèves qui ont essayé de l’en empêché.

-Et si ce Yann Firvel était un mangemort et avait enlevé Friedrich, proposa Jonas.

-C’est possible mais je ne crois pas, dit Franck. Pierrick voulait savoir qui il était mais ne semblait pas croire du tout qu’il était du côté de Malgéus. C’est lui qui l’a prévenu pour l’attaque du Ministère en janvier. S’il est un mangemort, il n’appartient pas au groupe de Malgéus.

-Celui de Janus alors, dit Thomas.

-Qui ?

-C’est Névris qui en a parlé. Il n’a pas donné de détail à son sujet. Même Pierrick ignorait de qui il parlait.

-Cette affaire est tellement compliquée qu’elle m’en donne mal au crâne ! s’exclama doucement Jonas. Au lieu de s’éclaircir, ça se complique encore. Qu’est-ce que Pierrick pensait de ce Firvel ?

-Il a dit qu’il ne savait pas s’il pouvait lui faire confiance. Mais j’avais l’impression qu’il y avait un certain lien entre eux.

-Qu’est-ce que t’en penses Franck ?

-Il a aidé Pierrick lors de l’affaire des vampires, raconta Franck. Pierrick sait jauger les gens aussi bien que toi, voir mieux. Je pense qu’il a encore quelques doutes mais il sait qu’il n’est pas un ennemi. Ils ont dû cacher Friedrich quelque part. Car une chose est sûre : Yann Firvel n’est pas du Ministère. Reste à savoir qui il est.

-J’aimerai surtout avoir des nouvelles de Hans, ajouta Thomas.

-Aucune inquiétude de ce côté la. Si Pierrick est avec lui, il est protégé par le meilleur.

-Va dire ça à ma sœur qui en est amoureuse.

-Pour sa propre sécurité, il doit rester cacher. Nous allons te laisser.

-Vous allez retrouver Pierrick, n’est-ce pas ?

-Non.

-Ne me mentez pas. Dîtes-lui que je veux être au courant. »

 

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