Le Corbeau. Saison 1 par

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Side Story / Suspense / Action

66 XVI Memoris

Catégorie: M
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            CHAPITRE XVI : MEMORIS

 

            Pierrick regardait par la fenêtre, guettant le retour de Hans Friedrich quand il vit un éclair rouge illuminer faiblement les bois. Il appela immédiatement Yann Firvel et les deux hommes se ruèrent dans la forêt. Entre temps, d’autres éclairs avaient lézardé l’obscurité nocturne. Lorsqu’ils arrivèrent à la clairière, ils découvrirent Hans, la baguette à la main pointé vers Thomas en tenue de yexingke. Le sabre du professeur de défense contre les forces du mal était planté dans le sol à quelques mètres. Juste devant Thomas, une jeune fille au teint pâle et aux cheveux sauvages se tenait debout. Son regard vide et blanc semblait observer la scène avec un désintérêt proche de l’effacement total. Pierrick et Yann comprirent que l’adolescent avait utilisé sa magie. Le Ministère français de la Magie savait donc qu’un mineur se trouvait en dehors du domaine académique de Beauxbâtons. Et donc, si espion il y avait, lui aussi sûrement.

            Pierrick, la baguette à la main, s’avança vers les protagonistes de cette étrange pièce de théâtre improvisée. Il obligea Hans à baisser sa baguette d’une main. Le jeune homme parut remarquer seulement maintenant la présence du chasseur.

« Je t’avais dit de ne pas utiliser ta magie, dit Pierrick.

-Je devais arrêter le professeur Zimong, se justifia Hans. Il allait finir par la tuer. Je crois qu’elle ne nous veut pas de mal.

-Dans le genre de situation où nous sommes, croire est insuffisant. Il faut être sûr. Et toi Thomas, que fais-tu là ?

-J’ai l’impression que je fais ton travail, répliqua sèchement le dragoniar sans lâcher Marion Locca des yeux. Tu n’étais pas censé le protéger ?

-Il avait besoin de sortir prendre l’air. Dans sa situation, je comprends pourquoi.

-Il pleurera plus tard. Je suis venu ici par le plan astral et j’ai repéré cette fille qui se rapprochait de lui. J’ai vite regagné mon corps et suis venu. J’ai même laissé Laura sans explication. Elle doit encore plus inquiète maintenant.

-Maintenant, nous allons devoir changé d’endroit et au plus vite. »

Yann Firvel s’était avancé lui aussi. Il se désintéressait totalement de la conversation entre Thomas et Pierrick. Il fixait Marion Locca. Cette dernière tourna ses yeux laiteux vers lui.

« Marion Locca, dit-il. Appelé plus souvent par le sobriquet White Ghost. Cela faisait longtemps qu’on ne s’était pas vu. Mais tu es assez difficile à voir.

-Yann Firvel, souffla t-elle. Nos chefs te soupçonnent de les trahir. C’est la vérité.

-Et en bon petit soldat que tu es, tu leur as déjà tout dit.

-Non. »

La négation surpris Firvel. Il n’était habitué à se tromper sur les gens. Et cette fois-ci, la dernière personne qu’il s’attendait à voir désobéir avouait ne rien avoir rapporté aux dirigeants du 13ème Bureau.

« Tu n’as pas eu le temps ? questionna t-il.

-Non, ce n’est pas ça. Je ne veux pas leur dire.

-Pourquoi ?

-Car je ne le dois pas. Car je peux avoir ma chance moi aussi.

-Ta chance ? Quelle chance ?

-Celle de reprendre ma vie. »

Yann dégaina son pistolet en un instant et le braqua sur la jeune fille.

« Ne me fais pas rire ! s’exclama t-il. Tu n’as plus de vie depuis que tu as tué ton propre père. Tu n’es rien d’autre qu’un fantôme dans ce monde. »

Loin d’être impressionné par l’arme pointée sur elle, Marion resta impassible. Yann Firvel allait tirer, elle le savait. C’était un des futurs les plus plausibles pour le moment. Etait-ce ainsi que tout devait se terminer pour elle ? Etait-ce son destin ?

            Marion acceptait son sort sans se révolter. A quoi bon ? Sa vie n’avait duré que huit ans. Autant dire qu’elle n’avait rien vécu. Et puis une ombre passa devant elle, lui cachant Firvel. Quelque chose qui n’était pas arrivé depuis des années se passa dans sa tête : elle ressentit de la gratitude pour avoir été sauvé. Mais par qui ? Elle identifia son protecteur et ce fut la surprise qui la gagna. Encore un sentiment qu’elle n’avait pas ressenti depuis longtemps. De tous les futurs possibles, c’était l’un des plus improbables qui se déroulait. Son protecteur n’était autre que Thomas Zimong.

« Que fais-tu ? interrogea Yann.

-Je ne savais pas qu’on se tutoyait, dit Thomas comme c’il parlait du temps qu’il fait. Mais je préfère moi aussi. Vu que l’on s’est déjà battu l’un contre l’autre il y a quelque temps.

-J’ais fait exprès de tirer à côté ce jour là. Je ne t’aurais pas blessé.

-Je suppose. Ce n’était pas ton but à ce moment là. Pas comme maintenant envers cette jeune fille.

-Tu peux me croire, elle n’a rien d’une jeune fille. C’est un fantôme vivant.

-Sur quoi te bases-tu pour la juger ?

-Sur ses actes. Elle obéit à mes chefs sans se poser la moindre question. La filature et l’espionnage sont ses spécialités. Mais elle sait aussi tuer. Elle l’a déjà fait.

-Et alors ? Cela te donne t-il le droit de la tuer maintenant ?

-Elle est là pour surveiller mes faits et gestes. Bientôt, elle aura sûrement l’ordre de m’éliminer. Je préfère la tuer d’abord.

-Alors il faudra que tu me tues avant.

-Tu voulais la tuer il y a à peine quelques minutes !

-J’ai changé d’avis. Hans à raison je pense. Elle ne nous veut pas de mal.

-Je n’ais pas confiance en ton jugement.

-Pas plus que moi dans le tien. Alors tue-moi. »

            Yann Firvel garda son pistolet levé durant encore de longues secondes. Hans n’osait même pas bouger tellement la tension était palpable entre les deux hommes. A côté de lui, Pierrick observait la scène en silence. Puis, Yann baissa enfin son arme.

« Tu en prends la responsabilité ? fit-il.

-Oui, acquiesça Thomas.

-OK. Je te fais confiance parce que tu es un ami de Pierrick. Mais promets-moi de ne pas la laisser survivre si elle nous fait un coup par derrière.

-Je te le promets. Je la tuerais moi-même si j’ai le moindre doute sur elle. »

Firvel rengaina son arme et se détourna du dragoniar pour faire face à Hans. Thomas se tourna vers la jeune fille. Il plongea ses yeux redevenus marron dans ceux demeurés blancs de la jeune fille. Il esquissa un léger sourire et tendit la main vers elle.

« Tu t’appelles Marion, n’est-ce pas ? Moi, c’est Thomas. »

La jeune fille resta figée de surprise. Mais personne ne le remarqua car aucune émotion ne marquait son visage. D’abord imperceptiblement, sa main se leva. Puis elle se logea dans celle de Thomas.

« Il a la main chaude, pensa t-elle. »

Elle ne se rendait pas encore compte que cette chaleur n’était que la première d’une longue série.

            Un hululement attira l’attention de Firvel qui ressortit son arme. Il scrutait les alentours, imité par Pierrick. Ils s’étaient tous les deux placés autour de Hans.

« Qu’est-ce que disent tes guetteurs ? demanda le Corbeau.

-Des types nous encerclent, répondit Yann. Je crois qu’on a sous-estimé l’espion de Malgéus.

-Combien sont-ils ?

-Environ une trentaine. Malgéus le veut vraiment le dernier druide.

-Je vais les attirer à moi. Pendant ce temps, emmène Friedrich ailleurs.

-Au niveau planque, je suis un peu à court.

-Alors il vaut mieux qu’il retourne à l’Académie. Thomas, tu as entendu.

-Oui, fit le dragoniar qui avait récupéré son sabre.

-Ne le laissez pas seul une seule seconde.

-Tu es sûr de vouloir rester seul ? demanda Yann. Je sais que tu es fort mais tout de même !

-C’est la meilleure solution.

-C’est vrai. Mais pas besoin d’être deux pour emmené le gosse. Je reste avec toi. Et puis, j’ai une mauvaise réputation à Beauxbâtons depuis la nuit dernière.

-Il a raison, dit Thomas. J’emmène Marion avec moi aussi. Elle a l’air de… »

Il ne put finir sa phrase, un éclair rouge le percuta de plein fouet, le projetant au sol. Thomas resta inanimé, stupéfixé.

            S’avançant dans la clairière, un homme âgée, les cheveux blancs et les yeux délavés mais pas aussi purs que ceux de Marion, tenait sous la menace de sa baguette le Corbeau et Firvel. A sa suite, les autres mangemorts surgirent des buissons. Pierrick Chaldo reconnut immédiatement le meneur. Cette fois-ci, il s’était déplacé en personne.

« Malgéus, souffla Pierrick.

-Pierrick Chaldo, soupira Malgéus. Cela faisait quelques mois que nous ne nous étions pas vus. Mais j’ai continué à t’observer malgré tout. Tu aurais pu trouver l’assassin de Sazeau bien plus tôt je pense. Par contre, quelle traque bien mené dans l’affaire de vampire de cet été !

-Venant de toi, ce genre de compliment ne me fait rien.

-Tu préfères sûrement quand ils viennent de Chun Yang-Li. Quelle charmante jeune femme. Ne t’en fais pas, je ne m’en suis pas pris à elle. Pas encore.

-Tu ne l’approcheras jamais. Les morts ne peuvent porter atteinte aux vivants.

-Ainsi tu veux me tuer. Moi, je n’ai aucunement cette attention vis-à-vis de toi. Je pense que tu feras bientôt parti de mes fidèles.

-Jamais.

-Les Moldus disent qu’il ne faut jamais dire jamais. Mais en attendant le jour où tu choisiras de me rejoindre, je vais déjà emmener avec moi ce jeune homme.

-Venez donc me chercher ! hurla Hans. Vous… vous avez tué toute ma famille ! Assassin !

-Si j’en crois le récit de Névris, ton père s’est montré très peu coopératif. Ce qui a provoqué la mort de ta mère puis de ta sœur. Mais avant que ta petite sœur ne sois tuée, il a avoué ne rien savoir mais que toi, tu savais sûrement. Et en dernier, ce fut son tour.

-Espèce de monstre ! cria Hans une fois de plus, des larmes de rage et de tristesse coulant de ses yeux.

-Tu pleurs. Espèce de petit garçon pleurnichard. Seuls les enfants pleurent.

-Malgéus, lança Pierrick. Si tu veux te battre, approche.

-Voyons quels sont tes progrès, sourit le vieux mage noir. »

            D’un seul geste, il ordonna à ses hommes d’attaquer. Pierrick dressa immédiatement un bouclier pour protéger Yann et Hans des sortilèges. Certains maléfices ricochèrent sur la protection et vinrent mettre hors de combat certains tireurs. A l’extérieur de la protection, Marion s’était approchée de Thomas inconscient. Les éclairs la traversaient sans la toucher. Lorsqu’elle se releva, elle disparut sans laisser de trace. Elle réapparut juste derrière un mangemort. Sa main passa à travers les os du crâne. Le mage noir se figea sur place, comme électrocuté. Il s’effondra mort. Son compagnon eut à peine le temps de se tourner vers la jeune fille qu’elle fit un mouvement pour faire traverser la poitrine de sa main d’un geste circulaire. L’ennemi poussa un rauque en tombant à son tour.

            Pierrick profita de la panique engendrée par la démonstration de Marion Locca pour baisser son bouclier. Avant de se lancer à l’attaque, il ordonna à Yann d’emmener Hans à l’abri. Yann pointa son pistolet et fit feu plusieurs fois. Plusieurs mangemorts s’écroulèrent, mortellement touchés. Yann saisit le bras de Hans et le tira vers les arbres. Mais une silhouette aux yeux délavés apparut devant eux. Yann tira sur Malgéus à plusieurs reprises mais le vieux sorcier arrêta les balles en dressant un bouclier sans faire le moindre mouvement. Yann se rendit compte qu’il faisait face à un sorcier possédant le plus haut degré de maîtrise en matière de sortilèges informulés qu’il n’avait jamais rencontré. Il n’avait qu’une seule option : fuir. Il saisit plus fermement le bras de Hans mais au moment de transplané, il ressentit une étrange sensation. Il se sentait comme cloué au sol, incapable de bouger. Et pourtant, ses pieds se déplaçaient normalement. Il comprit. Malgéus lui avait infligé un sortilège anti-transplanage. De rage, il tira les dernières cartouches de son chargeur. Lorsque la culasse resta coincée en position arrière, il appuya sur le cran libérant le magasin vide. Il se saisit rapidement d’un autre dans sa poche intérieure mais il n’eut pas le temps de l’enclencher, un sortilège de désarmement le priva de son pistolet.

            L’arme vola jusque dans les mains de Malgéus qui le saisit au vol. Le vieux mangemort l’examina attentivement durant quelques secondes, comme ci la bataille qui se déroulait autour de lui était devenue secondaire.

« Les Moldus ont vraiment de curieuses idées, dit-il sur le ton de la conversation. Mais des idées ingénieuses je le reconnais. Tu n’as donc pas de baguette. Pour moi, tu n’es plus menace. »

Alors que Malgéus parlait en examinant l’arme, Yann avait bondi vers lui le pied en avant. Malgéus se contenta d’agiter nonchalamment sa baguette pour le plaquer violement au sol.

« Meurs, moldu. »

Malgéus leva sa baguette pour l’abattre sur Yann Firvel quand il dut sauter pour éviter un éclair de sortilège de mort.

            Malgéus se tourna vers le tireur et plongea dans le regard noir du Corbeau. Derrière lui, plusieurs mangemorts gisaient au sol, soit morts, soit inconscients. Plus loin, Marion Locca continuait à éliminer les hommes de Malgéus avec toujours la même froideur et la même efficacité. Malgéus esquissa un sourire et fit de nouveau tournoyer sa baguette. Hans s’effondra endormi.

            Pierrick accourut vers le maître des mangemorts français en lançant plusieurs éclairs de différentes couleurs. Malgéus para toutes les attaques. Et quand le Corbeau fut au contact, il tenta de frapper le vieux sorcier d’un coup de pied au visage. Mais Malgéus para le coup avec une facilité déconcertante et saisit Pierrick à la gorge, le désarmant dans le même mouvement.

« Tu as encore des progrès à faire, Corbeau, souffla Malgéus. »

Bien qu’à quelques centimètres de lui, Pierrick ne pouvait rien faire, il était comme statufié. Il se rendit compte que c’était le cas, Malgéus lui avait asséné un Petrificus Totalus sans qu’il ne le voit. La différence de niveau était encore énorme.

« Quand je pense au potentiel qui est en toi et dont tu ne soupçonnes même pas l’existence, continua le mage noir. Si seulement tu avais un simple aperçu de ta vraie nature. En découvrant les secrets cachés dans ton passé, je suis sûr que tu me rejoindrais. Quand tu découvriras ce qu’ « ils » t’ont fait. D’ailleurs, tu vas le découvrir à partir de maintenant. Et la prochaine fois que l’on se croisera, je ferai de toi mon bras droit. »

Malgéus pointa sa baguette sur la tête de Pierrick.

« Memoris, souffla t-il. »

Un éclair blanc pénétra le crâne de Pierrick. Une fois ça fait, Malgéus laissa choir le chasseur sur le sol. Il attira à lui Hans d’un accio et transplana, imité par les mangemorts encore vivants qui emmenèrent avec eux certains des blessés et assommés.

 

 

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