Le Corbeau. Saison 1 par

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Side Story / Suspense / Action

79 XII Les bas-fonds du Monde et de l'Esprit

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            CHAPITRE XII : LES BAS-FONDS DU MONDE ET DE L’ESPRIT

 

            Les bas-fonds de Nantes ressemblaient à ceux de toutes les autres villes. Surtout les bas-fonds des lieux secrets. En théorie, ces lieux n’étaient connus que des êtres du monde magique, Sorciers et autres créatures intelligente que les Moldus considéraient comme des êtres légendaires. Mais dans la réalité, des moldus connaissaient aussi très bien ces lieux. De sombres trafics s’y faisaient entre les deux mondes. Que ça soit des marchandises illicites ou des services illégaux. La Police Magique manquait d’effectif pour s’occuper convenablement de ce genre d’endroit. Et surtout, Yves Dakus, le chef de la Police Magique, cherchait de plus en plus à s’insinuer dans les affaires des Chasseurs avec l’aval du Ministre Erwan Riliam. Alors qu’il y avait tant à faire ici.

            Pierrick déambulait dans une ruelle étroite, sinueuse, sombre et sale. Des gens dormaient à même le sol dans des coins sombres. Certains le regardèrent passé avec une avidité dans les yeux, comme-ci ils étaient à deux doigts d’essayer de le dévaliser. D’autres faisaient l’aumône. Les boutiques qui avaient pignon sur rue ici étaient toutes dévolues à des commerces aux limites de la légalité. Certaines étaient simplement tolérées officiellement, mais avec la Police Magique qui ne faisait pas son travail, on peut même dire qu’elles étaient totalement oubliées. Avec ce laxisme, les commerçants vendaient ouvertement des articles interdits. Et quand il y avait un contrôle, quelques pièces d’or effaçaient la mémoire des inspecteurs généralement.

            Des vendeurs regardèrent passer Pierrick avec intérêt ou suspicion. Quelques uns blêmirent en le reconnaissant, s’attendant à le voir entrer dans leur échoppe. Mais le Corbeau ne s’arrêta pas et continua son chemin. Il s’intéressa à un bar miteux, coincé entre une animalerie d’où s’élevait une odeur d’excrément et un apothicaire à la vitrine crasseuse. Aucun nom ne l’indiquait. Seule une enseigne représentant une pinte de bière permettait de savoir ce que cachaient les vitres sales ne laissant passées qu’un flou lumineux. Des voix et des rires se faisaient entendre.

            Pierrick vint frapper à la lourde porte de bois. A la hauteur de son visage, une petite ouverture protégée par une grille s’ouvrit. Derrière, un homme à la forte haleine d’ail le toisa.

« Qu’est-ce que tu veux toi ? demanda t-il.

-Boire un verre, répondit Pierrick.

-Va voir ailleurs ! On n’accepte pas les flics et les chasseurs ici !

-Ouvre si tu ne veux pas souffrir.

-Ah oui ! »

L’ouverture se referma et le déclic de la serrure se fit entendre. L’homme se présenta menaçant dans l’embrasure. Il s’avança pour donner un coup de poing à Pierrick mais ce dernier évita le coup en saisissant le bras au vol. Il colla son dos contre le portier et le projeta au dessus de son épaule sur le pavé sale. Le portier s’assomma en chutant. Pierrick s’en désintéressa et entre dans le bar, maintenant silencieux.

            Les clients regardaient Pierrick avec attention. Le patron avait sauté de derrière son bar et s’avança vers le chasseur en hurlant :

« Tu vas voir la gueule que je vais te faire ! Enfoiré ! »

Il ne put rien ajouter de plus. Pierrick venait de lui mettre son coude dans la mâchoire et il s’était écroulé direct, comme électrocuté par le coup.

            Le silence était tel que les mouches faisaient un bruit assourdissant. Pierrick sortit sa baguette calmement. Il fit le tour de la salle du regard. Il cherchait quelqu’un en particulier. Et il trouva. Tentant de se cacher derrière une table, un homme de petite taille avec des lunettes rondes. Il s’avança dans sa direction. Les clients s’écartèrent sur son chemin de manière craintive. Pierrick fit le tour de la table et sortit l’homme qui tentait de se cacher en le prenant par le col.

« Oh ! joua l’homme. Pierrick Chaldo ! Quelle surprise ! Je ne t’avais pas reconnu ! Je t’offre un verre ?

-Je ne suis pas là pour ça, répondit sobrement Pierrick. Où est Malgéus ?

-Je ne sais pas. Je n’ai plus son numéro de cheminée et ça fait longtemps qu’il n’est pas venu me rendre visite.

-Je ne suis pas là pour plaisanter Sylvain. Je peux te faire tomber pour une bonne dizaine de chefs d’inculpation. Il me suffit d’envoyer un dossier à la Police Magique. Donc arrête de jouer et dis-moi où il est.

-Je ne sais pas je te jure. Il se cache plus que d’habitude. Y’a des bruits qui courent comme quoi il ne serait pas loin de trouver une arme terrible. Certains n’hésitent pas à dire qu’il prendra bientôt le contrôle du Ministère.

-Où est-il ? C’est tout ce qui m’intéresse !

-Je ne sais vraiment pas. Par contre, lui sait où vous vous trouvez tous.

-Comment ça ?

-Tu ne comprends pas ?

-Une taupe au Ministère. Nous nous en doutions déjà.

-Au Ministère, il y en a même plusieurs. Mais il y en a surtout une au Chasseurs.

-Qui ?

-Ça je ne sais pas. Mais il a été assez actif ses derniers temps. Si tu veux retrouver Malgéus, c’est par lui que tu as le plus de chance d’y arriver. »

            Pierrick lâcha Sylvain. Il allait se diriger vers la sortie quand il remarqua qu’une dizaine de clients s’étaient levés et le toisaient avec mépris. Pierrick resta les bras le long du corps, tenant sa baguette dans sa main.

« Ici, on n’aime pas trop les chasseurs, dit un des clients. Tu vas regretter d’être venu.

-Je ne suis pas d’humeur, dit Pierrick avec calme. Reculez-vous si vous ne voulez pas mourir.

-C’est ça ! Vous autres les Chasseurs avez des règles à suivre. Vous n’avez pas le droit de tuer comme ça. Nous par contre, on s’en fout.

-Ce soir, je ne suis plus un chasseur. Je suis la Mort. »

Le plus proche sortit sa baguette mais il ne put rien en faire. Pierrick était entré dans sa garde et lui tordit violement le poignet jusqu’à entendre un craquement brutal. Le blessé gémit de douleur durant un instant, avant que le chasseur ne l’assomme d’un uppercut au menton. Un autre s’avança, un poignard dans la main. Un coup de pied direct à l’estomac l’arrêta net. Pierrick sauta pour lancer son autre pied dans la mâchoire en faisant un salto arrière. Lorsqu’il reposa les pieds au sol, il tendit sa baguette vers un troisième. L’éclair rouge le frappa de plein fouet et il s’écroula au sol, stupéfixé. Un éclair frôla le crâne de Pierrick. Il contre-attaqua d’un Repulso qui repoussa le tireur contre un mur.

            Le Corbeau s’avança d’un pas vers ses agresseurs. Tous firent un pas en arrière d’un mouvement quasi coordonné. Il venait de se débarrasser avec une facilité déconcertante de quatre hommes. Et de l’avis de tous, ils étaient loin d’être des enfants de chœur.

« Les prochains, je les tue, dit Pierrick dans un murmure parfaitement audible. »

Les clients se reculèrent encore. Le regard de ce chasseur était si noir qu’il aurait pu lancer des éclairs. Qui était-il ? Un démon déguisé en homme ? Pierrick se dirigea vers la sortie sans qu’aucun ne se mettent en travers de son chemin.

            Il savait où il devait se rendre. Le seul endroit où il pourrait savoir où se cachait Malgéus était le Ministère de la Magie. Qui pouvait être cette taupe ? Il espérait que Jonas et Franck avaient avancé sur ce sujet.

 

            Hans Friedrich avait écrit tout ce qu’il savait du rituel intéressant Malgéus. Le texte complet avec les dessins des symboles et les schémas prenaient plusieurs pages. Il n’avait même pas pensé y insérer des informations erronées. Il ne voulait pas laissé à ses tortionnaires la moindre excuse de s’en prendre à Frida. La fillette se tenait près de lui. Elle gardait constamment un contact physique avec lui, comme pour s’assurer qu’il n’allait pas la laisser seule. Elle avait mangé le pain et la pomme que lui avaient amenés les mangemorts. Elle avait bu un peu d’eau. Elle n’avait rien voulu de plus. Névris l’avait laissée auprès de Hans.

            Hans jeta un regard noir à Névris en lui tendant le feuillet de parchemin. Le mangemort aux yeux violets le regarda rapidement et paru satisfait. Il le porta jusqu’à son maître. Malgéus l’examina à son tour. Un sourire mauvais et railleur se dessina sur ses lèvres.

« Très bien jeune Friedrich, siffla Malgéus. J’espère pour toi que c’est le bon rituel, sinon cette gamine va souffrir.

-Qu’allez-vous faire de nous si ce rituel est le bon ? questionna le jeune homme.

-Je n’ai pas encore décidé. Je verrai ça après la chute du Ministère. Pour l’instant, vous allez retourner dans vos quartiers. Timothée.

-Maître, fit Timothée Arak en s’avançant.

-Fais-leur porter de la nourriture et de l’eau.

-Oui maître.

-Et pour Elsa ? fit Hans. Vous n’allez pas la laisser là ?

-Tu voudrais qu’on soit un peu plus respectueux envers son cadavre ? Soit. J’ai toujours eu du respect pour les morts. Son corps sera placé dans une des chambres de ce manoir en attendant d’être enterré. Ça te va ?

-Oui. »

            Hans se leva, portant presque Frida qui refusait de se desserrer de lui. Ils s’arrêtèrent quelques secondes devant le corps d’Elsa. Et sentant la fillette frissonner à sa vue, Hans préféra ne pas s’attarder et suivre Timothée Arak. Arrivés à la cave, ils se réinstallèrent dans un coin. Frida ne disait toujours rien et resta blottit contre le jeune homme. Hans était furieux contre les mangemorts et contre lui-même. Il n’avait pu protéger Elsa et avait été obligé de donner le rituel à Malgéus, mettant en danger l’ensemble de la communauté magique française, dont ses amis et Laura. Et maintenant, il se demandait s’il arriverait à protéger Frida, il ne pouvait l’empêcher d’être triste. Sourirait-elle de nouveau un jour ? Il se le demandait, lui qui n’avait encore jamais vu son sourire.

 

            Thomas Zimong venait de se matérialiser dans le hall du Ministère de la Magie. Il avait décidé de venir car il voulait éclairer la situation avec Pierrick et sentait qu’il reviendrait ici. Mais avant de quitter l’Académie, il avait demandé au professeur Tréveune l’autorisation de renvoyer Laura chez elle. Ainsi elle ne resterait pas seule. D’autant plus que Laura proposa de sa propre initiative d’emmener Marion avec elle. La fille-fantôme ne souhaitait pas s’éloigner de Thomas et le jeune professeur dut lui promettre de revenir vite. Laura avait observé la scène d’un regard attendri et amusé. Thomas venait de les laisser chez Laura. Hermione put embrasser sa fille pour lui remonter un moral qu’elle devinait en berne. Au moment où Thomas dut s’en aller, Marion lui avait prit la main pour le retenir encore quelques instants. Elle avait gardé les yeux baissés mais avait dit :

« Fais attention. Il pourrait te tuer dans son état d’esprit actuel.

-Ne t’en fais pas, lui avait répondu Thomas. Je connais Pierrick et je lui fais confiance.

-Tu connais Pierrick. Mais tu ne connais pas l’être qui était caché en lui et qui revient à la surface. »

Pour la rassurer, Thomas s’était approché d’elle pour déposer un baiser sur sa joue. La jeune fille fut surprise mais elle apprécia le doux contact de ses lèvres sur sa peau.

« Ne t’en fais pas, lui avait-il murmurée. Je reviendrai. »

Elle avait relevé la tête et lui esquissa un léger sourire auquel il répondit. Elle resta à le regarder s’éloigner un peu. Leurs mains ne se quittèrent qu’au dernier moment, quand il avait transplané.

            Après que Thomas soit parti, Laura s’était approchée de la fille-fantôme qui n’avait pas bougé, contemplant le lieu où se tenait il y a quelques secondes le jeune homme. Laura l’avait prise par les épaules.

« Et bien, fit-elle. Tu n’es peut-être pas habituée aux marques d’affection, mais je trouve que tu te débrouilles très bien avec mon frangin.

-Je… je ne sais pas pourquoi mais quand je suis près de lui, je me sens bien. Depuis des années, je ne m’étais pas senti aussi vivante.

-J’en suis heureuse pour toi. Et pour lui. »

            Thomas se dirigea directement vers l’aile est où se trouvaient les différents services chargés de maintenir l’ordre dans la communauté magique ou le secret du monde magique vis-à-vis des Moldus. Il s’y trouvait le Département des Oubliators, le Bureau Central de la Police Magique, l’unité d’Intervention de la Police Magique et le Département des Chasseurs. Thomas monta l’escalier menant à l’étage occupé par ce dernier. Le demi-palier était décoré d’un emblème animé, comme de coutume dans le monde des Sorciers. Il représentait une baguette et une épée croisées entourées de trois dragons virevoltant. Les trois dragons étaient de couleurs différentes, chacun représentait une section des Chasseurs. Le bleu symbolisait la section Action Intervention, le rouge, la section Investigation Recherche Interrogatoire Analyse, et le noir était celui de la section Spéciale. Au dessus de l’emblème, la devise des Chasseurs était écrite en lettre noire sur fond blanc : « Lux in Tenebris ». Trois mots en latin signifiant : « La Lumière dans les Ténèbres ». Une phrase soulignant le combat des Chasseurs, véritable lueur pour écarter les Ténèbres de ce monde.

            En haut de l’escalier, sur la gauche, le bureau de l’agent d’accueil obligeait tout visiteur à se présenter avant de pénétrer plus en avant. Thomas connaissait l’agent d’accueil, Pierrick lui avait présenté. Il s’appelait Andreo Filipelli, ancien agent de la section S qui aurait dû prendre sa retraite il y a des années mais refusait de rester chez lui à rien faire. Mais étant trop vieux pour le terrain, il accepta cette place de confiance. Beaucoup de chasseurs, même confirmés, venaient le voir pour des conseils où qu’il leurs raconte quelques anecdotes sur sa carrière. Andreo connaissait le moindre secret des Chasseurs. Thomas se demandait s’il était au courant du secret sur le passé de Pierrick. Mais il ne lui posa pas la question, se contentant de le saluer.

            Thomas se rendit vers la section IRIA. Il frappa à la porte de Franck Vinol. Quand il entra, il fut accueilli par Franck.

« Tiens, qu’est-ce qui t’amène ? demanda le chasseur.

-Je voulais savoir pour Pierrick, répondit-il. Quelque chose me dit qu’il va venir ici.

-Je vois. Ce ne serait pas ta petite amie qui te l’aurait dit ?

-Je n’ai pas de petite amie.

-Je voulais parler de cette fille, Marion. Elle a l’air d’avoir des prédispositions pour voir l’avenir.

-Je ne crois pas. Elle est juste très sensible aux présences qui l’entourent. Elle ne m’a rien dit du tout pour me guider jusqu’ici. C’est juste une intuition. Et de toute façon, je ne vois pas d’autre endroit où l’attendre.

-Et pourquoi pas chez lui ? Il pourrait vouloir voir Chun.

-Je ne sais pas. Dans son état, je ne voudrais pas la voir. Je pense que j’aurais encore un peu de conscience et que je ne voudrais pas faire de la peine à celle que j’aime.

-Je ne sais pas si j’ai encore le droit de l’aimer. »

Pierrick venait d’entrer. Il avait un regard sombre et sans âme qui rappelait à Franck les raisons pour laquelle il était surnommé le Corbeau.

            Thomas se leva pour lui faire face.

« Pourquoi n’aurais-tu plus le droit d’aimer ? demanda t-il. Après tout, tu n’es qu’un être humain comme nous tous.

-Je n’en suis plus sûr, dit Pierrick. Franck, as-tu découvert qui est la taupe ?

-Non, répondit Franck. Ça risque de prendre un moment.

-Je n’ai pas le temps. Je dois savoir. »

Pierrick sortit du bureau. Thomas lui emboita le pas immédiatement. Franck fit de même.

            Pierrick parcourut les couloirs de la section IRIA en observant chaque individu. Que cherchait-il ? Ce croyait-il capable de démasquer la taupe uniquement en les observant ?

« Qui fais les interrogatoires ? demanda t-il.

-Cinq agents de la IRIA. Ubel, Garçon, Nana, Tarrieu et Pedri. Jonas est avec Nana dans la salle numéro deux.

-Qu’on donné les interrogatoires ?

-Rien. On pense qu’ils sont sous Fidelitas.

-Vous avez vérifié ?

-Comment ça ? »

Pour toute réponse, Pierrick entra dans une salle d’interrogatoire sans prévenir. Les deux chasseurs présents se levèrent d’un même bond.

« Qu’est-ce que ça signifie ? fit l’un d’eux. Vinol ?

-Désolé Ubel, s’excusa Franck. Je ne comprends pas non plus mais laisse faire. »

            Pierrick s’arrêta devant le mangemort. Ce dernier resta figé sur place devant ses yeux noirs et sans émotion. Il connaissait le Corbeau de réputation. Mais des rumeurs disaient qu’il s’était adouci. A cet instant, le mangemort se dit que ces rumeurs étaient fausses. Le chasseur qu’il avait devant lui ne paraissait pas s’embarrasser de questions morales et semblait prêt à tuer. Pierrick sortit sa baguette et la pointa sur la tête du prévenu malgré les injonctions des interrogateurs. Ubel parut sur le point de lancer un maléfice au Corbeau mais il se retrouva désarmé sans avoir le temps d’incanter. Ubel était abasourdi. D’où venait ce sortilège ? La baguette de Chaldo n’avait pas quitté la tête du prévenu. Il regarda l’autre main du Corbeau et y vit sa seconde baguette. Il avait lancé un sortilège de désarmement sans formuler mais également sans regarder sa cible.

            Pierrick reporta son attention entière sur le mangemort. Il fouilla son esprit en usant de légilimancie. Sa puissance était telle qu’il put voir jusqu’à ses plus profonds secrets. Mais il se fichait de ses souvenirs de méfaits divers, de son enfance. Il cherchait qu’une seule information : le lieu où se cachait Malgéus ou une trace de Fidelitas. Au bout de quelques minutes, il relâcha sa victime. Cette dernière se laissa tomber sur la table, en proie à des tremblements incontrôlables. Pierrick se tourna vers ses collègues et Thomas.

« Ils ne sont pas sous Fidelitas, dit-il. Ils ignorent où se cache Malgéus. Ils ne sont que des pions qu’il a rameuté des trous à rats où ils se cachaient.

-Comment peux-tu savoir ça avec une simple légilimancie ? questionna Ubel. C’est impossible.

-C’est possible, lança une voix. »

Suzanne Janis se tenait dans l’embrasure de la porte, observant la scène avec gravité.

« C’est tout à fait possible, continua t-elle. La légilimancie permet de fouiller la moindre parcelle de l’esprit. Une information protégée par Fidelitas est quand même dans l’esprit du porteur. Elle ne peut simplement pas être divulguée par n’importe quel moyen. Même un Legilimen doué ne peut y accéder. Mais en théorie, avec beaucoup de maîtrise et de puissance, un Legilimen pourrait au moins déceler la présence du charme, voir même accéder à l’information. Mais pour cela, il faudrait être un sorcier exceptionnel. Seule une poignée en est capable dans le monde. Le plus proche de nous physiquement est le professeur Albus Dumbledore de Hogwart. Le dernier français à avoir réussi un tel exploit, selon les rumeurs car ce ne fut jamais officiel, fut le professeur Antoine Faros. Je ne pense pas que vous puissiez y arriver Chaldo. »

            Pierrick ne répondit pas. Il se contenta de se diriger vers le couloir. Lorsqu’il passa près de Janis, il ne s’arrêta même pas. Suzanne Janis était connu comme une Legilimen de grand talent. Ce faisant, même sans utiliser le sortilège, elle demeurait sensible aux états d’esprit des gens l’entourant, ressentant leurs pensés brutes. Quand Chaldo passa près d’elle, la frôlant, ses yeux s’ouvrirent d’un coup. Rien. Cet homme ne ressentait plus rien. Il était vide. Comme un œuf dont on aurait gobé le contenu. Un vide glacial et sombre. Comment pouvait-il encore marché et vivre avec un tel vide en lui ? C’était pire qu’il y a quelque mois alors que le Corbeau n’était qu’un combattant infatigable.

            De la salle d’interrogatoire mitoyenne, sortirent Jonas Marus et Florence Nana. Jonas paraissait dubitatif. Il était habitué à ce que la métisse soit d’une efficacité exemplaire dans ce genre d’exercice. Mais les heures passaient et aucune information intéressante n’en ressortait. Et en attendant, la taupe n’était toujours pas démasquée. Malgré tout, Florence restait confiante.

            C’est alors que Jonas croisa le regard froid et vide de Pierrick…

 

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