L'Héritage de Rebecca
Le silence de son appartement parisien, niché sous les toits dans le quartier du Marais, aurait dû l’accueillir comme une récompense - la promesse d’un bain chaud, d’un verre de vin, d’une nuit sans calculs ni faux-semblants - mais à peine la porte refermée derrière elle, Amanda sentit quelque chose se contracter au creux de son ventre, une alerte muette qui ne relevait ni de l’instinct immortel ni d’une présence hostile immédiate, seulement de cette dissonance infime que seuls les voleurs d’exception savent entendre.
Elle demeura immobile dans l’entrée, sans allumer la lumière, laissant ses yeux s’accoutumer à la pénombre familière, laissant surtout sa mémoire superposer l’image exacte des lieux à ce qu’elle avait sous les yeux. Tout semblait en ordre, et pourtant l’ordre lui-même paraissait trop appliqué, comme si quelqu’un avait voulu respecter une mise en scène sans en connaître parfaitement le rythme.
Son regard se fixa sur la gravure de Piranèse au-dessus de la console : le cadre avait pivoté de quelques millimètres, presque imperceptiblement, mais Amanda savait avec une précision maniaque l’inclinaison exacte de chaque objet qu’elle possédait. Elle s’en approcha, effleura le bois du bout des doigts, puis s’immobilisa de nouveau.
L’air avait changé.
Ce n’était pas un parfum identifiable, ni même une odeur franche, plutôt une note ténue, une trace sèche et neutre. Quelqu’un était entré. Pas un amateur venu chercher des bijoux ou des œuvres revendables, mais une présence méthodique qui avait fouillé sans déranger.
Elle porta instinctivement la main à sa poitrine, sous la soie légère de sa chemise, et sentit la forme irrégulière du fragment de cristal contre sa peau. Depuis la mort de Rebecca, cette sensation était devenue un réflexe, une vérification compulsive. Elle avait tenté de se persuader que son malaise n’était qu’une projection, une conséquence logique d’un deuil mal digéré, mais les signes s’étaient accumulés : la même silhouette aperçue deux fois à la sortie d’un café, un homme immobile trop longtemps près d’un kiosque, un regard qui s’attardait au-delà de la simple curiosité.
Elle s’était dit que c’était son imagination. Ce soir, elle n’en était plus certaine.
Ils nont pas trouvé ce qu’ils cherchent, pensa-t-elle, mais ils savent que quelque chose existe.
La peur, chez Amanda, ne prenait pas la forme d’une panique désordonnée. Elle était froide, structurée, presque stratégique. Elle traversa l’appartement sans bruit, vérifia les serrures, les fenêtres, le double fond de son secrétaire. Rien n’avait disparu. Elle s’arrêta au centre du salon, le regard perdu un instant vers les toits sombres que l’on devinait par la lucarne. Elle pouvait disparaître, bien sûr. Elle l’avait fait mille fois en mille ans. Changer de ville, de nom, de continent. Effacer les traces. C’était sa spécialité.
Mais cette fois, il ne s’agissait pas seulement d’elle.
Le fragment de cristal n’était pas un bijou rare ni une pièce de collection : c’était un enjeu. Et si quelqu’un remontait sa piste, s’il comprenait qu’elle détenait une part de cette relique, alors fuir seule reviendrait à courir plus vite qu’une menace qui, tôt ou tard, finirait par la rattraper.
Son esprit évoqua malgré elle une autre possibilité, plus confortable. Vivre ailleurs. Pas se cacher. Accepter une forme de stabilité. Le nom de Duncan s’imposa à elle. Chez lui, elle ne serait pas seule. Chez lui, toute intrusion aurait un prix. Et surtout, Duncan ne la laisserait pas affronter une menace invisible sans chercher à en comprendre la source.
Elle détestait l’idée d’admettre qu’elle avait besoin d’aide. Elle détestait encore plus celle de devenir un point vulnérable. Pourtant, rester ici, dans cet appartement désormais profané par une présence silencieuse, revenait à attendre le prochain pas de l’adversaire. Elle se connaissait assez pour savoir qu’elle ne dormirait plus vraiment entre ces murs, qu’elle analyserait chaque craquement de plancher comme un signal, chaque ombre comme une silhouette revenue.
Ils sont déjà venus une fois, pensa-t-elle. Ils reviendront.
Elle inspira profondément, la main toujours posée sur le cristal caché contre son cœur. Ce n’était pas une fuite. C’était un déplacement calculé. Un changement d’échiquier.
Très bien. Si l’on voulait jouer, alors elle choisirait le terrain.
*
De retour à Paris, Methos s’était glissé dans son rôle d’Adam Pierson avec une aisance mécanique, comme on enfile un costume dont on connaît chaque couture par cœur, chaque tic de langage, chaque inflexion professorale propre à rassurer les esprits soupçonneux. Autrefois, cette duplicité l’amusait ; aujourd’hui, elle lui donnait la nausée. Il n’était plus là pour observer, consigner, analyser, il était venu avec une intention précise, et le simple fait de franchir les portes du QG lui donnait l’impression de profaner un sanctuaire qu’il avait lui-même contribué à façonner.
Au quartier général des Guetteurs, l'atmosphère avait changé depuis le dépôt des fragments de Luther. La sécurité autour de la chambre forte avait été doublée, et l'accès à la Tablette de Mathusalem était désormais réservé à un cercle restreint dont il ne faisait pas partie.
Il avait tenté une approche discrète, prétextant une vérification de datation sur les inscriptions de la pierre. Geneviève, la responsable des accès, l'avait éconduit avec une politesse glaciale.
— Les protocoles ont été durcis, Adam. Personne n'entre sans l'aval du Conseil de surveillance.
À travers la porte blindée entrouverte l'espace d'une seconde, il avait aperçu cette lueur, vibrante, presque organique. Le cristal l'appelait, non pour sa puissance, mais pour sa promesse. L’image d’un lit d’hôpital aux néons fatigués s’imposa à lui, le visage pâle d’Alexa, le bip régulier d’un moniteur comptant ce qu’il ne supportait plus de compter.
Il avait esquissé ce sourire modeste qui lui servait de masque, celui du chercheur légèrement frustré mais respectueux de l’institution, et s’était incliné sans insister. Insister aurait été suspect. Adam Pierson savait perdre avec élégance.
En sortant du bâtiment, il comprit que son identité ne suffirait pas. Il ne pouvait pas demander le cristal ; il devait le voler. Et pour cela, il avait besoin de la meilleure.
*
Methos s'était rendu directement à l’appartement d'Amanda, l'esprit hanté par l'image d'Alexa sur son lit d'hôpital. Il frappa à la porte, une fois, deux fois, mais le silence qui lui répondit semblait définitif. Il resta un instant immobile, la main suspendue, luttant contre la panique qui commençait à poindre. S’il ne la trouvait pas ici, il perdrait des heures précieuses à remonter sa piste à travers un Paris qu'il ne reconnaissait plus.
Lassé, il fit demi-tour et s’engagea dans l’escalier. C’est à mi-étage qu’il le ressentit : ce bourdonnement familier, cette vibration électrique qui annonçait la proximité d’un autre Immortel.
Au même moment, Amanda montait les marches. Elle n’habitait plus vraiment cet appartement. Depuis qu’elle s’était installée chez Duncan, elle ne revenait que par intermittence, pour récupérer quelques souvenirs ou vérifier que son sanctuaire n'avait pas été profané.
Au tournant du palier, ils se figèrent.
Methos avait la main posée sur la rampe, les traits tirés par un épuisement qu'il ne cherchait plus à masquer. Amanda s'arrêta net, le souffle court. Pendant une fraction de seconde, ils restèrent immobiles l’un devant l’autre, surpris dans des pensées qu’aucun des deux n’était prêt à partager. La surprise d’Amanda se mua presque aussitôt en une raideur méfiante. Elle l'observa, notant son allure négligée et l'urgence inhabituelle qui émanait de lui, une intensité qui ne lui ressemblait pas.
— Methos ? Qu’est-ce que tu fais ici ?
Il la détailla avec intensité. Ses yeux étaient fixes. Habités par quelque chose de pressant.
— Je te cherchais. On peut parler ? C’est important.
Son regard glissa, malgré lui, vers son décolleté. Pas avec la désinvolture d’un amant provocateur mais avec concentration, comme s’il fixait un point précis. Le fragment de cristal, suspendu à une fine chaîne, reposait contre sa peau, visible entre les pans entrouverts de son chemisier.
Le sang d’Amanda se glaça.
Tout s’imbriqua avec une brutalité limpide : la fouille méthodique de son appartement, les silhouettes persistantes, et maintenant lui. Elle recula d’un pas.
— Tu es venu pour ça, n’est-ce pas ?
Il releva les yeux, comme arraché à sa fixation.
— Pour quoi ?
— Ne me prends pas pour une idiote.
Sa main glissa instinctivement vers le pommeau de son épée dissimulée sous sa longue veste de cuir.
— Le cristal. Tu savais que je l’avais. Tu as dû tomber sur une mention dans vos fichus dossiers, ou sur une note laissée par Rebecca. Tu as prévenu les Guetteurs, ils ont fouillé mon appartement, et maintenant tu viens jouer les amis inquiets pour récupérer le dernier morceau manquant.
Sa voix vibrait, non de peur, mais d’une colère blessée.
— Tu joues sur combien de tableaux, Methos ? Deux ? Trois ? Tu t’es dit que si les Guetteurs échouaient, tu passerais derrière eux pour finir le travail ?
— Amanda...
— Pas de ça avec moi ! Tu as toujours été le maître du calcul. Celui qui attend que les autres prennent les risques pendant que tu observes. Et soudain, tu t’intéresses à une relique capable de donner la vie éternelle ? Toi, l’homme qui fuit tout ce qui ressemble de près ou de loin à une source de pouvoir ? Tu veux que je croie que c’est une coïncidence ?
Il ne recula pas devant l’accusation. Il ne protesta même pas.
— Je ne savais pas que c'était toi qui l'avais, dit-il enfin avec une lassitude qui la surprit plus que n'importe quelle dénégation. Je savais qu'il en manquait un morceau, mais je n'ai pas fait le lien jusqu'à cet instant. Je ne suis pas venu pour ton fragment, Amanda. Je suis venu parce que j'ai besoin de ton aide. De tes talents.
Il marqua une pause, ses doigts se serrant sur la rampe.
— Le QG des Guetteurs abrite le reste du cristal. Ils ont presque tout réuni dans leur chambre forte. Je dois l’extraire de là-bas, et je ne peux pas le faire seul.
Elle eut un rire sec.
— Bien sûr que tu dois.
Son regard tomba de nouveau vers sa gorge. Il ne parvenait pas à s’en empêcher. Cette lumière minuscule semblait l’aimanter. Et ce manque de subtilité, chez lui, fut la confirmation.
— Tu es en chasse, souffla-t-elle. Mon Dieu… tu es vraiment en chasse.
Elle s’approcha, le menton relevé.
— Tu veux le cristal pour toi. Pour devenir invincible. Ou pire : pour t’assurer que personne d’autre ne le devienne. Tu es prêt à me dépouiller, à me sacrifier, si ça sert ta survie.
Il ferma les yeux une seconde, comme si chaque mot l’atteignait avec une précision chirurgicale.
— Je n’ai pas fouillé ton appartement.
— Alors pourquoi es-tu là ?
Il rouvrit les yeux, et quelque chose céda. L’ironie, la distance, le masque d’Adam Pierson... tout s’effondra. Même la prudence séculaire de Methos sembla se dissoudre sous le poids de ce qu’il retenait depuis trop de jours.
— Parce qu’Alexa est en train de mourir.
Les mots tombèrent sans emphase. Amanda cligna des yeux, prise de court.
— Quoi ?
— Elle est dans un hôpital à Santorini, branchée à des machines qui ne servent à rien. Les médecins ont renoncé.
Il déglutit avec une difficulté visible, chaque mot semblant lui arracher un morceau de cette armure qu’il avait mis des millénaires à forger.
— Rebecca m’a parlé du cristal d’Aganesthes. De sa capacité à conférer la vie éternelle à un mortel. À l’époque, j’ai classé ça dans la catégorie des mythes. Aujourd’hui… c’est la seule chance qui me reste.
Le silence dans la cage d’escalier devint presque étouffant. Amanda l'observait, désarçonnée par la détresse brute qui émanait de lui.
— J’ai passé cinq mille ans à voir les gens s’éteindre, continua-t-il. Des amants, des amis, des empires. J’ai appris à appeler ça l’ordre des choses. À me dire que la distance me protégeait du deuil. Mais je me suis trompé.
Il leva les yeux vers elle, et Amanda ne vit plus le stratège ni le survivant, mais un homme au bord d’un gouffre.
— Je ne peux pas la regarder mourir en me contentant d’être philosophe. Pas cette fois. Je refuse d’être spectateur. Je refuse d’être sage.
Sa voix se brisa, infime fissure dans un édifice vieux de cinq millénaires.
— Je ne veux pas de pouvoir, Amanda. Je veux qu’elle respire. C’est tout ce qui m’importe.
Elle l’observa longuement, cherchant la faille, le calcul ou la manipulation qu’elle connaissait si bien chez lui. Elle ne trouva que l’urgence et une peur qu’il ne prenait même plus la peine de cacher.
— Tu te rends compte de ce que tu risques ? murmura-t-elle. Si les Guetteurs découvrent qui tu es vraiment, ta petite vie tranquille d'archiviste est terminée. Ils te traqueront jusqu'au bout du monde. Tu n'auras plus jamais la paix.
— La paix ne vaut rien si elle n'est pas là pour la partager, répondit-il sans une once d'hésitation.
— Et si le cristal fonctionne ? Tu feras d’elle une immortelle. Tu la condamneras à notre existence de parias.
Il ferma les yeux un instant, une ombre de douleur traversant son visage.
— Je préfère qu’elle me haïsse pendant cent ans plutôt que de la perdre dans trois jours.
Cette phrase-là la frappa plus fort que le reste. Amanda sentit sa colère se dissoudre totalement, remplacée par une émotion complexe, faite de tristesse et d'une admiration qu'elle n'aurait jamais cru éprouver pour lui. Elle avait toujours connu Methos comme l’homme qui fuyait les tempêtes, celui qui laissait les autres se brûler pour assurer sa survie. Le voir prêt à déclencher une guerre et à sacrifier son anonymat pour une mortelle était à la fois absurde et terriblement beau.
Elle inspira lentement, relâchant la tension dans ses épaules.
— Tu es un idiot, Methos, souffla-t-elle enfin.
Il esquissa un sourire fatigué.
— On me l’a déjà dit.
Elle leva la main et, du bout des doigts, elle effleura le cristal caché sous sa chemise.
— Si je t’aide, dit-elle doucement, ce n’est pas pour le plaisir de braquer tes amis les scribes. C’est parce que, pour la première fois, je ne te vois pas essayer de survivre. Tu essaies d’aimer.
Elle soutint son regard, une lueur de défi amusé revenant dans ses yeux.
— Par contre, je te préviens : si on s'en sort, tu me devras une bouteille du meilleur cru. Et peut-être que je te forcerai à brûler ce pull informe. Tu as l'air d'un étudiant en théologie qui a raté ses examens.
Methos laissa échapper un bref rire nerveux.
— Marché conclu. Pour la bouteille, pas pour le pull. C’est mon préféré.
— On verra ça après le casse, dit-elle en lui faisant signe de remonter vers l'appartement. Allez, entre. On a un plan à construire, et si je connais bien les Guetteurs, leur sécurité va être un cauchemar à contourner.
*
L'élaboration du plan fut une course contre la montre, vingt-quatre heures de réflexion et de schémas tracés à la hâte sur le coin d’une table. Methos connaissait les angles morts des caméras et les horaires des rondes, mais seule Amanda possédait cette fluidité quasi surnaturelle pour se glisser dans les interstices du système. Ils attendirent que la nuit parisienne soit à son apogée pour frapper.
Grâce à l’accès privilégié d’Adam Pierson et au doigté d’Amanda, les verrous électroniques cédèrent les uns après les autres. Lorsqu'ils s'échappèrent par les toits, serrant contre eux le sac contenant la Tablette et les fragments, l'air frais de la nuit leur parut, pour la première fois, porteur d'une promesse réelle.
De retour dans l’appartement d’Amanda, la tension ne retomba pas immédiatement. Elle verrouilla la porte tandis que Methos déposait le sac sur la table basse avec une précaution religieuse.
Il en sortit la Tablette de Mathusalem et les éclats de cristal que les Guetteurs avaient si soigneusement collectés. Disposés sur le bois sombre, les fragments émettaient une lueur diffuse. Methos les regardait, ses mains tremblant légèrement. C'était le cœur battant d'Alexa qu'il tenait entre ses doigts. Amanda s'approcha lentement. Elle porta la main à son cou, défit la fine chaîne et laissa glisser le dernier morceau dans sa paume.
— Le voilà, dit-elle d'une voix douce. La dernière pièce du puzzle de Rebecca.
Elle posa le fragment sur la table. Methos commença à les assembler, guidé par une intuition qui semblait remonter à l'aube des temps. Chaque pièce s'emboîtait avec une précision mathématique, les arêtes s'effaçant au contact les unes des autres.
Lorsque le dernier éclat fut inséré, un changement s'opéra. Ce fut comme une onde, une pulsation lumineuse qui naquit au centre de la pierre pour irriguer chaque veine du cristal. La lumière qu'il émettait semblait vivante.
— C’est magnifique, murmura Amanda, et terrifiant. Tu te rends compte que la moitié des mortels de cette planète tueraient leur propre lignée pour ce que tu as sur cette table ?
Methos ne répondit pas. Il contemplait l'objet complet, cette relique dont il avait nié l'existence pendant des siècles et qui était désormais son seul recours. Il rangea le cristal avec soin dans un étui de protection. L'éclat s'atténua à travers la paroi, mais la pièce restait hantée par cette présence énergétique. Il se redressa, son sac à l'épaule, le regard déjà tourné vers la sortie.
— Tu n'as pas vraiment le temps de traîner pour un dernier verre, je suppose, devina Amanda.
— Je prends le premier vol pour Athènes.
Elle le raccompagna jusqu'au palier et posa une main sur son bras, le forçant à la regarder une dernière fois.
— Methos... fais attention. Ce genre de miracle a souvent un prix qu'on ne découvre qu'une fois la facture éditée.
Il esquissa un sourire, un mélange de fatigue extrême et de gratitude sincère.
— J’ai passé cinq mille ans à économiser, Amanda. Je crois que j'ai assez de crédit pour une folie.
Elle hocha la tête, les yeux brillants d'une émotion qu'elle s'efforçait de masquer.
— Tâche de ne pas te faire décapiter par un Guetteur en colère sur le chemin du retour. Ça gâcherait mon investissement en vieux crus classés. Je compte sur une caisse de Pomerol pour compenser le stress de cette nuit.
— Je ferai de mon mieux, répondit-il en engageant déjà le pas dans l'escalier. Merci, Amanda. Vraiment.
Alors qu'il descendait les marches d'un pas pressé, il leva les yeux une dernière fois pour apercevoir sa silhouette élégante dans l'encadrement de la porte. Puis, il n'y eut plus que le rythme de sa descente et l'obsession de la route. Paris s'effaçait déjà de son esprit, remplacé par le bleu profond de la mer Égée et l'espoir fou de voir enfin la lumière revenir dans les yeux d'Alexa.