Le premier chant de l'Expiation
Chapitre 02
― Allez, me crie l’un des Pacificateurs monter, et plus vite que ça !
Ne disant mot, je pose le pied sur la marche haute et m’installe dans le 4x4 qui s’était arrêter devant moi. Bien entendu, j’ai été poussé comme une vulgaire volaille qui devait faire place à son futur bourreau. Sur le siège avant, l’hôtesse Drusilla, envoyé par le Capitol, venait de prendre place, suivis de près par le dénommé Plutarch.
― Je les exècre tous, me dis-je tout bas alors que mon visage montre le contraire, restant neutre à tout moment. Comme a-t-on pu laisser le Capitol prendre le dessus lors de la guerre, faisant de nous des moissonnés ? A l’instar du bétails qui existait avant et que l’on égorgeait n’importe quand.
Je maudissais ma vie, et ce que les années à venir risquaient d’offrir quand j’entendis les deux envoyés du Capitol discuter entre eux. Pourtant, dans le 4x4 derrière nous, je voyais Isobel être jeté sur le siège arrière comme un animal. Et, au vu du visage qu’elle leur offrait, on aurait pu l’associé à un chat occupé à feuler sur son ennemi. Sans sourire, je regarde droit devant moi, faisant mine de m’intéresser à la route tout en écoutant ce qui se disait à l’avant. Au final, toute information glanée peut-être utile quand l’on sait bien s’en servir.
― Alors, Plutarch, comment se porte votre frère ?
― Hilarius ? plus que bien, répondit le dénommé Plutarch en souriant à pleine dent. Savez-vous que je suis devenu, récemment, parrain ?
― Parrain ?
― Oui, dit-il avec joie. Il a eu un enfant – un garçon pour être précis – et ce jeune nourrisson porte le même prénom que le mien. Plutarch Arcturus Heavensbee ! Je ne peux pas être plus heureux que de l’immense honneur dont me fait mon frère ainé, dit-il toujours en souriant.
― Vous savez que ce terme n’est plus réellement d’activité ? Depuis la résurrection du Capitol, il a perdu de sa superbe et ne vaut rien
Je regarde bien attentivement l’hôtesse du Capitol. Elle souriait, elle aussi, à pleine dent mais le sourire qu’elle affichait sonnait terriblement faux. Tout de lavande vêtue, des pieds à la tête, chevelure comprise, elle affichait un sourire des plus blanc, aussi éclatant que ne l’était ses propres yeux doré. Etonnamment, sa dernière remarques avait respiré la sincérité. Et il était vrai que ce terme avait perdu de sa substance depuis que les Hunger Games avaient été mis en place par les dirigeants actuels du Capitol. Pourtant… tout venant d’elle me dégoutait ! Elle respirait tellement l’hypocrisie que je voulais en vomir tripes et boyaux. Pourtant, ces informations ne me semblaient pas des plus importantes.
― Et vous, Drusilla ? Êtes-vous contente d’avoir été désignée hôtesse par le Capitol ?
― J’aurais été plus heureuse si je n’avais pas été envoyé chez ses pouilleux, cracha-t-elle sans préambule.
J’avais pourtant l’habitude des chemins miné mais avec les véhicules des Pacificateurs, je ne m’attendais pas à de telles montagnes russe. Dès qu’une roue du véhicule se retrouvait dans un des trous de la route, je devais vite attraper le bord du 4x4 pour être sûr de ne pas être éjecter du dit véhicule. Chaque secousse me donnait l’impression de vouloir remettre mon petit déjeuner. Surtout que petit déjeuner, il n’y avait pas eu ! J’étais tellement stressé au réveil que je n’avais pas su avaler quoique ce soit.
― Ils roulent vraiment comme des handicapés, me dis-je mentalement en me maintenant avec plus de force. Même nous, nous arrivons à foncer sur cette route sans être secouer dans tous les sens.
Du coin de l’œil, je regarde le Pacificateur qui avait osé frapper ma mère devant moi. Lui aussi avait du mal à rester dans le véhicule mais il avait au moins un mérite que je lui concédais : le courage de montrer que son estomac ne pouvait pas le supporter ! Maintenu par son collègue, il remettait ses boyaux à l’air et cela me fit jubiler. Surtout que ma vengeance ne sera que plus jubilatoire.
Encore deux trois secousses, et je nous vois arriver doucement vers la gare qui est aussi vide que ne l’était un désert, comme on le voit dans le peu de livre que nous avons sur le passé qu’était notre soi-disant glorieux pays. Il faut dire que, depuis les Jours Obscurs, un livre devient une pièce rare. Et encore ! Tout dépend de quel sorte de livre ! En tout cas, dans le District Douze, a part un livre de chant, nous avons du mal à en avoir qui en vaille la peine. Les plus intéressant sont ceux que l’on use en classe pour apprendre à lire et à écrire, en enlevant ceux que le Capitol nous envoie pour notre endoctrinement.
Enfin, c’est ainsi que je le prends depuis ma naissance. Il faut dire aussi que, il y a quinze ans d’ici, je n’en avais que trois mais je me souviens parfaitement des dixième Hunger Games qu’il y avait eu. Lucy Gray qu’elle s’appelait. La grande gagnante de ces jeux du moment.
A ce moment-là, il arrivait encore que certains peuples de Panem quittent un district pour en rejoindre un autre, comme le faisait son peuple à elle. Jusqu’à ce que l’insurrection se soit mis en place et ai donné naissance à ce génocide. Pourtant, quelques mois après qu’elle soit revenue et jetée sur le quai de la gare comme une moins que rien, elle a disparu et personne ne sait ce qu’elle est devenue.
Un grand BANG résonne à mes oreilles et le Pacificateur à qui je réserve une belle surprise s’étale sur moi, remettant ses boyaux sans aucune retenue. Le moment semble propice pour lui faire payer le coup donné à ma mère, mais cela signerait aussi une mauvaise tournure pour moi alors que je ne suis pas encore dans le train. Je prends donc mon mal en patience mais le repousse malgré tout comme un déchet, ne pouvant supporter sa vue plus longtemps.
Son collègue le voit pourtant du coin de l’œil et le tire encore plus vers lui, mais ne dit mot. Malgré son casque blanc, je le vois planter son regard sombre dans le mien, et je ne lâche rien, prouvant ma détermination par la même occasion.
Une autre secousse m’envoie un rien en arrière, et j’en profite pour regarder l’autre véhicule contenant Isobel. Elle semble ne pas en mener large elle aussi, pourtant, son regard est tout aussi déterminé que le mien mais je la vois se retenir de mordre. Pour quel raison ? Tout comme moi, elle est entourée de Pacificateurs qui ne semble pas la regarder quand mon œil avertit capte un minuscule mouvement qu’il n’aurait pas dû voir.
L’un d’eux n’hésite pas à tenter sa chance en glissant sa main là où elle ne devrait même pas être. Quel bande de pourritures ils sont, ces Pacificateurs ! Et je comprends parfaitement les dents serrée de ma compagne de jeu. Elle aussi, je le sens, aura sa vengeance avant que nous ne quittions totalement notre District.
Au bout d’une dizaine de minutes, et après plusieurs embardées provoquée par le véhicule, nous finissons par arriver devant la gare. Qu’elle est triste avec son bois noirci par la poudre de charbon de nos mines. Et pourtant, elle se tien là, comme si le temps n’avait pas eu d’effet sur elle. Nous sommes attrapés comme rien, poussé comme un bétail pour l’abattoir, et emmené de force à travers le couloir principale pour atterrir, au final, sur le quai de chargement.
Je fu étonné de voir que, à la place des traditionnelle wagon à bétail que les autres Tributs avait droit – il faut dire que, lors d’une des Moissons, quand le tirage au sort fut effectué, il m’était arrivé de me faufiler rapidement jusqu’à la gare cette fois-là pour voir ce qu’il en était.
Devant nous, un train flambant neuf nous attendait. Tout rutilant, il projetait les faibles rayons du soleil qui arrivaient à percer le nuage de cendre que notre District avait souvent en journée. Aux travers de certaines fenêtres, j’ai cru voir quelques éclats de rouge et de verres, sans en comprendre spécialement la signification.
― Allez les bouzeux, il est temps pour vous de monter !
Je jette un regard de haine au Pacificateur qui vient de parler alors qu’Isobel prend place à mes côtés. Elle-même grogne face à une telle appellation mais nous restons droit et stoïque, fier d’être des bouzeux, comme ils le disent si bien.
Celui que je hais se rapprochent doucement de moi, arme bien en main, et je vois que de l’autre côté, c’est le pervers du véhicule d’Isobel. Intérieurement, je sens que je suis en connexion complète avec ma Tribut qui se met à sourire.
Cinq secondes à tout cassé. C’est tout ce qui nous a suffit pour réaliser notre vengeance. Isobel lui a écrasé la trachée d’un simple coup du tranchant de la main avant de lui faire une clef de jambes et moi, un uppercut rapide pour qu’il lâche son fusil et se retrouve désarmé, mon bras lui enserrant le cou.
― Lâchez-les ! crie le chef des Pacificateurs.
― Et pour quel raison ? lâche Isobel qui sait qu’elle n’a plus rien à gagner. Pour qu’il puisse continuer à abuser des femmes qu’il aura sous la main ?
Je vois qu’au regard du chef, ce dernier ne semble pas savoir ce qui s’est passé. Comme quoi, même un responsable hiérarchique ne peut pas tout savoir sur ses propres hommes.
Lâchez les quand même…
Le ton du Pacificateur est plus qu’équivoque. Où on obéit, ou on subira la sentence auquel on aura droit. Personnellement, je m’en fou mais je vois Isobel se détendre un peu avant que son talon ne fasse une petite virée sur les partie intime du subordonné, lui coupant le souffle avant qu’un faible gargouillis sorte de sa gorge. La posture que ce dernier à ne fait rire personne mais le message est clair : qu’il fasse attention car, un jour ou l’autre, il n’aura plus rien pour se reproduire !
Mais je n’ai pas autant de souplesse qu’Isobel. Je décide, avant tout de jouer le jeu mais ma proie veut partir tellement vite que je resserre mon bras d’un coup, place ma main où il faut sur son visage, et effectue un mouvement rapide de torsion, lui brisant la nuque en même temps.
Le craquement est tellement sinistre que plus personne n’ose bouger pour me fixer d’un regard écarquiller.
― Bon, dis-je en laissant ma proie s’effondrer mollement à mes pieds, Isobel, je pense qu’il est plus que temps pour nous de monter dans le train. Non ?
Isobel me regard et, d’un simple mouvement du menton, me dépasse et pose le pied sur la première marche. Une fois qu’elle eu prit la hauteur adéquate, je tourne le dos aux Pacificateurs, à Drusilla et à Plutarch, et suis le même chemin qu’elle, les autres ne pipant toujours pas mots. Pour ma part, le message est simple : espérer que je ne revienne pas !
L’obscurité du couloir dans lequel on a monté disparait assez rapidement une fois que nous avons fait quelques pas. Derrière nous, on entend l’hôtesse et le caméraman se dépêcher de monter, suivis de ses employés. Et il ne faut pas longtemps pour que le train se mette en marche dans un soubresaut, nous faisant presque tomber l’un sur l’autre.
― Tout va bien Isobel ?
― Cela ira Gale, ne t’inquiète pas.
Sa voix est sûre d’elle, comme à son habitude. Du coup, je la regarde continuer son chemin, sa queue de cheval se balançant devant mes yeux. Dans le passé, nous avons déjà essayer d’avoir une aventure mais nous avons remarqué que nos caractère ne pouvaient pas s’associer entre eux. Est-ce qu’une bonne collaboration entre nous sera possible ? Peut-être mais il faudra surtout voir ce que nous réserve le Capitol pour cette Expiation.
Je décide de m’arrêter pour regarder au-dehors et je vois, au loin, le chef des Pacificateurs donner ses ordres pour ramasser le cadavre que j’ai laissé et houspiller celui qui est encore à terre, à se tenir les bijoux de famille. Je ne peux m’empêcher de sourire en revoyant la scène, en espérant que celle-ci avait été filmée et que ceux du District pourrons la voir et s’esclaffer aussi.
― Avancer, que je puisse m’asseoir ! crie, sur le coup, Drusilla qui semble boiter.
Je baisse les yeux et la voit sautiller sur place, comme si ses chaussures ne pouvaient plus la supporter. En même temps, vu ce qu’elle porte, comment ne pas avoir mal au pied. Je n’ai pas le temps de pousser plus loin ma réflexion que je me sens plaquer contre la paroi du train, la vitre glacée dans mon dos, alors qu’un éclair violet passe devant mes yeux.
― Drusilla, attendez-moi, lâche Plutarch en se dépêchant de la suivre à toute vitesse. Je me dois de filmer votre avis sur le tirage qui a eu lieu ce jour. Vous devez satisfaire à ce qui est placé dans votre contrat.
Je le vois passer à toute vitesse devant moi en s’excusant, et aider ma compagne avant de filer à toute jambe à la suite de l’hôtesse du Capitol. De mon côté, je regarde Isobel qui semble fatiguée, épuisée même. Dans un silence qui n’est qu’à nous, on se regarde comme si nous étions seul au monde et que rien n’est plus important que nous et rien que nous, avant de revenir à la réalité quand le train à un soubresaut.
D’un commun accord, on décide de suivre le groupe qui doit nous chapoter, ne sachant comment cela va se passer pour cette première Expiation, les nouvelles que l’on apprend déjà n’étant pas de bonne augure.