Indiana Jones et la lance du destin
Ils rejoignirent Bloemfontein en voiture avec Marion pour prendre possession de leur nouvelle acquisition. Ce qu’ils virent à leur arrivée les inquiétèrent plutôt.
Marion leur avait effectivement trouvé un bateau, mais il ne valait sûrement pas dix mille rands, peut-être deux cent, tout au plus.
C’était une barge avec une cabine de pilotage et un moteur, l’ensemble n’avait pas du être entretenu depuis des années.
- Qu’est-ce que c’est que ça ? Demanda Indy l’ai horrifié.
- Ton bateau, je n’ai pas pû trouver mieux.
- Tu n’a pas pu ou tu n’a pas voulu ?
- Oh ça va, du moment qu’il navigue sur l’eau.
- A le voir comme ça je n’en suis pas sûr.
Marion soupira et monta sur la barge, elle tira plusieurs fois la manette de démarrage, le moteur démarra et la cheminée cracha des volutes de fumée noire.
- Satisfait ?
- Ce n’est pas vraiment digne d’un aventurier.
- Tu voulais un bateau, je t’ai trouvé un bateau, maintenant nous sommes quittes.
Ils montèrent à bord, Indy desserra la corde d’amarrage.
- Au revoir Indiana.
- Au revoir ? Tu compte me revoir un jour ?
- Qui sait ?
Indy sourit et poussa les moteurs en avant.
La barge avançait lentement sur le fleuve tranquille. Sophia était assise sur le bord, elle regardait l’eau. Indy la rejoignit.
- Ca va ?
- Oui, je me rappelais la fois où ma mère m’avait emmenée faire un tour de bateau sur l’Hudson, j’avais quatre ans à l‘époque. Elle était tellement belle, toute ma vie je voulais lui rendre honneur, ne pas la décevoir, où qu’elle se trouve dans le ciel.
- Tu espère la retrouver en creusant des trous dans la terre ?
- Je ne supporte pas le présent, et je refuse de penser au futur, mon seul refuge est le passé.
- Mais pour toi ce n’est pas le meilleur des refuges.
- Personne ne peut être totalement heureux, nous n’y avons pas le droit, tout le monde doit avoir une part de souffrance.
- Ça je ne le sais que trop bien.
Il n’y avais pas de nourriture à bord et l’heure du dîner approchait, la seule solution était la pêche, mais avec quoi ? Indy avait rapidement trouvé une idée. Il avait pris son fouet et avait attendu en surveillant la moindre vibration suspecte dans l’eau, dès que ce fut fait, il lança sa lanière.
- Mais à quoi joue-tu ? Demanda Sophia.
- Je prépare le déjeuner.
- Il y a d’autres solutions.
Elle plongea dans l’eau pour en ressortir quelques instants plus tard avec un poisson qu’elle jeta sur la barge. Elle recommença la manœuvre deux fois de suite. Quand elle refit surface la quatrième fois, elle vit le bateau fuir au loin.
- Indy !
Elle nagea à toute allure, Indy riait.
- Arrête tout de suite cette épave !
Il arrêta la barge, elle arrivait furieuse.
- Tu va voir ce qui t’attend quand je serais remontée !
Il cessa de rire brusquement. Sophia se retourna et vit un crocodile arriver droit sur elle. Indy arrêta la barge et lança son fouet, Sophia s’y agrippa et remonta à bord in extremis. Elle gifla Indy.
- C’est comme ça que tu me remercie ?
Ils dégustèrent le somptueux met que Sophia avait rapporté au péril de sa vie.
- Ils ne sont pas mauvais, c’est une chance de les avoir trouvé.
Elle le regardait.
- Quoi ?
- Non, rien.
- Tu me fait peur quand tu me fixe comme ça, j’ai toujours l’impression que tu va me jeter un mauvais sort.
- Tu a déjà bien assez la poisse comme ça.
- Tu ne pourrais pas te servir de ta voyance pour me dire quand je trouverais un artefact capable de me guérir de ça ?
- Je ne pratique plus la voyance, tout cela est terminé depuis bien longtemps.
- Tu ne m’a jamais dit pourquoi.
- Je ne veux plus avoir recours à cela, comme je te l’ai dit, l’avenir me fait peur maintenant, je préfère ne rien savoir à son sujet.
- Depuis quand as-tu ce don ?
- Depuis la mort de ma mère. Je sais que ça peut paraître étrange mais quelques jours après qu’elle soit partie, je voyait des choses qui se passait quelques minutes après, des petites choses, juste des fragments, puis en grandissant, j’étais capable de prédire l’avenir de n’importe qui.
- Mais l’avenir n’est jamais écrit, pour personne.
- Oui, c’est pour cela que j’ai arrêté d’avoir recours à ce « don ».
- Pour toi ce n’est pas un don, plutôt une malédiction.
- Oui. Pour que ce soit un don il aurait fallu que je l’ai avant la mort de ma mère.
Après avoir mangé, ils s’allongèrent côte à côte au bord de la barge et regardèrent le ciel.
- Tu te rappelle de notre première rencontre ?
- L’expédition Jastro en Islande ?
- Oui, l’Islande, pour rien au monde je ne retournerai là-bas.
- Tu avais volé mes trouvailles pour les revendre au marché noir.
- Pour la bonne cause.
- Pour ta bonne cause !
- Mais si je n’avais pas fait cela, nous n’aurions jamais trouvé l’Atlantide grâce à ce maudit collier.
- Parfois je me dis que j’ai eu tort de me lancer à sa recherche.
- Tu es fou ! Ce que nous avons découvert était la preuve de l’existence d’une civilisation technologique plus évoluée que toutes les autres qui existaient à la préhistoire !
- Mais la Cité a disparue à jamais maintenant, et ce n’est pas la seule chose que j’ai perdue dans cette aventure.
- Tu ne m’a jamais perdue. Si tu n’étais pas parti…
- Nous sommes partis tous les deux et c’était mieux comme ça.
- Non Indy, je m’en rends compter maintenant.
- Laisse tomber Sophia, il y aura toujours un mur derrière mon cœur de pierre.
- Quel mur ? Dit-elle en se penchant pour l’embrasser sous le ciel étoilé.
Une étoile filante passait…
Le temps sec et ensoleillé céda bientôt la place à une grosse averse orageuse.
Indy et Sophia s’étaient endormis côte à côte. Indy fut réveillé par les gouttes d’averse et par le bruit de l’orage. Le journaliste levé depuis quelques heures maintenant. Il regarda la pluie tomber quelques instants puis referma les yeux. Il y eut alors un bruit à glacer le sang. Indy rouvrit brusquement les yeux. Il ne s’agissait pas du tout d’un coup de tonnerre. Il se leva et comprit alors de quoi il s’agissait.
Un alligator était sur la barge, il avait dû monter à cause de la hausse des eaux qui avait inondée l’avant de l’embarcation. Indy n’était pas effrayé mais c’était tout comme, après tout, l’alligator était un reptile, et Indy détestait les reptiles. La grosse bestiole l’avait repéré et ouvrit sa gueule béante avant de ramper vers lui à toute allure. Il porta la main à son fouet et le fit claquer sur la bête. Celle-ci s’arrêta sans trop souffrir. Il prit alors son revolver et regarda la chambre : il lui restait trois balle sen réserve. Il tira la première sur l’animal, elle ricocha, sa peau était trop épaisse bien qu’elle l’avait légèrement blessé. Furieux, l’alligator fonça droit sur Indy, ce dernier chercha quelque chose pour le repousser, il y avait un réservoir d’essence sur la gauche, il tira une balle dedans, le pétrole se déversa sur la barge, se mêlant à l’eau et à l’alligator. Indy tira alors sa dernière balle dans l’eau. Un brasier mortel s’éleva pour englober la bête et la consumer dans d’atroces souffrances.
Le réservoir d’essence explosa dans un bruit assourdissant, une partie de la barge fut détruite par le choc, l’eau s’engouffra. Sophia accouru.
- Mais qu’est ce que tu a encore fait ?
- Il y a eu un petit souci.
- Eh bien maintenant c’est un gros souci ! Ce truc va couler !
- Va voir si il y a un canot pneumatique.
- D’accord.
Elle regarda dans les caisses, la barge penchait dangereusement sur la gauche.
- Sophia !
- J’ai trouvé !
Elle revint en titubant à cause du déséquilibre.
- Comment on active ce truc ?
- Donne.
Indy tira la languette, le canot se déploya, il le jeta à l’eau agitée.
- Allez !
Ils embarquèrent, Indy et Sophia ramèrent tandis que la barge disparaissait inévitablement au fond de l’eau. Ils assistèrent au triste spectacle sans pouvoir faire la moindre chose.
- La chance légendaire des Jones, dit Indy.
Les heures passèrent, ils étaient épuisés.
- C’est encore loin ? Demanda Sophia.
- Non, on y est presque.
- Il y a deux heures aussi on y était presque.
- Cette fois c’est sur, regarde.
Une énorme montagne rocheuse dominait devant eux, le soleil l’éclairait de toute sa splendeur.
- Il était temps…c’est quoi ce bruit ?
Indy baissa les yeux, ils allaient droit sur des rapides !
- Rame dans l’autre sens, vite !!
Ils s’activèrent mais il était trop tard, ils furent pris dans les eaux extrêmement agitées.
- Il faut à tout prix éviter les rochers sinon nous sommes fichus !
Le canot dérivait à toute allure.
- C’était pas sur la carte ça Indy !
Soudain le canot heurta un rocher caché sous l’eau, Sophia fut renversée en arrière et tomba dans le courant.
- Sophia !!
Sans attendre Indy lança son fouet, elle s’y agrippa. Lentement elle revint vers le canot pour finalement y remonter.
- C’est une habitude chez toi.
- Cette fois je crois que je peux te dire merci.
Un brusque bruit de dépressurisation interrompit leurs retrouvailles.
Indy regarda l’embarcation, elle était en train de se dégonfler lentement.
- C’est pas vrai !
- Indy !
- Quoi ?
Il suivit le regard effrayé de Sophia. Devant eux, une gigantesque chute d’eau les attendait.
- Nom de Dieu !
- Il faut sauter !
- Pour mourir noyés ?
- Tu a une autre idée ?
- Oui, agrippe toi et prépare toi.
- Tu es cinglé !
- Fais ce que je te dis !
Ils empoignèrent fermement le canot toujours en train de se dégonfler. Le vide se rapprocha pour finalement les engloutir. La chute sembla interminable, et pourtant… elle se termina dans un énorme « PLOUF » dans les eaux calmes. Le canot, bien qu’en mauvais état, avait amorti la chute et empêché une mort certaine.
- Ca s’est bien passé finalement, dit Indy.
- Oh la ferme !
Indy rit.
Ils accostèrent sur le rebord le plus proche. Pour atteindre la montagne, ils devraient traverser la jungle. Le soleil se couchait déjà.