La dernière disciple d'Inu no Taishō

Chapitre 54 : À Mayoiga

Chapitre final

1208 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 14/06/2026 16:13

Sesshōmaru était assis au pied d'un grand arbre.


Ses cheveux tombaient sur le blanc de son kimono à motifs rouges. Sa manche gauche, déchirée, laissait son bras entièrement découvert. La fourrure reposait sur son épaule, immobile.


Ses yeux demeuraient ouverts.


Rin et Jaken s'étaient éloignés depuis un moment. Leurs voix avaient fini par disparaître entre les troncs.


Sesshōmaru ne tourna pas la tête.


Son regard glissa seulement sur le côté.


Mayoiga arrivait.


Elle marchait sans bruit entre les arbres.


Elle avait changé de kimono.


Le violet avait disparu.


À sa place, elle portait une étoffe vert pâle.


Sesshōmaru la regarda approcher.


Mayoiga s'arrêta près de lui.


- Tu te reposes enfin.


Il ne répondit pas.


Elle resta debout une seconde encore, puis s'accroupit à ses côtés. Ses manches retombèrent autour de ses genoux.

Sesshōmaru tourna la tête vers elle.


- Tu as changé de kimono.


- Oui.


Elle baissa les yeux vers l'étoffe.


- J'aurais dû le faire plus tôt.


Son regard resta sur elle.


- Le violet t'allait bien.


Mayoiga releva les yeux.

Son visage se durcit un peu.


- Ne dis pas cela.


- Pourquoi ?


Sa voix demeura basse.


- Parce qu'il l'avait choisi ?


Elle ne répondit pas.


Pendant un instant, seul le bruissement des feuilles passa entre eux.


Sesshōmaru la regarda encore.


— Approche.


Mayoiga releva les yeux vers lui.


Elle hésita à peine.

Puis elle se pencha.


Sesshōmaru leva sa main, marqués de rayures violettes. Ses doigts se posèrent sur le col de son kimono.


Sur l'étoffe claire, de fines courbes se répétaient en lignes régulières, semblables à des vagues contenues.


Il les effleura du pouce.


Le geste était presque rien.


Pourtant une chaleur monta aux joues de Mayoiga.


Les yeux dorés de Sesshōmaru s'y arrêtèrent.


Il ne dit rien.


Sa main glissa du col à sa nuque.


Mayoiga se retrouva au-dessus de lui, une main appuyée dans la fourrure blanche. Ses doigts s'y enfoncèrent.


Leurs visages étaient trop proches pour que le silence demeure neutre.


Elle sentit la chaleur de son corps sous le tissu, la douceur dense de la fourrure contre sa paume, le souffle calme qui frôlait presque le sien.


Sesshōmaru attira légèrement sa nuque.


Mayoiga ne résista pas.


Ses cheveux noirs glissèrent contre le blanc de son kimono.


Leurs souffles se touchèrent.


Puis Sesshōmaru s'immobilisa.


Son regard quitta le sien.


Son visage se referma.


Mayoiga sentit l'odeur à son tour.


Elle ferma les yeux une seconde.


- Tōtōsai.


Le nom lui échappa avec une lassitude contenue.


Elle se redressa.


Sesshōmaru avait déjà retiré sa main.


Tous deux étaient debout avant que le vieux forgeron n'apparaisse entre les arbres.


Tōtōsai avançait juché sur son buffle à trois yeux, le dos voûté, son marteau calé contre l'épaule. 


Son regard passa sur Mayoiga.


Puis sur Sesshōmaru.


Puis descendit vers la lame à sa taille.


- Elle est apparue plus vite que je ne l'aurais cru.


Sesshōmaru ne répondit pas.


Tōtōsai plissa les yeux.


- Laisse-moi la voir.


Le daiyōkai tira Bakusaiga.


La lame sortit du fourreau dans un silence net.


Tōtōsai descendit lourdement de son buffle, puis s'approcha. Il observa l'acier sans le toucher.


Les marques couraient sur presque la moitié de la lame. Ce n'étaient pas les ornements d'un forgeron. Elles étaient inscrites dans sa matière même.


- Bakusaiga, marmonna Tōtōsai.


Son regard remonta vers Sesshōmaru.


- Une lame née de ton propre corps. Non d'un héritage transmis.


Sesshōmaru resta immobile.


Le vieux forgeron se gratta le menton.


- Tenseiga t'a été donnée pour t'apprendre l'importance de ce qu'on ne tranche pas. Celle-ci n'a rien à voir.


Il désigna Bakusaiga du bout du marteau.


- Tu avais perdu ton bras en cherchant Tessaiga. À cette époque, tu poursuivais encore l'ombre de ton père.


Un silence suivit.


Tōtōsai releva légèrement le menton.


- Si Bakusaiga est revenue avec ce bras, ce n'est pas par hasard.


Sesshōmaru ne baissa pas les yeux vers la lame.


Tōtōsai, lui, le regardait avec une gravité inhabituelle.


- Tu n'es plus seulement le fils d'Inu no Taishō.


La forêt sembla retenir un instant son souffle.


Puis le vieux forgeron ajouta :


- Tu l'as dépassé.


Sesshōmaru ne répondit toujours pas.


Ce silence-là n'était ni refus ni orgueil.


Il n'avait simplement pas besoin d'être rempli.


Tōtōsai détourna les yeux.


Son regard accrocha alors les deux autres lames à la taille de Sesshōmaru.


Tenseiga.


Tōkijin.


Il s'arrêta sur cette dernière.


Une ride passa entre ses sourcils.


Mais il ne dit rien.


Sesshōmaru rangea Bakusaiga.


Le métal disparut dans le fourreau.


Tōtōsai remonta sur son buffle avec un grognement.


- Voilà. J'ai vu ce que je voulais voir.


Il tira sur la bride. L'animal commença à tourner lentement entre les troncs.


Mayoiga parla alors.


- Tōtōsai.


Le vieux forgeron s'arrêta sans se retourner tout à fait.


- Hm ?


- Naraku m'a dit que mon maître voulait que vous me forgiez une épée.


Le silence changea aussitôt.


Tōtōsai tourna enfin la tête vers elle.


Quelque chose, dans son visage, perdit de son agacement.


- C'est vrai.


Mayoiga resta immobile.


- Comptez-vous le faire ?


Il la regarda un instant.


Puis il répondit :


- Non.


Aucun mouvement ne traversa son visage.


Tōtōsai donna une petite tape sur le flanc de son buffle.


L'animal se remit en marche.


- Ton épée existe déjà.


Mayoiga fronça légèrement les sourcils.


Le vieux forgeron ne s'arrêta pas.


Il leva seulement son marteau par-dessus son épaule, en direction de Sesshōmaru.


- Il faut juste que cet abruti accepte de te la rendre.


Puis il continua de s'éloigner entre les arbres.


Son grommellement se perdit peu à peu dans la forêt.


Le silence retomba.


Cette fois, il n'avait plus la même forme.


Lentement, le regard de Mayoiga descendit vers la taille de Sesshōmaru.


Vers Tōkijin.


La lame reposait là, silencieuse.


Les yeux dorés de Sesshōmaru s'abaissèrent à leur tour.


Pendant un instant, aucun d'eux ne parla.


Mayoiga releva alors les yeux vers lui.


Quelque chose avait changé dans son regard.


Une insolence ancienne, que ni la mort, ni Naraku, ni la Perle n'avaient réussi à lui retirer.


Elle ne tendit pas la main.


Elle ne demanda rien.


Elle le regarda seulement avec l'impatience froide de ceux qui savent déjà ce qui leur revient.


Sesshōmaru resta immobile.


Son regard demeura sur Tōkijin un instant de trop.


Puis, lentement, ses doigts se posèrent sur la garde.


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Note de fin :


Et ainsi s’achève cette histoire.

Merci d’avoir suivi cette fanfiction jusqu’à son terme. J’espère que vous avez pris autant de plaisir à la lire que j’en ai eu à l’écrire. :D


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