JoJo's Bizarre Adventure : Lost Baby

Chapitre 112 : …And I don’t feel the same.

2046 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 17/01/2026 21:20




Le départ d’Adam avait laissé un long silence dans la pièce. Tous les occupants du petit salon gardaient le regard baissé comme si l’atmosphère pesante s’appuyait sur leurs nuques. Job dirigea son regard vers le vieillard qui semblait, encore une fois, perdu dans ses pensées. Ses doigts pianotaient sur sa canne dans un rythme précis, s’accordant à la perfection avec celui de la Mélodie du Monde. Malgré son âge, les gestes précis du héros de légende demeuraient les mêmes.


Job : J’imagine que vous êtes venus pour retrouver votre fille. J’aimerais que vous sachiez que toute notre équipe a fait de son mieux pour qu’elle ne soit pas blessée. J’ai également veillé à ce qu’elle puisse suivre les mêmes cours des enfants de son âge…même si nous sommes finalement passés sur le programme du lycée assez vite…Tout ça, pour dire que…nous espérons avoir traité la Signorina Joestar à la hauteur de son rang. 


Malgré ses précautions, Job savait que les apparences ne jouaient pas en sa faveur. L’héritière d’un magnat de l’immobilier disparaissait mystérieusement lors de la tentative d’assassinat de son père et ce dernier la retrouve au milieu d’un champ de bataille, à deux doigts de se faire tuer. Cependant, il savait bien que s’il avait voulu les faire tous les quatre (ou trois si l’on exclut le thon en boîte) enfermé pour le restant de leurs jours, l’homme n’aurait eu aucun mal à le faire. 


Joseph : Tu n’as pas à t’inquiéter. Pendant que tu dormais, Jojo vous a bien défendus. Même si elle a affronté des risques totalement inconsidérés lors des dernières semaines, vous semblez avoir fait tout votre possible pour la protéger du danger. Et puis…il y a aussi ces nouvelles capacités que ma fille a développées…


Job ne put s’empêcher de pousser une petite exclamation au moment où le père de la jeune manieuse finit sa phrase. Depuis leur premier affrontement, il savait que quelque chose de plus grand qu’un simple don d’invisibilité se cachait sous le Stand de l’héritière de l’empire Joestar. 


Shizuka : Papa, tu sais quelque chose sur l’origine de Kiss from a Rose et Heavens Bells ?! 


Le vieil homme s'affaissa difficilement sur le fauteuil non loin de sa fille et lui caressa doucement la tête. 


Joseph : J’ai sans cesse repoussé le moment de t’en parler. J’ai pensé que moins tu en savais, le meilleur ce serait…Je me mentais à moi-même en croyant que le “bon moment” finirait par arriver…J’aurais dû te faire confiance. Mais ça n’a pas empêché des criminels de vouloir te blesser pour s’en emparer… 


Monsieur Joestar serra le poing sur sa cuisse. 


Joseph : Encore une erreur que j’ai faite… Mais j'ai décidé de ne plus rien te cacher. En réalité, la capacité de ton Stand n’est pas l’invisibilité. Il est capable de mimer l’énergie vitale de tes proches les faisant évoluer vers de nouvelles capacités.


Maneater : Alors, cela explique pourquoi la p’tite humaine est capable d'autant de prouesses ! Son Stand est évolutif, sa forme n’est pas figée comme les nôtres. A côté, on ressemble à de vieux Cœlacanthes !


Monsieur Joestar ignora poliment les élucubrations du poisson dans son bocal et continua ses explications sans lâcher du regard sa fille adoptive. En quelques mots prononcés maladroitement, il levait le voile sur des années de mensonge par omission.


Shizuka : Alors, c’est pour ça que j’ai pu maîtriser le Boléro de Guns si rapidement…je voulais tellement le sauver que son pouvoir s’est réveillé en moi… 


Joseph : Exactement, ta copie d’Hermit Pur-, je veux dire, ta “Rose” doit venir du lien fort que nous partageons. Quand tu m’as vu étendu au sol, ton Stand a incorporé le mien et l’a invoqué quand tu en as eu besoin. 


Maneater : Alors, ces cloches qu’elle a utilisées contre moi étaient en fait celles de Job ?! J’aurais dû me douter qu’une capacité aussi ridicule n’était pas à la hauteur de Shizuka ! 


Machinalement, Job appuya sur la touche de son piano. Maneater se contorsionna presque instantanément en éclaboussant des morceaux du corps de son Stand partout sur le canapé. 


Shizuka : Et l’invisibilité, si ce n’est pas la capacité d’Achtung Baby…d’où provient-elle ? Je ne me souviens même plus du moment où elle s’est réveillée…est-ce-que…?


Job gardait ses yeux rivés sur le visage de la fillette, visiblement déstabilisée par les révélations de son père. Est-ce qu'elle pensait que son Stand était une piste vers ses origines ? Était-ce la source de la “possession” qu’avait subie la Signorina lors de leur première altercation ? Le patriarche milliardaire baissa la tête de honte et soupira la dernière information qu’il avait conservée pendant toutes ces années. 


Joseph : Oui, d’après les théories des chercheurs de la fondation, l’invisibilité était sûrement le Stand de ton père…ou de ta mère.


Shizuka : De ma mère..?


Joseph : C’est le plus probable. J-je suis vraiment désolé de ne pas t’en avoir parlé plus tôt. J’avais peur… que cela te pousse à suivre la trace de tes parents biologiques. C’était égoïste de ma part, Jojo…


La petite fille se jeta dans les bras de son paternel, les yeux mouillés. Le vieillard fut d’abord surpris de la réaction de la jeune fille avant de la serrer fort contre lui. Les joues ridées de l’ancien héros vinrent tendrement accueillir une larme. 


Shizuka : Ce n’est pas grave, papa…Tout ce qui compte, c’est que tu aies fini par me le dire. Je suis désolé de ne pas être resté à ton chevet. J’aurais dû rentrer dès que j’en avais l’occasion. Ça aurait évité tellement de souci à Guns et à toi…


Joseph : Je suis là maintenant, Jojo. Ne t’inquiète pas, tout va bien. 


Job et Maneater laissaient le père et sa fille profiter de ce moment de tendresse et de retrouvailles. Après tant d’années de non-dit, les révélations semblaient avoir soulagé un poids énorme qui pesait sur les épaules des deux générations. Cependant, malgré l’insouciance de cette embrassade, le musicien ne put s’empêcher de s’attarder sur une note dissonante dans cette grande partition. S’il avait déjà tissé un lien assez fort avec Shizuka au cours des moments qu’ils avaient passés ensemble, qu’en était-il d’Adam ? 



***



Le torse d’Adam ne cessait de palpiter. La sueur continuait de noyer son visage et d’embrumer sa vision. Sa panique avait réduit sa perception. La chaleur brûlait sa gorge et le froid lacérait sa peau. 


Adam : Pourquoi ?! Pourquoi ça vient maintenant, bordel... Je croyais que j’avais intégré la mort de Salomon…alors pourquoi ma tête veut pas la FERMER ?!


Il frappa violemment son crâne contre la brique du mur de l’hôtel, laissant un filet de sang couler entre son cuir chevelu et son arcade. 


Adam : Rien n’est de la faute de Jojo, ni de son père, ni de personne à part MOI ! Alors, pourquoi je ne veux pas m’empêcher de les haïr ?! D’haïr leur bonheur, d’haïr leur foutue famille ! 


Il frappa à nouveau, encore plus violemment. 


Adam : Salomon…je voulais simplement te protéger, servir à quelque chose une fois dans ma vie…mais je ne fais que décevoir…comment une loque pareille pourrait se présenter devant son père ?! Sûrement qu’il voudrait un fils comme Jojo qui pense aux autres avant lui ! 


Light Butterfly lui attrapa la tête par l’arrière des cheveux et s’apprêta à lui enfoncer la tête encore plus profondément dans la brique. A ce moment précis, un flash familier éclaira l’entrée et Adam fut déplacé à quelques mètres du mur. 


Adam : Qu’est-ce que tu fous là ? Tu veux pas me laisser tranquille une seconde ? 


Batya descendit les trois marches devant la porte de l’hôtel et s’avança vers Adam pour lui poser une couverture sur les épaules d’un geste aussi tendre que la froideur méthodique de la photographe permettait. 


Batya : Je suis chargé de te protéger, petit frère. Cela inclut de te protéger de toi-même. Je n’étais pas là dans l’ascenseur donc je ne pouvais pas t’en empêcher mais, cette fois-ci, je ne peux pas rester sans rien faire.


Adam : Ah oui “l’ascenseur”. Merci pour…enfin, tu vois pourquoi. 


Un silence de quelques secondes s’installa. Adam finit par briser le silence en articulant quelques mots entre deux respirations difficiles. 


Adam : Si on a le même père et pas la même mère, ça fait de toi ma demi-sœur, pas vrai ? Pas que ça change grand-chose mais…t’as connu ta mère ? Comment elle était ? 


Batya hésita, l'œil légèrement brillant, ce qu’Adam ne remarqua pas. 


Batya : C’était une femme formidable. Je l’admire beaucoup. Enfin, je ne l’ai pas beaucoup connu… 


Adam : La mienne aussi, elle distribuait de l’amour par tonne. Tout le monde l’appréciait dans le quartier où j’ai grandi. Même quand elle était malade, elle continuait à sourire et à veiller sur les autres. Je me dis que pour donner un connard comme moi avec une sainte comme mère, mon père doit en être un sacré aussi…


Batya : Je pense que tu ne pourrais pas te tromper plus. Aussi bien sur ton père que sur toi.


Adam : Tu as peut-être raison…j’imagine que tu n’es pas la pire grande sœur non plus. Je me suis calmé, désolé de vous avoir inquiété. Tu peux rentrer maintenant. J’ai besoin d’être seul…pour parler à Salomon. 


Batya hocha la tête et commença à se retourner quand le téléphone d’Adam se mit à sonner. Le message “Numéro inconnu” s’affichait sur l’écran LCD. Le jeune homme allait refuser l’appel mais, au cas où, il décrocha. 


Adam : Allô ? VIZIOO, c’est vous ? Je ne suis pas vraiment d’humeur à parler des Mystères maintenant…je vous rappelle dès que…comment ça, ce n’est pas pour ça ?


Le rythme cardiaque d’Adam repartit de plus belle. Il marchait frénétiquement de gauche à droite. Batya n’entendait pas la discussion mais, après un bref marmonnement numérique de l’autre côté du fil, le visage d’Adam se décomposa. 


Adam : Qu’est-ce-que vous racontez ?! Même si c’est vrai, comment vous êtes au courant d’une chose pareille ?! N-non, je vous crois, ne raccrochez pas ! J-je pars tout de suite !


Adam laissait tomber lourdement le bras qui tenait le téléphone comme s’il croulait sous le poids des présages de VIZIOO. D’un air mortifié, il s’adressa à Batya en serrant le poing. 


Adam : Préviens les autres que j’ai dû partir en urgence. Je n’ai pas une seconde à perdre…Qu’ils partent vers le prochain Mystère seuls, je les rejoindrai. Je dois retourner à Paris. 


Batya : Il est hors de question que tu y ailles seul. Je pars avec toi.


Après une hésitation, Adam acquiesça et les deux s’enfoncèrent dans l’obscurité. 



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