JoJo's Bizarre Adventure : Lost Baby

Chapitre 120 : Birdland, le dernier Mystère (Partie 1)

2704 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 04/07/2026 23:02


Job : Vous êtes bien sûr de vous, Monsieur Joestar ? Ce n’est pas une décision à prendre à la légère.


Shizuka : C’est vrai, papa…je veux dire, je croyais que tu étais revenu me chercher ?!


Le vieillard sourit devant les yeux médusés de tout le petit groupe. Visiblement, sa décision était prise. Cependant, ils n’avaient pas totalement tort : les événements récents avaient quelque peu bousculé ses certitudes et redessiné les raisons de sa présence. 


Joseph : Vous savez, j’ai beau être vieux, je n’ai pas encore perdu toute ma tête ! 


Le sourire de l’ancien héros se teinta soudainement d’une profonde tristesse, inspirée par le souvenir encore à vif des événements datant de plusieurs jours en arrière.


Joseph : Toute cette affaire avec Guns m’a fait réfléchir…Tu sais, j’ai sûrement déjà dû t’en parler avant mais…Après la disparition de mes parents, j’ai été élevé par ma grand-mère. Elle était très protectrice. Même si je savais qu’elle voulait me protéger, toutes ces ”règles” me donnaient l’impression que l’on m’empêchait d’être moi-même, qu’on ne croyait pas suffisamment en moi et ma force. A cette époque là, je me disais que le jour où j’aurais des enfants, je les laisserai vivre leurs vies à 100%, que je ne ferai pas la même erreur. 

Et puis, j’ai vieilli…et comme tous les vieillards, je me suis mis à trop m’inquiéter. J’ai étouffé Guns et toi sous beaucoup trop de pression et c’est ce qui nous a amené à cette situation…Et cet Adam…Je crois que son père a fait encore d’autres erreurs que les miennes…

Notre génération a refusé de laisser sa place aux suivantes et c’est maintenant que vous payez les pots cassés…Vous héritez de tous les problèmes qu’on a provoqués sans qu’on ait pris le temps de vous y préparer…

Jojo, tu es ma fille. Tu es futée et forte comme ton père et coriace et attentionnée comme ta mère. Je n’ai aucun doute sur le fait que tu réussiras tout ce que tu entreprendras et que tu triompheras de n’importe quel tocard qui se mettra sur ta route ! Et que tu sauras raisonner tous ceux qui le peuvent… Tu as toute la force des Joestar qui bouillonne en toi et tu vas le montrer au monde entier ! Je suis tellement fière que tu aies réussi à conserver toutes ses belles qualités malgré mon éducation désastreuse…


La petite fille se jeta dans les bras de son vieux père, les larmes aux yeux. Elle avait attendu ses mots pendant si longtemps que son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Depuis le début de son aventure, elle avait progressivement découvert la force qui résidait secrètement au fond d’elle : malgré son sang différent, la même détermination que ses aïeux circulaient dans ses veines. Cependant, l’entendre de la bouche de la personne qui comptait le plus à ses yeux, c’était probablement ce dont elle avait le plus besoin. D’abord hésitantes, les mains de Joseph se posèrent sur son dos pour l’étreindre tendrement. Il adressa un regard plein de gratitude aux deux compagnons qui se tenaient derrière elles.


Joseph : Et puis, si jamais tu te retrouvais en mauvaise posture, tu pourrais toujours demander de l’aide à ces gaillards ! 


Job : Ce serait un honneur de continuer à veiller sur votre fille, Monsieur Joestar. 


Maneater : Vous inquiétez pas, vieux singe ! Avec un “apex prédateur” comme moi, la petite humaine ne risque rien ! 


Le vieil homme poussa un rire de bon cœur. 


Joseph : Je suis rassuré, elle n’a définitivement rien à craindre avec vous ! Sur ce, je pense que Guns et moi avons suffisamment inquiété les employés de la Fondation comme ça. Je vais rentrer à Paris. 


Shizuka : Papa, après ce qui est arrivé, tu n’as pas peur de te faire attaquer de nouveau ?!


Joseph : Ne t’inquiète pas, les actionnaires de la Fondation ont fait doubler tous les protocoles de sécurité autour de moi. C’est à peine si je peux aller aux toilettes seul ! Heureusement que ton vieux père est un futé, sinon jamais j’aurais réussi à te rejoindre en hélicoptère ! 


Après de derniers adieux larmoyants, Joseph Joestar monta dans l’hélicoptère de la Fondation avec l’aide de deux employés particulièrement inquiets. Shizuka, Job et Maneater firent des signes de main et de nageoire au vaisseau qui s’élevait dans les airs. 


Job : Signorina, qu’est-ce-que vous souhaitez faire ? Est-ce-que vous voulez qu’on les attende encore quelques heures avant de se remettre en route ?


Une grande partie de leur dernière journée à l’hôtel avait été consacrée à la recherche de leurs deux amis. La jeune Joestar n’arrivait pas à se faire à l’idée que celui avec qui elle avait partagé toutes ces aventures venait de la laisser derrière lui. Jusqu’ici, malgré leurs désaccords, ils avaient toujours avancé ensemble. Son esprit chassa ses mauvaises pensées. Elle était égoïste de penser à son amitié plutôt qu’à son ami. Comme disait Job, Adam avait sûrement besoin de temps pour se remettre de leur confrontation avec Salomon. 


Shizuka : J-je pense qu’Adam et Ziggy ne sont pas en état de nous accompagner. Et je pense que la priorité de Batya est de veiller sur Adam. Ça m'attriste de l’admettre mais…il va falloir se résoudre à résoudre ce Mystère sans eux. 


Job prit la réponse de la fillette comme un signal et pressa le bouton de la clé-télécommande de la Mystery. À quelques centaines de mètres de là, un moteur se mit à vrombir et, quelques secondes plus tard, un minibus bondit et s’arrêta devant les trois voyageurs. Le klaxon grave du véhicule s’exclama deux fois à deux octaves différents semblant fêter leurs retrouvailles. 


Shizuka : Nous aussi, on est contentes de te revoir, Mystery !  


Avec deux personnes de moins, la Mystery, sous sa forme actuelle, semblait tristement vide. Le silence pesant s’installa dans l’habitacle de la voiture. Sentant les ondes négatives qui traversaient l’air, Maneater lança un hameçon pour changer les idées de ses deux compagnons.


Maneater : Alors, petite mammifère, comment s’appelle le prochain Mystère que l’on doit affronter ?!


Shizuka : Euh, et bien… HOPE indique qu’il s’appellerait “Birdland”...On dirait que cette fois-ci les lettres forment des oiseaux, ça collerait bien avec le nom. Job, est-ce-que tu pourrais regarder sur Internet si tu trouves des infos s’il-te-plaît ?


En tirant une poignée sur le siège devant lui, Job découvrit un ordinateur incrusté dans le cuir avec écran et clavier dernier cri. Sans se préoccuper de ces nouveaux apparats luxueux adoptés par la Mystery, il commença à taper frénétiquement sur les touches pour faire apparaître une liste hostile de résultats chaotiques.


Job : Vu que le nom est très basique, il y a pas mal de bruits dans les résultats…Il faudrait que j’arrive à trier les éléments mais cela risque de prendre un peu de temps. Je trouve des résultats dans la ville de Lyon…


Dans le reflet de ses pupilles sombres, les fenêtres Internet apparurent et disparurent successivement, découvrant et interrompant des pistes possibles.


Job : Je commence à comprendre pourquoi cet informateur avait autant de mal à identifier les Mystères. Les personnes en ligne racontent tout et son contraire sur les forums de paranormal. De ce que je vois, il semble que dans certaines zones de la ville, les oiseaux ont un comportement particulièrement agressif. Certaines espèces étrangères ont également été repérées dans les bordures de la ville. 


Maneater : Ca ne m’a pas l’air vraiment impressionnant pour une personne élue par le Voyageur. Tu es sûr de toi, l’humain ? 


Job : Comment veux-tu que je sois sûr de moi avec toutes ces idioties ? Le nom est peut-être apparu dans des titres d’articles de presse récemment… 


En cliquant sur le lien menant au site d’un célèbre quotidien, l’expression de Job changea du tout au tout comme s’il venait de croiser un fantôme. 


Job : “Crazy on You” ? Il semblerait qu’une série d’attentats aient eu lieu pendant notre séjour à l’hôtel ! La liste des victimes n’est pas encore complète mais il y aurait plusieurs dizaines de morts et de blessés ! 


Shizuka : M-mais qu’est-ce-qui a pu se passer ? Tu crois que ça a quelque chose à voir avec les Mystères…ou avec la disparition d’Adam ?! 


Job : Je pense qu’il est trop tôt pour tirer des conclusions, Signorina. Cependant…le Boss de la Passione semble être le principal suspect et un mandat d’arrêt international a été déposé contre lui ce matin. 


Maneater : Donc l’ennemi que l’on cherche à vaincre grâce à la puissance du Voyageur serait le commanditaire de ces attaques ? Visiblement, son Stand invincible ne semble pas être le seul obstacle sur notre chemin ! 


Job : D’après les informations communiquées par les autorités, il aurait été repéré dans les alentours de Lyon. 


Shizuka : Lyon ? Alors, il se trouverait au même endroit que le prochain Mystère ! Ça ne peut pas être une coïncidence ! On est peut-être enfin arrivés à retrouver sa trace ! 


Job se tourna vers la fillette que la nouvelle semblait avoir quelque peu chamboulée et lui adressa un regard compatissant. 


Job : Je pense que le poisson a raison. Nous avons peut-être sous-estimé le danger que cette nouvelle opération peut représenter. Il est peut-être plus serein d’attendre qu-


Shizuka : Job, c’est gentil de t’inquiéter pour moi mais ce n’est pas la peine… On résoudra ce Mystère comme tous les autres et on filera une rouste bien méritée à ce Boss ! 


Le nouveau responsable de la sécurité de la jeune fille hésita quelques instants en regardant les deux sièges vides qui auraient pu être de bons conseillers. À contre-coeur, il acquiesça, inquiet du danger auquel tout le groupe s’exposait dans cette entreprise. 


Job : Très bien, Signorina…si vous le dites. Je pense que les incidents avec ce Salomon et votre majordome m’ont rendu un peu trop prévoyant. Cependant, si nous avons à faire face à deux ennemis cette fois-ci, nous devons redoubler de prudence. 


Les trois enquêteurs s’installèrent à leur place : Job à celle du conducteur, Shizuka à celle du mort et Maneater allongea son Stand sur la banquette arrière, faisant des petits bonds en dehors de l’enveloppe aqueuse humanoïde comme dans le bassin d’un parc aquatique. 


Le trajet dura plusieurs heures sur les routes tranquilles du centre de la France. Cependant, à mesure que leur destination se rapprochait, l’atmosphère s’alourdissait, reprenant les couleurs sombres de leurs derniers jours. Job, pour éviter de laisser que les pensées de Shizuka ne se laissent aller à la mélancolie, reprit son rôle de tuteur et se retourna pour s’adresser à elle. 


Job : Signorina, vous ne voulez pas vous exercer un petit peu au piano ? Je suis sûr qu’il vous reste un petit bout de notre dernière leçon. On avait étudié la Septième Symphonie, vous arriveriez à la rejouer ? 


Shizuka : Bonne idée, Job…je pense que ça pourrait me changer les idées. Par contre, je n’ai pas du tout eu le temps de m'entraîner avec…tout ce qui s’est passé…Et je n’arrive pas à synchroniser ma main gauche… 


Job : Ce n’est pas grave. Même si vous faites quelques fausses notes sur le chemin, l’important de finir le morceau. C’est comme ça que l’on progresse.


Avec hésitation, Shizuka commença à appuyer sur les touches du clavier avec sa main droite. Les doigts entraînées se promenaient le long du piano sans difficulté tandis que les apprentis gauches tentaient tant bien que mal de suivre le mouvement. Les fausses notes se multipliaient et auraient pu déstabiliser la fillette expérimentée qu’elle était il y a quelque temps mais la jeune pianiste rattrapa rapidement le rythme de la portée qui défilait derrière ses yeux fermés. Ses deux mains se retrouvèrent au milieu du clavier dans une entente cordiale avant que la jeune fillette ne pousse un  soupir de soulagement.


Shizuka : Merci…ça m’a fait du bien, Job…


Depuis les longues voies bitumées, les gigantesques montagnes du massif central s’accaparaient jalousement le paysage. De temps à autre, le regard de Shizuka se dirigeait vers une silhouette ailée noire qui tournait dans le ciel à la recherche d’une proie en bas. Passent les décors et les kilomètres, lentement les pics de roche se transformèrent en immeubles et les glorieux rapaces en vulgaires pigeons. La deuxième plus grande ville de France se déroulait devant eux tandis qu’ils longeaient le fleuve du Rhône. 

La Mystery s’arrêta à proximité d’une grande place que la froide matinée avait laissé quasiment déserte. Ils descendirent à tour de rôle sur le sable rouge et observèrent leur environnement, a priori paisible. Une grande statue équestre trônait en son centre où les volatiles avaient élu domicile. 


Shizuka : Alors, c’est ici que le Boss de la Passione se cache ? Il a choisi une ville immense pour être sûr d’être impossible à retrouver. Il pourrait être dans n’importe lequel de ces bâtiments ! 


Job : Et le Mystère se terre également quelque part. Dans tous les cas, il faut rester sur nos gardes. 


Maneater, quant à lui, avait le sens en alerte. Ce sentiment qu’il éprouvait, c’était exactement le même que lorsqu’un prédateur s’approchait. Chaque vibration de l’air autour de lui évoquait une menace, une attaque prochaine. Aux quatre coins de la place où il se trouvait, des poteaux électriques les encerclaient, portant sur leurs fils des pigeons aux regards menaçant qui croisèrent celui de leur proie ichtyenne. 


Maneater : On est encerclés…Il faut qu’on parte d’ici au plus vite ! 


Shizuka : Manny, qu’est-ce-que tu racontes…Je ne vois perso-


Job : Signorina, attention ! 


D’un coup d’épaule, Job poussa la fillette inconsciente vers le sol. D’un coup de poing de Check the Rythm, l’oiseau à la grise robe explosa en un feu d’artifice de sang et de boyaux qui éclaboussa le visage innocent de Shizuka, de part en part. Elle baissa la tête pour regarder avec horreur la tête inanimée du pigeon, fixant de son œil sans vie la petite meurtrière. 

À plusieurs kilomètres de là, caché sous les toits d’un bâtiment lugubre, le dernier Mystère scrutait les intrus à travers ce même objectif organique dont la vision apparaissait sur son moniteur. D’un mouvement de joystick, il zooma sur le visage taché de sang de la jeune fille. 


??? : Alors c’est elle, Shizuka Joestar. Ils sont enfin là, ceux qui veulent la peau de Monsieur Giovanna, sur le territoire de mon Stand. Mes oiseaux les tueront avant qu’ils aient le temps de voir son visage. C’est la fin de leur voyage. 

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