Le Revers de L'Infini - Tome 3 : Labyrinthe
Chapitre 29 : L’éclat interdit
1595 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 27/12/2025 20:47
[ Note ]
N'oubliez pas qu'il y a un autre chapitre avant celui-ci ;)
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Derrière Gojo, l’air se lacère. Pas une ouverture franche, une torsion. Comme si l’espace refusait de céder mais qu’on l’y forçait quand même. La matière se plie, gémit, puis s’étire en une vrille instable, suspendue au-dessus du sol. Une brume noire en suinte, lourde, visqueuse, rampant comme une chose vivante qui cherche appui.
Un claquement sec résonne. Un sabot. Puis un autre. Chaque pas laisse une empreinte qui ne touche pas vraiment le sol, comme si la gravité hésitait à l’accepter.
La voix tombe alors, profonde, râpeuse, chargée d’un écho ancien, pas un cri, mais une sentence :
— Roi Blanc… Ton trône vacille…
Gojo se retourne lentement. Pas brusquement. Pas surpris. Ses blessures continuent de se refermer, la chair se reconstruit sous ses yeux, tirée par quelque chose de plus vaste que lui. Une guérison contre-nature, presque arrogante. Il observe la faille. Puis ce qui en sort.
Il plisse les yeux.
— …Encore un fan ? Désolé, j’ai arrêté les autographes. Trop de paperasse après.
La silhouette se déploie hors de la distorsion.
Kuragari.
Son corps semble incomplet, comme s’il était fait d’ombres superposées plutôt que de chair. Des voiles sombres glissent autour de lui, tantôt cape, tantôt fumée, tantôt membres supplémentaires. Ses contours ne cessent de fluctuer, rendant impossible de dire où il commence vraiment, ou où il finit. D’un geste fluide, presque cérémoniel, il dégaine deux lames. Elles ne brillent pas. Elles absorbent.
La lumière autour d’elles se tord, se dilue, comme aspirée dans un puits sans fond. Même l’Infini, autour de Gojo, frémit légèrement, non pas brisé, mais irrité.
— Je suis l’oubli…
murmure Kuragari, sa voix glissant entre les syllabes comme une lame sous la peau,
— Celui que même la lumière ne peut effacer.
Gojo soupire. Puis, d’un simple souffle, active son aura. L’Infini s’éveille dans un grondement bleu sourd. L’espace autour de lui devient dense, imprenable, vibrant comme une mer sous pression. Les débris au sol se figent, suspendus, incapables d’approcher.
— Mauvais calcul, lâche-t-il calmement. Elle aurait dû envoyer un roi. Pas un souvenir qui se prend pour une légende.
Kuragari avance. Un pas. Puis un second. L’air se plie autour de ses lames. Et soudain… Kuragari s’arrête. Net.
Comme si un mur invisible venait de se dresser devant lui.
Ses lames vibrent. L’ombre autour de son corps ondule, hésite. Un frisson parcourt sa silhouette, inhabituel. Involontaire.
— …Qu’est-ce que…
Sa voix se brise légèrement.
Il regarde devant lui. Puis au-delà de Gojo. Là où l’Infini ne se contente plus de bloquer.
Un sifflement fend le vide. Pas un son ordinaire, un appel. Quelque chose d’ancestral, de vertical, de définitif. Puis le plafond du domaine cède.
Une colonne de lumière pure s’abat du néant supérieur, transperçant l’espace comme une lance divine. Elle ne descend pas : elle s’impose. Elle écrase les lois du lieu, pulvérise les couches de malédiction, arrache le mensonge à la racine. Le blanc n’est pas doux. Il est absolu. Brut. Impardonnable. Une onde explose. Pas de feu. Pas de chaleur. Une annihilation lumineuse, si ancienne qu’elle précède même la notion de fléau.
Kuragari hurle. Un hurlement qui n’a rien d’humain. Rien de conscient. Un cri d’instinct, de survie primitive, comme si quelque chose en lui comprenait, trop tard, qu’il ne sera pas effacé, mais nié.
— AAAAARGH—!!
Son corps se fissure de l’intérieur. Les ombres qui le composent se consument, retournées contre elles-mêmes. Ses lames fondent, se désagrègent en poussière noire avant même de toucher le sol. Chaque fibre de son être est traversée, dissoute, jugée indigne d’exister. Il tente de reculer. La lumière le rattrape.
Il tente de se protéger. Il n’y a rien à bloquer. Kuragari est désintégré. Pas détruit. Pas exorcisé. Il cesse.
Le silence retombe, mais pas celui d’après une explosion. Un silence respectueux, comme après une sentence irrévocable. La structure du domaine gémit alors, un bruit sourd, presque triste. La lisière du supplice se fissurent, se craquellent, puis implosent dans un souffle discret. Cet artéfact conçu pour enfermer même un dieu, vole en éclats comme du verre ancien.
Gojo est projeté en arrière. Il glisse sur plusieurs mètres, lève un bras devant ses yeux, les cheveux fouettés par un vent d’énergie déchaînée. L’Infini autour de lui vibre, non en défense… mais en résonance.
— Qu’est-ce que… qu’est-ce que c’est que ça…?!
La tempête se calme. Lentement. Les particules lumineuses retombent comme une neige silencieuse, suspendue dans l’air. Le monde s’est arrêté de trembler. L’espace respire à nouveau.
Gojo ouvre les yeux. Il est debout. Seul. Au milieu d’une mer de poussière blanche, scintillante, irréelle. Son souffle est calme. Régulier. Aucune douleur. Aucune entrave. Son énergie maudite pulse, non pas en excès, non pas en tension, mais dans un équilibre parfait. L’Infini est limpide. Stable. Obéissant.
Il baisse les bras. Regarde ses mains. Silence.
Ses vêtements sont partis. À leur place, un manteau blanc repose sur ses épaules. Fluide. Léger. Il ne pèse rien, mais semble contenir des couches infinies. Le tissu ondule doucement, comme s’il respirait avec lui, comme s’il était tissé à partir de l’Infini lui-même.
Gojo cligne des yeux. Puis un sourire se dessine. Lent. Presque incrédule.
— …Mais c’est…
Il lève la tête, ses Six Yeux parcourant l’horizon brisé, les fractures du domaine encore fumantes.
— Aya, hein…?
Un souffle. Pas un rire. Pas encore. Juste cette étincelle familière dans son regard.
— D’accord…
Il serre les poings. L’espace répond.
— Round 2.
Puis son expression se durcit, l’amusement laissant place à une détermination tranchante.
— Mais avant ça…
Il fait un pas en avant, le manteau blanc flottant derrière lui comme une promesse.
— On va retrouver tout le monde.
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Derrière l’échiquier.
Le plateau flotte dans un vide immobile, suspendu hors du temps. Les cases ne brillent plus : elles respirent, lentement, comme une bête blessée. Au centre, la pièce du cavalier noir se fissure. Elle ne tombe pas. Elle s’effrite. Grain après grain. Poussière après poussière. Aucun cri. Aucun éclat. Pas même un écho. Juste l’aveu silencieux d’une défaite impossible à nier.
Raku regarde. Elle ne cligne pas des yeux. Son visage reste parfaitement calme, mais quelque chose change dans l’air autour d’elle. Une pression froide, une colère contenue qui ne s’exprime pas encore. Pas de panique. Pas de rage visible. Juste ce calcul terrible, précis, qui précède les catastrophes. Ses doigts se crispent imperceptiblement. Le cavalier n’existe plus.
Elle se redresse lentement, comme si le plateau venait de lui rappeler une vérité qu’elle refusait d’admettre : le jeu n’est plus sous contrôle.
— …Intéressant.
Sa voix est basse. Tranchante. Elle lève les yeux vers l’échiquier, vers la case du roi blanc, désormais illuminée d’une lueur instable.
— Alors c’était donc vrai.
Un souffle. Puis elle tourne légèrement la tête, comme si quelqu’un d’autre se tenait derrière elle, invisible.
— Prévenons le roi noir.
Le néant se replie autour d’elle. Sa silhouette se dissout dans l’ombre, avalée par les couches du domaine comme une pensée dangereuse qu’on choisit de laisser mûrir. L’échiquier reste seul. Et pour la première fois depuis longtemps… il tremble.
Au sommet d’un building éventré.
Le vent glisse entre les ruines, sifflant autour des carcasses de béton et des antennes tordues. La ville, en contrebas, est un champ de cicatrices. Silencieuse. Soumise. Sukuna ouvre les yeux. Pas brusquement. Pas surpris. Comme quelqu’un qui attendait exactement ce moment.
Son souffle se détend. Ses épaules se relâchent. Une détente presque agréable, comme après une longue attente enfin récompensée. Son regard se pose sur l’horizon fissuré, là où l’énergie a explosé, là où quelque chose a changé. Un sourire lent s’étire sur son visage. Carnassier. Sincère.
— …Enfin.
Fin de l’arc 3
Je vous donne RDV le 1er janvier pour l'ouverture du quatrième arc... D'ici là... Prenez soin de vous !
Une voix mécontente se fait entendre au fond de la pièce...
Pardon ?! Je viens JUSTE d’avoir un manteau divin absolument iconique, et l’autrice décide que c’est le moment idéal pour partir en pause ? Incroyable.
Il soupire bruyamment
Bref. Arc 4 le 1er janvier. D’ici là, bonne année à vous... moi je reste là, fabuleux, en blanc, pendant qu’elle part à Londres voir les studios Harry Potter. Le manque de respect est réel !
Gojo (très bien habillé, très abandonné)