Le Revers de L'Infini - Tome 5 (final) : Le Pacte
Chapitre 43 : Épilogue : Ceux qui restent
1215 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 25/02/2026 18:11
[ NOTE ]
Si vous sautez le chapitre précédent, vous ne comprendrez pas pourquoi je suis assis ici, seul, à regarder le noir. Allez lire l'origine de ce silence avant de me rejoindre sur le quai. - Gojo Satoru
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Gojo n’a pas bougé depuis deux jours.
Le temps s'est écoulé autour de lui sans jamais l'effleurer. Il est devenu une partie intégrante de la station, une statue de deuil que les passagers pressés finissent par contourner sans plus la remarquer. Toujours sur le même quai. Toujours face à la même gueule d'ombre du tunnel. Toujours là, comme si son immobilité pouvait forcer l'univers à lui rendre ce qu'il a pris.
Un miaulement sec déchire le bourdonnement des néons. Un petit chat noir trotte sur le béton avec une assurance royale. Un rubis brille sur son front, captant la lumière artificielle, sa queue dressée comme un point d'exclamation déterminé. Il ne ralentit pas, se frayant un chemin entre les détritus et la poussière.
Gojo cligne lentement des yeux. Le mouvement semble douloureux, comme si ses paupières avaient oublié leur fonction.
— Kôen… ? murmure-t-il, la voix rouillée par quarante-huit heures de silence.
Le chat saute sur ses genoux sans hésiter, pétrissant le tissu de son pantalon avant de s’y installer en rond, avec une autorité tranquille, comme si le monde entier l’y attendait.
— T’as fini par l’envoyer, hein… lance Gojo vers l'obscurité du quai.
— Je me suis dit qu’il aurait plus de chances que moi de te faire décoller.
Souta sort de l’ombre d’un pilier. Son visage est marqué par la fatigue, mais son regard est ferme. Il s'approche et pose sans un mot une boîte de mochis frais et un bubble tea encore perlant de condensation devant son mentor.
— Tu pues, au fait, lâche Souta avec une franchise brutale qui tente de masquer son inquiétude. On dirait un sanctuaire abandonné.
Gojo ne répond pas immédiatement. Il laisse échapper un soupir, lent, lourd, qui semble vider ses poumons d'une poussière accumulée depuis deux jours.
— Ils t’envoient en avant-poste, c’est ça ? Pour tâter le terrain avant le conseil de discipline ?
— Non, répond Souta en plantant ses yeux dans les siens. Je viens te chercher. Simplement.
Megumi arrive à son tour, émergeant du haut de l'escalier mécanique. Il s'approche en silence, évitant de regarder le tunnel, et tend une boîte noire avec une sobriété presque professionnelle.
— T’as encore perdu tes lunettes, Sensei.
Gojo esquisse un sourire, une ligne très fine qui ne parvient pas tout à fait jusqu'à ses yeux, mais qui rompt enfin le masque de pierre.
— Je ne les ai pas perdues, Megumi. Je les avais juste rangées dans un endroit très dramatique.
Il ouvre la boîte, récupère les verres fumés et les remet en place. L'Infini est à nouveau filtré. Le monde redevient une donnée gérable. Souta s’agenouille alors pour récupérer Kôen, qui proteste d'un petit cri avant de se laisser faire.
— Elle ne t’aurait pas voulu là, Satoru. Pas comme ça. Pas à attendre un train qui ne passera plus.
Gojo baisse les yeux vers ses mains vides. Sa voix n'est plus qu'un murmure, une confession arrachée au vide :
— Je suis resté pour elle… Pour qu'elle ne soit pas seule dans le noir.
— Alors maintenant, tu marches pour toi, rétorque Souta en se relevant. Parce qu'elle, elle a déjà fini sa part du chemin.
Gojo détourne brusquement la tête. D'un revers de main rapide, presque furtif, il écrase une larme solitaire qui venait de perler sur sa joue. Souta et Megumi ont vu le geste. Ils ont vu la faille béante sous l'armure du plus fort. Mais ils ne disent rien. Par respect. Par pudeur. Par amitié.
Gojo se lève enfin, prend le sachet et le gobelet, puis ils repartent ensemble. Trois silhouettes qui remontent vers la surface, vers le bruit de Tokyo, vers la suite inévitable de leurs vies.
Le quai est vide. Les néons grésillent une dernière fois au-dessus de la ligne jaune. Mais cette fois… il ne reste personne. Le tunnel est redevenu un simple tunnel de métro, et le silence n'a plus personne à qui parler.
Note de l’autrice
Merci d’avoir été là. Même sans commentaires, même en silence, j’ai senti votre présence tout au long de l’écriture. Savoir que cette histoire était lue, suivie, portée quelque part de l’autre côté de l’écran, c’est ce qui m’a permis d’aller jusqu’au bout.
La fin est douce-amère, volontairement. Pas parce que je voulais « faire mal », mais parce que l’univers de Jujutsu Kaisen ne promet pas de réconfort facile. Ici, on survit, on avance, on répare comme on peut et parfois, c’est déjà beaucoup.
À la base, cette fanfiction est née d’un RP et d’un besoin très personnel :
Faire le deuil de Gojo Satoru, et lui offrir un arc complet. Pas pour « corriger » ce que Gege Akutami a écrit, mais pour réorienter le regard. Regarder les mêmes événements, les mêmes personnages, sous un autre angle. Explorer ce que l’œuvre laisse en suspens : les blessures psychologiques, les non-dits, ce qui continue après les combats.
Merci à Gege Akutami pour Jujutsu Kaisen.
Merci à vous d’avoir marché dans ce « Revers de l’Infini » avec moi.
Prenez soin de vous. Même quand tout brûle autour, avancer reste une victoire.
À venir :
Dans quelques jours, un tome bonus avec des explications sur les OC (fiches, databooks, chapitres bonus…).
Et dans quelques semaines, pour celles et ceux qui souhaitent continuer à me suivre, je commencerai à publier ma fiction originale : « Virellia », ici même. Il y a évidemment quelques influences que vous reconnaitrez.
PS 1 : Si vous en avez envie, vous pouvez laisser un petit commentaire. Je sais que beaucoup lisent en silence, et c’est ok, mais ça me ferait plaisir de vous voir un peu. Je suis aussi ouverte aux messages privés pour discuter de la fanfic ou répondre à des questions, dans la limite de mon temps et de mon énergie évidemment.
PS 2 : Petit hasard du calendrier : cet épilogue paraît le 25 février. Aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Demain se sera celui de Gege Akutami. J’aime bien l’idée que tout se boucle à ce moment-là.
*Quelqu’un arrive en râlant, évidemment*
— Sérieux ? Ton anniv aujourd’hui, celui de Gege demain ? J’comprends mieux pourquoi vous prenez tous les deux plaisir à me faire souffrir !
*Quelqu’un soupire, blasé*
— Satoru…
Traduction japonaise (pour le fun)
(案の定、文句を言いながら誰かが入ってくる)
「マジか?今日はお前の誕生日で、明日は芥見先生の誕生日だろ? 私をいじめるのが好きなのも無理はない!」
(誰かが苛立ちながらため息をつく)
「…悟。」
Encore Merci pour ce voyage partagé... A dans quelques jours pour le tome bonus...