Kenshi Nomade.

Chapitre 5 : Quand Rebirth regarde enfin.

1362 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 26/02/2026 09:05

Chapitre 5 : Quand Rebirth regarde enfin. 

Les vols commencèrent sans bruit. 

Pas de disparition spectaculaire. 

Seulement des absences minuscules, presque insultantes. 

Une ration de pain manquante dans un panier pourtant scellé. 

Une gourde déplacée de quelques pas, retrouvée là où elle n’aurait jamais dû être. 

Un outil dont la position avait changé, trop subtilement pour être accidentelle. 

Les premiers jours, les gardes mirent cela sur le compte des esclaves stupides. 

Garde de la Nation Sacrée 1 : Des rats… « Cracha l’un d’eux en inspectant un coffre à moitié vide. » 

Garde de la Nation Sacrée 2 : Ou des mains trop lentes, « Répondit un autre en riant. » 

Ils punirent au hasard. 

Des coups. 

Des heures au pilori. 

Des sermons hurlés sous le soleil. 

Mais les disparitions continuèrent. Toujours propres. Toujours silencieuses. 

Nomade observait tout. Chaque cri. Chaque inspection. Chaque froncement de sourcil. Il ne volait jamais deux fois au même endroit. 

Jamais à la même heure. 

Jamais avec la même personne. 

Freedom fonctionnait par fragments. Personne ne savait tout. Personne ne pouvait tout trahir. 

Surin, lui, notait les changements. 

Surin : Ils marchent différemment, « Murmura-t-il en portant une charge de pierres. » 

Nomade : Ils commencent à douter, répondit Nomade sans lever les yeux. C’est là qu’ils deviennent dangereux. 

Le deuxième jour, la tension monta d’un cran. 

Un garde cria. Un vrai cri, pas une insulte, pas un ordre. 

Les esclaves figèrent leurs mouvements à peine une seconde, réflexe appris dans la douleur. 

Chef de Rebirth : QUI A TOUCHÉ À ÇA ?! 

Un râtelier avait été fouillé. Pas vidé. Fouillé. Les objets replacés trop proprement pour être l’œuvre d’un animal. 

Un garde arriva en courant. 

Garde de la Nation Sacrée 3 : Chef… ! 

Chef de Rebirth : Quoi encore ?! 

Garde de la Nation Sacrée 3 : Le stock du sud. Quelqu’un a pris des rations. Et… déplacé les chaînes de réserve. 

Le silence tomba. Même le vent sembla hésiter. 

Le Chef de Rebirth ne cria pas. 

C’était un homme grand, sec, vêtu de blanc et d’or, le visage mangé par une barbe rigide. Un homme qui croyait sincèrement servir Okran, et qui voyait dans chaque esclave une souillure vivante. 

Il observa la cour. 

Longtemps. 

Puis il parla, d’une voix calme. Trop calme. 

Chef de Rebirth : Ce n’est pas du vol. 

Les gardes se regardèrent, confus. 

Chef de Rebirth : C’est un test. Quelqu’un pense. Ici. 

Il tourna lentement la tête vers la statue géante d’Okran, dominant Rebirth de toute sa hauteur. 

Chef de Rebirth : Rassemblez-les. Tous ! 

Garde de la Nation Sacrée 4 : Tous, Chef ? 

Chef de Rebirth : Tous. Et que chaque garde soit présent. « Il marqua une pause. » Tous… sauf ceux de la porte principale. Six hommes. Armés. Vigilants. 

L’ordre se répandit comme une traînée de poudre. 

Les cloches sonnèrent. Les fouets claquèrent. Les cris reprirent, mais cette fois, ils avaient un but. 

Les esclaves furent poussés, traînés, frappés jusqu’à la grande esplanade. Devant la statue d’Okran, là où les sermons étaient habituellement prononcés, là où l’on punissait les hérétiques. 

Nomade marcha parmi eux. Chaînes aux chevilles. Tête basse. Dos courbé. Mais ses yeux voyaient tout. Les gardes se plaçaient trop serrés. Trop nombreux. Tous au même endroit. 

Surin passa près de lui, sans le regarder. 

Surin : Ils font exactement ce que tu avais prévu… 

Nomade : Non… Ils font ce qu’ils savent faire. Montrer la force. « Répondit-il à peine audible. » 

La statue projetait une ombre immense sur la foule agenouillée. Le Chef monta sur l’estrade, dominant esclaves et soldats. 

Chef de Rebirth : Okran nous observe ! Et Okran voit la corruption ramper parmi vous. 

Des regards se baissèrent. D’autres tremblèrent. 

Chef de Rebirth : Quelqu’un ici a osé défier l’ordre sacré. Quelqu’un pense pouvoir se cacher. « Il sourit. Un sourire profond et froid. » Il se trompe ! Un vol a été commis ! Un acte impur. Un affront à Okran. 

Il laissa ses mots s’enfoncer dans la foule. 

Chef de Rebirth : Celui qui a fait cela peut encore se racheter. Qu’il s’avance ! Maintenant ! 

Rien. Pas un mouvement. Aucun souffle plus fort qu’un autre. 

Nomade gardait la tête basse. Ses yeux fixaient la poussière entre ses genoux. 

Autour de lui, Freedom était là, dispersé et invisible. 

Chef de Rebirth : « Fronça les sourcils. » Je répète ! Avouez ! 

Toujours rien. 

Chef de Rebirth : « Son visage se durcit. » Très bien… « Il fit un signe bref. » 

Un garde tira un esclave hors de la foule. Un vieil homme. Trop maigre. Trop lent. Sans un mot, on le força à genoux devant la statue. 

Chef de Rebirth : Chaque minute de silence coûtera une vie.  

Un claquement sec. Le corps s’effondra. 

Un murmure parcourut la foule, aussitôt étouffé par la peur. 

Nomade sentit ses doigts bouger, très lentement, très précisément. Sous la masse des corps, les mains travaillaient. Un fil tordu. Un éclat de métal poli par des semaines d’usage. Des gestes répétés des centaines de fois, dans l’ombre des cages. 

Clique. 

Une chaîne céda. 

Elle ne tomba pas. 

Elle fut retenue. 

Surin, deux rangs plus loin, faisait la même chose. Ses doigts insectoïdes glissaient avec une précision chirurgicale, dissimulés par les mouvements naturels de la foule. 

Un autre clic. 

Puis un autre. 

Les esclaves ne bougeaient pas, ils se relâchaient. 

Sur l’estrade, le Chef continuait. 

Chef de Rebirth : Vous pensez me défier ? « Il écarta les bras. » Regardez-vous ! Vous êtes à genoux. Enchaînés. Affamés. 

Nomade sentit la dernière serrure céder sous ses doigts. 

Il referma la chaîne. Exactement comme avant. 

Personne ne vit rien. 

Un regard passa entre lui et Surin, un simple mouvement de tête. C’était le signal. 

Nomade : « Inspira puis il cria. » FREEDOM ! 

Surin : FREEDOM ! 

Et la cour explosa. Des centaines de voix puis des milliers. 

  • FREEDOM ! 
  • FREEDOM ! 
  • FREEDOM ! 

Les esclaves se levèrent d’un seul mouvement. Des chaînes tombèrent au sol. D’autres restèrent en place, mais vides. 

Des corps se ruèrent en avant, sans armes, sans armures, mais avec la rage de ceux qui n’ont plus rien à perdre. 

Les gardes reculèrent d’un pas, juste un pas. Assez pour que l’ordre se fissure. 

Le Chef de Rebirth cria des ordres, mais sa voix fut engloutie par le rugissement de la foule. 

Nomade avança et pour la première fois depuis son arrivée à Rebirth, il marchait sans chaînes. 

Fin chapitre 5 : Quand Rebirth regarde enfin. 

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