L'automne d'une vie par

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Side Story / Romance / Drame

10 IX- Neuvième

Catégorie: G , 1891 mots
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Noctalia : On l'attends toujours, la neige... Ce chapitre constitue une grand avancée pour l'histoire, d'ailleurs un grand merci pour m'avoir conseillée sur la continuation. J'espère que ce chapitre te plaira. Bonne lecture !

R@ndriachris : Je sais, et je m'excuse profondément pour le délai entre chaque chapitres. Merci beaucoup de commenter chaque chapitre, j'espère que celui-là va te plaire autant que les autres. Bonne lecture.


Elle était étendue dans son lit, blottie sous la grosse couette. Elle renifla une fois de plus et éternua. Le bruit résonna lentement dans la grande pièce. Elle écouta l'écho se propager. Et soupira une fois de plus.

Elle ramena ses jambes contre sa poitrine et ferma les yeux. Le monde se couvrit d'un voile noir tandis qu'elle écoutait le silence si plaisant à ses oreilles.

Elle aimait le silence, c'était indéniable. Elle aimait tant ça. Elle appréciait parfois certaines voix; mais le silence avait un effet tellement apaisant sur elle qu'aucune voix ne pourrait jamais l'égaler.

Elle décida de se lever, mais le monde tangua et elle se rattrapa de justesse au sommier du lit avant de tomber. La migraine qui lui vrillait le crâne lui fit renoncer à se lever. Elle retourna s'allonger en gémissant.

Elle écarta les bras et secoua lentement la tête. Sa maladie lui rappelait la grippe qu'elle avait attrapé en sortant sous la neige, il y avait de cela trois ans.

Trois ans, déjà, qu'elle avait rencontré Haru et Yuki. Trois ans déjà qu'elle s'entrainait pour combattre les titans. Ils étaient passés tellement vite, qu'elle avait l'impression qu'ils n'avaient duré que trois mois.

Se remémorer ces trois ans permit à de vieux souvenirs de refaire surface. De bons, et de mauvais souvenirs. Elle avait observé la relation de ses deux amis grandir. Elle avait analysé n'importe quel geste de leur part, elle avait joué les détectives plus d'une fois. Il fallait être aveugle pour ne pas voir les sentiments qu'ils se portaient mutuellement. Malheureusement, les deux aînés semblaient l'être, puisque aucun d'eux ne semblait enclin à faire le premier pas. Et leur relation stagnait toujours en une amitié-amour très étrange. Malgré tout les efforts qu'elle faisait pour les caser ensemble, pas un seul ne l'aidait ou ne semblait même voir ce qu'elle faisait pour eux. Elle continuait à les aider dans l'ombre, et elle comptait bien réussir enfin, un jour, à les voir ensemble.

Penser aux deux amoureux la ramena à Levi. Hanji continuait de toutes ses forces à les harceler l'un l'autre. Elle voulait vraiment, vraiment les caser ensemble. Et Aki ne connaissait toujours pas la véritable nature de ses motivations. Mais elle avait fini par s'y habituer, à force de toutes les manipulations diverses et variées de la scientifique.

Une quinte de toux la prit. Elle se pinça l'arête du nez, tentant de réprimer la migraine qui pointait le bout de son nez. Elle sentait la fièvre bouillonner sous son crâne. Il lui semblait que des marteaux assénaient leurs coups à chaque seconde sur sa tête. Elle se sentait étourdie, comme si elle avait bu. Elle commençait à perdre la notion du temps. Elle sentait que les secondes et les heures lui échappaient. Sa migraine lui faisait perdre tout point de repère. Au point qu'elle ne savait plus vraiment où elle en était.

Quel jour ? Quelle année ? Quand ?

Elle s'autorisa à fermer les yeux, tout en tentant de se souvenir de la date présente, ce qui ne fit qu'accentuer sa migraine.

Des souvenirs éparpillés dans sa mémoire revenaient s'agglutiner en masse dans son esprit. Elle revécut les attaques de Shiganshina. La première, puis la seconde.

La première, la plus vieille, mais aussi celle qui l'avait marquée d'une trace indélébile, qu'elle ne pourrait jamais effacer. La seconde également avait été marquante, mais elle n'avait pas vu des proches mourir. Haru et Yuki étaient toujours en vie. Evidemment, elle avait regardé, impuissante, nombre de ses camarades se faire décimer sans pitié, mais elle avait réussi à en sauver plusieurs, et à prendre sur soi pour ne pas rester figée à la vue du sang. Elle avait été utile. Elle avait sauvé la vie de plusieurs personnes.

Ceux qu'elle avait secourus la regardait désormais avec un regard d'admiration sans faille, les yeux brillants comme Hanji quand quelqu'un faisait allusion aux Titans. Ils lui adressaient la parole d'une voix tremblante, timide et haute perchée. Deux garçons, trois filles qui lui vouaient maintenant une fidélité sans borne. Les deux garçons avaient deux ans de plus qu'elle, une des filles trois, et les deux autres un seulement. A chaque fois qu'elle était seule, elle était sûre que l'un d'eux allait venir lui parler, ou simplement s'asseoir à côté d'elle comme si sa seule présence avait un effet réconfortant et apaisant. Elle trouvait ça étrange que des recrues plus âgées qu'elle lui adressent la parole et s'intéressent à ce qu'elle disait et faisait. D'habitude, les aînés -exceptés Haru et Yuki, évidemment- l'ignorait, simplement. Parce qu'elle était anormalement calme, qu'elle s'intéressait beaucoup au monde d'antan et qu'elle était incroyablement intelligente. Il lui était arrivé, parfois, de parler à d'autres recrues plus âgées et elle n'avait pas grande envie de réitérer l'expérience. Ils la prenait de haut, sous prétexte qu'elle avait vécu moins longtemps qu'eux. Mais lequel, d'Aki ou d'eux, avait subi le plus dans la vie ? Sûrement pas eux.

Elle se retourna sur le ventre et enfonça son visage pâle dans l’oreiller.

Demain, elle allait enfin intégrer le bataillon d’exploration; combattre enfin pour l’humanité. Risquer sa vie, certes, mais elle allait, depuis si longtemps qu’elle l’attendait, enfin pouvoir tenter de sauver ses congénères. Et elle allait avoir la possibilité de solver l’insondable mystère derrière les Titans.

Elle sursauta en se rappelant qu’aujourd’hui, Levi avait planifié un entraînement –« le dernier de tous, avait-il dit. Il faut fêter ça. ». Après tout, ce n’était pas comme si elle était capable d’y aller. Elle n’aurait même pas pu faire une simple promenade, alors un entraînement… Elle ne tenait pas à mourir la veille de la graduation. Elle pria pour que Haru et Yuki lui aient dit qu’elle avait un virus extrêmement contagieux. « Par pitié, qu’il ne vienne pas me voir », demanda-t-elle de tout son cœur. Elle tenait à se montrer sous son meilleur jour quand elle le voyait –il était tellement important à ses yeux, comme placé au sommet d’un piédestal inatteignable pour le commun des mortels. Ce n’était pas comme…De l’amour ou quoi ce soit, juste une admiration sans faille. Enfin, c’était ce qu’elle disait.

Quand Haru lui décrivait en détail ce qu’était l’amour, elle le lui dépeignait comme étant un sentiment brûlant. Elle lui disait que c’était parfois impossible à vivre, et parfois absolument plaisant. Quand Aki lui faisait remarquer qu’elle disait des choses insensées, la grande blonde lui rétorquait que « Tu ne peux pas comprendre, c’est l’amooour. ».

L’adolescente aux yeux bleus se taisait tout en souhaitant ne jamais tomber amoureuse. Sa grande sœur de cœur n’avait pas l’air de s’arranger à mesure que Yuki et elle se rapprochaient, et si c’était pour devenir ramollie comme elle, non merci. De toute façon, l’amitié lui suffisait largement. Et ça faisait moins mal. Parce qu’elle savait à quel point l’amour pouvait blesser, bien plus profondément qu’une balle ou une lame.

Quelqu’un toqua.

-Entrez.

Sa voix était brisée, enrouée. Ses deux grands amis s’amusaient à lui dire qu’on aurait dit la voix d’un quelconque monstre.

-Oooooooh, ma chérie !

Aki soupira. Et voilà, Hanji était venue la voir. Elle jeta un coup d’œil et aperçut le brun derrière elle.

-Hanji, pas plus près. Vous risquez d’attraper mon virus.

-Ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooohh. Tu es vraiment malade ?

-Evidemment. Vous pensiez que c’était une blague ?

-Un peu.

-Elle le pensait carrément, cette débile.

-Caporal !

Depuis peu, quand elle le voyait, elle ne pouvait plus penser correctement et logiquement, comme elle avait l’habitude de le faire. Ses pensées s’embrouillaient et la seule chose à laquelle elle pouvait penser, c’était qu’elle pouvait sentir ses effluves de café jusqu’ici. Elle espérait que ça lui passerait bien vite, qu’elle arriverait à retrouver ses esprits. Et le pire, c’était quand ils étaient un peu trop proches. Elle avait une envie folle de s’enfuir le plus vite possible, mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, elle avait aussi envie de se blottir contre lui et d’y rester jusqu’à ce que le monde explose. Ses pensées contraires l’amenait souvent à dire des phrases sans queue ni tête, et elle finissait toujours par partir en courant après s’être excusée.

Elle regrettait de ne pouvoir disparaitre sous terre.

-Ca va gamine ?

Elle remonta la couette jusqu’au dessus de son nez, cachant ses très légères taches de rousseur et moins légères rougeurs.

-Je vais bien…

-Putain, je savais pas qu’une grippe pouvait exploser à ce point la voix d’une personne…

Elle se racla la gorge.

-En tout cas j’espère que ta voix habituelle va vite revenir ma petite chérie !

-J’espère aussi…

Elle se retourna sur le dos.

-Est-ce que tu as de la fièvre ?

Une main glacée se posa sur son front, la faisant sursauter.

-Définitivement. Quelqu’un t’as filé des médocs, au moins ?

-E-E-Euh…

Le brun semblait parler dans une autre langue. Le contact de sa main froide la brouillait tellement qu’elle n’arrivait plus à résonner correctement. Elle avait envie qu’il s’en aille et qu’il enlève sa main de son front. Tout de suite. Le contact lui semblait insupportable.

Elle ramena son bras contre son front et appuya sa paume contre celle du brun, l’incitant, à l’inverse de son intention, à laisser sa main contre son front.

-J’ai mal à la tête…

La douleur était telle qu’elle laissa couler une larme.

-Ca va vraiment pas toi, hein ?

-Vraiment pas, confirma-t-elle.

Et la présence du brun à ses côtés ne faisait que l’aggraver.

-Bon, on va y aller alors. Repose-toi pour demain.

-Je vais faire de mon mieux…

Etait-il possible de faire de son mieux pour contrer un virus ?

-On compte sur toi pour être là demain ma petite Aki ! En plus Levi va faire un discours !!!!

-Je ne raterai ça pour rien au monde.

Hanji lui sourit et Levi détourna le regard, puis les deux s’en allèrent en fermant la porte.

La blonde soupira.

-Mais franchement, qu’est-ce que j’ai, on dirait une mini-Haru…

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