Etrangère par

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Deviation / Romance / Aventure

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Catégorie: T , 4811 mots
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Me réveillant agréablement bien, dormir dans les draps de mon Caporal m'avait quelque peu rassuré. Cependant je ne pouvais en dire autant de lui. Il avait dû s'allonger inconfortablement sur ce petit canapé. M'étirant à mon aise, je me mise assise. Je pensais à ce moment là voir la personne qui m'avait hébergé mais la pièce était au contraire complètement vide. Je me frottai plusieurs fois les yeux avant de rejoindre la salle de bains. Me mouillant un peu la figure, je fixai mon propre reflet dans le miroir. J'avais appris récemment que j'étais un titan. J'avais ensuite retrouvé Ben et aussi survécu à une mort inévitable, et ça sans savoir comment. Je soupirai rien qu'en y repensant. Une fois débarbouillée, je me dirigeai vers la table sur laquelle une boule de vêtements était posée. Je fouillai un instant à la recherche d'une tenue convenable mais je ne trouvais malheureusement aucun pantalon. Livaï n'étant pas là, je n'avais pas d'autre choix que d'aller m'en chercher un moi-même. Cependant, j'étais toujours seulement vêtue d'un pull. Mais je n'allais tout de même pas m'amuser à chercher dans ses affaires. Alors je préférai retourner dans ma propre chambre. C'est en ouvrant doucement la porte que j'observai si la voie était libre dans le couloir. Il n'y avait personne. Je me dépêchai donc de traverser le peu de route avant de finalement entrer dans ma chambre.


C'était vraiment le bordel. Les insultes gravées un peu partout sur les murs me rappelaient bien vite ma tristesse d'hier. Qui aurait bien pu m'en vouloir à ce point ? J'espérais juste que ce n'était pas une personne que je connaissais. La porte ne pouvant être fermée, je devais me dépêcher de prendre ce que j'étais venue chercher et me tirer illico d'ici. Me mettant à genoux, je cherchai en bas de mon armoire quelques pantalons et d'autres vêtements en plus. Si on me voyait maintenant avec ma boule de fringue entre les bras, on pourrait croire que je partais en voyage dans un autre monde. Alors que non, j'allais juste dans la pièce à côté. Une fois mes affaires choisies, je me levai. Cependant un sifflement me perturba. Je pivotai automatiquement ma tête vers la porte de ma chambre.


-Jolies jambes.


Rouge pivoine, je me relevai maladroitement en faisant au passage tomber la plus part de mes vêtements. Ben était là entrain de me regarder si je pouvais dire à moitié nue. Le rose sur ses joues me laissait croire qu'il était tout aussi gêné, mais certainement pas plus que moi. Me dépêchant de ramasser mes affaires, je me dirigeai vers lui.

-Bonjour, lui dis-je timidement.


-Qu'est ce que tu fais dans cette tenue au juste ? me demanda t-il en se grattant l'arrière de la nuque.


Ça faisait un moment que je n'avais pas vu sa mimique. Son geste m'arracha un petit sourire. Ma réaction attisa évidemment sa curiosité.


-Quoi ? me demanda t-il hésitant. Pourquoi tu rigoles ?


-Oh parce que..


Je n'eus pas le temps de finir ma phrase que quelqu'un me tira en arrière par le bras. Tournant la tête, j'aperçus Livaï avec un visage déformé par la colère. Il me serrait un peu trop fort à mon goût. Il ouvrit violemment sa porte de chambre avant de limite me jeter à l'intérieur. Je manquai presque de trébucher.


-T'es complètement stupide ou tu le fais exprès ? me cria t-il en claquant la porte.


Je n'aimais pas particulièrement le ton qu'il prenait avec moi. Je croisai les bras sur ma poitrine, fronçant les sourcils. Il n'avait pas à m'interrompre en pleine conversation, surtout avec Ben.


-Qu'est ce que j'ai fait encore ? m'exaspérais-je.


-Tu trouves ça normal peut être de te balader à moitié à poil ? Je te rappelle que t'es pas toute seule ici.


Il n'avait pas totalement tord mais la personne sur qui j'étais tombée aurait bien pu être pire. Ce n'était pas comme si un inconnu m'avait vu ou encore pire, si Erwin m'avait aperçu vêtue de cette manière. Je chassai rapidement ses pensées de mon esprit, la peur de pouvoir imaginer la scène.


-Ce n'était que Ben, lui dis-je en soupirant.


Ma réponse l'énerva encore plus. Ses sourcils se froncèrent et les traits de son visage se tirèrent d'avantage. Je n'aurais peut être pas du dire ça en fin de compte.


-Que ? Et tu crois que ton petit Ben est aussi innocent que tu le prétends ? me questionna t-il ironiquement.


-Exactement.


Je n'eus pas le temps de réaliser ce qui se passait que je me retrouvai sur ses épaules. Il s'était jeté aussitôt sur moi à l'entente de ma réponse. Étant en sac à patate, mon haut se releva inévitablement. J'espérais au fond de moi qu'il ne tourne pas la tête. Je me débattis comme que je pouvais mais il me tenait fermement avec son bras autour de ma taille. Il se dirigea rapidement vers la salle de bains avant de me poser contre le carrelage. Postérieur au sol, il referma aussitôt la porte. Je me précipitai vers celle-ci, essayant d'appuyer sur la poignée. Il était entrain de la bloquer cet idiot.


-Qu'est ce que vous foutez ? criais-je irritée.


-Tu es punie.


-Pardon ?


J'aurais pu trouvé sa réplique marrante mais j'étais plus qu'énervée sur le coup. Pour qui se prenait-il ? J'entendis tout à coup quelque chose cogner contre la porte. Ne me dîtes pas qu'il avait exprès mis une chaise pour pas que je sorte ?


-Tu vas réfléchir à ta connerie un moment.


-Vous m'avez pris pour votre gosse ? m'énervais-je.


-Heureusement que tu ne l'es pas.


Oui heureusement. Quel père se comporterait de cette façon avec sa fille ? Ce type était trop cruel. J'avais beau lui crier de vouloir sortir, ça ne changeait rien à la situation. Je l'entendais parfois se déplacer, s'éloigner puis revenir. Je ne savais pas ce qu'il était entrain de mijoter. J'abandonnai au bout d'une dizaine de minutes avant de m'assoir au pied de la porte. Qui avais tord qui avait raison dans cette histoire ?


-Vous vous énervez vraiment pour rien, chuchotais-je.


-Tu recommences ?


-Vous m'avez bien vu dans cette tenue, me défendais-je. Personne n'en a fait tout un plat.


-Moi je sais que je ne te ferais rien.


-Pourquoi ? demandais-je vexée. Je vous dégoute à ce point ? 


Il ne prit même pas la peine de me rassurer. Il préféra à la place éviter le sujet en me faisant un chantage digne d'un enfant de pas plus de 5 ans.


-Si tu t'excuses, j'ouvrirai la porte.


-M'excuser de quoi au juste ?


-De ta.. stupidité.


J'étais une vraie tête de mule et je pensais que prendre la défense de Ben était tout à fait légitime. D'un autre côté, il était un garçon. Enfin plutôt un homme et c'était ça mon problème. Je le voyais toujours comme le petit Ben avec lequel j'avais grandi pendant toutes ces années. Évidemment que j'avais pris l'habitude de tout partager avec lui. Les temps avaient changé et nous étions pratiquement tous les deux des adultes. Après quelques minutes de réflexions, je finis par lâcher l'affaire puis donnai raison à Livaï.


-Je m'excuse de ma.. stupidité, dis-je légèrement irritée.


Il ouvrit instantanément la porte. Mon dos n'étant plus appuyé, je me rattrapai par réflexe en mettant mes mains au sol. Je me retournai vers lui, rencontrant son regard toujours aussi froid que tout à l'heure.


-Fais ce que tu veux jusqu'à 13h. Rejoins nous ensuite Hanji et moi au puits, m'ordonna t-il avant de sortir directement en claquant la porte.


Il n'était pas obligé d'être aussi méchant avec moi. Me relevant nonchalante, je remarquai que les affaires que j'avais précédemment fait tomber étaient soigneusement pliées et empilées sur le lit. Aurait-il été une femme de ménage dans une autre vie ? Je lâchai un petit rictus. Quel maniaque. Rapidement, je m'habillai pour ensuite à mon tour quitter cette chambre.


Sur ma route, je rencontrai Eren et Armin. Contents de me voir, ils me sourirent en me saluant. Nous décidions alors de passer la matinée ensemble à discuter un peu de tout et d'ensuite manger avec le reste du groupe. Je me retrouvai donc à table avec en plus Mikasa, Jean et Sasha. Nous parlions évidemment de ce qu'il s'était passé hier soir ainsi que du présumé coupable. Aucun de nous n'avait d'idée quant à la personne qui aurait pu faire ça. J'avais inévitablement eu droit à une des multiples blagues perverses de Jean. Évidemment, ils étaient bien sûr tous au courant de l'endroit où j'avais dormi. En repensant à Livaï, je m'aperçus qu'il n'était pas dans la salle. Pourtant son escouade entière était présente ainsi qu'Hanji. Je fronçai légèrement les sourcils quand je remarquai un détail que j'aurais du voir plutôt. Petra n'était pas là non plus. C'était peut être une coïncidence mais je ne pouvais m'empêcher d'y penser. Après tout, ce n'était pas mes affaires.


L'heure à laquelle je devais rejoindre mes supérieurs sonna. Je me dirigeai hâtivement vers l'endroit précédemment demandé par Livaï. Je pouvais déjà apercevoir au loin Hanji entrain de sautiller partout et le reste de l'escouade complètement blasé à ses côtés. Lorsqu'elle me remarqua, Hanji accourut dans ma direction aussi vite que j'eus du mal à percevoir ses pieds.


-Hana tu es prête pour ta première fois ? me cria t-elle en claquant des mains.


Elle avait la fâcheuse habitude de tourner ses phrases bizarrement. Je lui hochai la tête, bien sûr que j'étais prête. M'incitant à rejoindre une des tables, elle m'expliqua le but de cet après-midi. Je devais essayer de reproduire la même chose que Eren, c'est à dire me transformer en me mordant la main. Je trouvais ça absurde sur le moment mais je ne pouvais pas lâcher mon sérieux maintenant. Il était aussi préférable que je m'imagine un but précis sinon la transformation échouerait probablement. Une fois à l'intérieur du puits, elle me fit signe de commencer. J'amenai alors ma main près de mon visage puis mordis l'un de mes doigts. Vu la force avec laquelle j'avais mordu, il ne saignait même pas. J'avais un peu de mal au début à m'infliger mes propres blessures. Mais au bout d'un certain temps, le sang commença à faire son apparition. J'avais mordu assez fort pour que mon pouce soit complètement ensanglanté. Je fermai ensuite les yeux, pensant fortement que mon but était de sortir d'ici, que je devais à tout prix m'échapper de ce puits. Ne sentant rien de spécial, j'ouvris les yeux. J'étais toujours humaine. Je me mordis alors une seconde ainsi qu'une troisième fois. Je n'y arrivais pas et je sentais la colère bouillir au fond de moi. Mes coups de dents étaient de plus en plus violents, mes mains se retrouvèrent recouvertes de sang.


-Je n'y arrive pas ! criais-je.


La tête d'Hanji apparue au dessus de moi. Un peu déçue, elle me fit signe qu'elle allait me remonter. Le ciel qui était tout à l'heure bleu était déjà devenu plus foncé. Combien de temps s'était écoulé ? Elle m'aida alors gentiment à sortir du puits, l'air complètement dépité.


-Pourquoi ça ne marche pas ? se plaignit-elle en se tirant les cheveux.


-Peut être que je ne suis pas réellement un titan..


Elle se stoppa net. Son sourire habituel avait disparu. Elle se dirigea déterminée vers moi avant de me prendre par les épaules.


-Tu es capable de grandes choses Hana, il te faut juste de l'ambition !


-J'en ai !


-Non ! Tu as peur de te transformer. Tu as peur d'être dans la peau de ses monstres ! s'énerva t-elle.


Elle n'avait pas tout à fait tord. Je baissai alors la tête, déçue de mon incompétence. J'avais vraiment l'impression d'être inutile. Elle essaya tant bien que mal de me rassurer en me disant que Eren n'avait pas non plus réussi du premier coup. Seulement, ça me faisait ni chaud ni froid. Il s'agissait de moi et je détestais ne pas réussir ce que j'entreprenais. Voyant ma moue triste, elle finit par soupirer en posant sa main sur ma tête.


-Ton corps te dit oui mais ton mental te dit non. Il faut que tu aies un peu plus confiance en toi petite soldate, me sourit-elle.


Ses paroles me redonnèrent instantanément du courage. Cette femme avait un don, c'était sûr. Je comptais bien lui prouver ce que je valais en réussissant à ma prochaine tentative. Enfin, c'est ce que je pensais jusqu'à ce que je remarque au loin Livaï arriver avec Petra à ses côtés. Je crois qu'il avait largement dépassé l'heure du rendez-vous.


-Alors ? dit-il en regardant Hanji.


Pour qui se prenait-il au juste ? Le fait qu'il se pointe comme une fleur en retard et en plus en demandant comment ça s'était passé m'irritait au plus haut point. Prise d'un élan d'audace, je décidai de répondre à la place de la brune.


-Tu peux retourner d'où tu viens.


Toutes les personnes autour de moi restèrent sous le choc. Je pouvais clairement le voir grâce à leur bouches à moitié ouverte et leur yeux écarquillés. Je venais délibérément de le tutoyer, je m'en fichais complétement. Lui me regardait impassible, sans dire un mot. Au fond de moi, j'étais énervée qu'il ait préféré rester avec elle plutôt que de venir m'assister. Peut être que si il avait été là, je me serai donnée plus de mal à la tâche. Il avait pourtant été très précis, je devais le rejoindre lui et Hanji.


-Ne parle pas comme ça au Caporal ! s'énerva la rousse à ses côtés.


Qu'est ce qui lui prenait à celle là ? Elle avait déjà l'air sur les nerfs, je doutais que ma simple réplique l'avait énervé à ce point. Voulant me montrer insolente, je lui répondis sans mâcher mes mots. 


-À ce que je sache tu es à juste titre, un soldat comme moi. Donc ne me donne pas d'ordre, je fais ce que je veux.


Sortant subitement sa lame, elle la pointa vers moi.


-Sale petite..


-Arrête, lui ordonna Livaï en la retenant par le bras.


-Petra tu ne devrais pas la provoquer dans cet état, la conseilla Hanji un peu perdue.


Le regard de la rousse se posa sur mes mains ensanglantées. Contre toute attente, elle posa la sienne sur sa hanche avant de ricaner.


-Tu crois me faire peur ? me demanda t-elle hautainement.


Je serrai les poings, au point que mes phalanges en devinrent blanches. Peut être que si je me concentrais assez et imaginais que mon but était de faire du mal à Petra, ma transformation réussirait. Sans réfléchir je m'avançai hâtivement vers elle, ramenant ma main près de ma bouche.


-Ne fait pas ça, me dit froidement Livaï.


J'avais pratiquement les dents posées sur mon pouce quand sa mise en garde parvint à mes oreilles. Le goût du sang prenait déjà possession de ma langue. Petra s'agitait dans les bras de Livaï, la retenant de me sauter dessus. Les soldats autour de moi avaient leur épées de sortie, prêts à intervenir à tout moment. Cette situation ne me plaisait pas mais je n'avais pas le choix. Ravalant ma fierté, j'éloignai ma main.


-Vas-y transforme toi, me menaça t-elle. Je te tuerai !


-Arrête tes conneries, lui répondis-je impassible, je te boufferai avant.


Elle ne me faisait aucunement peur. Repensant aux mots de Hanji, je me disais que si j'avais essayé de me transformer ça n'aurait probablement pas marcher. Mon corps était énervé mais mon mental me disait que Livaï détesterait me voir en titan pour une raison aussi futile. Je me maudis intérieurement d'être aussi faible en sa présence.


-Je vais y aller Hanji désolée, lui indiquais-je.


Elle m'affirma que ce n'était pas grave et que nous aurons toute la journée de demain pour recommencer. Elle me conseilla ensuite de passer à l'infirmerie pour mettre un bandage autour de mes doigts. C'était ce que je comptais faire de toute façon. En passant au côté de Livaï, je ne laissai même pas trainer mon regard sur sa personne. J'adressai tout de même en partant un petit avertissement à ma nouvelle rivale.


-N'ose plus jamais me provoquer.


Je l'entendis râler mais j'étais déjà bien trop loin pour prendre la peine de me retourner et de lui répondre. Comme on dit, le plus intelligent se tait.


J'atteignis rapidement l'infirmerie en ne croisant personne sur mon chemin. Il était déjà pratiquement l'heure du dîner. La plus part de mes camarades devaient certainement être entrain de manger. J'espérais juste que Ben n'était pas trop en colère du fait que je l'avais laissé en plan ce matin. Il devait traverser de dures journées lui aussi à rattraper son retard. Le plus compliqué pour lui allait sûrement être la manœuvre tridimensionnelle. Il était déjà bien assez entraîné niveau corps à corps. Je stoppai bien vite mes pensées sur Ben quand je trouvai dans l'un des tiroirs plusieurs bandages ainsi que du désinfectant. Je les appliquai sur mes doigts avant de refermer la porte de l'infirmerie. Mon ventre se mettant à gargouiller, je me dirigeai vers le self histoire de me changer les idées. Je priai juste de ne pas croiser l'autre idiote sur ma route.

J'étais à présent entrain de déguster mon plat avec un Ben plus que ravi de m'accompagner dans mon repas. Je l'avais croisé sur le chemin et il m'avait gentiment invité à dîner avec lui. Cherchant un sujet de conversation, je lui demandai comment sa journée s'était passée. Sans surprise, elle avait été bondé de différents entraînements. Je lui racontai à mon tour brièvement la mienne en passant en outre quelques détails sur Livaï. D'ailleurs celui-ci fit son entrée avec son escouade au même moment. Il me remarqua tout de suite et étonnement, il quitta son groupe pour avancer dans ma direction. Faisant mine de n'avoir rien remarqué, je me mise à contempler étrangement mon assiette.


-Est ce qu'on peut aller parler ? me demanda t-il à voix basse.


-Pas pour l'instant, lui répondis-je sans le regarder.


-Alors qu..


-Elle a dit qu'elle ne voulait pas vous parlez, le coupa Ben.


Livaï posa son regard froid sur lui, il était effrayant. Ben ne devrait pas essayer de s'imposer face à lui, c'était comme creuser sa propre tombe.


-Surveille ta bouche, rétorqua froidement mon Caporal. Je ne t'ai pas autorisé à me parler.


Tout ça allait très vite dégénérer si personne n'intervenait. Livaï avait réponse à tout tandis que Ben avait toujours eu la langue bien pendue.


-Sinon quoi ? Vous allez m'enfermer dans votre chambre moi aussi ? lui demanda t-il d'un air arrogant.


Ben allait trop loin, il ne pouvait pas se permettre de dire de telles choses. Je comptais m'interposer mais Livaï mit sa main devant mon visage, signe que je devais rester à ma place. D'un geste vif il attrapa le col de Ben, le faisant se relever par la même occasion.


-Tu te prends pour qui petite merde ? s'énerva mon supérieur.


-Ok c'est bon arrêtez maintenant, dis-je finalement en les poussant chacun de leur côté.


L'intervention de Livaï avait attiré la curiosité des autres soldats vers notre table et pratiquement tout le monde maintenant assistait à notre spectacle. Contre toute attente, Ben ricana. Il se détacha ensuite de l'étreinte de Livaï avant de regarder un peu partout autour de lui.


-Maintenant que la plus part des gens nous regarde, j'aurais une petite question pour vous.


-Ben, l'interpellais-je.


Ce qu'il était entrain de faire me dérangeait fortement. Je n'aimais pas du tout cette facette de lui. Il agissait toujours comme ça quand quelqu'un avait le malheur de trop l'énerver. Il se mettait à parler haut et fort tout en crachant des paroles blessantes, tout ça dans le même et unique but d'humilier la personne en face de lui. Ne faisant cependant pas attention à moi, il continua de parler.


-Vous n'avez pas honte d'avoir des vues sur une gamine ?


Plusieurs chuchotement me parvinrent à mes oreilles. Ben était entrain de dire et faire n'importe quoi surtout. Une petit silence s'installa entre nous trois. Je comptais le briser en essayant de calmer les tensions mais Livaï me devança.


-Je n'ai pas..


-Arrêtez de mentir. Celui qui ne remarque pas ça est un putain d'aveugle ! Je suis ici depuis hier et je l'ai vu ! s'exclama t-il en faisant de grands gestes.


-Tu dis n'importe quoi Ben ! m'énervais-je à mon tour.


-Et toi t'es tellement stupide que tu ne le remarque pas non plus !


Sa réponse me refroidit totalement. Je savais qu'il ne le pensait pas, il le disait seulement parce que j'avais essayé de défendre Livaï à l'instant. Ses fausses accusations étaient beaucoup trop grosses pour être vraies. Il voulait salir sa réputation, c'est tout. Franchement, qui pourrait le croire de toute façon ? Livaï et moi avions une relation particulière mais ça s'arrêtait là. Il n'avait pas de vues sur moi. À mes côtés, son regard s'assombrissait de plus en plus. J'avais même peur qu'il finisse par le frapper.


-Ne lui parle pas comme ça, le menaça Livaï en serrant ses poings.


-Je lui parle comme je veux.


D'un pas rapide, Livaï se dirigea vers lui. Au dernier moment je me faufilai entre les deux, faisant face à Livaï. Je lui demandai alors d'arrêter tout de suite, que ce n'était pas la peine. Je n'eus qu'un simple regard froid en réponse. Il devait se demander pourquoi est ce que j'étais entrain de défendre quelqu'un qui venait juste de m'insulter. Je ne le défendais pas, c'était juste que je connaissais déjà le résultat de cette bagarre. Ben allait morfler. Livaï était toujours à la limite de perdre le contrôle tandis que Ben derrière moi ne faisait que de le provoquer encore plus. Je tentai alors le tout pour le tout en lui promettant qu'une fois à la chambre nous parlerions tranquillement. Il sembla se détendre un peu, acceptant finalement de se retourner tout en soupirant. Je pensais que tout ça était enfin terminé jusqu'à ce que Ben lui envoie un énième pic.


-Ouais c'est ça, retournez dans votre chambre. Retournez la bais..


Il n'eut pas le temps de finir son mot que Livaï se retourna rapidement et lui assena un violent coup de poing. N'importe qui aurait pu s'évanouir avec la force qu'il avait utilisé. Saignant à présent du nez, il avait l'air un peu sonné cependant Ben ne flancha pas. Cependant, je n'étais d'aucune utilité face à deux brutes pareils. Heureusement pour moi, les membres de l'escouade de Livaï bloquèrent rapidement Ben. Ils le tenaient fermement, il ne pouvait plus rien faire mis à part se calmer.


-C'est bon, se débattit Ben, c'est bon je me calme.


Ils le lâchèrent tout de même hésitants tandis que Livaï faisait déjà demi-tour. Je criai victoire trop vite car Livaï se retourna à nouveau. Un air déterminé sur le visage, il décida à son tour de le provoquer une dernière fois.


-Tu parles beaucoup trop pour quelqu'un qui était mort à ses yeux jusqu'à maintenant.


La scène se déroula en un instant. Les membres de l'escouade Livaï s'étaient déjà assez éloignés pour laisser le temps à Ben de passer à l'action. Il se précipita vers le dos de Livaï, armé du couteau avec lequel il avait mangé. Je ne savais pas si j'avais agi par instinct ou non, mais je m'étais jetée entre les deux en fermant les yeux. Je serrai les dents, j'attendais de sentir la lame s'enfoncer dans ma peau. Ben était beaucoup trop près pour faire marche arrière. Soudain, j'entendis des cris, des cris d'horreurs. Ouvrant nerveusement les yeux, je notai que mes doigts saignaient à nouveau. Des goutes de sang perlaient au sol sur le bois. Qu'est ce qu'il se passait ? Les regards que je croisais étaient tous plus terrifiés les uns que les autres. Ben et Livaï étaient tout aussi ahuris. J'observai alors mon bras avant d'être moi même horrifiée de ce que je voyais. Mon membre était complètement enfoncé dans une sorte de main rouge géante dans laquelle le couteau de Ben y était enfoncé. C'était moi qui avait fait apparaître ça ? Me mordre avait tellement été un réflexe que je ne m'en rappelais même pas. J'avais seulement pensé que mon seul et unique but était de protéger Livaï. Ma transformation avait finalement réussi, pas au bon moment j'avais envie de dire. J'aurais pu crier de joie et clamer ma réussite auprès d'Hanji cependant les regards de tout ces soldats me faisaient rapidement revenir à la réalité. Ils me fixaient tous avec dégout. Prise de panique, je retirai maladroitement mon bras de cette substance. Par réflexe, j'accourus à toute allure hors de la pièce. Quelques personnes m'appelèrent mais je m'en fichais.


J'ouvris rapidement la porte de la chambre de Livaï avant de me jeter dans les draps de son lit. Je recouvrai chaque passerelle de ma peau, me recroquevillant sur moi-même. J'avais peur. Peur de moi même, peur des regards des autres, peur de la réaction de Livaï. Pour me détendre, je décidai de fermer les yeux.


Je me réveillai en panique quelques heures plus tard. Je venais de faire un cauchemar dans lequel les auteurs de la destruction de ma chambre venaient me récupérer et me kidnapper. Je me relevai alors furtivement, transpirante avec une respiration saccadée. Livaï toujours éveillé se précipita vers moi. N'était-il pas sensé m'en vouloir ?


-Est ce que ça va ? me demanda t-il paniqué.


-J'ai fait un cauchemar, lui avouais-je toujours à bout de souffle. J'ai peur qu'ils viennent.


-Qui ça ?


-Les personnes qui veulent me kidnapper, répondis-je et enroulant mes bras autour de mes genoux.


-Personne ne viendra Hana.


Je stoppai soudainement ma panique à l'entente de ses mots. Entendre mon prénom sortir de sa bouche me faisait toujours quelque chose.  


-Jamais je ne les laisserai faire, me rassura t-il en posant sa main sur la mienne.


Je hochai timidement la tête en rougissant. Le doux contact de sa main me rassurait tellement. Malheureusement, il se releva rapidement avant de repartir de là où il venait. J'avais besoin de plus. Je voulais qu'il me rassure plus. Les mots suivants sortirent tout seuls de ma bouche.


-Restez avec moi !


Il devait certainement se méprendre. Je ne voulais pas simplement qu'il veille sur moi, je voulais qu'il se couche à côté de moi. J'essayai alors de lui faire comprendre du mieux que je pouvais. D'abord choqué, il me fixa un instant avant de me répondre.


-Non, non ce n'est pas une bonne idée.


-S'il vous plaît, le suppliais-je timidement. 


Il me regarda un instant avant de soupirer. Se dirigeant d'un pas lent vers son lit, je pris l'initiative de me décaler du côté. Il s'assit puis se coucha délicatement sur le dos. J'étais un peu gênée et bien consciente que je venais de lui demander de dormir avec moi. Hésitante, je me couchai à mon tour. Sans demander sa permission, je me collai contre lui. Il n'émit aucun signe de mécontentement alors je restai telle que j'étais. Mon front était contre son épaule quand je lui chuchotai ces quelques mots.


-Merci d'être toujours là pour moi.


Je ne m'attendais à aucune réponse en particulier et surtout pas celle-là.


-Merci à toi de m'avoir protégé.


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