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Deviation / Romance / Aventure

18 Retrouvaille

Catégorie: T , 4680 mots
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Lorsque je me réveillai, je cherchai automatiquement une présence à mes côtés. Ayant toujours les yeux fermés, je tapotai plusieurs fois sur le matelas. Personne n'était là. Ouvrant difficilement les yeux, la personne sensé être allongée à ma droite avait disparu. Pourtant je me rappelais très bien que hier soir Livaï s'était endormi dans le même lit que moi. L'idée qu'il avait pu déjà quitter la pièce s'évapora quand je notai qu'il était encore très tôt. Je n'avais tout de même pas rêvé ? Je me levai pour poursuivre ma petite enquête. C'était seulement en passant près du canapé que j'aperçus Livaï paisiblement dormir. Il était pourtant inconfortable, pourquoi est ce qu'il était retourné là dessus ? Légèrement irrité, je pris quelques affaires avant de partir dans la salle de bains. Je me posai encore plus de questions sous la douche. J'avais été stupide de croire qu'il serait resté avec moi toute la nuit. Après tout, je l'avais pratiquement forcé hier soir.


Assise en sirotant mon café, je repensais aux récents événements. Hier soir j'avais réussi à me transformer. Je ne savais pas si c'était une bonne ou une mauvaise nouvelle. En tout cas pour moi. Être un titan, je le voyais plus comme une malédiction qu'un don. Quant à Ben, qu'est ce qu'il allait devenir ? Il avait clairement essayé de s'en prendre à un supérieur. Il serait alors soupçonné de meurtre, je ne pouvais pas m'empêcher d'être inquiète à son sujet. Il était et restera toujours la personne avec qui j'avais grandi. Sa tentative n'était qu'une erreur, une grossière erreur.


-Salut Hana, m'aborda une voix masculine.


En relevant la tête, je tombai nez à nez avec Eren. Il s'assit machinalement tout en arborant un sourire gêné.


-Tout d'abord je suis désolé ne pas être venu hier après midi avec toi.


Il était vrai que pendant un instant, je l'avais lui aussi blâmé. Je pensais qu'il était tout aussi responsable que Livaï. On s'était promis d'être là mutuellement pour s'aider dans les pires moments. Hier après midi pendant mon entraînement, c'était un des pires moments. Une aide comme lui, qui savait tout aussi bien que moi ce que c'était d'avoir le pouvoir d'un titan, m'aurait été bénéfique. En voyant sa mine déconcertée, je ne pus m'empêcher de laisser ma rancune de côté.


-Ce n'est pas grave, le rassurais-je. Tu n'y es pour rien.


Pas convaincu face à mon aveu, ses yeux fixaient toujours la table. Il possédait des cernes assez voyantes. Quelque chose devait le tracasser pour qu'il ait du mal à dormir à ce point.


-Tu sais, continua t-il, on m'a souvent parlé du titan femelle récemment.


Sa voix était calme, il parlait lentement. On aurait dit que ce sujet de conversation était une obligation, qu'il n'avait pas vraiment envie d'en parler.


-Tu as une idée de qui ça peut être ? le questionnais-je perplexe.


Il secoua sa tête de gauche à droite. À vrai dire, j'y avais pas mal réfléchi moi aussi les soirs avant de m'endormir. Étant donné le physique du titan, il était évident que le coupable était une fille. Une fille blonde avec des yeux bleus océans. Il n'y avait qu'une seule personne de mon entourage qui répondait à cette description. Seulement, il était impossible pour moi d'envisager qu'elle était une traitre.


-À ce propos Eren, je souhaitais te parler de quelque chose que j'ai vu pendant l'excursion.


Il releva soudainement la tête, les oreilles bien ouvertes.


-Normalement quand ton corps se soigne, il y a de la fumée blanche pas vrai ?


-Oui que ce soit en titan ou en humain, me répondit-il, c'est inévitable.


Je lui racontai alors tout. Lorsque le titan femelle me tenait fermement, Reiner s'était fait écraser dans son autre main. Je pensais sur le moment qu'il était bel et bien mort, seulement lorsqu'il ressortit il était totalement intact. C'était à ce moment là que j'avais remarqué de la fumée blanche émanée de son corps, pendant à peine une seconde. Les yeux d'Eren s'écarquillèrent. Ma seule peur était qu'il me cri au visage que j'étais complètement folle et parano. Ne voyant pas de réaction de sa part, j'essayai de me rattraper.


-Mais ça devait être mon imagination oublie ça, rigolais-je.


-Hana, je te crois. Je te fais totalement confiance, me dit-il en posant sa main sur la mienne.


-Vraiment ? lui demandais-je étonnée.


-Oui. Est ce que tu penses que Reiner est un allié du titan femelle ?


-Je n'en sais rien. Je pense que le cerveau d'Armin nous serait d'une grande aide si nous voulions débattre à ce sujet, lui répondis-je honnêtement.


-Tu as raison, me dit-il en se levant. Je dois rejoindre le major alors on se voit plus tard.


C'était la première fois depuis notre conversation qu'il souriait. Le saluant à mon tour, je pensais qu'il était enfin partis mais il se retourna finalement.


-Au fait, ne laisse pas les gens se moquer de toi ou te regarder de travers juste parce que tu es différente. Si tu as un problème avec l'un d'eux tu m'appelles, me rassura t-il en m'envoyant un clin d'œil.


Il était à présent à midi, j'avais passé le plus clair de ma matinée à répondre aux questions les plus sordides d'Hanji. Je n'avais cependant pas croisé Livaï. J'attendais toujours une explication de sa part, d'ailleurs il m'en devait plusieurs. D'abord pourquoi il avait fais semblant de répondre à mon caprice hier soir et ensuite pour quelle raison il n'avait pas été présent l'après midi ? J'avais un mauvais pressentiment, j'étais sûre que cette idiote de rousse avait encore quelque chose à avoir dedans. Rien qu'en repensant à notre récente dispute, j'avais une envie soudaine de lui arracher la tête avec mes dents. À force de m'énerver toute seule, le nombre de passants que je bousculais sur mon chemin ne faisait qu'augmenter. J'avais décidé de quitter la base afin de changer un peu d'environnement. Puis j'avais entendu dire que Marco faisait sa patrouille dans le coin, alors avec un peu de chance je le rencontrerai.


Je laissais vaguer mon regard depuis quelques minutes sur les différentes personnes qui passaient à côté de moi. Certaines me regardaient de travers tandis que d'autres me souriaient. Elles ne devaient pas être au courant de ce que j'étais réellement. Si elles savaient ma vraie nature, si elles savaient que j'étais un titan, j'étais sûre que leur sourires se transformeraient en dégoût. Toujours dans mes pensées, je ne remarquai pas que je fonçais droit sur quelqu'un. Inévitablement, je le bousculai.


-Pard.., commençais-je à m'excuser.


Lorsque mon regard croisa le sien, il y eut comme un déclic. L'incompréhension se lisait sur son visage comme certainement sur le mien. Comment on appelait ça ? L'impression de déjà-vu.


-Non, parla t-il à soi-même, impossible.


Sur ces mots, il se retourna puis reprit son chemin. Sa façon de marcher, son visage et sa voix, ça me rappelait définitivement quelqu'un. Pourtant je ne le connaissais pas. Je n'eus pas le temps d'y réfléchir plus longtemps que quelqu'un me tira du côté. J'atterris malencontreusement au sol dans l'une des petites ruelles de la ville.


-Regardez ça, une petite soldate ! se moqua une voix masculine.


Lorsque je relevai la tête, trois hommes me faisaient face. Je supposais qu'ils avaient entre 30 et 45 ans chacun. L'un d'eux était beaucoup plus mince que les deux autres. C'est d'ailleurs celui-là, qui au moment où j'allais ouvrir la bouche, me poussa contre le mur. Il appuya son avant bras sous ma gorge, mes poignets se retrouvèrent bloqués au dessus de ma tête. J'arrivais à peine à respirer.


-Alors ça te fait pas trop chier d'être soldat ? me demanda en ricanant le plus vieux des trois.


-Oui, tu préférerai pas plutôt travailler pour nous ?


Je fis mine d'être intéressée, je devais gagner du temps. Si je criais, personne ne m'entendra. Si je me battais, je ne gagnerai pas face à la force de trois hommes. Je ne devais pas manquer le bon moment pour contre attaquer, sinon je n'aurais plus de telle occasion. Je n'avais pas donc d'autre choix que de coopérer pour l'instant. Je priai alors du regard l'homme qui me tenait de me lâcher légèrement pour que je puisse répondre à son cher coéquipier. Il s'exécuta sous l'ordre de l'un des hommes. À ma plus grand surprise, il n'était pas aussi idiot qu'il en avait l'air. Il dé-serra sa prise mais garda tout de même mes poignets rassemblés contre le mur.


-Quel travail ? demandais-je méfiante.


-Oh tu sais, tu as un beau visage, de jolis cheveux, un corps attirant et puis tu es jeune. Un tas d'hommes payerait pour s'amuser avec toi, me sourit-il malicieusement.


Il avait énuméré toutes ces "qualités" en me jaugeant de haut en bas. Ce type me donnait envie de vomir. Pour qui se prenait-il ? Il venait clairement de me dire qu'il souhaitait me vendre. L'envie de me transformer en titan et de lui arracher chaque membre percuta mon esprit. Cependant je repensai à une chose très importante, je ne devais pas me faire remarquer. Ce n'était donc pas la meilleure solution. Ma seule échappatoire était d'attendre le bon moment tout en faisant semblant d'être intéressée.


-C'est d'accord, leur dis-je.


Mes poignets me brûlaient. J'avais de plus en plus mal. S'il ne me lâchait pas maintenant, qui c'est ce que mon corps pourrait décider ? À l'entente de ma réponse, les trois hommes sourirent en même temps.


-Ne crois pas t'en tirer de cette façon. Il faut d'abord que tu passes un test, m'interpella le plus gros.


-Un test ? demandais-je surprise.


L'homme qui me tenait rapprocha son visage du mien. Je pouvais sentir à son halène que ce type avait sacrément bu pendant les heures précédentes.


-Oui, me souffla t-il en plein visage, montre moi tes talents ma belle.


J'avais la nausée. Comme en lisant dans mes pensées, il tapota contre sa poche de veste. Il me fit comprendre en montrant le début d'un couteau que je ne devais rien tenter de stupide. Qu'est ce que j'étais sensé supposer faire alors ? De plus, les deux autres possédaient eux aussi une lame, alors que moi j'étais complètement dénudée. C'était à contre cœur que je hochai la tête, acceptant de passer son test. "Immonde" était le mot que je me répétais sans cesse dans la tête. Passant son regard de moi au sol, il essayait de me faire comprendre que je devais me mettre à genoux. Lentement, je m'abaissai puis me retrouvai à la hauteur de ses jambes. Lorsque je relevai la tête, il me regardait hautainement de haut. Je me sentais plus qu'inférieure, je ne pouvais pas rester sans agir. Quand il commença à déboutonner son pantalon, l'adrénaline prit possession de moi. Pivotant ma jambe droite, je tapai derrière ses genoux. Le type étant assez mince, il tomba facilement en arrière. Je me relevai maladroitement, essayant de rapidement m'enfouir en courant. Malheureusement, le second se jeta sur moi. Tombant inévitablement à plat ventre, je manquai de justesse de m'éclater le menton. Tout le poids du type était sur mes jambes et sur mon dos. Sans vraiment savoir ce que je visais, je donnai un coup de coude à l'aveugle derrière moi. Par chance, il atterrit dans sa mâchoire. Réussissant à me retourner, je voyais celui de tout à l'heure déjà entrain d'essayer de se remettre debout. Mon genou tapa dans les parties génitales de celui qui m'occupait et comme pour l'achever, je lui balançai violemment un coup de tête. Celui-ci était fini. Je me dégageai de son corps avant de me relever. Seulement, une fois sur mes jambes, un énorme coup de poing s'écrasa sur mon menton. Ça faisait sacrément mal, me faisant voir les étoiles pendant plusieurs secondes. Couteau à la main, il se jeta sur moi. J'essayai d'esquiver le plus possible mais j'étais à la fois concentrée sur lui mais aussi sur l'autre. Mon dernier recours était de le désarmé et d'avoir l'avantage sur eux deux. C'était après maintes attaques inutiles de sa part que je réussis à lui prendre son couteau.


-Si vous ne voulez pas que ça se finisse mal, arrêtez tout de suite ! leur expliquais-je en reculant.


Je pensais que tout ça était enfin terminé, que j'étais celle qui possédait maintenant les cartes en mains. Seulement, celui au sol s'était relevé et se dirigeait à présent droit sur moi. Il essaya de me frapper mais chacune de ses tentatives furent des échecs. Il fallait que je l'arrête avant d'être totalement à bout de force. Sans une once d'hésitation, je le coupai au niveau du torse. Il recula avant de tomber au sol. Ce n'était pas avec ça qu'il allait mourir, malheureusement. Je n'eus pas le temps de comprendre ce qui se passait que le troisième me plaqua au sol. Pendant ma chute j'avais laissé tomber mon arme, il la récupéra par la même occasion. Il se retrouva donc au dessus de moi, un canon de pistolet se retrouva collé contre mon front.


-Perdu, petite merde ! rigola t-il.


Son doigt se dirigea vers la détente. J'étais terrifiée, j'allais mourir. Je souhaitais que quelqu'un me sauve. Livaï, j'aimerai qu'il vienne. Il venait toujours quand j'avais besoin de lui.


-Adieu !


Le rire de mon agresseur résonnait dans la ruelle toute entière, pourtant personne ne pouvait l'entendre mise à part moi. Par réflexe je refermai les yeux, le canon se déclencha. J'attendais d'avoir mal, j'attendais que mon sang se déverse sur les pavés de la ville. Je n'entendais plus rien. Ouvrant lentement les yeux, ce que j'aperçus me choqua au plus haut point. Le bout d'un fusil était collé contre la tempe de mon agresseur. Son visage était déchiré par l'étonnement et la peur. Cerveau en miettes, il tomba lourdement au sol. Une flaque de sang commençait déjà à se dessiner. Lorsque je remontai mon regard le long du fusil, la personne qui le tenait me prit de stupeur. Une fille dans son uniforme de soldat, blonde aux yeux bleus. Qu'est ce qu'elle faisait là ?


-Annie merci ! Que..


-Je suppose que j'étais juste là au bout moment, me coupa t-elle.


Elle venait d'abattre de sang froid cet homme. Elle était calme, aucune émotion ne la trahissait. Les deux autres de la bande avaient eu le temps de s'enfuir. J'étais à présent seule à seule avec une amie que je n'avais pas vu depuis la cérémonie des choix. Je me relevai maladroitement mais elle semblait déjà vouloir partir.


-Je dois rejoindre mon équipe alors je te dis sûrement adieu, me dit-elle en faisant demi-tour.


-Annie attends ! l'interpellais-je.


Étonnement, elle s'arrêta avant de se retourner. L'occasion se présentait, c'était maintenant ou jamais.


-Rejoins-moi ce soir après le couvre feu dans cette ruelle.


Étonnée, elle leva ses sourcils. Je n'étais moi même pas sûre de la raison pour laquelle je l'avais invité. J'avais seulement des choses à mettre au clair avec elle.


-Je ne pourrais..


-S'il te plaît, la coupais-je.


Après quelques secondes de silence, elle finit par soupirer. Elle hocha la tête puis se retira en silence. Toujours à vouloir éviter le contact avec les autres, prétendre d'être simplement là au bon moment. Elle avait tout de même prit la peine de s'y engouffrer dans cette ruelle. Je devais être l'une des personnes qui étaient le plus proche d'elle, pourtant elle me cachait encore un tas de choses.


Une fois de retour à la base, j'avais décidé de regagner la chambre de Livaï. Cependant je changeai rapidement d'avis lorsque je remarquai une personne dans ma propre chambre. Même en me rapprochant ça ne m'aidait pas du tout à savoir qui c'était. La personne était habillée tel un banal soldat. Elle portait une sorte de foulard sur la tête et un chiffon à la main. Peut être que des cheveux se cachaient là dessous, peut être que c'était une femme. En tout cas, la taille de la personne me laissait le bénéfique du doute.


-Vous êtes une sorte de femme de ménage ? demandais-je innocemment.


J'allais la remercier de s'occuper de ma chambre mais au son de ma voix elle stoppa tout mouvement. Lorsque j'aperçus la tête de l'individu pivoter dans ma direction, je sus que ma mort était inéluctable. Tout ces traits du visage étaient tirés, son regard pouvait tuer n'importe qui.


-Tu veux que je te montre si je suis une femme ? me menaça t-il.


J'essayai de mordre mes joues, tentant en vain de ne pas craquer. Malheureusement, je pouffai de rire. Voir Livaï dans cette tenue, c'était plus hilarant. Seulement je repensai à hier soir, stoppant peu à peu mon fou rire. Nerveusement, je me grattai la tempe. Il fallait que je lui pose les questions que j'avais dans la tête.


-Au fait, je voulais vous demander..


-On n'a pas le temps, me coupa t-il.


Sur le moment, j'étais à la fois vexée et curieuse de savoir pourquoi il était si pressé. Perplexe, je lui posai la question tout en croisant mes bras.


-Parce qu'aujourd'hui, commença t-il en se dirigeant vers la fenêtre, on fait le ménage ! finit-il en l'ouvrant d'un seul coup.


Grimace au visage, mon interminable après-midi commença. J'avais d'abord eu la tâche de ramasser tous les détritus possibles et inimaginables de la pièce. J'agissais nonchalamment et ça devait fortement l'énerver. Lui s'occuper de la salle de bains, du plus gros. On ne parlait pas beaucoup, ça me dérangeait. Si j'essayais une nouvelle fois de lui demander quoi que ce soit, je sentais qu'il allait encore m'envoyer bouler. Après tout, s'il avait décidé de tout nettoyer c'était qu'il en avait vraiment marre de partager sa chambre avec moi. Je me mise soudainement à être fatiguée de moi même, toujours à voir le négatif partout. Une heure plus tard, je pris l'initiative de prendre une petite pause pour me reposer. Grossière erreur de ma part.


-Qui t'a permis de te reposer ? me demanda t-il sévèrement balai à la main.


-Moi-même, dis-je insolente en croisant les jambes.


Une partie du travail était terminée. La plus part des débris avaient été ramassé, j'avais bien le droit à un petit moment de répit. J'attendais une réprimande de sa part mais rien ne sortit de sa bouche. À la place, ses yeux fixaient quelque chose. En suivant leur trajectoire, je notai qu'il fixait mes poignets. Mince, j'avais complètement oublié de les vérifier en venant ici. Nerveuse, je les cachai immédiatement.


-Qu'est ce qui s'est passé ? me demanda t-il du tac au tac.


-Rien je suis tombée, lui répondis-je en évitant son regard.


-Tu te fou de ma gueule, s'énerva t-il.


La vérité c'était que j'avais honte de lui en parler. Comment allait-il réagir ? Allait-il rigoler ? Se moquer ? Se rapprochant rapidement de moi, je me relevai aussitôt de ma chaise.


-Dis moi la vérité, me dit-il un peu plus calmement.


Je baissai les yeux avant de soupirer. À quoi bon lui mentir ? De toute façon j'étais coincée. Prenant mon courage à deux mains, j'étais prête à tout lui raconter.


-Des sales types m'ont demandé de travailler pour eux. Je crois qu'ils comptaient me faire passer pour une sorte de prostitué. Du coup..


Je me stoppai net quand son balai se craqua dans sa main. La colère se lisait sur son visage.


-J'espère que c'est une blague ? me questionna t-il irrité.


Je ne voulais pas qu'il s'énerve pour moi. Je savais à quel point il pouvait s'inquiéter mais ça n'en valait pas la peine. Comme un mensonge né, je me rattrapai en lui disant que c'était bel et bien une blague. Je rigolai nerveusement, espérant qu'il oublie cette histoire et qu'il passe à autre chose. Pas du tout convaincu, il se rapprocha encore plus de moi. Sa main commença à caresser ma joue puis mon menton. Le fixant intensément, je pense que c'était le résultat du coup que j'avais encaissé tout à l'heure.


-Arrête de me mentir, me chuchota t-il tout en continuant ses caresses.


Sa voix était berçante, sa main était douce. Le bout de ses doigts étaient froids mais son regard inquiétant me réchauffait. Alors mon corps décida qu'il était temps pour moi de me libérer. De relâcher toute cette peur et ce courage dont j'avais fait preuve. Des larmes perlèrent au coin de mes yeux . Sans lui demander quoi que ce soit, je posai la tête sur son torse.


-J'ai eu tellement peur, lui chuchotais-je.


Sa tête était posée sur la mienne tandis que sa main caressait mon dos. Je ne savais pas quelle expression il arborait, je souhaitais seulement qu'il n'éprouvait aucune once de culpabilité. Ce n'était pas de sa faute. Un long silence s'installa, silence pendant lequel seul mes pleurs résonnaient dans la pièce. À contre cœur, je me dégageai finalement de lui avant de reprendre mon activité de tout à l'heure. Il m'interpella aussitôt, me conseillant d'aller me reposer. Je secouai la tête, en aucun cas je comptais lui laisser la tâche. C'était ma chambre après tout.


Quelques heures plus tard, mon moral avait quelques peu augmenté. Livaï avait fais tout son possible pour me taquiner et me faire rire. Je devais avouer qu'il y arrivait très bien. Mais par dessus tout, j'avais tout nettoyé. Plusieurs sacs avec différents contenus étaient alignés dans le couloir. Cependant, il allait me falloir de nouveaux meubles pour pouvoir reloger ici ainsi que quelques rénovations. D'un côté ça m'arrangeait, mais ça je ne voulais pas me l'avouer.


Le soir dans le lit de Livaï, je n'avais pas perdu de vue le rendez-vous que j'avais fixé avec Annie. J'étais actuellement entrain de réfléchir à un moyen pour m'échapper. Le connaissant, rien qu'au son de ma respiration il pouvait savoir ce que je faisais, endormi ou non. D'ailleurs celui-ci sortait de la douche. Ces derniers temps, il prenait un malin plaisir à se balader torse nu devant moi. Est ce qu'il ne le faisait pas exprès par hasard ? Loin de là l'idée que ça me déplaisait mais comment voulait-il que je me concentre maintenant ? Le suivant du regard, sa musculature était plus prononcé que n'importe quel soldat ici et personne n'égalait son charisme. Dos à moi, il cherchait des affaires dans son armoire. Je le détaillai lentement de haut en bas. Son beau visage et sa bouche fine que je trouvais cruellement attirante quelques fois. Ses épaules, ses bras musclés, ses mains masculines et ses doigts fins. Je ne savais pas ce qui me prenait sur le coup mais malgré le peu de bon sens qu'il me restait, je ne réussis pas à arrêter ma contemplation. Lorsque mon regard se posa sur ses fesses, je me tirai les joues. Quelle fille malsaine je faisais.


-Tu peux arrêter de me regarder, m'interpella t-il, on dirait une fillette qui n'a jamais vu un corps masculin de sa vie.


Prise sur le fait, je devins rouge pivoine. J'essayai tant bien que mal de me justifier mais la seule réaction de sa part était de rigoler. Il se moquait de moi, comme toujours. Il avait peut être raison et alors ? S'il croyait que j'avais oublié la fois où il avait été gêné, il se fourrait un doigt dans l'œil. Une fois habillé, il s'allongea sur le canapé. L'idée qu'il puisse me rejoindre avait quand même traversé mon esprit. Cependant, ça aurait été plus compliqué pour moi de sortir après. Il était tard, peut être qu'il répondrait à mes questions cette fois-ci. On dit toujours que le soir les personnes deviennent plus sentimentales.


-Pourquoi vous êtes partis cette nuit ? lui demandais-je innocemment.


-Parce que c'est mieux comme ça, me répondit-il simplement.


-Pourquoi ?


-Bonne nuit morveuse, soupira t-il.


Je faisais la moue, bien sûr il ne pouvait pas le voir.


-Bon alors pourquoi vous n'étiez pas là avec Hanji ? Vous étiez avec Petra ?


Après un long silence, il me répondit positivement. Une vague de jalousie s'empara de moi. Je commençais à m'avouer que ma colère contre elle n'était que de la jalousie pure et dure.


-Vous avez fait quoi ? chuchotais-je avec une once de reproche dans la voix.


-Je te le dirais une prochaine fois.


Sur ces dernières paroles, notre conversation se termina. Je décidai alors d'en rester là pour ce soir et de le laisser rejoindre les bras de Morphée.


Lorsque le bon moment arriva enfin, je pris de soin de vérifier que Livaï dormait à point fermé avant d'ouvrir délicatement la porte. Une fois mission réussite, je me dirigeai discrètement vers notre précèdent lieu de rencontre. Il faisait incroyablement noir, pas un chat traînait dehors. Si Livaï apprenait où j'étais en ce moment même, je crois que ma fin serait similaire au balai de cet après-midi.


Lorsque j'arrivai à destination, mon invité me faisait déjà face. Je m'attendais presque à ce qu'elle ne vienne pas. Mais heureusement, elle était là et avais tenu sa parole. Toujours avec ce même air stoïque, elle me fixait.


-Annie, est ce que tu es le titan femelle ? lui demandais-je directement.


Je n'avais pas le temps de discuter, je n'avais pas le temps de me creuser d'avantage la tête. Il me fallait une réponse claire, net et précise. Je ne pouvais plus penser à elle sans savoir toute la vérité.


-Si tu es venue pour me demander ça alors tu peux repartir, soupira t-elle, car je ne suis pas le titan femelle.


Je l'aurais cru sans problème si son physique ne correspondait pas autant à lui. Plusieurs personnes dans mon entourage pensait la même chose. Tout se mélangeait dans ma tête. Annie ou les autres ?


-Tu as dis tout à l'heure que tu avais été là juste au bon moment, est ce que cette fois là aussi c'était la même chose avant que je ne finisse dans la gueule de ce titan ?


Pendant un quart de seconde, je vis de l'étonnement dans son regard. Elle reprit aussitôt son air habituel avant de me répondre qu'elle ne voyait pas de quoi je parlais. Je n'allais pas avancer de cette façon. Son regard l'avait trahi une fois, il fallait que je réfléchisse à une autre solution. Pendant un instant, aucune de nous deux parla jusqu'à ce que je revienne à la charge.


-Je te fais confiance alors Annie, rigolais-je, tu es mon amie après tout.


Je me retournai avant de la laisser derrière moi. Je l'avais vu. Ce même regard de culpabilisation. Ce même regard avant de me regarder mourir. C'était le regard de quelqu'un qui s'en voulait. Le regard d'une traitre.

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