Il faut sauver le Roi Thraïn

Chapitre 2 : Dol Guldur

4159 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 08/11/2016 23:04

Il faut sauver le roi Thraïn

Quelques mois plus tard, Gandalf est revenu à Rhosgobel.

- « Vous ne sauriez déployer la moindre étincelle de vos facultés, sans immédiatement attirer Sa malveillance !, l’avait imploré Radagast. J’en ai fait l’expérience à mes dépens ! L’hydre qui sommeille étend lentement l’emprise de ses eaux sombres, attentive au moindre clapot ridant l’étang tranquille de sa malice aux aguets. »

Le digne magicien luttait depuis bien des années contre le pouvoir grandissant du nécromancien. Ses alliés, oiseaux et bêtes des sous-bois, l’avaient rendu familier des allées et venues des orques et des suppôts envoyés semer le trouble au sein des communautés du Vertbois. A présent, sa demeure Rhosgobel n’était plus qu’une clairière au sein des bois pervertis par les sombres nuées empuanties émanant du Dol Gûldur. Mais il ne se décourageait pas, ravivant la flamme auprès des Bearnides et des hommes, sous l’apparence de l’un des leurs, et combattant l’avance de la marée empoisonnée.

-« Revêtez plutôt ces frusques ! Elles furent prises de haute lutte à un dignitaire itinérant, un émissaire de haut rang que j’ai défait, l’un de Ses répugnants porteurs de désespoir qui répandent la pénombre sous les frondaisons, la peur dans le cœur des hommes et le mensonge dans l’esprit des plus combatifs. »

Gandalf passa le costume noir avec répugnance, non sans dissimuler son épée sous le long manteau sombre. En un tour de main, l’adroit Radagast appliqua sur la barbe et les cheveux de son cousin, une teinture de sa composition, et paracheva son œuvre en appliquant un baume de sa réserve personnelle, qui altéra profondément la physionomie de son patient. Les rides de chagrin se durcirent en un masque sévère, tandis que les commissures des lèvres se figeaient dans un sourire supérieur et cruel.

-« Ainsi grimé, vous pouvez conserver votre bâton de magicien sans éveiller les soupçons », ajouta Radagast en confiant à son hôte une fiole de cordial de la Lorien. Puissiez-vous secourir Thraïn et ses compagnons, s’il est encore temps !

- Je le leur dois. Je ne passerai plus une nuit de véritable repos sans l’avoir tenté à nouveau. Une dernière chose, cher vieux compagnon… Pourriez-vous lancer vos amis sur les abords septentrionaux de la forteresse, et y faire remarquer l’éclat de vos pouvoirs ? Cela attirerait sans doute l’attention pendant que je tente de m’introduire subrepticement dans la place. »

.oOo.

Quelque part dans la sombre forêt au nord de Dol Gûldur.

-« Vous êtes en retard ! »

Le reproche claqua comme un coup de fouet. L’uruk tressaillit, saisi par le ton lourd de menaces.

L’émissaire du Maître avait surgi brusquement, au bord du chemin de pierres sèches qui serpentait entre les arbres charbonneux étranglés par les ronces. Le grand orque ordonna l’arrêt de sa colonne de guerriers et s’inclina d’un air gauche et réticent devant la haute silhouette sombre qui le toisait avec sévérité. La veule soldatesque se massa laborieusement, les premiers rangs de la clique tâchant de se faire oublier, et les suivants essayant de « voir Muzgâsh prendre une avoinée… ».

Le maître de Dol Gûldur n’envoyait pas ses sectateurs pour des vétilles. La longue barbe noire et le bâton noueux lui étaient inconnus, mais la braise qui couvait sous les sourcils broussailleux, incitait l’uruk à contenir son mécontentement :

-« Z’avons écharpé les hommes des bois ! »

Le sourire obséquieux et malveillant du chef orque dévoila des crocs jaunes :

-« Je ramène du butin ! »

Une jeune femme blonde, vêtue de peaux de daim, fut jetée sur les pierres du sentier aux pieds de Gandalf. Couverte de griffures et d’ecchymoses, une frimousse leva timidement ses yeux bleus terrorisés vers la haute figure sombre. Le magicien, sa contenance un peu ébranlée par la compassion, saisit l’occasion en un éclair :

-« C’est bien ce qu’on nous a rapporté ! Vous autres incapables avez capturé une espionne du Maître ! Libérez-la immédiatement ! »

Le ton cassant de l’Uruk cacha mal la terreur qui ternissait son regard lorsqu’il relaya l’injonction :

-« Bande de snagas gobe-limaces! Faites ce qu’on vous dit ! »

Rapidement déliée, la captive roulait des yeux incrédules. Comme elle restait tétanisée, Gandalf happa son bras sans bienveillance :

- « Toi ! Tu vas regagner ton village et remplir ta mission ! Ou il t’en cuira ! »

Alertée par une curieuse flamme au fond des yeux du magicien, la prisonnière acquiesça enfin d’un hochement de tête nerveux, et s’en fut courant dans la sente, sous le regard déçu des soudards. Alors Gandalf tourna son regard noir vers l’Uruk, sans lui laisser le temps de recouvrer ses esprits ou d’émettre une objection :

-« Et maintenant en avant ! Exécution ! », hurla le magicien en brandissant son bâton d’un air menaçant.

.oOo.

La cohorte s’ébranla, jouant des coudes pour tenir à distance l’inquiétant émissaire du Maître. Gandalf soutenait le rythme, sans quitter un instant des yeux le malheureux Muzgâsh, dont les pensées désespérées énuméraient les tortures en vogue châtiant les officiers qui trahissaient la confiance du Maître.

Après une heure de course sur un sentier grimpant parmi des sapins noirs et tordus, la bande bruyante rejoignit une route qui les conduisit au portail oriental de la forteresse. Un énorme olog-hai questionna le chef uruk, qui lui donna les mots de passe, tandis que Gandalf se drapait dans un air d’impatiente autorité.

Passée une seconde porte, les premiers rangs de la troupe semblèrent montrer des signes d’hésitation. Aussitôt Gandalf s’exclama d’une voix forte :

-« La patrouille regagne son cantonnement ! Le fautif va me faire son rapport ! »

Il n’est pas dans la nature des orques d’éprouver le moindre apitoiement. Leur solidarité ne s’exprime qu’à l’encontre des plus faibles, lorsque la perspective d’une victoire sans risque promet des réjouissances sanglantes aux dépens des vaincus. L’espoir de voir lentement énucléer, dépecer ou éviscérer Muzgâsh, qui les avait longtemps contraints à marcher droit sous le fouet, ou peut-être même de goûter à de la chair d’uruk, excitait leur curiosité.

Aussi la troupe d’orques se dispersa-t-elle avec une telle mauvaise grâce, que Gandalf dut menacer les plus rétifs du sourcil et du bâton, avant de reprendre l’ascendant sur leur capitaine déchu :

-« Commençons par gagner la prison ! Nous verrons si tu peux t’y rendre utile », grommela-t-il avec un signe autoritaire de son bâton. Curieusement la menace sembla agir comme un calmant sur l’uruk, qui s’étonnait d’un traitement empreint d’autant de mansuétude.

Gandalf suivit l’orque qui quitta l’esplanade et chemina par de longs tunnels. En chemin, l’air se réchauffait et Gandalf se rendit compte que le déguisement de Radagast était sans doute le plus astucieux qu’on pût imaginer. Les minions qu’ils croisaient prenaient tous un air occupé et pressé lorsqu’ils l’apercevaient. A mesure de leur descente, le magicien sentait se renforcer la sensation d’une présence, sinistre et omnipotente, loin dans les tréfonds de la citadelle. Cette conscience aux aguets, avide mais prudente, observait et écoutait, régnant sans partage sur son royaume.

Le duo longea des corps de garde, peuplés d’orques braillards, qui conspuèrent Muzgâsh pour empiéter sur leur territoire. Immédiatement, les cris se calmèrent lorsque les soudards s’avisèrent de la présence d’un sectateur du Maître. Des murmures craintifs et interrogateurs s’élevèrent dans leur sillage. Au niveau de la troisième profondeur, les quartiers firent place aux magasins. L’uruk manifesta progressivement quelque hardiesse, relevant la tête ou jetant des regards furtifs vers Gandalf. Le magicien, sentant s’étioler son emprise, crut bon de dégainer son épée, arrêta son prisonnier et l’interrogea derechef. L’orque malmené dut répondre : les cellules se trouvaient au niveau de la cinquième profondeur. Le duo reprit son chemin, mais Gandalf se tenait sur ses gardes.

A l’extrémité d’un tunnel bas et malodorant, l’orque déboucha sur un palier qui surplombait un gouffre vaguement éclairé par des vapeurs orangées. Muzgâsh en profita pour bondir soudainement dans un escalier qui descendait le long de l’abîme circulaire. Gandalf l’y poursuivit, bien décidé à récupérer son guide. Mais quelques degrés plus bas, le magicien, asphyxié par les vapeurs pestilentielles, fut pris de vertiges et dut se reposer un instant. L’uruk, qui avait sans doute réalisé que le magicien n’était qu’un imposteur, disparut rapidement par l’une des ouvertures qui s’enfonçaient dans la falaise à chaque palier, masquées par les volutes viciées.

Gandalf s’attendait à ce que l’alarme fut donnée sous peu. Malgré son lancinant vertige, il poursuivit donc rapidement la descente vertigineuse jusqu’à ce qu’il estimât se trouver à la cinquième profondeur. C’est alors que Muzgâsh surgit d’une anfractuosité de la paroi, brandissant un poignard qui luisit d’un éclat mortel.

Parfois, même les magiciens ont besoin d’un peu de chance. Il est vrai que le succès de leurs fameuses aventures pourrait faire accroire que leurs grands pouvoirs suffisent à leur tenir lieu de chance. Pourtant, pour cette fois au moins, un simple hasard, ou plutôt deux malchances heureusement combinées, sauvèrent Gandalf du désastre.

Etouffé par les vapeurs nauséabondes émanant du gouffre, le magicien titubant se prit les pieds dans la robe trop longue qui cachait ses bottes. Basculant involontairement sur le palier devant lui, il échappa de peu au coup de poignard de Muzgâsh qui, emporté par son élan, trébucha sur le bâton de Gandalf et fut précipité dans l’abîme !

Un cri rauque retentit decrescendo mais, à la surprise du magicien étourdi, se prolongea d’un lent vibrato terrorisé. Gandalf jeta un regard par-dessus le gouffre : se débattant dans les fils collants d’une immense toile et poussant d’hystériques cris stridents, l’uruk voyait s’approcher une énorme araignée, bouffie et difforme, aussi gigantesque qu’un grand troll.

Gandalf n’attendit pas d’assister au festin de sa majesté du gouffre. Le pallier que foulait le magicien servait de toute évidence à se débarrasser des prisonniers en obligeant certains de leurs camarades à assister au supplice. En effet quelques cages, vides pour l’heure, côtoyaient un sinistre siège de pierre. Il s’approchait certainement des geôles. Gandalf résolut donc de suivre les indications de feu Muzgâsh. Après une gorgée de miruvor , il s’engagea résolument dans le couloir.

.oOo.

La conscience assoupie qu’il sentait résider loin sous la montagne semblait à présent s’éveiller, comme si la piqûre insignifiante d’un méprisable insecte irritait un prédateur tapi dans l’attente d’une proie plus digne de son attention. Gandalf, se demandant s’il était repéré, formula des vœux pour que ce soubresaut fût l’oeuvre de Radagast.

Un peu plus loin, le tunnel débouchait dans une grande salle, où se vautraient de nombreux orques. Avant que le magicien n’arrêtât son plan, un son profond et terrifiant se fit entendre du cœur même de l’ancien volcan, réveillant des échos menaçants, comme si des grognements sourdaient par tous les recoins de la roche. Gandalf crut que l’alerte était donnée, mais les orques semblèrent se rendre à un appel, dans un ordre tout relatif.

La conscience insatiable de Dol Gûldur semblait à présent en plein recueillement, consacrée à renforcer la plénitude de son propre pouvoir sur les hordes de ses esclaves prosternés. Le magicien en profita pour se glisser dans la salle et s’orienta vers le seul passage grillagé. Gandalf passa devant les gardes médusés d’un air supérieur et courroucé, les défiant presque de l’interroger.

Il s’enfonça dans le dédale de couloirs d’un pas décidé. Il errait depuis un long moment, lorsque ses pensées furent dérangées par une sensation, étrange dans ce sombre endroit – non plus l’aversion pour le fiel qui semblait exsuder de chaque paroi, mais la peine et le deuil, si pitoyable et sans espoir, que Gandalf s’arrêta et, écoutant son cœur, revint sur ses pas et prit un passage latéral.

Il avait rejoint les prisons. Loin au tréfonds du volcan, la conscience de Dol Gûldur se repaissait inlassablement de sa vanité haineuse, ourdissant dans la pénombre d’enfler démesurément pour engloutir le monde. Atterré, le magicien parcourut les couloirs bordés de cellules. La révolte les avait désertées depuis longtemps. Le chagrin s’était tari avec les larmes. Même la résignation s’y lézardait lentement, laissant la folie se répandre comme la gangrène, dernier refuge des âmes damnées par le nécromancien.

Seule la peur rejouait encore et encore son éternel retour, à chaque bruit de pas ou de clé, glaçant les occupants des cellules sous sa chape livide. Pêle-mêle, hommes, nains et elfes des deux sexes pourrissaient là sous l’effet de l’air putride et de l’espoir aboli.

Pétrifié d’horreur, Gandalf cessa de déambuler. Que s’était-il imaginé ? Qu’il lui suffirait de paraitre pour trouver Thraïn et le soustraire à son ravisseur ? Qu’il saurait sans dilemmes ni états d’âme, choisir parmi les bataillons de prisonniers, les quelques élus qui le suivraient ? Face à l’indicible réalité des tortures nécromantiques, la question se résumait pour le magicien, à découvrir s’il trouverait en lui le courage de délivrer de la corruption ces âmes torturées, en leur accordant le don libérateur d’une mort digne et salvatrice…

.oOo.

Gandalf fit quelques pas au hasard dans les couloirs, consterné et indécis. C’est alors qu’il le vit.

Un vieux nain, assis sur sa couchette de pierre, respirait par saccades. Ses hardes répugnantes étaient retenues à la taille par les restes d’une ceinture de cuir. Les pierreries incrustées en avaient été volées, mais le magicien reconnut l’insigne frappé sur la boucle.

Le long crâne décharné, appuyé à la muraille moisie, ne bougeait pas. Seules les pupilles, recouvertes d’un voile terne, semblaient animées de spasmes dans leurs orbites sèches. La barbe du nain, jadis tresses drues et noires luisant comme l’aile du corbeau, pendait à présent en amas de poils figés de crasse et grouillant de vermine.

-« Thraïn ? », souffla le magicien d’une voix brisée qui trahissait son désarroi.

Les pupilles du nain, presque blanches, se mirent à virevolter comme des papillons pourchassés.

-« Norin ? Ils t’ont ramené, Mahal soit loué ! Je ne puis plus te voir, mon pauvre ami, les fièvres ont emporté ma vue. »

Le corps émacié du nain fut secoué d’une quinte gutturale qui s’acheva dans un soupir chuintant. Thraïn riait.

-« A présent personne ne pourra plus m’obliger à contempler Norin se faire dévorer par la Dame aux mille toiles… »

Le rire inique s’interrompit :

-« …Tu n’es pas Norin ! Qui est venu me tourmenter ? Qui es-tu ? », éructa le nain en agitant dangereusement sa maigre carcasse.

- « C’est toi Dwalor ? », fit-il en se calmant.

-«  Dwalor le fidèle, dernier des derniers comme il fut le premier ! Comme nous étions forts et nombreux autrefois ! Comment vous ai-je tous perdus, incapable que je suis ? »

La cage thoracique du moribond se serra en spasmes convulsifs, jusqu’à ce qu’il reprit son souffle dans un sanglot. Thraïn pleurait.

Abaissant la voix jusqu’au murmure, le vieux nain susurra :

- «  Il me l’a révélé, je l’ai vu dans Sa salle aux miroirs : les orques cupides du Gundabad en guerre, s’appropriant mes richesses, les trésors des deux vers que j’ai terrassés de mes mains. »

Le nain levait deux paumes étiques et pelées, en témoignage de ses exploits, l’un bien réel, et l’autre pure élucubration d’un esprit en déroute. S’animant d’une indignation croissante, le nain poursuivait :

-«  Mais j’ai vu d’autres choses ! Il ne s’en est pas rendu compte mais j’ai espionné Ses miroirs ! J’ai vu ce félon mener ses rôdeurs à l’assaut du Mont Gram avec la bénédiction de son comparse Gris, et vaincre par la vertu d’un héritage de ma maison ! Il me l’a volé, je le sais ! Qu’il soit maudit jusqu’à la troisième génération ! Tous maudits ! Tous des voleurs ! »

Pendant un long moment le vieux nain se recroquevilla sur sa misérable paillasse, semblant fuir un souvenir odieux qui le tourmentait :

- « Voleur ! Rendez-le ! Rendez l’anneau à Dùrin trompe-la-mort ! Vous ne pouvez le revendiquer ! Vous mentez, il ne fut jamais à Vous ! Vous ne pouvez… Dwalor, non ! »

Sur les pupilles aveugles de Thraïn, dansait le souvenir macabre de son dernier compagnon, contraint par la simple volonté du nouveau maitre de l’anneau de Dùrin, à se trancher lui-même la gorge. Le misérable hère resta prostré quelques instants puis :

-« Tu n’es pas Dwalor ! »

La main émaciée se tendit à travers la lourde grille, effleurant la barbe de Gandalf abasourdi par les dernières paroles du nain. Le magicien souffla :

-« Voulez-vous dire qu’Il l’a, prétendant le recouvrer comme autrefois ? Mais… N’aviez-vous pas laissé le dernier des anneaux des nains à votre héritier ?

- Thorin ? Mon fils ! Tu ne dois pas échouer ! L’honneur de notre maison repose sur toi, à présent. Méfie-toi de ce magicien, il poursuit ses propres menées ! La fortune de nos lignées lui est bien indifférente… Mais tu auras besoin de ceci… »

Alors le vieux nain fit une chose étrange : de ces longues mains fripées, il entreprit de dénouer les tresses de sa barbe sale. En quelques instants, il avait dévoilé et libéré un petit parchemin roulé, qu’il tendit à travers la grille :

- « Ce vieux fou avait raison, malgré sa fourberie : il faut éliminer le dernier des grands vers. Et c’est à toi que reviendra cette gloire insigne. Reçois la carte de Thror et la clé du passage secret de ton Grand-père. »

Comme s’il s’était débarrassé d’une charge immense, le vieux nain soupira quelques instants. Puis, rassemblant des forces surprenantes, le moribond se tendit brusquement, agrippant la grille. Mais il ne parvint pas à se lever. Le vieux nain, Thraïn le second, descendant de Dùrin trompe-la-mort, s’effondra mort à la porte de sa cellule.

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Le magicien éprouva un étrange mélange de soulagement et de culpabilité. Il n’eut pas besoin d’aider son vieux camarade à rejoindre ses ancêtres. Gandalf s’accroupit un instant, berçant la dépouille de mots de réconforts et lui adressant un dernier salut.

Le parchemin plié était une vieille carte des nains, enroulée autour d’une petite clé. Le magicien soupira, se promettant de remettre cet ultime héritage à qui de droit.

Puis il se redressa, circonspect et soucieux. Ce qu’il venait d’apprendre lui laissait un doute inacceptable. Pourquoi le nécromancien avait-il prétendu avoir possédé l’anneau de Dùrin jadis ? Pour torturer sa victime spoliée ?

.oOo.

NOTES

 

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