Roi Lion Multivers. Univers A-2026 : La destinée parralèle de Scar.
Chapitre 2 : Arc 1 : L'enfance. Chapitre 2 : La Reine Consort Uru
10397 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 06/04/2026 18:58
Le trajet se fit dans un silence pesant. Mufasa et Taka, marchant épaule contre épaule, la tête basse. Leur père, à quelques mètres devant eux, ne leur accorda aucun regard, aucune parole.
Ils avancèrent ainsi jusqu’au Rocher des Lions où Ahadi les entraina jusqu’à la grotte où les deux lionceaux dormaient chaque nuit.
Une fois arrivé, il se retourna pour leur faire face. Ses deux fils s’arrêtèrent à bonne distance avant de s’assoir, évitant de le regarder, les yeux tournés chacun d’un côté et de l’autre.
— Je peux savoir ce qui t’as pris Taka ? Tu sais très bien que tu ne dois pas t’approcher des Frontières et que c’est dangereux !
— Oui je sais. Je suis désolé…
— C’est pas sa faute, intervint Mufasa. On jouait et on n’a pas vu qu’on s’était rapproché de la Frontière.
— Mais vous n’êtes pas repartit tout de suite, répliqua Ahadi qui se mit à tourner lentement autour de ses fils.
— Non…, avoua Mufasa.
— Ça c’est ma faute…, ajouta Taka. J’ai voulu voir le volcan de plus prêt.
— Taka tu te rends compte de la gravité de ta curiosité ! s’exaspéra Ahadi. Tu aurais pu tous vous faire tuer. C’est ça que tu veux ? Causer la mort de ton frère ?
— Mais non ! répondit aussitôt le lionceau, les yeux humides. Je ne pensais vraiment pas qu’il y aurait des hyènes…
— Il y a toujours des prédateurs qui rôdent prêt des Frontières, que ce soient des hyènes, des chacals, des lycaons ou même d’autres lions. Des prédateurs qui ne respectent pas nos lois et qui s’attaquent aux jeunes… C’est pour ça que les Frontières vous sont interdites. Vous n’êtes pas assez grand pour vous défendre. Ou même pour leur échapper. Aujourd’hui vous avez eu de la chance. Beaucoup de chance. Mais ce ne sera pas toujours le cas. Ne vous approchez plus des Frontières. C’est compris ?
— Compris Papa, répondirent les lionceaux en chœurs, évitant toujours le regard de leur père.
— Taka… Comme tu as mis tes camarades en danger, t’es consigné ici jusqu’à demain matin, poursuivit Ahadi. Mufasa, pour m’avoir mentit, tu es toi aussi consigné ici jusqu’à demain matin.
— Mais…
— Pas de discussion Mufasa, répliqua Ahadi d’un ton ferme et calme qui fit aussitôt taire le lionceau. Je suis ton père et surtout ton Roi. Tu ne dois pas me mentir.
— Bien papa, s’effaça Mufasa.
Ahadi leur lança un regard sévère avant de partir.
Une fois seuls, Mufasa râla :
— Pfff !
Il grimpa sur le rocher plat et s’allongea en boule, tournant le dos à son frère avec un air contrarié. Taka, lui, n’avait pas bougé, cherchant du regard de quoi s’occuper autour de lui.
Une heure plus tard :
— Je m’ennuie ! Je m’ennuie, je m’ennuie, je m’ennuie, je m’ennuie…, se lamenta Taka, allongé sur le dos au milieu de la grotte, observant le plafond.
— Roh Taka ! s’exclama son frère qui leva la tête vers lui. C’est bon j’ai compris que tu t’ennuis pas la peine de le dire dix mille fois !
— Bah viens jouer avec moi alors comme ça je m’ennuierai plus.
— Non je ne veux pas jouer avec toi ! répliqua Mufasa qui se remit en boule, lui tournant le dos.
Taka se leva et monta sur le rocher plat, contournant son frère. Il vint s’allonger à plat ventre, sa tête poser sur le sol entre ses pattes avant, juste devant celle de Mufasa qui ouvrit les yeux, exaspéré, se disant qu’il allait encore l’embêter.
— T’es fâché ? demanda Taka.
— Non je suis pas fâché !
— La manière dont tu le dis indique le contraire.
— Roh Taka laisse-moi !
— Qu’est-ce qui va pas ?
— J’en ai marre ! Je suis toujours puni à cause de toi !
— Mais, Mufasa, je ne t’ai pas dit de me couvrir.
— Je suis ton grand frère, c’est normal que je te protège.
— Ok si tu veux, mais t’es pas obligé de me couvrir en te dénonçant à ma place.
— Oui et bien la prochaine fois je ne le ferai pas justement. T’assumeras tout seul tes bêtises…
— Ok, ça me va. Bon on joue maintenant ?
— Non !
— Oh allé, insista Taka qui roula sur le dos, caressant le visage de son frère avec ses pattes avant. Mon grand frère que j’adore…
— N’essaie pas de m’amadouer ça ne marchera pas cette fois, répliqua Mufasa qui recula sa tête.
Taka se leva, puis vint frotter sa tête contre le cou de son frère, se laissant ensuite tomber sur le dos, contre lui, lui mordillant doucement la joue pour l’inciter à jouer.
— Takaaa…, s’exaspéra son frère. Si tu continues je vais te mordre et cette fois je vais te faire mal…
— Maman a dit qu’on a pas le droit de faire mal quand on mord ou griffe, rappela Taka.
— Et bien je le ferai quand même.
— Donc aujourd’hui tu seras puni par Papa et par Maman aussi, résuma son frère.
— Oui, et les deux fois se sera à cause de toi, répliqua Mufasa qui se leva et s’éloigna de son frère.
Taka le regarda partir. Il se leva, le rattrapa et vint se placer devant lui pour lui barrer la route.
— Bon ok je m’excuse. Je suis désolé que tu sois puni à cause de moi. Je suis désolé de ne pas t’avoir écouté quand tu nous as dit de nous éloigner de la Frontière. Tu avais raison, j’aurais dû t’écouter et partir tout de suite. Et je te promets que c’est ce que je ferai la prochaine fois…
Mufasa le fixa, toujours contrarier, mais Taka sentit son regard s’adoucir. Il poursuivit d’un ton mielleux :
— Maintenant, est-ce que je peux espérer que mon grand frère que j’aime tant, pardonne à son petit frère qu’il adore ?
Il se frotta à nouveau contre le cou de son frère, avant de se laisser tomber au sol, sur le dos, a ses pattes. Mufasa soupira, posant une patte de l’autre côté du corps de son frère, se positionnant au-dessus de lui, dans une attitude agacée.
— Tu sais que t’es casse-pattes quand tu t’y mets ?
— Non c’est pas vrai.
— Si c’est vrai.
— Non c’est pas vr… Hé ! ria Taka alors que son frère lui mâchouilla doucement la fourrure de sa gorge pour l’embêter. Ok ok je suis casse-pattes… Lâche-moi…
Mufasa le lâcha et releva la tête et Taka en profita aussitôt pour lui attraper l’oreille. Il n’en fallut pas plus pour que les deux lionceaux se mettent à se chamailler.
Un peu plus tard, la Reine Consort Uru entra dans la grotte. Elle y trouva ses deux fils jouant à se poursuivre.
Ils stoppèrent aussitôt leur jeu lorsque leur mère approcha d’un pas gracieux, son regard brun, tirant vers le rouge, similaire aux yeux de Mufasa, fixant malicieusement les deux lionceaux.
— Alors mes fils… Il parait que vous avez encore fait des bêtises aujourd’hui ? demanda-t-elle d’un ton taquin.
Ils s’échangèrent un regard d’un air coupable. Uru esquissa un sourire amusé :
— Mais bon j’imagine que votre père s’est déjà occupé de cela… Allé venez, il y a une pluie d’étoiles filantes.
— Mais…, hésita Taka qui finit par se taire.
— Papa nous a dit qu’on était consigné ici jusqu’à demain matin…, expliqua Mufasa.
— Tatatatata…, rétorqua Uru qui s’approcha de ses fils comme un prédateur à l’affut. Je vous rappelle les enfants que la nuit, c’est moi qui commande.
Elle les attrapa tous les deux entre ses pattes et entreprit de les mordiller gentiment. Il se mirent à rirent et tentèrent de lui échapper. Uru les laissa partir et se releva :
— Allé venez. On va aller au sommet du Rocher.
— Ouais !
Ils se retrouvèrent tous les trois tout en haut du Rocher des Lions, allongé sur le dos, le regard plongé dans le ciel étoilé. C’était un moment qu’Uru partageait souvent avec ses fils, leur contant les légendes de la Terres des Lions. C’était devenu un rituel.
— Et tous les Rois et les Reines du passé se retrouvent dans les étoiles ? demanda Mufasa.
— Oui. Du moins, nous communiquons avec eux via le ciel et les nuages. Et l’eau aussi… Tous ceux qui nous quittent se retrouvent un endroit qu’on appelle la Terres des Ancêtres de la Terre des Lions. Et les Rois et les Reines du passé, les anciens membres de la Garde du Roi Lion et d’anciennes Cheffes des Fiertés Royale, forment ce qu’on appelle le Conseil des Anciens. Leur mission est de maintenir la stabilité dans la Terre des Ancêtres afin que tous les sujets du Royaume, les lions ainsi que les autres animaux, qui nous quitte puissent se retrouver dans une Terre des Ancêtres en paix. Et c’est la première Reine du Royaume, la Reine Bara, qui gouverne la Terre des Ancêtres de la Terre des Lions.
— A quoi elle ressemble la Terre des Ancêtres ?
— De ce qu’on m’a expliqué elle est l’exact réplique de la Terre des Lions, mais en beaucoup plus vaste, et surtout, plus brumeux et plus lumineux. Un peu comme ces matins où le Soleil se lève sur la Terre des Lions quand elle est envahie par la brume.
— Et elle est où cette Terre des Ancêtres ?
— Hum… Difficile à expliquer. On m’a dit qu’elle se trouvait sur un autre « plan ». Il y a le Plan Terrestre, celui où nous vivons. Et parallèlement, il y a le Plan de la Terre des Ancêtres, où vivent tous ceux qui nous ont quitté, et qui sont devenus des âmes désincarnées. Des âmes sans corps.
— Et donc on peut leur parler via le ciel ?
— Oui. Les Anciens communiquent souvent avec nous pour nous guider. C’est une faculté que vous pourrez développer en grandissant.
— Comment c’est possible ? demanda Taka.
— La Terre des Lions regorge de magie. Il nous est parfois accordé certains dons.
— Comme le Rugissement des Ancêtres dont est doté le Chef de la Garde ?
— Oui.
— Je l’aurais comment le Rugissement des Ancêtres ? demanda Mufasa. Il y a un rituel ?
— Ça dépend. Il peut t’être légué par ton oncle quand ton père ou le Conseil des Ancêtres jugera que tu seras prêt. Le plus souvent il est légué à l’âge de quatre ans. Un âge où lion et lionne sont aptes à mieux se défendre face aux nombreux dangers, car le pelage des lionnes devient plus épais, et la crinière des lions est quasiment formée. Mais parfois, le don peut apparaitre de lui-même, quand tu encours un danger et que tu cherches à te protéger, ou protéger ton entourage. Votre père par exemple, l’a hérité de son oncle, le Prince Amari, qui a été Chef de la Garde. Et concernant votre oncle elle est apparue alors que votre père et lui était en danger.
— Oncle Asante ne l’a pas hérité de Papa ? s’étonna Taka.
— Non. Quand votre père est devenu Régent, avant de devenir Roi, son don a disparu car en devenant Régent, il ne pouvait plus être Chef de la Garde. Les Anciens n’étaient pas d’accord concernant celui qui devait lui succéder en tant que Chef. Ils hésitaient entre deux de ses cousins, et votre oncle. Avant qu’ils se soient décidés, votre père s’est retrouvé cerné par des lions, et Asante lui est venu en aide, agissant comme le ferait un Chef de la Garde. La marque est alors apparue sur son épaule, et il a pu utiliser son Don du Rugissement des Ancêtre pour les sauver. C’est ainsi qu’il est devenu le nouveau Chef de la Garde.
— J’espère qu’Oncle Asante va léguer son don à Mufasa car sinon il va mettre longtemps à apparaitre alors, étant donné qu’il fuit tout le temps le danger, taquina Taka avec un sourire espiègles.
— Désolé de pas être attiré par le danger comme toi, répliqua Mufasa.
— Tu veux dire que t’es un lâche ? plaisanta son frère qui se prépara à sa réaction.
— Alors toi… !
Il se leva aussitôt pour lui bondir dessus. Taka l’évita de justesse, le fuyant.
— Maman au secours !
— Hé les garçons, intervint Uru qui se leva et se mit en posture de prédateur à l’affut avec un regard espiègle. Plutôt que de vous battre l’un contre l’autre, venez m’affronter ensemble…
Les lionceaux arrêtèrent de se poursuivent et sautèrent sur leur mère, jouant avec elle.
En dehors de ses devoirs de Reine Consort, il lui tenait à cœur de passer le plus de temps possible avec ses fils. Pour les éduquer, les instruire, les entrainer à la chasse ou au combat. Mais aussi pour simplement jouer avec eux.
Asante arriva, le regard rivé sur ses deux neveux, mordillant leur mère qui faisait semblant de se défendre.
— Mais que vois-je là. Deux contre un. Et contre ma Reine et ma sœur chérie en plus… ? constata-t-il en ajoutant avec un sourire amusé. Je vais équilibrer tout ça…
S’incrustant dans le jeu, il attrapa Taka d’un habile coup de pattes, avant de le faire tomber sur le dos. Il l’attrapa doucement entre ses crocs.
— Hé ! ria Taka qui se débâtit. Mufasa ! Aide-moi !
— Désolé je peux pas ! répliqua ce dernier, plaqué au sol par sa mère.
— On dirait que vous avez perdu tous les deux, constata la Reine avec un sourire espiègle.
— Hé ouais. On ne s’en prend pas impunément à ma Reine, ajouta Asante.
Ils relâchèrent les lionceaux qui se rapprochèrent immédiatement. Uru avança vers son frère et les deux lions se frottèrent tendrement la tête l’un contre l’autre.
— Alors mon frère… Il parait que tu as encore fâché ton Roi en voulant masquer les bêtises de tes neveux.
— Euh… Oui, avoua Asante. Ceci dit il ne m’a pas tellement disputé tout à l’heure. Je ne sais pas pourquoi mais je sens qu’il va encore profiter de l’entrainement de demain pour se venger…
— C’est toi qui entraines Papa ? s’étonna Mufasa.
— Et oui. La Garde du Roi Lion a toujours entrainé les membres de la familles royales : les Rois, les Reines, les Princes…
— N’importe qui peut s’en prendre à nous, ajouta Uru. On doit toujours prêt à se défendre.
— Mais pourquoi on s’entraine pas nous ? demanda Taka.
— Vous êtes encore trop jeune…L’entrainement commencera quand vous aurez un an.
— Patience les neveux… Bientôt vous pourrez essayer de défier votre oncle…, ajouta Asante en les attrapant entre ses pattes et en les mordillant.
Il s’allongea pour être à leur hauteur, les lionceaux lui mordillant la crinière.
Le jeu stoppa net quand les deux Princes virent arrivé Ahadi, le pas silencieux. Mufasa et Taka se collèrent à leur oncle, les oreilles plaqués, inquiet à l’idée que leur père leur dise de retourner dans la grotte. Uru vint aussitôt à la rencontre de son époux.
— Un problème ? demanda-t-elle de son regard espiègle.
— Je voulais juste m’assurer qu’ils étaient bien avec toi, et qu’ils n’avaient pas quitter la grotte de leur plein gré…
— Bien sûr que non. Jamais ils ne te désobéiraient.
— Non. Ça c’est plutôt ton genre, confirma Ahadi.
— N’oublie pas que c’est pour mon caractère que tu m’as épousée, rappela Uru avec un sourire taquin.
— Oh ça je ne l’ai pas oublié non, s’exaspéra le Roi.
Un sourire tendre apparut sur son visage et il frotta sa tête contre celle de sa Reine Consort. Le couple royal se dirigea vers le milieu de la plateforme, rejoignant les autres.
Comprenant que le Roi n’avait pas l’intention de dire à ses fils de retourner dans la grotte, Asante décida de détourner l’attention de ses neveux. Il attrapa délicatement Taka entre ses mâchoires pour le faire tomber avant de le mordiller. Mufasa sauta aussitôt sur lui pour délivrer son frère, lui mordillant l’oreille.
— Asante… Tu ne pourrais pas t’attaquer à quelqu’un de ta taille plutôt que de toujours t’en prendre à mes fils ? répliqua Ahadi en passant devant eux d’un pas lent, une lueur mesquine dans le regard.
Il s’allongea au côté de sa Reine Consort, faisant face au Chef de la Garde qui repoussait les assauts de ses neveux.
— Et bien… Le souci c’est qu’il y a personne de ma taille ici, répondit ce dernier.
— Ah vraiment ? T’insinue donc que je ne suis pas en mesure de te vaincre ? plaisanta Ahadi avec un sourire narquois.
— Euh… Non, non, c’est plutôt l’inverse…, se justifia aussitôt Asante qui s’allongea sur le côté, attrapant ses neveux entre ses pattes pour les immobiliser. Tu sais très bien que je suis pas de taille contre toi, mon Roi.
— T’as de la chance, tu t’es bien rattrapé, fit Ahadi d’un ton amusé.
Asante relâcha ses neveux qui s’enfuirent en courant. Le lion s’allongea ensuite sur le ventre, posant la tête sur le sol avec une attitude espiègle.
— Allons, tu sais très bien que je ne m’attaquerai jamais à mon Roi… Et encore moins à ma Reine.
— Genre tu as plus peur de ta sœur que de moi ? s’étonna Ahadi avec une lueur mesquine dans le regard.
Asante esquiva un assaut de ses neveux qui lui sautèrent dessus, en reculant d’un bon.
— Tu plaisantes ? C’est une lionne et une mère, expliqua le Chef de la Garde qui parvint à immobiliser ses neveux au sol. Dans le genre hargneux lors d’un combat y-a pas pire…
— Bonne réponse mon frère, confirma la lionne.
Taka parvint à se déloger et sauta aussitôt sur Asante pour libérer son frère, le mordillant férocement au niveau de la patte.
— Aïeu ! fit le Chef de la Garde en retirant aussitôt sa patte. Tu vois c’est toujours les lionnes ou les demi-portions qui sont les plus féroces.
— Suis pas une demi portion ! répliqua Taka se servit à présent de ses griffes.
— Si tu l’es, plaisanta Asante qui l’attrapa par la peau de cou pour le faire lâcher, avant de le faire tomber au sol.
Ahadi secoua la tête partager en l’amusement et l’exaspération :
— T’as raison, profite de l’avantage que t’as sur eux. Quand ils seront grand c’est toi qui te retrouveras au sol…
— Pourquoi tu crois que j’en profites ? fit le Chef de la Garde en faisant à nouveau tomber ses neveux.
Il continua de chahuter avec eux, les occupants pendant que le couple royal s’offrait un moment de tendresse. Ahadi toiletta la tête et le cou de son épouse, allongée contre lui.
Si Asante et Uru jouaient le plus souvent possible avec Mufasa et Taka, n’hésitant pas à les poursuivre, les faire tomber d’un coup de patte, les mordiller, ce n’était pas le cas de leur père. Ces moments de jeux étaient plus rares avec Ahadi, et ce dernier se contentait le plus souvent de chahuter quelque peu avec ses fils, les immobilisant avec ses pattes et les tenant avec ses crocs. Il était rare qu’il les fasse tomber ou qu’il les mordille. C’était d’autant plus vrai avec Taka qui, de ses deux fils, était celui avec qui il jouait le moins. Mais les lionceaux se rattrapaient en jouant fréquemment avec leur oncle.
Ahadi et Uru avaient une confiance totale en Asante et le laissait jouer avec eux sans même le surveiller. Il adorait ses neveux plus que tout au monde. Il pouvait donc les mordiller, les immobiliser au sol, les faires tomber, ils savaient qu’il ferait toujours attention à ne pas les blesser.
A un moment Taka, immobilisé entre les pattes de son oncle, parvint à se libérer et courra avant qu’il ne le rattrape. Se retournant tout en courant, il trébucha sur un caillou et tomba sur l’épaule que Maka avait mordillé un peu plus tôt dans la journée, réveillant la douleur.
— Ouille…
— Ça va Taka ? demanda aussitôt son oncle qui s’approcha pour l’aider à se relever.
— Oui oui c’est rien, répondit aussitôt le lionceau avant de lui sauter dessus pour le mordiller.
— Taka… Pourquoi tu as mal à l’épaule ? demanda Ahadi, sans même regarder son fils, continuant de toiletter Uru.
Taka s’était immobilisé, l’air peu rassuré et bafouilla :
— Je… C’est… C’est rien je suis tombé c’est tout.
— La douleur que tu as n’a rien avoir avec une chute. Ça a plutôt été causé par des crocs de lionceau, répliqua son père, son attention toujours porté sur son épouse.
Taka échangea un regard surpris avec Mufasa. Comment pouvait-il savoir ce qu’il avait sans même le regarder ou l’examiner ?
— J’espère que ce n’est pas toi Mufasa, poursuivit Ahadi. Je t’ai déjà dit de faire doucement avec ton frère…
— Mais non c’est pas moi je te le jure, fit aussitôt Mufasa.
— Non c’est pas lui c’est… C’est Maka, finit par avouer son frère.
— Maka ? s’étonna Ahadi qui cette fois tourna la tête vers ses fils.
— Oui mais c’est pas sa faute, ajouta aussitôt Taka. Il a pas fait exprès il… Il… Il a juste… voulu se défendre.
— Et pourquoi il a voulu se défendre ? demanda Ahadi le ton froid, recommençant à toiletter Uru.
— Parce que je… Je l’ai mordu encore plus fort…
— Et pourquoi tu l’as mordu encore plus fort ?
— Je… Euh… Mufasa tu te souviens pourquoi ?
— Euh bah non.
— Genre, tu te souviens pas pourquoi Taka ? répliqua Ahadi d’un ton glacial.
— Mais c’est vrai papa je m’en rappelle plus je te le jure…
Uru décida de s’en mêler, se tournant vers son époux tout en restant allongé contre lui, plongeant son regard dans le sien.
— Ahadi mon chéri, visiblement c’est une simple dispute entre lionceaux comme il y en a souvent et je pense qu’ils ont déjà réglé ça entre eux. Alors soit gentil, et passe à autre chose.
Ahadi hésita quelques secondes, puis soupira.
— Très bien ma Reine…, répondit-il exaspéré. Mais que cela ne se reproduise pas Taka d’accord ?
— D’accord, répondit le lionceau qui fut attraper par son oncle la seconde qui suivit. Hé ! c’est d’la triche !
Alors que les lionceaux reprirent leur jeu avec leur oncle, Ahadi recommença à toiletter Uru, lui chuchotant :
— Qu’est-ce que je peux te refuser après tout… ?
— Rien du tout, fit Uru le ton amusé avant d’ajouter en chuchotant : et ça t’énerve n’est-ce pas ?
Un sourire et une lueur espiègle s’afficha dans le regard d’Ahadi qui se mit ensuite à la mordiller gentiment à l’oreille. Uru se mit à rire tout en le repoussant et ils commencèrent à se chamailler également.
— Oh ! Les garçons ! Regardez ! Les étoiles filantes, intervint Uru au bout d’un moment.
Le jeu s’arrêta et les lionceaux pointèrent leurs museaux vers le ciel. Au-dessus d’eux, une pluie d’étoile filantes glissa entre les étoiles et les rares nuages.
Le spectacle terminé, Ahadi se leva.
— J’y vais. Dormez bien les enfants, dit-il en frottant sa tête contre celle de sa Reine Consort.
— Bonne nuit Papa, firent les lionceaux en chœurs.
Il frotta sa tête contre Mufasa qui fit de même, taquinant son père en lui mordillant la joue au passage. En réponse, Ahadi s’amusa à le faire tomber sur le dos en le poussant délicatement avec sa tête, avant de le mordiller doucement au torse. Mufasa se mit à rire avant de se relever et s’enfuir.
Le Roi s’approcha ensuite de Taka, frottant également sa tête contre lui. Le lionceau le laissa faire quelques secondes, avant de détourner rapidement la tête. Son père avait l’habitude. Taka était d’un naturel peu tactile, et supportait difficilement certains contacts. Il était cependant plus tolérant avec sa mère, son oncle, et d’autres lions et lionnes de leurs entourages. Mais il continuait de maintenir une certaine distance avec son père. Une chose qu’Ahadi avait fini par accepter, même si cela le peinait. Il n’y avait que Mufasa qui pouvait le toucher, le câliner, le mordiller et même le toiletter sans problème. Taka ne le repoussait jamais.
Ahadi se tourna ensuite vers son beau-frère avec un sourire espiègle.
— Asante…
— Oui mon Roi ?
— Surtout tu n’oublies pas, on a entrainement demain, rappela Ahadi avec une lueur mesquine dans le regard, avant de frotter sa tête contre la sienne.
— Euh non, je ne risque pas d’oublier…, fit le Chef de la Garde qui baissa la tête.
— Alors à demain mon beau-frère… Et surtout soit bien en forme… Crois-moi t’en aura besoin…
Asante le regarda s’éloigner, soucieux. Quand il fut parti, le lion s’allongea, la tête sur le sol d’un air dépité :
— Bon cette fois c’est clair, il va profiter de l’entrainement de demain pour se venger… C’est officiel, demain je suis mort…
Uru se mit à rire et vint voir son frère :
— Allons, te laisses pas faire, lui dit-elle en lui ébouriffant la crinière.
— Papa va vraiment te tuer ? s’inquiéta Taka.
— Mais non c’est juste une façon de parler, le rassura Asante. C’est juste pour dire que demain… Il va me laisser aucune chance à l’entrainement.
— Autrement dit votre oncle va passer l’intégralité de son entrainement à tomber au sol.
Mufasa et Taka se mirent à rire.
— C’est pas drôle…, répliqua Asante d’un ton boudeur.
— Te plains pas, il n’a pas plu aujourd’hui, ajouta Uru.
— Pourquoi ? Ça change quoi quand il pleut ? demanda Taka.
— Et bien, là où on s’entraine avec ton père quand il pleut ça devient boueux. Et il y a eu une fois où, après lui avoir désobéit, je me suis entrainé avec lui. Il a pris un malin plaisir à me faire tomber plusieurs fois. Je me suis retrouvé couvert de boue, j’en avais plein la crinière et le pelage, j’ai dû aller me laver sous une cascade pour tout enlever… Ça avait bien fait rire votre père… Et vous aussi apparemment…, ajouta-t-il alors que ses neveux s’esclaffèrent de rire.
— Et ça c’est parce que tu dissimules certaines de nos bêtises ?
— Ouais.
— De tes bêtises, rétorqua Mufasa.
— Oh ça va, répliqua Taka qui le bouscula.
Mufasa le poussa a son tour, le faisant tomber.
— Hé on se dispute pas, intervint Uru qui attrapa son ainé par la peau du cou, l’éloignant de son frère avant de l’enlacer entre ses pattes pour le mordiller.
— Hé ! Maman lâche-moi ! ria Mufasa.
— Non c’est trop tard t’es mon prisonnier maintenant…
Elle continua de le mordiller pendant qu’il se débattait en riant.
— Dis maman… Pourquoi Papa ne joue pas avec nous, comme Tonton ou toi ? demanda Taka qui s’était allongé entre les pattes de son oncle.
La Reine cessa de mordiller son aîné et tourna son regard vers son cadet avec un air grave.
— Disons que…
— Votre père a trop peur de vous faire mal en jouant avec vous, intervint Asante. Il jouera surement plus avec vous quand vous serez ado…
— Ça y-a de grande chance oui. Il joue déjà un peu plus avec vous qu’avant, comme vous avez grandis. Là il vous fait tomber. Il ne le faisait pas avant.
— Oui mais, toi, t’as pas peur, alors pourquoi lui il a peur de jouer avec nous ?
— Il… Il n’a pas été habitué à cela. Son père n’a jamais joué avec lui.
— Ah bon ? Pourquoi ?
Uru soupira expliquant :
— Il faut savoir que votre grand-père, Tendaji, était très loin d’être un père exemplaire. Non seulement il ne jouait jamais avec son fils, mais il ne s’en occupait pas du tout. Et ne le protégeait pas. Les seules interactions qu’il avait avec lui, c’était pour le rabaisser. Et… il pouvait même se montrer violent. Il lui est arrivé de le blesser.
— Mais pourquoi avoir eu un fils si c’est pour ne pas s’en occuper et être violent avec lui ?
— Tendaji avait épousé votre grand-mère, Amani, car elle était Princesse et héritière du Trône de la Terre des Lions, et donc, une future Reine. Il espérait ainsi devenir Roi en l’épousant, et régner sur le Royaume.
— Mais… C’est notre grand-mère qui était héritière donc c’est elle qui devait régner, intervint Mufasa.
— Tout juste mon fils. Si Tendaji avait bien le titre de Roi, c’était un Roi Consort, son autorité était plus faible que celui d’Amani qui était la véritable souveraine du Royaume. C’était toujours elle qui avait le dernier mot. Ce qui n’a pas plus du tout à votre grand-père. Peu après la naissance de votre père, vos grands-parents ont souvent eu des disputes à ce sujet. Puis un jour il a quitté la Terre des Lions.
— Pourquoi ?
— Votre père a été plutôt vague à ce sujet, mais Tendaji s’en était pris à lui et l’avait blessé. Sa mère est bien sûr intervenue. Et une dispute s’en est suivit. La dispute de trop. Tendaji a attaqué Amani.
— Quoi ?! Il a attaqué sa Reine ? s’étonna Taka.
— Mais c’est très grave ça !
— Oh que oui, confirma leur oncle. Il pensait avoir facilement le dessus sur elle, mais il l’a vite regretté.
— Il a sous-estimé votre grand-mère car elle est née avec une infirmité de naissance. Une maladie qui la rendait très mince.
— Comme Taka ?
— Oui c’est exactement ça. Taka a hérité de la même infirmité que la Reine Amani. Mais, même sa minceur causer par cette maladie, elle n’en était pas moins forte, et surtout, elle avait des griffes très longue. Si longues, qu’elle ne pouvait pas les rétracter entièrement. Et des griffes très, très acérés.
— Et ça, Tendaji ne l’avait pas prévu je crois. Et il s’est pris de sacré coup de griffes de la part d’Amani. Puis, l’Oncle Amari, le frère de la Reine Amani, est intervenu avec son Père, l’Ancien Roi Mohatu 3.
— Tendaji a été arrêté puis jugé, et il a été banni de la Terre des Lions pour avoir attaqué la Reine et le Prince Héritier.
— Amari c’est bien le Chef de la Garde qui a succédé à la Cheffe Yeleen et qui a précédé Papa ?
— Oui c’est bien ça.
— C’est moi où tu connais tous les Chefs de la Garde ? s’étonna Asante.
— Euh… oui, avoua le lionceau.
— Mais du coup Papa n’a pas revu son père depuis ? demanda Mufasa.
— Malheureusement si, répondit Asante. Quand votre père est devenu Roi il est revenu et… A voulus lui disputer le trône.
— Quoi ?! s’exclamèrent les lionceaux.
— Ouais. Il disait qu’il était trop jeune pour être Roi et qu’il devait lui laisser la Régence du Royaume le temps qu’il soit « prêt ».
— Ce jour-là il était venu avec une dizaine d’autres lions, poursuivit Uru. Avec les lionnes de la Fierté Royale et nos cousins, Omari, Faraji et Gamba, nous nous sommes chargés d’eux. Votre père et votre oncle, se sont occupé de Tendaji.
— A deux contre un ? s’étonna Taka.
— Oh il fallait au moins ça pour avoir le dessus sur ton grand-père, expliqua Asante. Tendaji, c’était un monstre. Un grand lion bien costaud. Un vrai Titan. Face à lui, faut au moins d’être deux ou trois. Voir quatre…
— Justement c’est parce qu’il était grand et fort que selon lui il devait être Roi, expliqua Uru.
— Mais un Roi ne doit pas seulement être grand et fort, rétorqua Mufasa.
— C’est exact mon fils.
— Tendaji c’est pas un Roi qu’il voulait être, mais un tyran tout puissant et incontesté...
— Et… Vous l’avez tué ?
— Non. Votre Père l’a à son tour banni de la Terre des Lions. Et depuis on l’a plus revu. Et j’espère qu’il reviendra pas car j’ai pas envie d’avoir à me battre à nouveau contre lui.
— Tu ne t’étais pas servi de ton don face à lui ? demanda Taka.
— Non Tendaji évitait de se démarquer, il restait toujours près de votre père ou près de moi. Donc je pouvais pas le viser. Je risquai de blesser votre père à la place. Heureusement il est très fort lui aussi et à nous deux, on a eu le dessus ensemble.
— Amari c’est bien le père des cousins de Papa ? Ceux qui ont voulus nous tuer à notre naissance ? demanda Mufasa. Je me souviens plus comment ils s’appellent…
— Omari, Faraji et Gamba, lui rappela Taka.
— Oui c’est bien lui. Le pauvre, heureusement qu’il est mort avant de pouvoir assister à la trahison de ses fils, fit Uru.
— Tu parles, il l’a vu depuis la Terre des Ancêtres, rappela Asante.
— Ouais mais je pense que ça aurait été pire pour lui d’y assister de son vivant…
— Pourquoi ils ont voulu nous tuer ?
— Et bien… Pour que vous compreniez, je vais devoir vous parler du Roi Mohatu 2…
— C’est celui de la quinzième génération ? demanda Taka. Le dix-septième Roi ?
— Oui c’est bien lui, confirma sa mère. Que sais-tu de son histoire ?
— Mohatu 2 est le fils de la Reine Aloé et du Roi Consort Gome, un Prince issu d’un Royaume voisin. La Reine Aloe, a été tué alors qu’il n’avait que six mois. Son oncle Msukuma est devenu Roi, et devait le rester jusqu’à ce que Mohatu 2 soit en âge de régner. Mais il a décidé que ce serait son propre fils, et non son neveu, qui règnerait après lui. Mohatu 2 a quitté la Terre des Lions avec son père et son frère. Ils sont allés dans le Royaume de son père pour avoir de l’aide. Il est revenu des années plus tard, avec son père, son frère et plusieurs lions du Royaume de son père, venu l’aider à reprendre le Royaume. Ils ont attaqué la Terre des Lions, tué le Roi Msukuma, et Mohatu 2 est devenu Roi de la Terre des Lions.
— C’est plutôt bien résumé mon fils. Mais savais-tu que Mohatu n’est pas son vrai nom ?
— Euh non. C’est quoi son nom alors ?
— A l’origine il s’appelait Horata. C’est quand il a conquis le Royaume de la Terre des Lions et qu’il est devenu Roi, qu’il a changé de nom, prenant celui de Mohatu 2, pour une raison bien précise. Comme vous le savez, c’est la Reine Bara qui a fondé le Royaume. Elle a eu un fils, Mohatu 1er, qui fut le premier Roi à être né sur la Terre des Lions. Horata a pris Mohatu comme nom pour marquer, en quelque sorte, la naissance d’un nouveau Royaume, créer par lui. Car il s’est complètement détourné des règles et coutumes qui ont été dictés par la Reine Bara lors de la fondation du Royaume. Il s’est mis à imposer les règles issues du Royaume de son père, beaucoup plus strict et beaucoup moins respectueuse de la vie.
— Son oncle, Msukuma, intervint Asante. Il ne l’a pas tué lors de l’affrontement pour le trône. Son oncle s’est rendu et a abdiqué. Et Mohatu 2 l’a exécuté quelques jours après devant tout le Royaume.
— Mais pourquoi ?
— Pour l’exemple... Pour s’assurer que personne ne conteste son autorité.
— Mohatu 2 n’était pas un Roi connu pour sa clémence. Loin de là. Comme je vous l’ai dit, il a énormément modifié les lois du Royaume afin de créer son propre Royaume avec ses propres lois. Et parmi ses nouvelles lois, il a décrété que les lionnes n’avaient pas le droit de devenir Reine.
— Mais, pour quelle raison ?
— A cause de ce qui est arrivé à sa mère, répondit Uru. Il est parti du principe que si sa mère aurait été un lion, personne n’aurait osé l’attaquer et la tuer.
— Mais c’est stupide, intervint Mufasa. Il y a des Rois qui ont été attaqué aussi.
— Oui tu as raison mon fils, c’est stupide. Mais l’égalité était loin d’être la priorité de Mohatu 2. Le pire dans cette histoire, c’est que son premier lionceau, était une fille. Au lieu d’en faire son héritière légitime, ce qu’elle était aux yeux de la Dynastie de Bara, il lui a imposé le rôle de Seconde de la Fierté, lui a retiré son titre d’héritière et lui a interdit d’avoir des lionceaux.
— Pourquoi elle n’avait pas le droit d’avoir des lionceaux ?
— Parce que, en réalité les lionceaux qu’auraient eu sa fille aurait été les héritiers légitimes. Et ils auraient pu prétendre au trône. Mohatu 2 a eu une seconde portée de lionceaux, deux fils, qu’il a voulus favoriser. C’est son fils aîné de sa seconde portée qui devait devenir Roi, et le fils ainé de ce dernier et ainsi de suite… Il en a été ainsi durant plusieurs générations. Lorsque le premier lionceau né était une fille, elle avait interdiction de régner, d’avoir des lionceaux, et devenaient obligatoirement Seconde de la Fierté.
— Mais elles ont toute accepté ça ? s’étonna Taka.
— Non. Deux d’entre elles se sont rebellées… Et ont été tué. Par leur père ou leur frère. Une des princesses a eu des lionceaux… Qui ont été tué à la naissance…
Mufasa et Taka s’échangèrent un regard horrifié.
— Mais c’est interdit ça !
— Oui. C’est pour ça que ceux qui ont commis ces meurtres ont inventé des excuses. Les lionceaux ont prétendument été tué par des lions étrangers. Et les Princesses et bien, c’est elles qui ont attaqué les premières elles ont trahi leurs familles et ils n’ont fait que se défendre… Il en a été ainsi, jusqu’à ce que Mohatu 3, votre arrière-grand-père, est devenu Roi. Il a changé beaucoup de chose. Il commencé, petit à petit à renouer avec les règles et coutumes imposé par la première Reine, Bara. Son épouse, la Reine Consort Rukia, a eu une portée et a mis au monde deux lionceaux : Amani, votre grand-mère, l’ainée, et son frère Amari. Mohatu 3 a aussitôt désigné sa fille comme héritière, étant la première née. Sauf que… Si la majorité des sujets du Royaume l’ont accepté comme future Reine, d’autres lions fidèles partisans de Mohatu 2, ont décrété, au contraire, que se devait être son frère, Amari, qui devait devenir Roi. Car c’était un lion et que c’était ce que Mohatu 2 avait ordonné. Seul les lions pouvaient devenir Roi… Mais Mohatu 3 n’a pas cédé, comme il l’a dit lui-même, la Terre des Lions a été fondée par une lionne, donc les lionnes aussi ont le droit de régner.
— Et son frère, Amari, il en a pensé quoi ? demanda Taka.
— Il a toujours rejeté les lions qui disaient que c’était lui qui devait être Roi, répondit Uru. Il a toujours soutenu sa sœur et a été un Chef de la Garde très protecteur envers elle.
— Malheureusement ça n’a pas été le cas de son fils, fit Asante.
— Non malheureusement… Omari est né, un peu plus d’un an avant votre père. Il était alors, à ce moment-là, le premier héritier de la Reine Amani, qui n’avait pas encore de lionceau. Omari a grandi avec l’idée qu’il serait un jour Roi. Puis, votre père est né. Ahadi est donc devenu le premier héritier, car il est le fils de la Reine. Et Omari, devint le second héritier. Cela mit les partisans de Mohatu 2 en rage, disant que se devaient être Omari le prochain Roi, car selon eux c’était son père Amari qui aurait déjà dû être Roi. Omari était considéré par eux, comme l’héritier légitime de la Terre des Lions, et votre père, un imposteur. Dès lors, Omari, soutenu par ses partisans, a tenté à plusieurs reprises, de dénigrer votre père, le faisant passer pour un héritier illégitime, car il est le fils d’une Reine, elle aussi illégitime. Un comportement que son père, Amari n’acceptait pas du tout. Il a été rappelé à l’ordre plusieurs fois. Puis votre père est devenu Roi. Omari a continué à le dénigrer par moment, en disant que c’était un Roi faible qui allait mener le Royaume à sa perte, qu’il était incapable de le protéger…
— Quand votre grand-père Tendaji a voulus s’emparer de la Terre des Lions, Omari avait reproché à votre père son… Comment il avait dit déjà ? demanda Asante.
— Son incapacité à protéger la Terre des Lions, répondit sa sœur.
— Oui voilà. Selon Omari, si Tendaji et les lions qui l’accompagnaient étaient partis, c’est parce que lui et ses deux frères les avaient chassés.
— Pour lui, les lionnes de la Fierté Royale et moi-même, on n’aurait jamais pu les chasser seules, confirma Uru.
— Tu parles vous en avez chassé plus de la moitié à vous seules, eux ils en ont fait fuir que trois. Omari un, Gamba en fait fuir deux, celui qu’il a combattu, et celui qui s’est attaqué à Faraji, répliqua Asante.
— Exacte. Toujours est-il qu’Omari a continué à remettre en doute la légitimité de votre père en tant que Roi. Et c’est le jour de votre naissance que ça a empiré.
— Pourquoi ? demandèrent les lionceaux en chœur.
— Vous êtes tous les deux devenu les héritiers de votre père. Avant votre naissance, Omari était le premier héritier de votre père. C’est lui qui devait lui succéder si il venait à disparaitre. En naissant en tant qu’ainé, Mufasa tu es devenu le premier héritier, et Taka le second. Omari s’est donc retrouvé à la troisième place dans l’ordre de succession. Avec donc très peu de chance de devenir Roi un jour. Il a eu donc l’intention de vous tuer tous les deux, et ensuite votre père, avec pour prétexte qu’il était le Roi légitime de la Terre des Lions…
— Mais il n’a pas réussi à nous tuer, fit Taka.
— Bien sûr que non, on ne laissera jamais personnes vous tuer, dit Asante.
— Quelques jours après votre naissance, Omari et ses deux frères, Faraji et Gamba, sont venu au Rocher des Lions, soi-disant pour vous voir, expliqua Uru. Mais j’ai senti que quelque chose clochait. Votre père et la Garde étaient partis vers la Frontière, j’étais seule avec cinq lionnes de garde car les autres lionnes étaient allées repousser des hyènes qui s’étaient approcher trop près du Rocher. On a su après que c’était une diversion d’Omari d’ailleurs… Je leur ai dit de revenir plus tard. Quatre lions sont arrivés, et Omari m’a attaqué.
— A ce moment-là j’ai eu un mauvais pressentiment, ajouta Asante. J’ai ressenti que votre mère était inquiète, que quelque chose n’allait pas. Je l’ai dit à Ahadi et on est aussitôt parti.
— Comment t’as fait pour avoir ce pressentiment ? demanda Taka.
— Un truc de frère et sœur qu’on a développé tous les deux. Même à distance on ressent quand l’autre est en danger. On peut aussi ressentir nos émotions. Notre peur…
— Nous aussi on peut faire ça ? demanda Mufasa enthousiaste.
— Peut-être. Vous verrez bien en grandissant.
— Du coup avec Papa vous êtes arrivé à temps ? demanda Taka.
— Oui. Votre mère avait réussi à maintenir Omari à distance. Et les lionnes restées au Rocher continuaient de repousser les quatre autres lions. Quand nous sommes arrivés votre mère avait réussi à mettre Omari au sol. Et Gamba, qui était jusque-là en retrait, est intervenu, en s’attaquant à elle…
— Rectification, objecta Uru. Gamba m’a juste poussé et c’était pour me protéger d’Omari. Il ne m’a pas mordu, ni griffé.
— Oui… C’est vrai, admit Asante visiblement agacé. Bref, Gamba a repoussé votre mère et bien entendu Omari en a profité pour se relever et… Il est entré directement dans la Caverne. Je me suis aussitôt attaqué à Gamba pour laisser vos parents poursuivre et rattraper Omari. Faraji a sauté sur moi quand j’ai mis Gamba au sol, afin de le libérer. J’ai réussi à me dégager de la prise de Faraji et je lui ai fait face. Il a commencé à reculer et avant que je ne fasse quoi que ce soit, Gamba m’a attaqué. Faraji lui a dit d’arrêter mais tu parles, son frère n’écoutait plus rien. La Garde est arrivée. Les quatre lions qui étaient déjà en difficulté face aux lionnes de la Fierté Royale, se sont enfuis. Ils ont quitté le Royaume, on ne les a plus jamais revus. Faraji s’est aussitôt rendu. Gamba a vite abandonné lui aussi quand j’ai réussi à l’immobiliser. Puis Omari est sortie en courant du Rocher, poursuivit par votre père. Votre mère était restée près de vous. Puis Omari a stoppé sa fuite, et s’est retourné pour attaquer votre père et le tuer.
— Mais il n’a pas réussi ! s’exclamèrent les lionceaux.
— Bah non. Il est trop fort votre père. Il a complètement massacré Omari. Il lui a infligé de telles blessures qu’il s’est retrouvé, paralysé durant quelques jours. Et donc incapable de combattre.
— Suite à cela Omari a perdu son titre de Prince, ainsi que son droit à la succession et a été exclu des affaires de la famille Royale de la Terre des Lions. Puis, une fois guérie de ses blessures, il a été banni définitivement de la Terre des Lions et envoyé dans un autre Royaume, avec deux autres lions volontaires pour l’escorter, poursuivit Uru. Faraji et Gamba quant à eux sont restés dans le Royaume, et ils ont conservé leur titre de Prince. Mais ils n’ont plus de droit de succession non plus, ils ne participent plus aux affaires de la famille Royale, et ils sont confinés sur leur territoire de naissance, celui de leur clan, pour un temps encore indéterminé.
— Pourquoi ils n’ont pas été banni eux aussi ? demanda Taka.
— Ahadi a préféré leur laisser une chance pour plusieurs raisons. Principalement, ils ne savaient pas qu’Omari était prêt à vous tuer, vous deux ainsi que votre père. Ils pensaient que Omari allait se contenter d’affronter votre père, et qu’il ferait les choses dans les règles en lui lançant un défi pour le trône. Ils ne s’attendaient pas à ce qu’il lance un assaut sur le Rocher avec quatre autres lions, et encore moins qu’il ne décide de vous tuer. C’est d’ailleurs pour cela que Faraji et Gamba ne sont pas rentrés eux aussi dans la Caverne pour vous attaquer et qu’ils se sont vite rendus. Ils ne voulaient pas participer à cela.
— Ouais enfin, Gamba m’a quand même attaqué et il n’avait pas retenu ses crocs et ses griffes, et Faraji aussi m’a sauté dessus. Et Gamba t’as attaqué aussi…, répliqua Asante.
— Poussé uniquement, rétorqua à nouveau Uru. Et on en a déjà parlé, lui et son frère étaient sous l’influence d’Omari, ils étaient incapables de réfléchir à ce moment-là. Ce qu’Ahadi a pris en considération lors de leurs jugements, je te le rappel.
— Oui oui, je m’en souviens…, s’agaça Asante.
— Comment ça sous l’influence d’Omari ? demanda Taka.
— Euh… Comment t’expliquer…, réfléchit son oncle. Faut savoir qu’Omari… Était une vraie ordure tyrannique avec certains lions. Un véritable monstre… Avec lui c’était simple, si on ne lui obéissait pas, il nous attaquait, le but étant de nous faire le plus de mal possible, afin d’être sûr que la prochaine fois on ne lui désobéisse pas.
— Et il était comme ça aussi avec ses deux frères, ajouta Amani.
— Il était pire avec ses frères. Menace, chantage, humiliation, sans oublier les châtiments corporels qu’il leur infligeait si ils lui désobéissaient. Ses victimes étaient tellement sous son emprise, avait tellement peur de lui, que personnes n’osaient le dénoncer, ni lui tenir tête.
— C’est pour ça que ses frères l’ont suivi. Comme l’a dit Faraji a votre père, si Gamba et lui avaient refusé de suivre Omari, ils les auraient surement tués afin d’être sûr qu’ils ne le dénoncent pas. De nombreuses autres victimes d’Omari sont venus témoigner en faveur de Faraji et Gamba. Cela a beaucoup joué lors de leur jugement. Ahadi en a donc conclus que ses deux cousins avaient agi sous l’emprise d’Omari et il a décidé de leur laisser une chance.
— Mais, si Omari est si méchant, pourquoi Papa ne l’a pas tué alors ?
— Il n’a pas voulus le tuer, par rapport à son oncle, Amari. Il est très proche de lui.
— Comme son père Tendaji, l’a complètement délaissé, puis a été banni, votre père s’est beaucoup rapproché de son oncle Amari, de son oncle Ayo ainsi que son grand-père Omondi.
— Ah oui le frère et le Père de Tendaji ? se rappela Taka. Papa parle souvent d’eux.
— Pas étonnant, c’est trois-là ont été comme des pères pour lui…, expliqua Asante.
— Et Amari a toujours dit qu’Ahadi était comme l’un de ses fils. Il prenait autant soin de lui, a participé autant à son éducation, que ses autres fils.
— Ce qui agaçait Omari qui était… un brin possessif avec son père. Il était même jaloux de ses frères…
— Oh que oui, confirma Uru. Et la Reine Amani de son côté considérait elle aussi Omari, Faraji et Gamba comme ses fils. Son frère et elle ont tous les deux participés à l’éducation des quatre Princes.
— Ils ont toujours été très fusionnel tous les deux.
— Ça c’est sûr. Votre père était tellement proche de son oncle Amari qu’il ne voulait pas avoir à porter sur la conscience la mort d’un de ses fils. Les méfaits d’Omari étant cependant grave. Très grave. Et comme il a refusé de s’excuser et de se soumettre en abandonnant l’idée de devenir Roi, Ahadi n’a eu d’autre choix que de le bannir dans un autre Royaume qui sera chargé de le surveiller.
— Moi je l’aurais tué à sa place…, fit Taka.
— Oh ne dis pas ça mon neveu. Il y a une différence entre la pensé et l’action. C’est facile de dire qu’on veut tuer quelqu’un, de s’imaginer le faire. Mais le passage à l’acte est en vérité beaucoup plus difficile… Surtout quand il s’agit de tuer quelqu’un de sa famille avec qui on a grandi.
— C’est vrai… Combien de fois j’ai dit que j’allais tuer mon frère parce qu’il m’agaçait… Pourtant il est toujours vivant, ria Uru.
— Oh… Au moins un millier de fois, rajouta Asante.
Ils se mirent à rire. Mufasa commençant à s’assoupir entre les pattes de sa mère, ils décidèrent de ramener les lionceaux dans leur grotte pour qu’ils puissent dormir.
Asante leur dit bonne nuit, frottant sa tête contre celle de ses neveux collés l’un contre l’autre.
A cet instant, il eut un flash. Une vision. Le temps s’arrêta.
Il vit deux lions, côtes à côtes, en haut d’une colline. L’un très grand, et imposant, au pelage jaune et à la crinière brun roux. L’autre plus petit, mince, au pelage roux et à la crinière noir, doté d’une cicatrice à l’œil. Ses yeux verts ne trompaient pas. Il s’agissait de Taka, et surement Mufasa lorsqu’ils seront adultes. Mais Asante remarqua surtout le symbole que Taka arborait à l’épaule gauche. Le même que celui qu’il avait. Celui indiquant qu’il était Chef de la Garde du Roi Lion et qu’il en possédait le don. Les deux lions faisaient face à un groupe de lionnes et de lions, visiblement ennemis, qui courait vers eux, toute griffes dehors, dans la prairie en bas de la colline où ils se trouvaient. Taka lança un rugissement vers le ciel. Alors bleu, il se para aussitôt de nuage noir et une violente pluie s’abattit sur toute la Terre des Lions. La terre sous les pattes des assaillants devint boueuse et ils s’enlisèrent rapidement. Un second rugissement de Taka, imité par son frère, chassa les nuages, laissant apparaitre un puissant Soleil qui sécha aussitôt la terre. Les lionnes et lions se retrouvèrent prisonnier dans la terre asséchée. Mufasa lança un sourire satisfait à son frère qui le lui rendit, visiblement très fière de lui. Ils frottèrent leur tête l’un contre l’autre, avant d’entreprendre de descendre tous deux la colline d’un pas lent vers leurs assaillants qui se faisaient encercler par les lionnes de la Fierté Royale et la Garde du Roi Lion.
La vision s’arrêta.
— Asante ? appela sa sœur. Ça va ?
Il revint à lui.
— Euh oui oui. Ça va.
Ils sortirent de la petite grotte et Asante expliqua :
— Je… J’ai eu une vision…
— Une vision ? Quelle vision ?
— Je… Je crois que j’ai vu ce… celui qui va me succéder.
— Taka ?
Asante s’arrêta brusquement.
— Comment sais-tu que c’est lui que j’ai vu ?
— Un pressentiment…, expliqua sa sœur. Je… Je le vois dans son comportement, c’est instinctif chez lui… Il est né pour être Chef de la Garde. C’est comme si il avait été programmé pour le devenir…
— Mouais… A dire vrai ça me rassure que tu me dises ça car… C’est ce que je pensais aussi. Mais ça ne va pas plaire à Ahadi. Il est persuadé que c’est Mufasa qui va prendre la relève avant de devenir Régent… Mais si c’est le cas c’est lui que j’aurai vu avec la marque dans ma vision…
— Et bien il va devoir se faire une raison…
Ils poursuivirent leur marche, silencieux, sortant du Rocher, éclairé par la douce lumière que revoyait la Lune.
— J’en parlerai à Ahadi demain…, fit Asante.